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	<title>Catégorie Actualité - Éditions Golias</title>
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	<title>Catégorie Actualité - Éditions Golias</title>
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		<title>Laïcité : en finir avec les 12 idées fausses qui nous égarent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[GOLIAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 21:05:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>120 ans après la loi du 9 décembre 1905, la question reste légitime, et les innombrables confusions autour de ce principe républicain partent de la réponse donnée à cette question. &#160; En ce domaine plus qu’en d’autres, chacun·e a souvent tendance à identifier sa propre vision subjective à ce que la laïcité devrait être dans &#8230; </p>
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									<p></p>
<p><strong>120 ans après la loi du 9 décembre 1905, la question reste légitime, et les innombrables confusions autour de ce principe républicain partent de la réponse donnée à cette question.</strong></p>
<p><strong>&nbsp;</strong></p>
<p></p>
<p>En ce domaine plus qu’en d’autres, chacun·e a souvent tendance à identifier sa propre vision subjective à ce que la laïcité devrait être dans l’absolu. À l’ère de la post-vérité, cela est peut-être encore plus marqué aujourd’hui qu’hier.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>La laïcité, c’est, juridiquement, la séparation entre les organisations religieuses et l’État. Il en découle la neutralité de celui-ci — et de l’administration publique en général —, et son impartialité vis-à-vis des citoyen·nes, quelles que soient leurs convictions ou religions. Jusque-là, tout le monde est à peu près d’accord.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Mais allons plus loin : comment s’applique la laïcité sur le terrain ? Qu’est-ce qui est autorisé et interdit ? Qui est soumis à la neutralité et quand ? A-t-on le droit de manifester ses convictions dans l’espace public et, le cas échéant, de quelle manière ? Qu’en est-il de la gestion des faits religieux dans l’entreprise ? D’ailleurs, d’où vient la laïcité ? Comment a-t-elle été pensée ? Est-ce une exception française ? Y a-t-il différentes «&nbsp;laïcités&nbsp;» ?</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Toutes ces questions renvoient à des idées reçues largement répandues dans la population. Cela tient aussi au fait que, reconnaissons-le, nombre de prescripteur·trices d’opinion (éditorialistes, chroniqueur·ses, polémistes, intellectuel·les, journalistes, personnalités politiques, etc.) se laissent aller à la petite phrase qui fera le buzz et le clic, ou au culte du clash et de l’immédiateté, renforcé par l’information en continu et les réseaux sociaux ainsi que par leurs algorithmes.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Les Français·es ne sont pas dupes. Ils·elles sont nombreux·ses (67 %) à estimer que « la laïcité est trop souvent instrumentalisée par les personnalités politiques » (sondage Viavoice pour l’Observatoire de la laïcité, 2021), ce qui peut la transformer en élément de conflit ou de divisions, alors qu’elle devrait être un élément de concorde.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Lorsqu’elle est bien comprise et bien appliquée, la laïcité est un trésor et un formidable outil de cohésion nationale, comme le serait l’outil d’un maçon pour bâtir la maison commune. Mais lorsqu’elle est pervertie, c’est cette même cohésion nationale qui en est la première victime.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Alors que la France et le modèle démocratique laïque dans le monde traversent une crise protéiforme et que les tensions sociales sont vives, faisons, collectivement, preuve de responsabilité.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>C’est dans ce contexte que le livre En finir avec les idées fausses sur la laïcité (éditions de l’Atelier) connaît une 3ème édition, que j’ai voulu largement augmentée et actualisée, à l’occasion des cent vingt ans de la loi du 9 décembre 1905. Je reviens, le plus précisément et le plus clairement possible, sur des affirmations erronées, répétées souvent sans contestation sur les plateaux télé, les radios, les réseaux sociaux ou dans certaines réunions publiques. Je souhaite qu’il puisse permettre, à toutes et tous, d’y voir plus clair et de participer activement à la pédagogie de la laïcité autour de nous. Car la laïcité se vit et se pratique au quotidien. Bien sûr, certain·es sont plus concerné·es que d’autres : les fonctionnaires, et en particulier les enseignant·es, les élu·es locaux·ales, les encadrant·es des mouvements d’éducation populaire, les responsables associatifs, etc. Mais chacun·e de nous est amené·e un jour à appliquer la laïcité, même parfois sans le savoir : en tant que salarié·e d’une caisse primaire d’assurance maladie, ai-je le droit de porter un signe religieux sur mon lieu de travail ? En tant que responsable d’un culte, ai-je le droit d’organiser une manifestation religieuse sur une place de ma ville ? En tant que candidat·e à une élection, puis-je faire état de mes croyances ? En tant qu’usagère d’une piscine publique, m’est-il possible de venir en maillot couvrant ma tête ? En tant que militaire en opération extérieure, puis-je demander un repas casher ? En tant qu’aumônier·e, m’est-il possible d’aller à la rencontre de l’ensemble des patients d’un service d’hôpital ? En tant que fonctionnaire, ai-je le droit de me rendre à une cérémonie religieuse à titre officiel et dans quelles conditions ? En tant que sportif·ve, puis-je porter en compétition un accessoire pour me conformer à ma pratique religieuse ? Etc.</p>
<p></p>
<p>Ce livre rappelle que, s’il y aura toujours des débats d’idées sur la laïcité et une multitude d’interprétations intellectuelles à son sujet, il n’y a en droit et au regard de son histoire qu’une seule laïcité qui s’applique.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’essaie ici de l’expliquer et de la décliner sur tous les grands sujets pratiques et d’actualité, en la rendant concrète, vivante, accessible et compréhensible par toutes et tous. Ce que je vous propose, c’est donc, loin des polémiques stériles des plateaux médiatiques, un voyage en laïcité concrète. <strong>Nicolas Cadène</strong> </p>				</div>
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		<title>Les défis de l&#8217;ère post-carbone</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 18:36:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La préface posthume du pape François Quand le bien est rejoint par la beauté alors s’impose le devoir de l’accomplir. Telle est la première pensée qui m’est venue après avoir lu ce beau dialogue entre Carlo Petrini, que je connais et que j’estime depuis longtemps, gastronome et militant connu dans le monde entier, et Gaël &#8230; </p>
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									<p></p>
