L’Insee vient de publier son enquête annuelle sur la pauvreté et les inégalités en France. Part des Français pauvres, augmentation de la pauvreté, explosion des inégalités : tous les indicateurs ont atteint des records.
« Un seuil d’alerte a été franchi. Nous ne sommes plus sur une stabilisation de la pauvreté à un niveau élevé, mais dans une dynamique de hausse », affirme le sociologue Nicolas Duvoux, qui préside le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté (CNLE), à la lecture de l’enquête annuelle sur la pauvreté et les inégalités en France de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) parue le 7 juillet dernier (Le Monde, 07.07.25). C’est l’étude de tous les records : elle fait état d’une augmentation de 0,9 point du taux de pauvreté monétaire, entre 2022 et 2023. Celui-ci est passé de 14,4 % à 15,4 %. Un habitant de France métropolitaine sur six vit donc avec des revenus mensuels inférieurs à 1 288 euros. Un niveau qui correspond au seuil de pauvreté, fixé pour une personne seule à 60 % du revenu médian pour l’année 2023. Une telle proportion n’a jamais été vu depuis le lancement de cette enquête par l’Insee en 1996.
« C’est un niveau inégalé depuis près de 30 ans », déclare, auprès de l’AFP, Michel Duée, chef du département ressources et conditions de vie des ménages à l’Insee. « Il faut revenir au début des années 1970 pour avoir des niveaux de pauvreté à peu près comparables. » Il faut dire qu’en un an, 650 000 personnes ont basculé dans la pauvreté monétaire. Une hausse record qui a porté le nombre de personnes dans cette situation à 9,8 millions pour l’année 2023. Et encore, ce résultat reste partiel.
Bien que très sérieuse, cette enquête annuelle ne recense pas les habitants des départements d’outre-mer, les personnes sans abri, celles vivant en institution comme les foyers de jeunes travailleurs ou en habitat mobile. Le niveau donné par l’Insee est donc « un chiffre largement sous-estimé », comme le rappelle le collectif Alerte, qui rassemble 37 associations nationales de solidarité (ATD-Quart Monde, Emmaüs, Fondation pour le logement, Secours catholique, etc.), puisqu’en intégrant les populations d’outre-mer, etc., « ce sont probablement 12 millions de personnes qui vivent dans la pauvreté dans notre pays ».
Cet article est réservé aux abonnés à Golias Hebdo. Déjà abonné ? Connectez-vous ci-dessous. Pas encore abonné ? Choisissez une formule. Vous pouvez également acheter ce numéro de Golias Hebdo
Golias Hebdo
Chaque semaine, un autre regard sur l’information.
Golias Magazine
Bimestriel. Un outil d’information indispensable pour une véritable résistance spirituelle.
Golias Magazine + Golias Hebdo
Tout Golias : nos publications à un tarif préférentiel.




