Le réseau d’écoles catholiques traditionalistes hors contrat Espérances Banlieues (Cf. Golias Hebdo n°885) possède son pendant rural. Le projet Excellence Ruralités, largement financé par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin avec l’appui de la controversée Fondation pour l’école, veut mener la bataille idéologique dans des régions où l’Éducation nationale est à la peine. Ces écoles ont été créées pour répondre au « mal-être identitaire des enfants de la France périphérique » et se posent en alternative à l’école publique qui serait polluée par le « politiquement correct, une menace contre le développement de l’esprit critique de nos élèves ». Elles sont déjà au nombre de trois : le Cours Clovis (primaire et collège) dans l’Aisne, le Cours Aliénor d’Aquitaine (collège) en Charente et le Cours Vauban dans le Morvan. Le réseau prévoit d’ouvrir six autres établissements dans plusieurs départements. Le cofondateur et directeur général du réseau Excellence Ruralités, Jean-Baptiste Nouailhac, a d’ailleurs fait ses armes auprès d’Espérances Banlieues en tant que directeur du développement.
À titre d’exemple, pour illustrer la lignée idéologique de la maison, les cours d’éducation à la vie affective et à la sexualité sont assurés au sein des établissements grâce à des supports de formations achetés à l’entreprise Lift, en partie financée par Otium Impact France (renommée Odyssée Impact cette année), la société de Pierre-Édouard Stérin. Le directeur du collège charentais, Philippe Sauer, a auparavant dirigé un établissement hors contrat catholique pour garçons à Nantes. En 2017, dans la lettre trimestrielle de son établissement, celui-ci signait un texte qui voulait pointer les supposés dangers d’une « société » qui, selon ses mots, se « surféminise ». Il écrivait alors que son établissement avait d’ailleurs opté pour « le choix de la non-mixité » pour « aider les garçons […] à développer et intégrer en toute liberté leur masculinité », écrivait-il alors de son établissement nantais. « Car le monde a besoin de chefs, d’hommes forts, d’hommes capables d’idéaux : des hommes prêts à prendre des responsabilités. » Le décor est planté…
Les écoles d’Excellence Ruralités bénéficient de dons d’entreprises privées (L’Oréal, Lidl, Crédit Agricole, Saint-Gobain…) ou de structures aux projets traditionalistes et/ou d’extrême droite comme la Fondation Stanislas, la Fondation Raoul Follereau ou encore la Fondation Stella Domini. Le réseau bénéficie également de subsides issus de La Nuit du bien commun, l’événement caritatif fondé par Pierre-Édouard Stérin qui rassemble des associations proches des réseaux catholiques traditionalistes et des mouvements anti-IVG. De quoi envisager sereinement le développement en perspective de six établissements. A l’abri du besoin et à l’abri d’une société jugée au fond comme décadente d’un point de vue moral et civilisationnel. Alexandre Ballario