<p><strong>La préface posthume du pape François</strong></p><p><strong><br></strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Quand le bien est rejoint par la beauté alors s’impose le devoir de l’accomplir. Telle est la première pensée qui m’est venue après avoir lu ce beau dialogue entre Carlo Petrini, que je connais et que j’estime depuis longtemps, gastronome et militant connu dans le monde entier, et Gaël Giraud, jésuite économiste dont j’ai apprécié, ces derniers temps, les différentes contributions publiées dans <em>La Civiltà Cattolica </em>où il écrit des articles spécialisés sur l’économie, la finance et les changements climatiques.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p class="wp-block-heading">Pourquoi ce lien&nbsp;? C’est que la lecture de ce texte a fait naître en moi un véritable&nbsp;«&nbsp;goût&nbsp;» du beau et du bon, c’est-à-dire une saveur d’espérance, d’authenticité, d’avenir. Ce que les deux auteurs avancent dans cet échange est une sorte de «&nbsp;narration critique&nbsp;» face à la situation globale&nbsp;: d’un côté ils livrent une analyse argumentée et convaincante du modèle économico-alimentaire dans lequel nous sommes plongés, modèle qui, pour reprendre la célèbre définition d’un auteur, «&nbsp;connaît le prix de tout et la valeur de rien&nbsp;»&nbsp;; de l’autre ils proposent des exemples constructifs, des expériences confirmées, des actions particulières pour prendre soin du bien commun et des biens communs, qui invitent le lecteur à un regard de bienveillance et de confiance sur notre temps. Critique de ce qui ne va pas, récit de situations positives&nbsp;: l’un avec l’autre, pas l’un sans l’autre.</p><p class="wp-block-heading"><br></p>
<p></p>
<p></p><p>Un élément significatif qu’il me plaît de souligner c’est le fait que, dans ces pages, Petrini et Giraud, l’un septuagénaire militant, l’autre quinquagénaire professeur d’économie, c’est-à-dire deux adultes, trouvent dans les nouvelles générations de solides motifs de confiance et d’espérance. D’ordinaire, nous les adultes, nous nous plaignons des jeunes, nous ne cessons de dire que les temps «&nbsp;passés&nbsp;» étaient sans aucun doute meilleurs que le malheureux temps d’aujourd’hui, et que ce qui vient après nous est en train de détruire ce que nous avons gagné. Or nous devons au contraire admettre, pour être sincères, que les jeunes sont les premiers à incarner le changement dont nous avons tous objectivement besoin. Ce sont eux qui, dans plusieurs régions du monde, nous demandent de changer. Changer notre style de vie, tellement prédateur de l’environnement. Changer notre rapport envers les ressources de la Terre, qui ne sont pas infinies. Changer notre attitude envers les nouvelles générations dont nous sommes en train de voler l’avenir. Et ils ne se contentent pas de nous le demander, ils sont en train de le faire&nbsp;: en descendant dans la rue, en manifestant le désaccord qu’ils ont avec un système économique injuste pour les pauvres et ennemi de l’environnement, en cherchant de nouveaux chemins. Et ils sont en train de le réaliser à partir du quotidien&nbsp;: ils font des choix responsables en termes de nourriture, de transports, de consommations.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Les jeunes nous apprennent quelque chose là-dessus&nbsp;! Ils choisissent de consommer moins et de vivre davantage leurs relations interpersonnelles&nbsp;; ils font attention à ce que les objets qu’ils acquièrent soient produits selon les règles strictes du respect environnemental et social&nbsp;; ils sont inventifs dans l’utilisation de moyens de transport collectifs ou moins polluants. Pour moi, que ces comportements soient en train de se répandre et tendent à devenir pratique commune est motif de consolation et de confiance. Petrini et Giraud font souvent référence aux mouvements de jeunes qui, dans plusieurs parties du monde, font avancer les exigences de justice climatique et de justice sociale&nbsp;: les deux n’allant jamais l’un sans l’autre.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Les deux auteurs indiquent des pistes à suivre pour un développement économique durable et critiquent à sa base le concept de bien-être tel qu’il domine aujourd’hui. Celui selon lequel le PIB est une idole absolue à laquelle sacrifier tous les aspects de la vie commune&nbsp;: respect de l’environnement, respect des droits, respect de la dignité humaine. Une chose m’a frappé&nbsp;: Gaël Giraud a retracé la façon dont historiquement le PIB s’est affirmé comme seul critère d’évaluation de la santé de l’économie d’une nation. Il affirme que cela s’est produit à l’époque du nazisme et que l’industrie des armements en a été le point de référence&nbsp;: le PIB, pourrait-on dire «&nbsp;est né de la guerre&nbsp;». C’est pour cette raison que le travail des femmes à la maison n’a jamais été pris en compte car leur engagement ne sert pas à la guerre. C’est une preuve de plus qu’il faut se débarrasser de cette perspective économiste qui semble mépriser le côté humain de l’économie, en le sacrifiant sur l’autel du profit comme critère absolu.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>La nature de ce livre est en outre doublement intéressante. D’abord parce qu’il se présente sous la forme d’un dialogue. C’est là une donnée que je crois important de souligner. Ce qui nous enrichit, c’est la confrontation, ce n’est pas de rester fermes sur nos positions. C’est la conversation qui devient occasion de croissance, non le fondamentalisme qui barre la route à la nouveauté. Le moment où nous mûrissons, c’est le débat, ce n’est pas la certitude hermétiquement close d’être toujours «&nbsp;dans le juste&nbsp;». Même et surtout quand nous parlons de la recherche de la vérité. Le bienheureux Pierre Claverie, évêque d’Oran, martyr, affirmait&nbsp;: «&nbsp;La vérité, on ne la possède pas et j’ai besoin de la vérité des autres.&nbsp;» Je me permets d’ajouter&nbsp;: le chrétien sait qu’il ne gagne pas la vérité mais que c’est lui plutôt qui est «&nbsp;gagné&nbsp;» par la Vérité, c’est-à-dire par le Christ lui-même. C’est pourquoi je crois fortement que la pratique du dialogue, de la confrontation et de la rencontre est aujourd’hui ce qu’il y a de plus urgent à enseigner aux nouvelles générations, dès l’enfance, pour ne pas favoriser la construction de personnalités fermées à double tour dans l’étroitesse de leurs propres convictions.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>En second lieu, les deux interlocuteurs &#8211; sagement encouragés par le modérateur &#8211; représentent des points de vue différents et des origines culturelles différentes&nbsp;: Carlo Petrini, qui se définit comme agnostique et avec qui j’ai eu la joie de dialoguer en vue d’un autre texte&nbsp;; Gaël Giraud, un jésuite. Mais cette donnée objective ne les empêche pas de poursuivre une conversation intense et constructive qui constitue le manifeste d’un avenir envisageable pour notre société, ainsi que pour notre planète, qui est tellement menacée par les conséquences néfastes d’une approche destructrice, colonialiste et dominatrice de la création.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Tout en partant de positions différentes, un croyant et un agnostique parlent et se retrouvent sur plusieurs éléments dont notre société devrait tenir compte pour que l’avenir du monde reste encore possible&nbsp;: c’est, me semble-t-il, quelque chose de beau&nbsp;! Et ça l’est encore davantage quand, au fur et à mesure de la leur confrontation, on entrevoit l’importance décisive d’une parole de Jésus rapportée dans les Actes des apôtres, la seule qui n’apparaisse pas dans les Évangiles&nbsp;: «&nbsp;Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir.&nbsp;» Oui, car quand les deux interlocuteurs voient dans la consommation poussée à l’extrême et dans le gaspillage élevé en système le mal du monde contemporain, et quand ils désignent l’altruisme et la fraternité comme les véritables conditions d’un vivre ensemble durable et pacifique, ils montrent tous les deux combien la vision de Jésus est féconde et porteuse de vie pour tous, hommes et femmes. Pour ceux qui ont un horizon de foi comme pour tous ceux qui n’en ont pas. La fraternité humaine et l’amitié sociale, dimensions anthropologiques auxquelles j’ai consacré ma dernière encyclique <em>Fratelli tutti</em>, doivent devenir de plus en plus la base concrète et opérationnelle de nos relations, au niveau personnel, communautaire et politique.