Parmi la myriade d’entités financées par le Fonds du bien commun, organisation du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, proche de l’extrême droite et des milieux catholiques intégristes, se trouve le « Réseau des parents ». Une association qui délivre une propagande très conservatrice sur fond de hiérarchisation des sexes. Le 10 avril 2025, les parents du collège Les Ormeaux à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) en ont été témoins. L’une d’entre eux, Astrid Brobecker, par ailleurs élue écologiste, a rapporté des recommandations genrées rapportées par l’association en termes d’hygiène : pour les garçons, des « produits tout en un pour aller plus vite », et pour les filles, des « parfums » et des « soins ».
Plus insidieusement que les « Parents vigilants » liés à Éric Zemmour, le « Réseau des parents » développe une propagande anti avortement. Sur son site internet, on peut lire par exemple une histoire de « bébés-surprise qui ont chamboulé la vie de celles et ceux qui y ont été confrontés. Pour le meilleur, évidemment ». S’en suit un déroulé visant à dissuader les femmes qui tombent enceintes au mauvais moment d’avorter, témoignage à
l’appui : « Vraiment, ce bébé, je n’en voulais pas, mais je ne pouvais pas me résoudre à avorter. Alors j’ai poursuivi ma grossesse, mais dans la tristesse. […] Aujourd’hui, comment imaginer la vie sans lui ? » L’association semble également mener discrètement une croisade hostile à la transidentité. À Fontenay-aux-Roses, Astrid Brobecker a relevé que parmi les risques des réseaux sociaux identifiés par l’association, est citée la confrontation à la « dysphorie de genre ». Les enfants « risqueraient » donc de devenir transgenres.
Fort de ce constat, on ne s’étonnera donc pas que le « Réseau des parents » serve le projet Périclès de M. Stérin et soit donc financé en conséquence. En revanche, on s’étonne davantage qu’il soit soutenu financièrement par la puissance publique. Selon des documents qui ont fuité dans la presse, l’association aurait reçu 16 000 euros en juin 2025 de la part d’un ou plusieurs ministères, et plus de 30 000 euros entre 2022 et 2024. Le Réseau des parents présente dans son bilan d’activités 2023 au rayon des subventions de l’Etat, le dispositif « Cités éducatives », copiloté par l’Agence nationale de la cohésion des territoires et la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO). Enfin, la région Ile-de-France de Valérie Pécresse a subventionné près de 100 000 euros en cinq ans. À l’heure où est déployé au sein de l’Education nationale le programme d’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras), qui tente de déconstruire les stéréotypes, ce genre de choix laisse sans voix. Dans le même temps, des structures comme le Planning familial sont en grande difficulté financière. Alexandre Ballario




