À 54 ans, l’écrivain Sylvain Tesson a déjà derrière lui une œuvre prolifique. Depuis son premier texte en 1996, on a roulé sur la Terre, il a publié trente-sept récits, essais, nouvelles ou recueils. Il a tourné treize documentaires et courts métrages. Avec ce rythme de publication annuel, il est l’un des écrivains les plus vendus en France : plus de 200 000 exemplaires Dans les forêts de Sibérie en 2011. Il a reçu le Goncourt de la nouvelle, le Médicis de l’essai et le Prix des Hussards.
Marcel Proust, dans le recueil de ses textes sur la littérature, publié à titre posthume en 1954 sous le titre de Contre Sainte-Beuve, reproche au grand critique littéraire du XIXe siècle sa méthode d’analyse d’un auteur privilégiant la vie de l’écrivain, son intention littéraire ou son tempérament plutôt qu’une étude stylistique centrée sur l’œuvre sans les scories de l’extérieur. On aimerait tellement pouvoir suivre ce conseil pour l’écrivain voyageur Sylvain Tesson mais, habitué des opérations de promotions éditoriales sur le service public, cet auteur ne peut pas se comprendre en dehors de la propagande permanente qui l’accompagne autour de sa posture d’authenticité française qu’il cultive. Avec lui, on ne peut pas détacher l’œuvre de sa réception dans l’espace public. « L’homme qui fait des vers et qui cause dans un salon n’est pas la même personne », disait Proust. Qui cause dans les médias, faudrait-il ajouter. Cet aphorisme s’applique-t-il à Sylvain Tesson, lui qui en produit à profusion dans toute son œuvre ?
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