Au début du mois de juin 2025, l’archevêque de Toulouse, Guy de Kérimel, a promu au rang de chancelier de la curie diocésaine et de délégué épiscopal aux mariages, l’abbé Dominique Spina. Or, en 2006, ce dernier avait été condamné en appel à Tarbes (Hautes-Pyrénées), alors qu’il était prêtre du diocèse de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), à cinq ans de prison dont un avec sursis pour le viol d’un lycéen de 16 ans en 1993. La promotion qui lui est aujourd’hui accordée a suscité à juste titre un tsunami de réactions outragées dans la presse locale et les réseaux sociaux. Certains demandant même l’intervention directe du pape Léon XIV pour infléchir la décision de l’archevêque.
En 2016, l’ancien archevêque Robert Le Gall avait relevé de ses fonctions Dominique Spina qui avait à l’époque repris un office de prêtre en charge de l’ensemble paroissial Fronton-Bouloc-Castelnau d’Estrétefonds, près de Toulouse. Sa récente nomination est donc incompréhensible et se situe en parfaite contradiction avec les engagements pris par l’Eglise depuis la publication du rapport de la Ciase en 2021. Un coup de plus porté à l’image et à la crédibilité de l’institution. Sommé de réagir devant l’incompréhension générale, Guy de Kérimel a tenté par tous les moyens de minimiser les nouvelles responsabilités confiées à Dominique Spina. Renvoyant son nouveau statut à de simples tâches administratives alors qu’il s’agit de fonctions importantes. Le rôle de délégué épiscopal au mariage est par exemple relatif à l’accompagnement pastoral de fidèles dans ce sacrement au combien important. L’archevêque assume avoir pris le parti de « la miséricorde »…
Enfin, il faut rappeler que le droit canonique stipule que le chancelier se doit d’être de réputation intègre et au-dessus de tout soupçon… Si Guy de Kérimel précise le caractère ancien et révolu de la condamnation de Dominique Spina, il ne semble pas si évident que cette affaire soit bouclée. Dans une interview donnée à Charlie Hebdo, publiée le 8 juillet 2025, la victime reconnue de Dominique Spina explique avoir été présentée à son bourreau par Pierre Silviet-Carricart, ancien directeur de l’établissement Notre-Dame de Bétharram contre qui il a également déposé plainte pour agressions sexuelles et viols. Selon lui, le père Dominique Spina aurait pu faire d’autres victimes qui ont à ce jour gardé le silence. Le 8 juillet 2025, les collectifs de victimes de l’enseignement catholique ont publié un communiqué commun pour exprimer leur « profonde indignation » et leur « colère ». « Cette situation inacceptable témoigne d’un manque de respect flagrant envers les victimes et leurs familles. Pire, elle démontre que, malgré une volonté affichée de lutte contre les violences faites aux mineurs, l’Église de France continue de protéger les prédateurs, même condamnés, et va jusqu’à les promouvoir ». Une situation intolérable qui appelle l’intervention des autorités ecclésiastiques au plus vite. Alexandre Ballario





Une réponse sur “Toulouse : une nomination scandaleuse”
Confirmation de la culture de l’excuse dans l’Église !
Mais ça ne portera pas chance a un espoir de renouveau dans cette agrégation, au sens large.
Les crimes ont été avérés, dans le monde entier, jusqu’en Asie, avec la couverture lâche de la hiérarchie.