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>L’horizon sur lequel Petrini et Giraud concentrent leur attention est la situation environnementale vraiment préoccupante dans laquelle nous nous trouvons, qui est fille de «&nbsp;l’économie qui tue&nbsp;» et qui est à l’origine du cri de souffrance de la Terre et du cri angoissant et angoissé des pauvres du monde. Devant les nouvelles qui nous arrivent chaque jour &#8211; sécheresse, désastres environnementaux, migrations forcées en raison du climat &#8211; nous ne pouvons rester indifférents&nbsp;: nous serions complices de la destruction de la beauté que Dieu a voulu nous offrir avec la création qui nous entoure. D’autant plus que, de cette façon, ce qui va périr, c’est ce don «&nbsp;très bon&nbsp;» auquel le Créateur donna forme avec de l’eau et de la poussière, l’homme et la femme. Il faut l’admettre&nbsp;: le développement économique insensé auquel nous nous sommes soumis est cause de déséquilibres climatiques qui pèsent sur les épaules des plus pauvres, en particulier en Afrique subsaharienne. Comment pouvons-nous fermer nos portes à tous ceux qui fuient et qui fuiront des situations environnementales insupportables, conséquences directes de notre consumérisme immodéré&nbsp;?</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Je crois que ce livre est un don précieux, car il indique une route et la possibilité concrète de la suivre, au niveau individuel, communautaire et institutionnel&nbsp;: la transition écologique peut représenter un domaine dans lequel, tous, frères et sœurs, nous prenions soin de la maison commune, en misant sur le fait qu’en consommant moins et en vivant davantage de relations personnelles, nous franchirons la porte de notre bonheur.<strong> Le pape François</strong> </p>				</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/11/19/les-defis-de-lere-post-carbone/">Les défis de l&rsquo;ère post-carbone</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>RN et patronat : Enquête sur les liaisons dangereuses entre le patronat et l’extrême-droite</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/11/05/rn-et-patronat-enquete-sur-les-liaisons-dangereuses-entre-le-patronat-et-lextreme-droite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 18:11:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le tempo s’est accéléré comme jamais depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée&#160;: jamais depuis la Libération, l’extrême-droite n’a été aussi proche du pouvoir. Jamais depuis la première partie du 20e&#160;siècle, elle n’a bénéficié d’autant de complicités et de ralliements. A l’été 2024, la dissolution décidée par le chef de l’État avait pour but, selon l’intéressé &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2025/11/05/rn-et-patronat-enquete-sur-les-liaisons-dangereuses-entre-le-patronat-et-lextreme-droite/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;RN et patronat : Enquête sur les liaisons dangereuses entre le patronat et l’extrême-droite&#160;&#187;</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/11/05/rn-et-patronat-enquete-sur-les-liaisons-dangereuses-entre-le-patronat-et-lextreme-droite/">RN et patronat : Enquête sur les liaisons dangereuses entre le patronat et l’extrême-droite</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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									<p></p>
<p>Le tempo s’est accéléré comme jamais depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée&nbsp;: jamais depuis la Libération, l’extrême-droite n’a été aussi proche du pouvoir. Jamais depuis la première partie du 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle, elle n’a bénéficié d’autant de complicités et de ralliements. A l’été 2024, la dissolution décidée par le chef de l’État avait pour but, selon l’intéressé même, de donner une majorité au RN, dans l’espoir de lever l’hypothèque pour les futures présidentielles. Si la mobilisation de la gauche a entravé ce scénario, un séisme politique a néanmoins eu lieu&nbsp;: pour la première fois, le barrage républicain n’a été respecté ni par les électeurs de droite ni par les grands patrons.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>«&nbsp;<em>En résumé, le patronat est passé, entre 2011 et 2024, d’un barrage républicain fondé sur des principes démocratiques, à un barrage économique en 2012 et 2017, pour finalement adopter une stratégie de barrage anti-NFP en 2024</em>&nbsp;», note le journaliste et cofondateur de <em>Médiapart</em>, Laurent Mauduit, dans son dernier ouvrage, <em>Collaborations</em> dans lequel il enquête sur les liens que l’extrême-droite et les milieux d’affaires ont renoués.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Ce changement de ligne parmi les dirigeants d’entreprises est sans doute l’élément le plus grave pour notre système politique pluraliste, comme le rappelle Laurent Mauduit, à la suite d’analyses classiques datant des années trente et suivantes (<em>Fascisme et grand capital</em> de Daniel Guérin, Le Pouvoir et l’argent d’Ernest Mandel, plus récemment <em>Les Irresponsables</em> de l’historien Johann Chapoutot). Pour étayer sa thèse, il puise aussi dans plusieurs travaux de chercheurs qui documentent depuis quelques années cette tectonique des plaques comme <em>La Finance autoritaire</em> de Marlène Benquet et Théo Bourgeron.&nbsp;</p><p><br></p>
<p></p>
<p>«&nbsp;<em>S’il y a une leçon à retenir, c’est que l’extrême-droite ne parvient jamais au pouvoir sans que les milieux d’affaires y consentent, d’une manière ou d’une autre</em>&nbsp;», souligne Laurent Mauduit. Dans l’Italie du début du siècle dernier, ceux qui président aux destinées des grands groupes financiers et industriels repèrent et soutiennent Mussolini dès 1915, avec l’assentiment de Wall Street et de la City.Ce fut aussi le cas en Allemagne de la fin des années 1920 où ils ont soutenu Hitler avant de profiter de ses politiques. En France aussi, dans une moindre mesure, de nombreux chefs d’entreprise ont financé les ligues d’extrême-droite avant de collaborer avec l’occupant et de soutenir le régime de Vichy.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Entre la presse qui diffuse les idées du RN, la partie de la gauche qui attise la désespérance sociale en conduisant invariablement des politiques d’austérité, la macronie dont les responsables concoctent des lois sur l’immigration destinées à amadouer les électeurs du RN ou la droite dite républicaine qui ne cesse de courir après l’extrême-droite, les responsabilités sont innombrables mais les grands patrons peuvent tout faire basculer. <strong>Pierre Lagnel</strong> </p>				</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/11/05/rn-et-patronat-enquete-sur-les-liaisons-dangereuses-entre-le-patronat-et-lextreme-droite/">RN et patronat : Enquête sur les liaisons dangereuses entre le patronat et l’extrême-droite</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Les fausses idées sur l’alimentation- Quelle égalité devant l&#8217;assiette ?</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/10/29/les-fausses-idees-sur-lalimentation-quelle-egalite-devant-lassiette/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Oct 2025 20:17:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si les enjeux liés à l’alimentation se limitaient à ne plus avoir faim et à éprouver du plaisir, les choses seraient sans doute plus simples. Mais la nourriture que l’on consomme, la façon dont elle est produite et la manière dont on y accède ont des conséquences directes ou indirectes, à la fois sur notre &#8230; </p>
