Sous les chants liturgiques et les cloches de Saint-Sulpice, le pèlerinage de la Pentecôte, porté par des catholiques traditionalistes, attire une foule de plus en plus jeune. Mais derrière les genoux à terre et les soutanes, la fracture ecclésiale continue de croître.
Pour les adeptes de la liturgie traditionnelle, le week-end de Pentecôte se déroule sur les routes entre Paris et Chartres. Depuis 43 ans, l’organisation Notre-Dame-de-Chrétienté permet aux catholiques français et internationaux de venir arpenter les routes de la vallée de Chevreuse et de la Beauce avec en ligne de mire les tours de la cathédrale d’Eure-et-Loire et le voile de la Sainte Vierge. Un moyen de se rapprocher de Dieu et de réfléchir sur sa foi. « La grâce rentre par les pieds », s’enthousiasme une jeune habituée de la manifestation qui doit enchaîner environ 40 km le samedi, 40 km le dimanche et 20 km le lundi.
Cette année, les scores de fréquentation sont une nouvelle fois en nette augmentation. Ils sont 19 000 au départ de Saint-Sulpice contre 16 000 en 2023 lors du dernier reportage de Golias. Un chiffre qui augmente et qui devrait atteindre la barre des 20 000 personnes en 2026, si les autorisations et la logistique le permettent. « Regroupée entièrement, la colonne mesure 16 km », indique d’ailleurs une bénévole. Si la troupe augmente, son âge lui devient de plus en plus jeune, puisqu’en 2025 la moyenne se situe à vingt ans.
Contrairement à l’édition de 2023 où nous avions été mis sur la touche, sur ce nouveau rendez-vous, l’organisation a préféré dérouler un tapis rouge millimétré dont il était impossible de sortir. Les interviews ont été sélectionnées par un attaché de presse. Difficile donc de prendre des initiatives personnelles et de tendre le micro à notre aise aux pèlerins. Le clergé est quant à lui inaccessible. « Les 450 prêtres et religieux présents doivent rester pleinement concentrés sur les participants », nous dit-on.
« Les catholiques sont devenus une minorité, les traditionalistes le sont encore plus »
Au départ de Paris, samedi 7 juin, dès 6 heures du matin, une vague de personnes en tenues de rando inonde la rame de métro 4. Les chaussures de ville ont laissé place aux baskets et au sac à dos de plusieurs kilos. « Pourquoi on ne sort pas ici alors que tout le monde reste ? », interroge une pèlerine à son ami. En manque de repères, tous ne sont pas des habitants de la capitale. Certains ont fait des centaines, voire des milliers de kilomètres, pour être présents pour ce long week-end. À la sortie de la bouche, dehors, le temps est maussade et le sol détrempé. Les fidèles doivent pourtant se plier aux règles de la liturgie traditionnelle et se mettre à genoux contre le bitume humide pour le début de la première messe.
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