Dans l’Eure, l’unique basilique du département, inoccupée la majeure partie du temps, a accueilli le 9 juin dernier plusieurs centaines de pèlerins venus rendre hommage à la Vierge pour la Pentecôte. Ils ont ce jour-là assisté à un spectacle plutôt étrange dans l’église Notre-Dame de la Couture à Bernay ou est exposée depuis deux ans une reproduction de la toile d’« Extases », une œuvre d’Ernest Pignon-Ernest. Mais pour l’occasion, le triptyque grandeur nature (la photographie centrale mesure 5 mètres sur 3) avait été dissimulé derrière une grande bâche blanche tendue sur un côté de la nef. Visiblement, la présence de l’œuvre a été jugée susceptible de choquer les 500 fidèles présents.
Ernest Pignon-Ernest a dénoncé « un réflexe réactionnaire et un recul culturel incroyable ». Son œuvre, réalisée en 2008, représente huit mystiques catholiques : Madame Guyon, Hildegarde de Bingen, Catherine de Sienne, Angèle de Foligno, Marie de l’Incarnation, Thérèse d’Avila, Marie Madeleine, Louise du Néant. Ces femmes de différentes époques sont des grandes figures de la religion catholique. Et l’artiste se défend d’avoir voulu faire de la provocation : « Toutes se voulaient « épouses du Christ ». « Il y a chez elles quelque chose de très physique, une affirmation et un refus de la chair. J’ai essayé d’explorer cette contradiction violente. Comment représenter l’image de corps qui aspirent à se désincarner ? ». Les dénudements des Extases semblent bien pudiques au regard de ceux des grands peintres.
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