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									<p></p>
<p>Si les enjeux liés à l’alimentation se limitaient à ne plus avoir faim et à éprouver du plaisir, les choses seraient sans doute plus simples. Mais la nourriture que l’on consomme, la façon dont elle est produite et la manière dont on y accède ont des conséquences directes ou indirectes, à la fois sur notre santé, sur l’environnement et sur les conditions de vie d’autres personnes en France et dans le monde. Manger ne se résume ni à remplir un ventre&nbsp;ni à un acte purement individuel, c’est un acte social.</p>
<p></p>
<p>C’est à travers ce prisme que l’on peut comprendre le combat mené par des organisations de la société civile, des chercheurs et chercheuses et aujourd’hui certains politiques, qui promeuvent l’idée de transition vers une alimentation plus saine et plus durable. Une transition nécessaire pour répondre à des enjeux écologiques, de santé publique et de justice sociale. Pour avancer dans cette réflexion, ils et elles appellent à sortir d’une vision individualiste qui consiste à faire porter la responsabilité des maux de notre alimentation aux consommateurs, supposés libres de leurs choix. Cette idée reçue nourrit souvent le discours d’acteurs de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution qui se dédouanent ainsi de toute responsabilité. Mais aussi celui de personnes militantes qui ne comprennent pas pourquoi tout le monde n’adopte pas un comportement alimentaire plus vertueux d’un point de vue nutritionnel comme écologique. Or, considérer avant tout que « les gens ne veulent pas bien manger », c’est ne pas chercher à comprendre pourquoi l’alimentation saine et durable est devenue, ces dernières décennies, un « marqueur social » au lieu d’être un projet commun.&nbsp;</p>
<p><br></p>
<p></p>
<p>C’est croire que l’offre ne fait que servir la demande et ne pas voir la stratégie de segmentation menée par les industriels et les grands distributeurs qui ont toujours considéré les aliments de meilleure qualité comme des produits à « forte valeur ajoutée », dans une logique de profit et non pas de démocratisation. C’est ne pas avoir conscience que la question de l’« accessibilité sociale » a longtemps été un angle-mort dans le développement d’alternatives à l’industrie agro-alimentaire, guidées avant tout par des motivations sanitaires, écologiques et économiques (notamment de soutien aux petits producteurs). C’est enfin ne pas s’intéresser à la complexité de ce qui détermine le contenu de nos assiettes, nos représentations de l’alimentation et notre rapport aux normes sociales en vigueur.<br>On ne réussira pas davantage à résoudre l’équation d’une alimentation saine et durable accessible à tous et rémunératrice, si on se contente, à l’inverse, de faire porter la responsabilité des conséquences écologiques ou sanitaires des politiques productivistes aux individus qui n’en sont que les exécutants, à savoir les agriculteurs.</p>
<p><br></p>
<p>En effet, on a souvent tendance, lorsqu’on parle d’alimentation, à faire un raccourci du champ à l’assiette, en occultant le rôle prépondérant des industriels et des commerçants dans notre système. L’influence de ces derniers, en particulier de la grande distribution, sur les pratiques agricoles comme sur les comportements des consommateurs et consommatrices, est pourtant considérable.</p>
<p><br></p>
<p></p>
<p>L’émergence et le maintien du modèle agro-industriel est aussi le fruit de choix politiques, à travers des discours, des accords commerciaux, des financements publics, des réglementations. L’avènement d’un système alimentaire plus vertueux ne pourra donc se faire sans l’action volontariste et cohérente des pouvoirs publics, à tous les niveaux, de la production à la consommation. Au regard de tout cela, « manger mieux » ne peut rester une injonction faite aux consommateurs et aux producteurs, c’est un projet de société. <strong>Benjamin Séze, auteur du livre En finir avec les idées fausses sur l&rsquo;alimentation (éd. L&rsquo;Atelier, 2025)</strong> </p>				</div>
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		<title>La face cachée de l&#8217;Emmanuel</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/10/22/la-face-cachee-de-lemmanuel-2/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Oct 2025 20:54:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Enquête]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Église catholique de France, dans la toile tissée par l’Emmanuel    Quel catholique français pratiquant aujourd’hui n’a jamais entendu parler de la Communauté de l’Emmanuel ? Quel catholique n’a jamais chanté l’un de ses chants, lu l’un des très nombreux livres édités par sa maison d’édition, vu l’un des films distribués par sa société SAJE, participé &#8230; </p>
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									<h2>L’Église catholique de France, dans la toile tissée par l’Emmanuel </h2>
<p> </p>
<p><!-- /wp:heading --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Quel catholique français pratiquant aujourd’hui n’a jamais entendu parler de la Communauté de l’Emmanuel ? Quel catholique n’a jamais chanté l’un de ses chants, lu l’un des très nombreux livres édités par sa maison d’édition, vu l’un des films distribués par sa société SAJE, participé à l’un de ses événements spirituels ou ses activités associatives, ou bien encore, écouté l’un de ses prêtres en paroisse ou sur les réseaux sociaux ? Il est tout simplement impossible d’être catholique aujourd’hui en France sans jamais avoir directement ou indirectement été en contact avec les actions de l’Emmanuel.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Mais alors comment une communauté du Renouveau charismatique, qui compte au maximum 6000 membres dans l’Hexagone, parvient-elle à être aussi puissante et influente dans la vie de la communauté catholique de notre pays ? Que savons-nous vraiment sur son fonctionnement, ses objectifs et son rapport à la foi ? L’Emmanuel serait-elle l’une des seules communautés du Renouveau charismatique à avoir réussi à éviter les abus de pouvoirs, spirituels et sexuels ? Ou bien bénéficie-t-elle d’une certaine complaisance, favorisée par un réseau d’influence habilement tissé, et d’une grande habileté dans la préservation de son image et de ses intérêts ?</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Pour le savoir, j’ai enquêté pendant plusieurs années sur l’Emmanuel afin de regarder par-delà l’apparence ouverte et lisse de son image et de sa communication. Je me suis servi des contenus médiatiques traitant de cette association publique internationale de fidèles pour approfondir mes recherches et ma compréhension de son fonctionnement. Pour cette enquête, j’ai lu des centaines d’articles de presse, visionné de nombreuses vidéos des événements de la Communauté, pris connaissance de dizaines d’ouvrages de membres de l’Emmanuel ou de personnes ayant écrit sur le sujet, et interrogé plus d’une cinquantaine de personnes, dont l’un des responsables actuels de la Communauté.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Ce que j’ai découvert a largement dépassé ce que je pouvais imaginer autour de la Communauté de l’Emmanuel. Il s’agit sans aucun doute de la communauté catholique la plus influente de France. Ses réseaux s’étendent du Vatican à des personnalités politiques très marquées à droite, en passant par des grands industriels et des financiers influents. La diversité et le nombre de ses structures et associations lui assurent un « soft power » qui lui permet de se développer massivement sur l’ensemble du territoire national et d’obtenir la gestion massive de paroisses et de lieux spirituels.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Malgré un très grand manque de transparence sur les dérives en son sein, j’ai pu rappeler ou mettre en lumière plusieurs cas de violences sexuelles, de pédocriminalité, d’emprise psychologique ou d’abus de pouvoir de la part de prêtres de la Communauté de l’Emmanuel, parfois commis par des personnalités influentes.  Mes échanges avec les victimes de certains de ses prêtres me laissent penser que les responsables de l’Emmanuel sont très loin de mettre en place « la tolérance zéro » demandée par le pape François contre les abus.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><!-- wp:heading --></p>
