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Amazonie : l’évêque de Cayenne face aux enjeux de demain

Du 17 au 20 août dernier, 90 évêques se sont réunis à Bogota, la capitale colombienne, à l’occasion de la Conférence ecclésiale de l’Amazonie. Une première depuis le Synode pour l’Amazonie en 2019. Les différents responsables religieux ont travaillé autour de la coopération pastorale dans cette région avec en toile de fond la protection de la forêt amazonienne et des peuples autochtones. Parmi les présents se trouvait Alain Ransay, l’évêque français de Cayenne en Guyane, qui s’est confié a posteriori à l’agence de presse du Saint-Siège, Vatican News. Il est notamment revenu sur l’enjeu de se rendre disponible pour les populations locales : « 70 000 d’entre eux vivent encore de leur vie communautaire et traditionnelle dans de très nombreux villages sur les bords des fleuves. On ne voit le prêtre qu’une fois, peut-être tous les deux mois ou tous les mois, selon les lieux. Sans cette présence permanente, les communautés sont affaiblies. Elles ne peuvent pas devenir matures, ni fortes, si le prêtre n’est qu’un visiteur. Tandis que les sectes ne se privent pas de notre absence pour occuper le terrain. Il nous faut davantage être présents auprès des populations et former des catéchistes qui puissent être présence d’Église dans ces communautés éloignées et isolées. »

Au sujet de la nature, Alain Ransay appelle, dans la foulée de Léon XIV, à ne pas considérer l’Amazonie comme un lieu sacré mais comme un territoire à défendre coûte que coûte : « Nous sommes responsables vis-à-vis de la Maison commune. Il faut tout faire pour la préserver, parce que nous n’en avons qu’une, et il ne faut pas laisser à nos descendants une terre dévastée, inhabitable et inhospitalière. Il faut que l’on se batte pour cela. La COP 30 qui arrive sera le lieu également de se battre pour neutraliser autant que possible les effets négatifs du développement humain, de la modernité. » Un enjeu majeur dans cette région où, rappelons-le, la COP 30 se tiendra du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, dans le nord du Brésil, capitale de l’État du Pará. « C’est un endroit particulier puisque Belém se trouve en Amazonie, lieu crucial pour la survie de la planète, avec les forêts africaines de la région du Congo et celles d’Asie du Sud-Est. Ce sont les poumons de la planète. Il y a un enjeu-clé au fait que cela se tienne à cet endroit. La question du changement climatique est une réalité que tout le monde constate : les canicules de plus en plus longues en Europe, des cultures qui montent plus au nord, des animaux qui migrent plus au nord. Il faut donc des puits de carbone, récupérer ce carbone autant que faire se peut, pour éviter un emballement complet du climat avec des conséquences dramatiques en termes de vies humaines », a rappelé l’évêque de Cayenne. Événement pour lequel l’Église entend s’impliquer via la Conférence ecclésiale de l’Amazonie (CEAMA), l’épiscopat brésilien et le REPAM, un réseau de l’Église catholique qui promeut les droits et la dignité des personnes vivant en Amazonie. Golias

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