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Boualem Sansal, une histoire française ?

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L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été gracié et libéré après une année de prison en Algérie alors qu’il avait été condamné à cinq ans pour atteinte à l’unité nationale après des propos tenus en France dans le follicule d’extrême droite Frontières, déclarations jugées révisionnistes par les autorités algériennes. Il opposait la construction nationale du Maroc autour d’un royaume unifié allant jusque l’oranais à celle de l’Algérie dont la conscience nationale se serait forgée tardivement dans une guerre meurtrière de libération contre la France. Dans le contexte de la crise diplomatique entre la France et l’Algérie après l’alignement de Paris sur le Maroc à propos de la question sahraouie, l’emprisonnement de Boualem Sansal pour ses idées, permettait comme d’un précipité médiatique, l’agrégation visible de toutes les obsessions françaises droitières sur l’Algérie : les conditions de l’indépendance, la nature de l’islam, l’identité française et l’immigration. Dans les médias de la galaxie Bolloré, élargie aux médias mainstream, ce qui jusqu’alors pouvait relever d’un impensée colonial, s’est révélé sans fard comme du racisme anti magrébin décomplexé et de l’islamophobie sans retenue La grâce présidentielle de l’écrivain pour des raisons humanitaires a été obtenue après une collaboration diplomatique entre la France et l’Allemagne. Les ressorts de cette libération sont connus : l’intérêt de l’Allemagne dans ses relations énergétiques, économiques et sécuritaires avec l’Algérie, l’impasse diplomatique pour l’Algérie et le changement de pied français qui a abandonné les rodomontades de l’ancien ministre de l’intérieur Bruno Retailleau pour une approche plus pragmatique. Plutôt que se réjouir à juste titre de la libération d’un écrivain emprisonné pour ses idées, les vieilles rancœurs post coloniales, toujours à l’oeuvre dans l’espace public, ont vu dans le rôle central de la diplomatie allemande, une nouvelle humiliation de la France. Rien de neuf dans nos passions tristes françaises. L’absence de solde mémoriel de la question algérienne la fera rebondir sur un autre motif dans les semaines qui viennent.

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