<h2 class="wp-block-heading">La toute-puissance de l’Emmanuel</h2>
<p><!-- /wp:heading --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Dans une période de crises successives pour l’Église catholique de France, malgré ses tentatives de faire diversion avec la hausse inattendue des baptêmes d’adultes et d’adolescents en 2025, nous devons collectivement être vigilants sur les structures et les personnalités qui pourraient tirer profit de cette situation en se rendant indispensables à notre institution religieuse. Nous pouvons par exemple citer Pierre-Édouard Stérin, le milliardaire catholique d’extrême droite qui souhaite investir sa fortune pour faire gagner le Rassemblement national en 2027 avec son fameux projet PERICLES. Dominique Greiner, directeur général de Bayard Presse, avait déclaré au sujet de l’influence de ce milliardaire sur l’Église de France à <em>La revue des médias</em> : « <em>L’argent corrompt. L’Église catholique se retrouve aujourd’hui en difficulté pour se positionner, notamment face à Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin. Ils polluent le débat par leur puissance économique et financière et promeuvent une forme de catholicisme. Qui n’est que ça : une forme du catholicisme. Très étroite, par ailleurs. Ils ont arrosé tous les mouvements de l’Église, qui aujourd’hui ne peuvent plus se passer de leurs fonds. </em>[…]<em> C’est une question de positionnement pour l’Église. Saura-t-on, à un moment donné, dire : </em>« Non, ça suffit » ? »<sup><a href="#_ftn1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">1</a></sup>. Concernant la situation de l’Emmanuel, ce n’est pas tant une dépendance financière, mais bien une capacité à se rendre indispensable dans des domaines variés mais primordiaux pour l’Église catholique de France. Si bien que les évêques ne semblent plus en capacité de poser un cadre et des limites aux responsables de l’Emmanuel, notamment à cause des statuts très particuliers qu’ils ont obtenus de la part du Vatican. Pourtant, mon travail d’enquête révèle des implantations agressives de la part de la Communauté au sein de différentes paroisses en France, des valeurs prônées incompatibles avec l’accueil inconditionnel de chacun et de chacune, un mépris pour les pratiques religieuses autres que celles de l’Emmanuel, un développement de la Communauté au détriment de la vie paroissiale, etc. Tout cela provoquant de la souffrance chez de nombreux fidèles et le départ forcé de paroissiens se sentant expropriés de leurs paroisses historiques. La Conférence des évêques de France a-t-elle encore la possibilité de dire « non, ça suffit ! » face à l’Emmanuel ? Cette limite sera peut-être posée par le Vatican lui-même, à la suite de la visite apostolique annoncée en mars 2025. La fin de l’impunité et de la toute-puissance à l’Emmanuel  ?<strong> Olivier Perret</strong> &#8211; <strong>Pour aller plus loin : <a href="https://www.golias-editions.fr/produit/la-face-cachee-de-lemmanuel/">https://www.golias-editions.fr/produit/la-face-cachee-de-lemmanuel/</a></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>
<p><!-- wp:paragraph --></p>
<p><a href="#_ftnref1" target="_blank" rel="noreferrer noopener">1</a>. <em>Dominique Greiner, DG de Bayard Presse : « Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin polluent le débat par leur puissance économique et financière ».</em> (s. d.). La Revue des médias.</p>
<p><!-- /wp:paragraph --></p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/10/22/la-face-cachee-de-lemmanuel-2/">La face cachée de l&rsquo;Emmanuel</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Le 5 octobre 2021, un jour historique pour l’Église de France</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/10/15/le-5-octobre-2021-un-jour-historique-pour-leglise-de-france/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Oct 2025 16:29:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« M. le président [Sauvé], peut-on bien recevoir un désastre&#160;? Que dire, sinon avant tout éprouver un infini chagrin, une honte charnelle, une indignation absolue. Face à la grande douleur des enfances emmurées, que la victime soit mineure ou majeure car c’est toujours l’enfance qui est violentée, aucun de nous n’est préparé et n’a compétence &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2025/10/15/le-5-octobre-2021-un-jour-historique-pour-leglise-de-france/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;Le 5 octobre 2021, un jour historique pour l’Église de France&#160;&#187;</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/10/15/le-5-octobre-2021-un-jour-historique-pour-leglise-de-france/">Le 5 octobre 2021, un jour historique pour l’Église de France</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="51426" class="elementor elementor-51426" data-elementor-post-type="post">
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									<p></p>
<p>« <em>M. le président</em> [Sauvé]<em>, peut-on bien recevoir un désastre&nbsp;? Que dire, sinon avant tout éprouver un infini chagrin, une honte charnelle, une indignation absolue. Face à la grande douleur des enfances emmurées, que la victime soit mineure ou majeure car c’est toujours l’enfance qui est violentée, aucun de nous n’est préparé et n’a compétence pour recevoir ce que nous recevons aujourd’hui, pour faire face à une telle tragédie, à un tel chagrin. &nbsp;Le chagrin qui est avant tout celui des victimes, victimes de ces crimes, de ce fracas de l’intime. Sans doute aujourd’hui &nbsp;faudrait-il avant tout se taire au-dedans de soi pour se recueillir devant chaque vie plongée dans les abymes, devant les crimes massifs commis dans l’Église, dans mon Église, commis dans des communautés religieuses, comme celle à laquelle j’appartiens, devant ce peuple brisé par la violence de l’effraction. </em>»</p><p><em><br></em></p>
<p></p>
<p>Ces mots de sœur Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF), lors de la remise du rapport de la Ciase le 5 octobre 2021, résonnent toujours aussi juste plusieurs années après alors que nous venons de vivre le quatrième anniversaire de cette journée historique pour l’Église de France.</p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une mise à nu des crimes sexuels de masse dans l’Église</strong></h2>
<p></p>
