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1700 ans après… Le Credo de Nicée à reformuler

Messe de Noël 2024 : l’église est archipleine au point que plusieurs dizaines de personnes n’ont pu entrer. Comme chaque année, beaucoup sont là qu’on ne voit jamais dans l’année : c’est la tradition de Noël. Beaucoup d’adolescents venus avec papa-maman : c’est le cas de ma voisine de 16-17 ans qui a l’air de s’ennuyer ferme (sans toutefois aller jusqu’à allumer son téléphone). Et voilà qu’après l’homélie, le curé invite à réciter le Symbole de Nicée et à se mettre à genoux quelques instants pour les mots Et le Verbe s’est fait chair. Je me demande ce que ma jeune voisine – et beaucoup d’autres de tous âges – ont bien pu comprendre dans ce Credo : « né du Père, il est Dieu né de Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père…». Quant à « la sainte Eglise catholique », je préfère poser un silence. Oui, vraiment, qu’est-ce que ce charabia, ce baragouin liturgique (baragouin : mot breton signifiant : mélange du pain bara et du vin gwin) ? Cette question est choquante ? Ne serait-ce pas plutôt l’usage de ce texte antique (1700 ans !) qui serait choquante ?

*****

Le 10 novembre 2024, les évêques de France ont envoyé une Lettre aux prêtres, diacres, personnes consacrées, laïcs en mission ecclésiale et au peuple de Dieu à l’occasion du Jubilé et de l’anniversaire du Concile de Nicée : six longues pages dont les paragraphes 8 et suivants portent sur cet anniversaire. Je relève le paragraphe 10 :

« La formule « consubstantiel au Père » a été choisie pour dire la relation de Jésus au Père. Quoique distincts, le Père et le Fils partagent une même « substance » divine. Cette précision du Credo n’enferme évidemment pas le mystère de Dieu, infiniment plus grand que nos pauvres mots, dans une définition. Mais elle écarte l’idée que Dieu le Père aurait envoyé un être intermédiaire, un ange supérieur ou un sur-homme, pour nous sauver. Non : Dieu lui-même, Dieu au sens le plus haut de ce terme, vient à nous en Jésus, pour nous sauver ».

 L’ensemble du texte épiscopal – qu’on peut juger de magnifique langue de buis – est tout à la louange et à l’admiration du dit Credo : « L’affirmation de Nicée apporte quelque chose de proprement révolutionnaire quant à l’image de Dieu, à notre compréhension de l’homme, de l’Église et de son rapport au monde ».

           

Pourtant, nous sommes en droit de nous poser des questions :

  • un texte daté du quatrième siècle peut-il encore dire notre foi, à nous, hommes et femmes du 21ème siècle ?
  • les chrétiens – et surtout nous, Français, pétris de saine laïcité – pouvons-nous admettre l’ingérence du pouvoir politique – en l’occurrence l’empereur Constantin et ses successeurs – dans l’élaboration de ce qui est devenu le dogme de la Trinité ? 

            

Constantin, qui n’était pas baptisé et qu’on peut raisonnablement suspecter d’être croyant chrétien par intérêt, n’avait rien d’un théologien et ne comprenait pas grand-chose aux questions doctrinales en débat. Il a pourtant été déclaré saint par l’Eglise orthodoxe… Lors des controverses initiées à Alexandrie d’Egypte par l’évêque Alexandre et le prêtre Arius et qui agitaient tout le Moyen-Orient, il écrit aux deux hommes :

            

« Quand j’ai considéré l’origine et le sujet de votre différend, il m’a semblé fort léger,  peu digne d’être agité avec tant de chaleur… Il ne fallait ni faire les questions que vous avez faites, ni y répondre. Ces questions-là ne sont point nécessaires et ne sont agitées, pour l’ordinaire, que par des personnes qui ont trop de loisir, servent à exercer l’esprit, il est plus à propos de les tenir secrètes que de les publier légèrement devant le peuple…  Considérez s’il est raisonnable que pour une vaine querelle de mots, les frères s’arment contre les frères et divisent l’assemblée des fidèles… Si, en disputant avec trop de subtilité sur ces questions vaines et inutiles, vous ne vous accordez pas les uns avec les autres, que chacun retienne son sentiment dans le secret de son cœur ». 

