Un autre regard sur l’information !

Vanité

Elle semble ne pas avoir de limites chez nos contemporains. On en voit un bel exemple dans l’accueil enthousiaste fait à la proposition de la Mairie de Paris d’organiser une loterie où les heureux gagnants obtiendront le privilège d’être enterrés près de célébrités, dans un des très renommés cimetières intra muros de la capitale. Les candidats pour participer à cette loterie se sont déjà manifestés en grand nombre. (Source : fr.news.yahoo.com, 07/11/2025)


Tout se passe comme si la proximité d’un glorieux voisinage pouvait assurer au gagnant qui en profitera, par miraculeuse contagion, une part de cette même gloire. À l’ombre de grands personnages du passé, on espère en la promesse d’une survie personnelle. Mais que pèse le voisinage d’un nom illustre à qui va tout simplement revenir à cette terre dont il est issu ? On connaît la formule biblique (Genèse 3/19), récitée par le prêtre en marquant de cendre le front des fidèles lors du jour des Cendres : « Souviens-toi homme que tu es poussière et que tu retourneras en poussière. » N’y a-t-il pas la une invitation à la modestie ?


Cette modestie est garantie d’ailleurs par la Bible elle-même, où l’homme est, selon ce que dit son nom (Adam) « tiré du sol ». Et dans la traduction latine de la Vulgate : l’homme (« homo ») est par son nom de la même origine qu’« humus », « inhumation » et « humilité ». Il suffit de ramasser une motte de terre, et on y verra ce dont nous venons et où nous reviendrons. Image de notre destin et singulière expérience sans doute…


À quoi bon alors rêver de gloire et de survie personnelle ? Ce sont de simples valeurs de représentation, et que durent-elles ? Y croire et s’y cramponner, c’est tremper un doigt dans l’eau de la mer, et regarder le trou. L’Ecclésiaste l’a bien dit : « Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent » (1/2). Que restera-t-il de nous, même des plus vaniteux d’entre nous, hors un nom entre deux dates ? De quel poids, de quelle aide seront nos voisins dans la terre ?


Ce qui importe finalement, c’est d’être en vie ici-bas, et beaucoup ne le sont pas. C’est pourquoi, à l’intention de ces derniers, Jésus a pu dire : « Laissez les morts ensevelir leurs morts. » (Matthieu 8/22). Les sages anciens aussi disaient : Dum vivimus, vivamus (« Tant que nous vivons, soyons en vie »). Après, il est trop tard. Aucune loterie au monde ne pourra l’empêcher. Retrouvez Michel Théron et ses ouvrages sur ses blogs : www.michel-theron.fr (général) et www.michel-theron.eu (artistique)

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