Dans son dictionnaire historique, Alain Rey[1] raconte comment chaque génération de dictionnaires depuis le XVIIᵉ siècle essaye d’avoir le dernier mot. Le triple zzz du bourdonnement de la mouche utilisé par Claudel a finalement supplanté la boisson égyptienne zythe dans le Petit Robert de 1993. Cette année, au Maroc, à Madagascar, en Indonésie, en Iran, au Togo, au Népal, des mouvements sociaux d’ampleur portés par la jeunesse font trembler les dirigeants en place. Ce sont celles et ceux que les sociologies appellent la « génération Z », née à partir de la fin des années 90. Ils ne jouent pas la mouche du coche mais veulent avoir le dernier mot sur leur avenir et leur émancipation comme les avaient précédés en 2011 les Tunisiens après l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi ou les Égyptiens de la place Tahrir, qui avaient entrainé la chute de plusieurs régimes dans cette grande tentative émancipatrice des jeunesses révoltées que l’on désigna sous l’énoncé des « Printemps arabes » en référence aux révolutions du milieu du XIXᵉ siècle en Europe, appelées le « Printemps des peuples ».
Sociologie des générations
L’appellation génération Z vient des travaux en sociologie des générations [2] qui expliquent que chaque génération partage une conscience historique commune, liée aux évènements vécus pendant sa jeunesse qui construisent son imaginaire politique. En 1991, deux historiens [3] ont systématisé cette approche en proposant une lecture de l’histoire des États-Unis autour de cycles générationnels qu’ils ont appelés X, Y et Z pour les trois dernières arrivées à l’âge adulte. Chaque génération apparait dans un climat politique, technique, économique ou social spécifique qui détermine des attitudes propres à chacune. La génération X née entre 1965 et 1980 a grandi dans un monde marqué par la fin des Trente Glorieuses, la fin de la guerre froide, l’essor de la mondialisation, mais surtout elle a vécu la transition informatique avec les premiers ordinateurs personnels, les jeux vidéo et les débuts d’internet. La génération Y née entre 1980 et 2000 a connu l’idée d’une mondialisation heureuse, le smartphone, l’extension d’internet et des réseaux sociaux.
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