            

Questions non nécessaires, vaine querelle de mots, questions vaines et inutiles : n’est-ce pas là ce que pensent in petto la majorité du peuple chrétien ? Car qui peut prétendre comprendre vraiment ce texte antique du Symbole de Nicée ? Les théologiens eux-mêmes font des exposés et des livres bien épais pour expliquer le dogme trinitaire avec brio et moult acrobaties intellectuelles auxquelles ils sont les seuls à comprendre ce qu’ils tentent de dire. Par ailleurs, ne pourrait-on pas reprendre à ce sujet la parole célèbre de Jacques Chirac en 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » ? Oui, la maison Eglise – catholique, protestante et orthodoxe – brûle et s’écroule sans bruit : en France, selon les données 2021 de l’Ifop, 6,6 % des Français se disent catholiques pratiquants mais guère plus de 2% sont des pratiquants réguliers. Et l’on fait comme si de rien n’était, avec force messes, adorations, pèlerinages, confessions… et jubilé.

            

La raison de cet effondrement n’est pas, comme l’a pensé et dit le cardinal Ratzinger-Benoît XVI dans le bouleversement culturel autour de mai 68. Il n’est pas dans le développement de la « société de consommation »  ni de la « société des loisirs ». Ni même dans l’échec de la transmission intergénérationnelle dans le milieu chrétien. Alors ? Alors il est dans le fait que ce Credo antique, et avec lui tout le système dogmatique, théologique, intellectuel du christianisme, n’est plus croyable. Le système idéologique, même baptisé théologique ou christologique, ne fait plus partie de notre « croyable disponible » pour reprendre les mots de Paul Ricoeur. Et cela, les hiérarchies chrétiennes et le peuple chrétien dans sa grande majorité ne veulent ni le voir ni le savoir.

            

Et pourtant, il y va de la Bonne Nouvelle découverte, vécue et annoncée par Jésus de Nazareth !

            

Peut-être serait-il sage d’écouter cette sourate du Coran que Mohamed a dit avoir reçue de Dieu : « Ô gens du Livre ! Ne dépassez pas la mesure dans votre religion ; ne dites, sur Dieu, que la vérité. Oui, le Messie, Jésus fils de Marie, est le Prophète de Dieu, sa Parole qu’il a jetée en Marie, un Esprit émanant de lui. Ne dites pas : Trois ; cessez de le faire, ce sera mieux pour vous. Dieu est unique ! Gloire à lui ! Comment aurait-il un fils ? » (4, 171).  Paul Fleuret

19 réponses sur “1700 ans après… Le Credo de Nicée à reformuler”

  1. La Trinité est un jeu de l’esprit tordu des éminences auto-proclamées de l’époque.
    Dieu est le Créateur de l’univers, Lui seul !
    Il peut se recréer certainement comme bon et ou et comme il lui semble .
    Ces « sachants », auto-proclamés, ne savent rien, de la Création, de l’Univers, et de Dieu lui-même !
    Qu’ils la ferment pour toujours, par respect pour leur nullité.
    Qu’ils arrêtent de produire des contre-vérités, des dogmes imbéciles.

    Religion n’est pas novlangue, avant c’était le latin !
    Qu’ils s’occupent de leurs prédateurs.

    1. Ce qui nous rassure c’est bien, que toi, tu en sais encore beaucoup , beaucoup moins qu’eux. Fin prêt pour les mosquées – temples de l’idéologie arienne remaniée – s’appuyant sur un livre , le Coran, qui en réalité n’est pas un livre, mais une sorte de brouillon très mal ficelé, mal conçu, mal ordonné, mal structuré, classant ses chapitres par ordre de longueur, à quelques exceptions près, et surtout sans queue ni tête. Certes son rédacteur ne disposait pas des moyens techniques d’ aujourd’hui ni le support matériel qui lui permettraient de retravailler son ouvrage. S’il revenait en vie, il en supprimerait la moitié écartant les répétitions inutiles, corrigerait les fautes de grammaire, et espérons-le, il serait moins sexiste, moins discriminatoire à l’égard des non-musulmans, moins violent, plus humain… et moins fabulateur. Lisant le Coran et essayant de le comparer aux autres écrits juifs et chrétiens, tant reconnus qu’apocryphes, tu découvriras aisément qu’il y a une multitude de passages coraniques qui sont repris de ces écrits. On peut donc dire que celui qui a écrit le Coran avait accès à ces écrits majoritairement d’origine juive. C’était quelqu’un qui appartenait aux « gens du livre », avait été formé dans leurs écoles et était assidu à leurs bibliothèques. Mahomet illettré n’a pas reçu une telle formation et un tel accès aux écrits juifs. Il est donc exact que ce n’est pas Mahomet qui a écrit le Coran. Et dans ce cas, l’auteur du Coran est une autre personne que Mahomet. Le plus probable, l’auteur du Coran était un rabbin juif converti à une secte chrétienne, ceux qui reprirent ses écrits ont ensuite développés et maintenus les thèses de l’ignorance arienne .

