Le 14 août dernier, le Vatican a annoncé que, pour la première fois, un mouvement catholique LGBTQIA+ sera reçu prochainement au Vatican. En effet, l’association « We Are Church » a été invitée par le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, à l’occasion du Jubilé des équipes synodales, prévu à Rome du 24 au 26 octobre 2025. Une rencontre avec le pape sera également prévue. Il s’agit là d’un événement non négligeable puisque cette association coche toutes les cases de ce qui empêchait jusqu’alors le dogmatisme institutionnel. Fondée en 1995, elle milite plus pour une Église plus ouverte, défendant l’ordination des femmes, l’acceptation des couples de même sexe et la lutte contre les abus sexuels. Présente dans plus de 30 pays, elle a porté un regard critique sur la hiérarchie catholique.
« Notre travail patient de ces 30 dernières années a peut-être contribué à cette invitation. Je vois aussi le passage par la Porte sainte comme un signe pour l’Église dans son ensemble : laisser derrière soi les erreurs du passé et renaître dans l’espérance chrétienne », a déclaré Ansa Christian Weisner, membre du mouvement « We Are Church ». « Cette participation à un grand événement par une petite délégation est un premier petit pas, mais néanmoins notable. Notamment parce que les sujets soulevés n’ont pas été abordés, du moins jusqu’à présent, par le pape. »
Bien que le pape Léon XIV ait réaffirmé la position traditionnelle de l’Église sur le mariage, le définissant comme l’union stable entre un homme et une femme, cet événement pourrait marquer un tournant dans la relation entre le Vatican et les mouvements réformistes, en particulier ceux qui militent pour l’inclusion des personnes LGBTQIA+. Un élan qui effraie bien entendu les courants conservateurs, à l’image de l’association catholique traditionaliste UCRR qui a communiqué dès l’annonce faite par le Vatican : « L’invitation de Léon XIV soulève certaines questions et inquiétudes : est-ce un signe d’ouverture ? Ou plutôt un geste symbolique pour éviter d’aggraver les fractures au sein de l’Église ? ». Gageons qu’il s’agit d’un vrai pas vers une Église plus inclusive et accueillante pour toutes et tous. Golias