<p>Il est utile de rappeler inlassablement les révélations effroyables de ce rapport de la Ciase, portant des années 1950 à 2020, à l’heure où certains dans l’Église aimeraient bien «&nbsp;tourner la page&nbsp;» sur ce sujet. Je fais le choix conscient d’utiliser dans cet éditorial les termes «&nbsp;violences&nbsp;» et «&nbsp;agressions&nbsp;» plutôt qu’«&nbsp;abus&nbsp;», afin de ne pas minimiser la gravité des actes commis. Il y a eu 216&nbsp;000 victimes, mineures au moment des faits, de violences sexuelles par un membre du clergé et 330&nbsp;000 si l’on prend en compte les victimes du personnel laïc participant à la vie de l’institution catholique. On dénombre entre 2900 et 3200 prêtres agresseurs, ce qui signifie qu’il y a eu un très grand nombre de victimes par agresseur. Contrairement au reste de la société, l’immense majorité des victimes sont des garçons (78,7% dans l’Église contre 17% dans la société). L’Église est le deuxième milieu le plus touché après le cadre familial avec une prévalence<a id="_ftnref1" href="#_ftn1">[1]</a> de 1,2 %, ce qui signifie que 1,2 % des personnes qui ont fréquenté cette institution durant leur enfance ont été victimes. Pour donner un ordre de grandeur, c’est plus de trois fois supérieur aux colonies de vacances, troisième milieu le plus touché. Il est donc faux de dire que l’Église catholique ne serait pas plus touchée par les violences sexuelles que l’école, les colonies de vacances ou les clubs de sport. L’institution catholique est de loin la plus dangereuse pour les enfants du point de vue des violences sexuelles.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Ce rapport a eu l’effet d’une onde de choc dans la communauté catholique. Si certains prêtres, laïcs en responsabilité ou fidèles influents ont tenté, en 2021, de contester les conclusions et les modalités de la Ciase, ces voix irresponsables ont progressivement perdu du terrain pour laisser la place avant tout aux témoignages des victimes, mais aussi à des prises de position fortes de responsables ecclésiaux concernant la lutte nécessaire contre ce fléau.</p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quatre ans après, le temps de «&nbsp;tourner la page&nbsp;»&nbsp;?</strong></h2>
<p></p>
<p>Mais alors pourquoi faire un dossier spécial sur ce sujet alors que les conclusions du rapport de la Ciase sont majoritairement acceptées, que les responsables ecclésiaux ont pris des engagements devant les fidèles et que de nombreuses victimes ont enfin pu sortir du silence mortifère dans lequel l’Église catholique les avait enfermées durant des dizaines d’années&nbsp;? La raison est simple&nbsp;: à Golias nous craignons que le souhait d’attirer de nouveaux fidèles dans l’Église, caractérisé par une volonté d’attirer de nouveaux fidèles dans l’Église, caractérisé par une volonté affichée de plusieurs responsables ecclésiaux actuels d’investir le champ de l’évangélisation sur les réseaux sociaux et par la diffusion d’une apologétique de plus en plus présente dans les discours catholiques, se fasse au détriment du respect des victimes et de la lutte constante contre les violences sexuelles et pédocriminelles. Nous avons publié plusieurs contenus ces derniers mois autour de nominations de prêtres condamnés ou accusés à des postes importants dans les diocèses, comme à Toulouse, Angers et Strasbourg. Dans chacune de ces affaires, un évêque a nommé en conscience un prêtre dont il savait ce qu’il avait commis ou ce dont il était accusé, sans aucune considération pour toutes les victimes qui attendent depuis des années d’être respectées et de voir advenir une véritable Église post-Ciase.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Le «&nbsp;Lumen Gentium&nbsp;» [Constitution conciliaire rédigée par Vatican II] de l’Église catholique, indique&nbsp;: «&nbsp;<em>En raison de leur participation au sacerdoce et à la mission de leur évêque, les prêtres doivent reconnaître en lui leur père et lui obéir respectueusement. L&rsquo;évêque, lui, doit considérer les prêtres, ses coopérateurs, comme des fils et des amis, tout comme le Christ appelle ses disciples non plus serviteurs, mais amis (cf. Jn 15, 15)</em>&nbsp;». Comment attendre que les évêques considèrent avant tout les victimes, avant les prêtres condamnés ou accusés, quand ces derniers sont présentés comme leurs «&nbsp;fils&nbsp;» et «&nbsp;amis&nbsp;»&nbsp;?</p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des changements insuffisants depuis la Ciase</strong></h2>
<p></p>
<p>Certaines choses ont été mises en place dans l’Église catholique depuis la Ciase, il ne s’agit pas de le nier. Mais la culture catholique elle, notamment sur la morale sexuelle, n’a pas évolué en profondeur pour inclure la violence sexuelle.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>De plus, dans le cadre de mes activités ou mes recherches pour Golias, j’ai échangé avec de nombreux collectifs de victimes qui me décrivent bien souvent une défiance des responsables des diocèses à leur égard, rendant impossible leur implication dans le travail nécessaire de prévention et d’accompagnement auprès des autres fidèles. Les victimes sont pourtant celles qui détiennent le savoir expérientiel sur ces sujets. Rien ne devrait se faire sans elles&nbsp;!</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Le président de la Commission pontificale pour la protection des mineurs, l’évêque français Thibault Verny, a déclaré le 3 octobre 2025: <em>«&nbsp;Nous ne devons pas nous sentir à l’abri de nouveaux abus simplement parce que nous avons publié des lignes d’action et créé des bureaux. […]&nbsp;Un sentiment d’autosatisfaction et de lassitude à l’égard de la protection est en train de se répandre, et c’est un facteur de risque important qui conduit à prendre de mauvaises décisions&nbsp;»<a id="_ftnref2" href="#_ftn2"><strong>[2]</strong></a></em>.</p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Continuons d’entendre le cri des victimes</strong></h2>
<p></p>
<p>Pour rendre hommage au travail de la Ciase, mettre la violence sexuelle catholique au cœur de nos réflexions et mieux comprendre où nous en sommes actuellement dans l’Église, Golias a donné la parole à quatre personnalités engagées dans la lutte contre les violences sexuelles&nbsp;: Véronique Margron, religieuse, présidente de la CORREF, théologienne moraliste et contributrice à la mise en place de la Ciase&nbsp;; Matthieu Poupart, fondateur du collectif «&nbsp;Agir pour notre Église&nbsp;», ancien membre d’un groupe de travail post-Ciase et auteur du livre «&nbsp;Le silence de l’agneau&nbsp;: La morale catholique favorise-t-elle la violence sexuelle&nbsp;?&nbsp;»&nbsp;; et enfin, Luc et Isabelle, membres du collectif angevin d’aide et de soutien aux victimes d’abus sexuels dans l’Église.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Les témoignages et les visages des victimes nous obligent à ne plus jamais fermer les yeux sur leurs souffrances et à tout mettre en œuvre pour faire cesser ces crimes au sein de l’institution. «&nbsp;Tourner la page&nbsp;» ou «&nbsp;passer à autre chose&nbsp;», constituerait une violence de plus imposée aux victimes et un comportement d’une lâcheté absolue au vu de notre responsabilité collective dans le caractère systémique de ces violences sexuelles. Au sein de Golias, nous prenons l’engagement de continuer à mettre en lumière le témoignage des victimes, à enquêter sur ces sujets et à ne jamais «&nbsp;tourner la page&nbsp;». <strong>Olivier Perret</strong></p><p><strong><br></strong></p>
<p></p>
<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity">
<p></p>
<p><a id="_ftn1" href="#_ftnref1">[1]</a> Pourcentage de personnes déclarant avoir subi des violences sexuelles avant 18 ans. Source&nbsp;: Enquête Population générale 2020 Inserme-CIASE.</p>
<p></p>