  2. La taxonomie de l’espèce Golias, qui comme chacun sait se compose d’individus qui ne croient pas en rond, nous permet de distinguer désormais deux genres : l’adepte qui croit en triangle et celui, nouvellement mis à jour, qui croit en croissant.
    Ce zélateur qui se réfère à Mahomet, essaie de nous persuader qu’il a découvert la Lune alors que son boniment (du verbe bonir avec le suffixe -ment, signifiant action de faire quelque chose de bon, d’agréable) n’est qu’une resucée d’une vieille doctrine, l’arianisme, une des racines de l’Islam.
    En conséquence, nous sommes en droit de nous poser des questions :
    • à l’imitation de son raisonnement parfaitement débile sur l’impossibilité d’adhérer encore à notre Credo en raison de son ancienneté, il convient de rappeler que la confession de foi adressée à Alexandre d’Alexandrie et signée d’Arius et de onze de ses partisans, date du quatrième siècle : en conséquence, ce grimoire, antérieur à notre Credo, peut-il encore dire notre foi, à nous, hommes et femmes du 21ème siècle ?
    • en application du principe de liberté religieuse, les Catholiques peuvent-ils admettre l’ingérence dans leur Eglise, de propagandistes ariens ou autres « sachants » auto-proclamés, qui éructent des insultes et vomissent des niaiseries, alors qu’ils n’en savent pas plus que le reste de l’humanité ?
    Quelle que soit la religion, et l’arianisme ne fait pas exception, l’orgueil religieux est exécrable.

  3. L’Arianisme était une tendance interprétative de la christologie, adoptée par de nombreux peuples, à contrario des déclarations putatives du Concile de Nicée.
    A part la pression politique de Constantin et amis, rien ne pouvait prévaloir du sens de l’histoire.
    Les deux tendances ne sont que théories dont l’une a remporté la place !
    Il semble d’ailleurs que les dogmes de la Trinité et de la nature du Christ ainsi que la consubstantialité ne font plus vitrine chez le humains, 9 et bientôt 10 milliards d’humains de cette planète, ronde, il a fallu du temps pour l’admettre,
    Cette planète est placée, non plate et en dessous d’un ciel uniforme, appelé paradis, mais au milieu d’une infinité de corps célestes créés par une intelligence sans limites, contrairement à une institution appelée ‘Église », qui nie toute intelligence de réflexion au peuple créé.

    1. Vous avez tellement raison. Le credo de Nicée n’est que politique. Pas un commencement de début de réflexion qui le fonde. Rien d’un effort d’explicitation rationnel du donné apostolique, écriture et tradition, dans une recherche de la vérité objective des choses. Du pur arbitraire guidé par une volonté de pouvoir. Un rejet de l’arianisme pour des raisons historiques et sociologiques seules, dans un langage qui s’apparente à de la magie, un obscur sabir aux visées perverses.
      Dieu merci, enfin ! grâce à la modernité et Golias, notre époque éclairée, tellemét supérieure, peut nous guider vers le vrai sens des choses, qui est de n’en avoir point trop, pour ne choquer personne ni n’éduquer quiconque, chacun étant son propre maître.

  4. Mais qui êtes-vous donc Paul Fleuret pour vous ériger en juge d’un texte qui, après avoir été établi au terme d’âpres controverses théologiques, a exprimé et nourri depuis 1700 ans la foi et la prière de milliers de fidèles, de papes et de saints, dont chaque mot a inspiré tant d’écrits, d’approfondissements et de commentaires ?
    Devons-nous comprendre qu’un nouveau prophète s’est levé en votre personne ? Avez-vous reçu quelque grâce spéciale qui vous élèverait au dessus de la masse ignorante des baptisés, des pasteurs, des pontifes et des docteurs pour les éclairer de vos lumières et reformuler à leur intention la foi de l’Église ?
    N’est-ce pas plutôt un incommensurable orgueil combiné à une non moins abyssale naïveté qui vous aveugle ?
    Peut-être êtes-vous devenu arien ou musulman ?
    Mais comment pouvez-vous encore, après avoir traité de credo de « charabia » et de « baragouin », vous prétendre catholique ? D’ailleurs, n’en doutez-vous pas vous-même qui préférez « poser un silence » que de confesser votre foi en l’Église ?

