Un autre regard sur l’information !

Baccalauréat

Une élève a obtenu en juillet le baccalauréat à l’âge de neuf ans, devenant la plus jeune à obtenir ce diplôme de fin études scolaires : c’est ce qu’on vient d’apprendre auprès du ministère de l’Éducation nationale (Source : lemonde.fr, 05/09/2025)
La jeune bachelière, de nationalité grenadienne, a suivi sa scolarité à Dubaï dans une école internationale et n’était pas francophone au départ. Elle a commencé à apprendre le français à six ans, et à suivre des cours avec des professeurs dans toutes les matières « au fur et à mesure de sa compréhension». Il est précisé qu’« elle a un QI (quotient intellectuel) normal ».

Il y a là de quoi, me semble-t-il, se poser des questions quant au niveau réel de ce diplôme, que la très grande majorité des Français décroche à 17 ou 18 ans. Il semble qu’avec un taux de réussite qui atteint 96,4 % en voie générale il ne constitue plus désormais qu’un certificat de fin d’études secondaires, n’attestant qu’une seule présence scolaire, et donné à quasiment tout le monde. Mais si on peut aussi l’obtenir si jeune, quelle exigence présente-t-il ? Les bacheliers « normaux » pourraient il me semble y réfléchir.
Et surtout les plus travailleurs d’entre eux. Que gagne-t-on à un examen
« passoire », où la valeur personnelle n’est plus reconnue ? Je sais bien qu’existe ici une double pression : celle des parents, qui sont objectivement en faveur de la facilité des épreuves pour ne pas nuire (pensent-ils) à l’avenir de leur progéniture – et celle de l’Administration qui par peur vis-à-vis d’eux et par pure démagogie leur emboîte le pas. Mais que signifie un diplôme dévalorisé, qui n’assure plus ce qui était sa fonction initiale : celle d’être le premier diplôme de d’Enseignement supérieur, et d’ouvrir les portes de l’Université ? On sait d’ailleurs qu’une grande partie des impétrants s’y casse les dents dès la première année.

On ne déplorera jamais assez la disparition de la méritocratie, où mène l’égalitarisme contemporain. L’École avait en charge de la permettre. Grâce à elle les inégalités sociales n’étaient pas des destins insurmontables. Pensons à Camus, remerciant son ancien instituteur de l’avoir mené jusqu’au prix Nobel. Comment expliquer alors ce à quoi on assiste dans l’Enseignement public : un refus d’assumer la valorisation des différences, d’assurer la récompense de l’effort, la promotion des plus travailleurs ? Retrouvez Michel Théron et ses ouvrages sur ses blogs : www.michel-theron.fr (général) et www.michel-theron.eu (artistique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Euphémie

C’est une tendance naturelle de l’esprit humain, qui ne se satisfait pas de la vision normale, factuelle des choses, qu’elle recouvre pour s’en protéger d’un voile embellissant. Mais cette intention consolatrice ne doit pas faire oublier la falsification du réel,

Lire la suite »

Régression

Les États-Unis d’Amérique ont entrepris une vraie révolution culturelle, comparable mutatis mutandis à celle naguère initiée en Chine par Mao. C’est évident déjà de l’idéologie. Mais aussi, au nom de la rentabilité économique, ils veulent détruire toutes les protections progressivement

Lire la suite »

Vanité

Elle semble ne pas avoir de limites chez nos contemporains. On en voit un bel exemple dans l’accueil enthousiaste fait à la proposition de la Mairie de Paris d’organiser une loterie où les heureux gagnants obtiendront le privilège d’être enterrés

Lire la suite »

Rumeur

On sait celle qui circule à propos de l’épouse de notre Président, dont on dit qu’elle n’a pas toujours été une femme. C’est un cas entre des milliers, où les fausses nouvelles (fake news) inondent Internet et les réseaux sociaux.

Lire la suite »

Talent

J’ai revu sur la 5, dans la soirée du vendredi 24 octobre dernier, le beau film de Pierre Schoendoerffer Le Crabe-Tambour. Il présente deux militaires arrivés à la cinquantaine, qui se penchent sur leur vie passée et en font le

Lire la suite »
Follow us on Social Media