<p><a id="_ftn2" href="#_ftnref2">[2]</a> «&nbsp;Protection des mineurs&nbsp;: Mgr Verny met en garde contre le risque de la&nbsp; “lassitude” dans la lutte contre les abus&nbsp;», La Croix, 5 octobre 2025. </p>				</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/10/15/le-5-octobre-2021-un-jour-historique-pour-leglise-de-france/">Le 5 octobre 2021, un jour historique pour l’Église de France</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Pour une vraie synodalité : Les 10 verrous à débloquer</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/10/08/pour-une-vraie-synodalite-les-10-verrous-a-debloquer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Oct 2025 16:46:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Plusieurs voix se lèvent pour nous assurer que le synode est un processus qui, une fois déclenché, ne s’arrêtera pas[1], mais dans plusieurs diocèses le synode a été vécu comme une saison, avec son début et sa fin. La période «&#160;post synodale&#160;», voulue par le pape François, qui devrait nous amener à une assemblée ecclésiale &#8230; </p>
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									<p></p>
<p>Plusieurs voix se lèvent pour nous assurer que le synode est un processus qui, une fois déclenché, ne s’arrêtera pas<a id="_ftnref1" href="#_ftn1"><sup>[1]</sup></a>, mais dans plusieurs diocèses le synode a été vécu comme une saison, avec son début et sa fin. La période «&nbsp;post synodale&nbsp;», voulue par le pape François, qui devrait nous amener à une assemblée ecclésiale en octobre 2028, selon la lettre qu’il a adressée au cardinal Grech peu avant son décès<a id="_ftnref2" href="#_ftn2"><sup>[2]</sup></a>, est plutôt ressentie comme un épilogue, un achèvement de cette saison. La question qui demeure maintenant est la suivante : qu’il soit un processus en cours ou une saison presque accomplie, quels sont ses effets dans la vie et la structure ecclésiale ? S’il est indéniable qu’au niveau «&nbsp;affectif&nbsp;», pour ainsi dire, le processus synodal a soulevé tant d’espoirs, ouvert tant de perspectives pastorales et promu tant de conversions vers une gestion communautaire de la réalité ecclésiale, d’un autre côté il reste à préciser comment vont se dérouler les choses au niveau effectif. «&nbsp;Conversion et réforme ne sont pas synonymes&nbsp;», rappelle François Odinet à la fin d’un récent article, où il prône l’idée que le processus synodal soit un apprentissage, mais il ne peut pas s’empêcher de soulever ces questions : « Comment les catholiques prendront-ils au sérieux la dimension systémique de la synodalité, comment percevront-ils que la réforme conditionne la mission de l’Église en ce monde ? La question demeure ouverte&nbsp;»<a id="_ftnref3" href="#_ftn3"><sup>[3]</sup></a>. Pour passer de la conversion à la réforme, je propose d’identifier des nœuds systémiques, des «&nbsp;cailloux synodaux&nbsp;», c’est-à-dire des obstacles qui entravent le chemin vers une Église synodale, afin de les enlever et d’aplanir la route.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Évoquant le génocide rwandais, le cardinal Etchegaray, ancien préfet du conseil pontifical «&nbsp;justice et paix&nbsp;», s’interrogeait sur ce que peut bien signifier encore la mission, lorsque ce sont des chrétiens qui s’entretuent ? René Poujol en témoigne dans son livre «&nbsp;Le synode c’est maintenant&nbsp;» (p. 24). Le problème c’est que le manque de cohérence ne touche pas seulement les chrétiens des «&nbsp;jeunes Églises&nbsp;» du continent africain, mais aussi tous les autres, partout dans le monde : combien de temps dans le vieux continent nous sommes nous farouchement entretués au nom de la religion chrétienne ? Pendant combien de décennies les fervents chrétiens de l’Amérique du Nord ont piétiné les droits de leurs frères du Sud en leur imposant des dictatures d’une violence inouïe ? Et encore aujourd’hui sous nos yeux des frères chrétiens s’entretuent sur le sol ukrainien. On voit aussi des chefs d’état soi-disant chrétiens piétiner le droit international, en bombardant des civils sur le «&nbsp;sol ennemi&nbsp;», ou simplement piétiner les droits humains des opposants sur leur propre sol national : n’est-ce pas maintenant le moment de mieux préciser ce qu’est la mission de l’Église face à cette humanité en souffrance ? Ainsi, pour pouvoir marcher ensemble en frères et sœurs, sommes-nous capables de mettre en place les jalons concrets d’une Église synodale ? </p>				</div>
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		<title>Le crime de famine &#8211; Gaza : les morts pour le dire</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/10/02/le-crime-de-famine-gaza-les-morts-pour-le-dire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Oct 2025 04:03:11 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;La famine des civils en tant que méthode de guerre est interdite.&#160;» En 1977, le Comité international de la Croix-Rouge a plaidé avec succès pour que cette nouvelle disposition soit ajoutée aux Conventions de Genève de 1949. À Nuremberg, les puissances occidentales s’étaient abstenues de criminaliser la famine ou la guerre économique, même si le &#8230; </p>
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									<p></p>
<p>«&nbsp;<em>La famine des civils en tant que méthode de guerre est interdite</em>.&nbsp;» En 1977, le Comité international de la Croix-Rouge a plaidé avec succès pour que cette nouvelle disposition soit ajoutée aux Conventions de Genève de 1949. À Nuremberg, les puissances occidentales s’étaient abstenues de criminaliser la famine ou la guerre économique, même si le «&nbsp;<em>Hungerplan</em>&nbsp;», le plan allemand de destruction des Slaves par la famine, enclenché à partir de l’invasion de la Russie par les nazis, avait été «&nbsp;<em>un crime comparable numériquement à la solution finale</em>&nbsp;», comme le rappelle le spécialiste le plus reconnu des famines, Alex de Waal, de la Tufts University (<em>The London Review of Books</em>, 15.06.25).</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Cet ‘‘oubli’’ s’explique facilement&nbsp;: la famine avait été aussi une arme employée par les Alliés. La Grande-Bretagne avait imposé un blocus aux puissances centrales pendant la Première Guerre mondiale. Environ 750&nbsp;000&nbsp;civils allemands en sont morts, sans compter plusieurs centaines de milliers de sujets de l’empire des Habsbourg. «&nbsp;<em>Un blocus resserré pendant huit&nbsp;mois après l&rsquo;armistice afin de contraindre les Allemands à signer le Traité de Versailles</em>.&nbsp;» En 1942, Churchill refuse pendant de longs mois de dépêcher des vivres dans la Grèce où l’occupant a mis la main sur les stocks et la production locale&nbsp;; pendant ce temps, les cloches n’ont pas arrêté leur chant lugubre des enterrements. L&rsquo;année suivante, le 10&nbsp;Downing Street «&nbsp;<em>a fait de l&rsquo;alimentation des îles britanniques une priorité plus élevée que la prévention de la famine au Bengale</em>&nbsp;». Une décision qui a coûté la vie à pas moins de trois millions de colonisés suspects de se réjouir de l’arrivée des Japonais… De leur côté, les USA avaient baptisé, en 1945, la campagne de bombardement des ports japonais «&nbsp;<em>opération Starvation</em>&nbsp;» (opération famine)&nbsp;; avant de menacer, trois ans plus tard, d’arrêter les convois de blé vers l’Italie si, là-bas, la population affamée votait, comme tout portait à le croire, pour une large majorité communiste.