Une étude très pointue braque les projecteurs sur la politique du contrôle des chômeurs,
une pratique qui a explosé sans avantage aucun pour la société.
« Ily a une indemnisation, mais il faut s’assurer que chacun recherche l’emploi qui peut être offert. » C’est par cette déclaration faite sur LCI, depuis une station de ski des Pyrénées où il passait ses vacances de Noël 2017, qu’Emmanuel Macron, résumait le tournant rigoriste de la politique sociale du chômage, peu de temps après le début de son premier mandat. Pour le chef de l’État, il n’y avait et il n’y a toujours « rien de choquant » à contrôler davantage les chômeurs et les chômeuses. Ce renforcement du contrôle serait justifié, selon lui et beaucoup d’autres membres du personnel politique, par le caractère plus ou moins volontaire des périodes de chômage : le thème de la « responsabilisation des chômeurs et des chômeuses » par le contrôle s’est développé dans le débat public, a été justifié par cette nécessité de bien gérer les deniers publics mais aussi plus récemment par la lutte contre les « pénuries de main-d’œuvre ».
C’est ce dernier thème que le président Emmanuel Macron privilégie à partir de novembre 2021, dans une allocution, et très vite l’exécutif fixe comme objectif une augmentation de 25 % des contrôles pour 2022. Le nombre de contrôles est fixé année après année dans le contrat liant l’État à France Travail. Les objectifs ne cessent d’augmenter et sont toujours remplis. Depuis 2022, « le sujet du contrôle de la recherche d’emploi a donné lieu à une surenchère politique : fin 2023, puis début 2024, les ministres du Travail qui se succèdent annoncent 600 000 contrôles pour l’année 2024, puis, en mars de la même année, le Premier ministre Gabriel Attal promet trois fois plus de contrôles (soit 1,5 million) d’ici à 2027 », notent Laure Camaji, maîtresse de conférences en droit privé à l’Université Lyon 2, et Claire Vivès, ingénieure de recherche en sociologie au Centre d’études de l’emploi et du travail au Cnam.
Les deux chercheuses ont dirigé une étude, y associant plusieurs autres auteurs, sur le contrôle exponentiel des chômeurs : comment se passe-t-il ? selon quels critères et avec quels résultats ? Des questions qui sont longtemps restées sans réponse alors que le thème de la fraude aux prestations sociales, en général, et aux allocations chômage, en particulier, a été porté au premier plan des discours politiques et des politiques publiques depuis 20 ans.
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