    1. Le Crédo de Nicée n’est pas irréprochable, c’est son interprétation (3 personnes-dieux égales) non dogmatique qui est surtout le problème. Le Concile de Nicée (325) est dirigé par des disciples d’Origène qui a confondu le Fils Unique de Dieu (étant le fils biologique de David et le premier-né de la Sagesse Éternelle en Marie) avec le Verbe de Dieu (qui est en quelque sorte l’équivalent du corps du Père – donc le Père).

      Le Concile de Nicée (325) a été modifié au concile de Chalcédoine (451) en prétendant que la modification a été faite au concile de Constantinople (381); ce qui est faux. La partie qui a été soustraite de Nicée (325) est celle qui affirme que le Christ existait avant l’Incarnation, ce qui est du pur monophysisme, puisque les Écritures nous disent clairement que Jésus (le Christ) est le fils biologique de David.

      L’Évangile de Matthieu est la seule vraie généalogie de Jésus; on y voit le père biologique de Marie (elle est aussi la Sagesse de Dieu selon Genèse 3: 15) qui se nomme lui aussi Joseph. Bref, Joachim aka Joseph est le père biologique de Jésus, tout comme de Marie (sans bien sur avoir des contacts sexuels).

      Le Coran place saint Joachim comme l’une des quatre principales dynasties dans l’histoire, avec celles d’Adam, Noé et Abraham.

  5. @Bernard Guidoni
    Il ne vous a pas échappé que l’homme et la femme sont l’œuvre de Dieu et lui seul.
    L’Église de Rome, qui s’est affublée autoritairement a partir du Concile de Nicée et un peu avant, de l’habit du « catholicisme’, ne le tien d’aucun pouvoir inscrit dans les écritures.
    Le « Sur Toi, je bâtirais… » est une gentille transcription ajoutéeà postériori au milieu de moult ratures de « scribes » complaisants !
    La foi est unique et personnelle, on est avant tout tous chrétien, les obédiences usurpées sont la transcription de pouvoirs usurpés.
    Je peut dire le credo que je veux, ce que je fais, tous comme partager la pain, avec ma famille ou mes amis, sans consubstantiation, et me sentir autant chrétien, voire plus, que vous !

    1. Si « la foi est unique et personnelle », quel besoin avez-vous de vous référer à des « écritures » datant d’il y a 2000 ans (quand elles ne sont pas des « transcriptions » de « scribes complaisants ») ? Ou – a fortiori – à la doctrine d’une église, quelle qu’elle soit ?
      Continuez donc à « partager » ce que vous voulez avec qui vous voulez et tenez-vous à l’écart des discussions qui ne vous concernent pas, comme le débat sur la formulation du credo qui est – faut-il le rappeler ? – le sujet de l’article ci-dessus.

    2. Paul Fleuret, vous avez tellement raison. A époque débile, formulations débiles. Ne cherchons surtout pas à élucider le mystère qui nous est donné, ou sinon par quelques borborygmes simples. Je propose de moderniser les formulations dogmatiques trop antiquement circonvolutionnées par des expressions bien senties, abordables et entrainantes du genre « La trinité c’est d’la moula du kiff ». Et pourquoi pas en rap ? Ainsi pourrons-nous élever les âmes modernes aux régions supérieures de l’esprit, où règne la surnaturelle clarté de la foi.

  6. @Bernard Guidoni
    Cela fait 16 siècles que l’Église de Rome est indigne des responsabilités qu’elle s’est attribuée, manu militari s’il s’en faut, et après beaucoup de crimes, envers les chrétiens.
    La soumission des peuples envers cette institution est en chute, au moins dans l’expression de la foi de tous les jours, et du rejet des dogmes.
    Bien sur, il reste des inconditionnels, mais que cela représente-t-il VRAIMENT sur 9 milliards d’humains ?

  7. Réciter en ânonnant, lors d’un mariage ou sépulture, un texte dont les termes ont changé plusieurs fois, depuis le catéchisme,
    Déclaration hors du temps et des réalités de la vie, que ces gens vivent, contrairement à la grande moyenne de ces « Messieurs en Grande Robe » (Francis Cabrel).
    Charles de Foucauld priait debout, dans le sable du désert, il invoquait son Dieu, avec ses mots, à lui !
    Vivez la Foi, l’autre, par vos actions de tous les jours, , pas par des mots sans substance, récités comme une litanie.

