L’abbaye de Saint Maurice a défrayé la chronique ces derniers temps, un rapport d’audit sur les abus commis par ses chanoines ayant pointé du doigt à peu près tous les clercs résidant actuellement dans la grande bâtisse valaisanne et dans les paroisses que la vénérable institution dessert. Aucun de ces clercs n’a pourtant été sanctionné, l’abbaye prônant plutôt un changement en profondeur qui devrait aussi prendre le visage du nouveau père-abbé fraîchement élu.
C’est pourtant un laïc qui vient d’être licencié, un musicien professionnel engagé à 40% par l’abbaye et qui vient d’être jugé coupable d’actes d’ordre sexuel non consentis. Or ce licenciement intervient alors que le musicien condamné a fait recours.
D’un côté, donc, des chanoines coupables, pour certains, de viol d’enfants et qui n’ont jamais été inquiétés (dans d’autres diocèses ils auraient été reconduits à l’état laïc ou au moins sanctionnés d’une quelconque manière), de l’autre un laïc soupçonné d’attouchements non consentis sur sa compagne majeure… et qui se voit licencié, lui.
La raison invoquée ? Le musicien serait, d’après l’abbaye, « dans l’impossibilité d’insuffler une aide à la prière dans le climat de sérénité nécessaire. »
Personnellement, j’aurais plus de peine à prier en voyant un violeur d’enfant célébrer la messe qu’en entendant l’orgue d’un homme qui a dérapé avec sa compagne.
Lorsque les journalistes interrogent l’actuel tout jeune remplaçant du père-abbé en lui demandant s’il n’y aurait pas un « deux-poids-deux-mesures », celui-ci répond qu’il y a simplement un changement de culture, désormais.
Va falloir le prouver, mon chéri. En ramenant au moins l’un ou l’autre chanoine à l’état laïc, par exemple. Sarah Dars




