La question de la fiscalité fait un retour en force dans le débat public. L’exécutif et la droite s’opposent à tout retour dans le droit commun des plus riches en agitant la peur de leur départ massif.
La dramatisation par François Bayrou, cet été, de l’ampleur de la dette, pour mieux faire passer son budget d’austérité, a braqué les projecteurs sur les comptes publics et la stratégie suivie depuis vingt ans par les pouvoirs publics. Pour le camp macroniste et pour les lambeaux de la droite classique, l’augmentation record de 1 000 milliards des engagements financiers de l’État depuis 2017 s’expliquerait, comme toujours, par les dépenses somptuaires qu’exigeraient les Français. Mais voilà, ce discours n’arrive pas à s’imposer aussi facilement qu’avant, car trois institutions se sont inscrites en faux : la Cour des comptes, la commission des Finances de l’Assemblée nationale et son homologue au Sénat. Bien sûr, le plan de relance après la période de confinement a joué un rôle, tout comme le bouclier énergétique, mais ces institutions ont toutes trois montré que la hausse du passif avait principalement pour cause les nombreuses exemptions d’impôts et autres baisses de cotisations en faveur des plus gros patrimoines et des plus grandes entreprises. Des décisions qui privent le budget de l’État d’environ 75 milliards d’euros chaque année.
Ces décisions ont eu pour contrepartie de favoriser l’explosion du patrimoine des plus riches, qui a plus que triplé en quelques années. Dans ce contexte, l’idée de leur taxation revient en force dans l’opinion publique. C’est ce qu’a montré, mi-juillet, un sondage Ifop pour LCI, deux jours seulement après le discours sur le budget de François Bayrou : la création d’une contribution de solidarité pour les plus hauts revenus est désormais plébiscitée par 74 % des personnes interrogées. Cette idée fait son chemin d’autant plus facilement dans les esprits qu’un outil n’attend plus que son application : la taxe Zucman. Après avoir été débattue à l’Assemblée nationale à l’initiative de l’opposition en février dernier, elle s’est fait bloquer par le Sénat et sa majorité de droite.
Son principe part d’un constat simple : le taux d’effort fiscal des 1800 foyers les plus riches est largement inférieur au reste de la population. Ces individus possèdent tous plus de 100 millions d’euros de capital. Avec la taxe Zucman, ils se verraient ponctionnés, tous les ans, de 2 % de leur patrimoine, ce qui rapporterait 20 milliards d’euros par an. « Comme leur patrimoine augmente de 6 % chaque année, les super-riches continueraient quand même à s’enrichir », a précisé le concepteur de cette taxe, Gabriel Zucman, économiste rattaché à l’École d’économie de Paris et à l’université californienne de Berkeley.
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