  8. Je suggère à M. Fleuret d’appliquer sa méthode critique à la mécanique quantique. Il aurait vite fait de démontrer que les principes de « dualité onde-corpuscule », de « superposition » et « d’intrication » quantiques doivent être récusés, car ils ne sont pas « croyables ». Autrement dit, selon lui, ce qui n’est pas adapté au câblage du cerveau humain est forcément « non-croyable ».
    Et pourtant son téléphone portable marche !
    Pour ma part je trouve au contraire admirable que devant la question : « Qui est cet homme ? », les pères conciliaires de Nicée, il y a 1700 ans, aient eu l’audace et le courage de répondre, à partir des faits relatés par les Évangiles, que Jésus était à la fois vrai homme et vrai Dieu dans une seule personne. J’y vois la marque de l’Esprit.
    Ces « arriérés », le mépris de M. Fleuret pour nos anciens me stupéfie, ont donc admis, 1600 avant la mécanique quantique, qui a à peu près 100 ans, que le câblage du cerveau humain pouvait approcher certaines réalités mais ne lui permettait pas de les com-prendre, au sens étymologique du mot. D’ailleurs contrairement à ce qu’affirme M. Fleuret dans une formule plus générale, les catéchumènes adultes que j’ai fréquentés pendant 10 ans l’admettent aujourd’hui sans difficulté, y compris les musulmans convertis nonobstant la sourate hégirienne anti-trinitaire citée par M. Fleuret.
    En outre, la formule « Jésus vrai Dieu et vrai Homme » a été, malgré des difficultés d’expression bien normales, à l’origine d’une spiritualité extraordinairement féconde. Celle-ci s’est fondée sur la notion de « personne » dont la définition théologique a fortement influencé par la suite, bien au-delà de l’Eglise, les définitions civilisationnelle, sociale et juridique de l’être humain. Une personne peut en effet être une entité unique, tout en partageant une nature commune. Pouvait-on évoquer Jésus-homme sans définir l’Homme et la nature humaine ? Et le concept de l’unité de la personne humaine malgré des différences considérables entre les êtres, tenant à leurs physiques, à leurs conditions de vie, leurs coutumes pouvait-il naître sans dire qu’il n’y avait qu’une « nature humaine » ?
    Pascal voyait juste en écrivant : « Il y a assez de lumière pour ceux qui veulent voir et assez d’obscurité pour ceux qui ne veulent pas voir. ». Les grands mystères éprouvent notre fierté et simultanément nous guident par leur lumière sur notre chemin de recherche de la Vérité.

  9. Toutes ces discussions autour du Credo sont sans doute bien incompréhensibles pour les femmes et les hommes de notre temps. Dans ce texte (le credo) l’on passe directement de la naissance à la crucifixion et cela m’interpelle. Ce qu’a dit et fait Jésus entre ces deux événements serait il sans importance ? Je soupçonne Constantin et les hommes de pouvoir (religieux et/ou politiques) qui l’entouraient de ne pas avoir eu très envie d’en parler.

  10. Tant de détails, d’ailleurs contradictoires, sur la fin de vie du Nazaréen, rien ou presque sur les 30 années précédentes, métier du père, apparemment pas charpentier, frères, sœurs, épouse, concubines, il faut être marié pour pouvoir prêcher ?
    Pas curieux les apôtres, ils suivent un personnage, sorti de nulle part, sans poser de VRAIES questions ?
    Dans le monde de l’époque, plein de mouvements socio-politiques dus à l’occupation romaine, et on s’engage derrière quelqu’un qui est très diférent de vous, ça ne les questionne pas, gentils, les apôtres !
    Après, dans les écrits, exécutés bien a postériori, enjolivés, modifiés, surinterprétés, d’une langue dans l’autre, et à la va comme je te pousse, par des traductions plus que douteuses, qu’on ne sait à qui attribuer, d’origines diverses et qui se contredisent…
    Allez, continuez avec ce credo…
    Bravo Constantin, ton coup d’état a fonctionné !

  11. De nos jours, avec la lumière apportée par un peu de jugeote fondée sur l’exégèse des Ecritures et les plus récentes découvertes, on pourrait à juste titre reformuler ainsi le Credo (et tant pis pour ceux qui me taxeraient d’hérétique !) :
    – Je crois en la toute-puissance divine (note : n’y a-t-il qu’un seul Dieu, y en a-t-il plusieurs ? personne ne le sait),
    – créatrice des mondes visible et invisible.
    – Je crois en Jésus le Nazoréen, fils de Joseph et de Marie,
    – grand maître de sagesse,
    – persécuté par ses pairs pour nous avoir montré le chemin de l’amour gratuit de Dieu.
    – Je crois en sa parole, toujours actuelle et vivante au coeur de ceux qui l’écoutent avec un coeur ouvert.
    – Je crois en la communion des âmes,
    – Et à la vie éternelle dans le monde des esprits, royaume de lumière et d’amour où je suis attendu.
    Amen !

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