Sortir d’un catholicisme naïf
Il existe une multitude de structures catholiques en France sur des sujets divers et variés, à tel point qu’il devient difficile de faire un tri entre celles qui portent un projet en cohérence avec le message d’accueil et d’amour inconditionnels de Jésus dans les Evangiles, et celles qui portent un projet idéologique et politique visant à réduire les droits de certaines minorités, à banaliser les idéologies d’extrême droite, ou à faire reculer des droits sociaux.
L’étiquette « catholique » ou « chrétienne » associée à une association ou une structure, amène souvent les fidèles à faire preuve d’un manque de vigilance sur les intentions des responsables derrière ces projets. Et pourtant, plusieurs enquêtes médiatiques ces dernières années ont tristement révélé le risque collectif que nous prenons à accorder notre confiance à des structures simplement sur la base d’une appartenance commune à une religion. Comment ne pas parler de SOS Chrétiens d’Orient, accusée de « complicité de crimes de guerre » et de proximité avec l’ancien régime du dictateur Bachar al-Assad en Syrie, et sous le coup d’une enquête préliminaire du parquet national antiterroriste[1] ; du Fonds du bien commun du catholique Pierre-Édouard Stérin, milliardaire dont nous savons désormais que son fonds « philanthropique » participe au projet de faire gagner l’extrême droite en 2027[2] ; des Cafés Joyeux, projet en apparence irréprochable mais qui a pour fondateurs des proches de la Fondation Lejeune, engagée activement contre l’avortement, et de la conservatrice Communauté de l’Emmanuel, tout en ayant en son sein une manager proche d’Alliance Vita[3] ; de l’association Marie de Nazareth, dont nous avions démontré avec Golias[4] les liens avec des personnalités réactionnaires voire proches des idées d’extrême droite ; etc. Comme vous vous en doutez, cette liste n’est pas exhaustive.
En choisissant comme sous-titre de cet édito « Sortir d’un catholicisme naïf », je cherche à appuyer sur un sujet qui me parait central à l’heure où la banalisation des idéologies d’extrême droite et réactionnaires n’a jamais été aussi forte dans notre communauté. Il fut un temps que les jeunes de moins de trente ans, comme je le suis, ne peuvent pas connaître. Un temps où il était possible de se dire que le danger de la banalisation de l’extrême droite était loin et que la confiance était de mise au sein de la communauté catholique. Mais à l’heure où 42% des catholiques ont voté pour un candidat d’extrême droite aux dernières élections européennes, où deux milliardaires catholiques d’extrême droite inondent financièrement les structures et les médias catholiques, où les influenceurs catholiques ultra-conservateurs ont le vent en poupe et participent à une radicalisation religieuse de la jeunesse notamment sur des sujets identitaires, où la communauté religieuse qui ordonne le plus de prêtres chaque année est la très traditionnelle et ultra-conservatrice Communauté Saint-Martin, nous ne pouvons plus nous bercer d’illusions. Il y a dans notre communauté des personnalités qui portent une stratégie politique visant à banaliser ces idées ultra-conservatrices voire d’extrême droite dans notre communauté, notamment par le biais de structures en apparence inoffensives. La secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT), Sophie Binet, avait déclaré le 11 juin 2024 sur France Inter, que face au danger que représente l’extrême droite, « Il est minuit moins le quart »[5]. Je n’ai pas peur de le dire, dans l’Église catholique de France, il est déjà minuit.
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