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Aujourd’hui, à Gaza, une nouvelle famine a été déclenchée par une autre puissance occupante. «&nbsp;<em>Le gouvernement israélien sait ce qu&rsquo;il fait. La population israélienne est peut-être dans le déni, mais ses dirigeants ont fait un choix moral</em>&nbsp;», condamne Alex de Waal (<em>The Observer</em>, 27.07.25). Le 19 juillet 2024, il y a donc plus d&rsquo;un an, la Cour internationale de justice a rappelé les éléments essentiels du droit international s’agissant de l’occupation par Israël du territoire palestinien. Un «&nbsp;<em>avis historique</em>&nbsp;», selon Rafaëlle Maison, professeur de droit public dont les travaux portent sur la justice pénale internationale (<em>Orient&nbsp;XXI</em>, 03.09.25)&nbsp;: «&nbsp;<em>Donnant suite à cet avis, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté, le 18&nbsp;septembre 2024, une résolution engageant les États à adopter des mesures de sanction contre Israël afin de l’obliger à se retirer du territoire palestinien occupé, et ceci dans le délai d’un an</em>. » Le délai est échu, Israël est en contravention, mais les sanctions ne sont toujours pas imposées car les gouvernements occidentaux constituent un ‘‘dôme de fer’’ diplomatique protégeant les agissements d’Israël, quand ils ne fournissent pas directement les armes sans lesquelles l’orgie de sang et de terreur s’arrêterait d’elle-même. Une politique en contravention avec les ordonnances rendues sur Gaza par la Cour internationale de justice, qui y rappelait les obligations de tous les États signataires de la Convention sur le génocide de prévenir la perpétuation de ce crime contre l’humanité. Il est grand temps de sauver les Palestiniens en imposant le droit international et d’enfin prendre en compte leur désir d’autodétermination. Celui-là même qui leur est systématiquement refusé depuis plus d’un siècle. <strong>Pierre Lagnel</strong> </p>				</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/10/02/le-crime-de-famine-gaza-les-morts-pour-le-dire/">Le crime de famine &#8211; Gaza : les morts pour le dire</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Violences et abus sexuels dans l’Église, un jour sans fin</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/09/17/violences-et-abus-sexuels-dans-leglise-un-jour-sans-fin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 17:55:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À quelques semaines de l’anniversaire des quatre ans de la remise du rapport de la Ciase, le constat est sans appel : nous sommes toujours dans un fonctionnement « pré-Ciase » dans de nombreux diocèses en France. En utilisant le terme « pré-Ciase », nous souhaitons insister sur des logiques, des manières de penser et des prises de décision, mises &#8230; </p>
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<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/09/17/violences-et-abus-sexuels-dans-leglise-un-jour-sans-fin/">Violences et abus sexuels dans l’Église, un jour sans fin</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>À quelques semaines de l’anniversaire des quatre ans de la remise du rapport de la Ciase, le constat est sans appel : nous sommes toujours dans un fonctionnement « pré-Ciase » dans de nombreux diocèses en France. En utilisant le terme « pré-Ciase », nous souhaitons insister sur des logiques, des manières de penser et des prises de décision, mises en lumière dans le rapport le Ciase, mais qui semblent perdurer des années après ce travail de fond sur le caractère systémique des violences sexuelles et pédocriminelles au sein de l’institution catholique. Cette logique « pré-ciase » s’incarne notamment dans la nomination de prêtres condamnés et/ou accusés à des postes à responsabilité, tout cela dans un irrespect et une violence symbolique vis-à-vis des victimes, attitudes incompatibles avec les engagements pris par les évêques il y a maintenant quatre ans devant l’ensemble des fidèles.</p>



<p><br>Comment ne pas parler des nominations scandaleuses ces derniers mois de prêtres condamnés, à l’image de Dominique Spina à Toulouse ou d’un prêtre passé par la case prison pour détention et diffusion d’images pédopornographiques dans le diocèse d’Angers ? Avec Golias, nous avons travaillé sur ces deux affaires durant l’été en publiant plusieurs articles sur ces sujets, notamment « <em>Les évêques continuent à nommer des prêtres condamnés, comme si la CIASE n’avait jamais existé</em> » et « <em>Mobilisations victorieuses contre les nominations de deux prêtres condamnés</em> ».</p>



<p>Si nous avons assisté à une mobilisation catholique inédite face à ces deux nominations, nous sommes forcés de constater que les nominations et les scandales sexuels continuent dans les diocèses français.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Jonzac, quand l’arbre mauvais ne peut pas produire de bons fruits</h2>



<p><br>Comme nous allons le voir dans l’article qui va suivre, le diocèse de La Rochelle fait face à deux scandales impliquant des prêtres en mission dans leurs paroisses. Le point commun entre les deux prêtres concernés, outre leur mission commune au sein de la paroisse de Jonzac, est leur appartenance à l’Institut du Verbe incarné, fondé par Carlos Miguel Buela. Cet homme mort, en 2023, avait été reconnu coupable par un tribunal canonique à la suite d’accusations de violences sexuelles sur plusieurs séminaristes.</p>



<p><br>L’Institut du Verbe incarné (IVE), que l’Association d’aide aux Victimes des dérives de mouvements Religieux en Europe à leurs familles <em>« conseille d’éviter</em> » au vu des abus de pouvoir et sexuels en son sein, est bien implanté au sein du diocèse de La Rochelle. En effet, comme nous l’a confirmé le responsable de la communication, il y a « <em>deux communautés religieuses liées à l’IVE </em>», « <em>une de sœurs et l’autre de prêtres</em> », qui, grâce à une convention signée avec le diocèse, leur permet de mettre à disposition des prêtres au sein des paroisses.</p>



<p><br>Dans les deux affaires de prêtres accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des jeunes femmes vulnérables, la gestion de ces deux affaires par le diocèse de La Rochelle ne va pas être le cœur du sujet de notre article. Il se trouve que la réaction et la gestion du diocèse semblent cohérentes par rapport au respect et à la protection dus aux victimes. Ce qui fait que nous avons souhaité parler du diocèse de La Rochelle dans cet article, ce n’est donc pas tant pour sa gestion de ces affaires de prêtres accusés, mais bien pour ce lien qui le lie avec un organisme comme IVE, connu pour ses très nombreuses dérives à la fois sexuelles et psychologiques. Même avec la meilleure gestion possible une fois les accusations connues, si c’est un mauvais arbre qui met à disposition ses prêtres pour le diocèse, il y a un risque important que ces fruits pourris mettent en danger les fidèles et aboutissent à des situations similaires à celles vécues à Jonzac.</p>



<h2 class="wp-block-heading">À Strasbourg, bienvenue « au temps béni » d’avant la Ciase !</h2>



<p>Si nous pouvons reconnaitre au diocèse de La Rochelle, une fois les accusations sur la table, de se ranger du côté des victimes et de prendre des mesures rapides face aux personnes accusées, il n’est en revanche pas possible d’en dire autant concernant le diocèse de Strasbourg, avec à sa tête l’archevêque Pascal Delannoy. Celui qui était présenté comme « accessible et sur une ligne modérée proche de celle du pape François », ne semble pas partager la ligne du défunt pape qui avait appelé à « la tolérance zéro » de l’Église catholique face aux agressions sexuelles et aux prêtres concernés.</p>



<p><br>Le diocèse de Strasbourg a en effet nommé début septembre Vicaire général un prêtre accusé d’agression pédocriminelle par un paroissien. Le témoignage et la déposition de ce dernier ont fait l’objet d’un film documentaire intitulé « La Déposition ». Si nous allons revenir en détail sur cette accusation, dont la plainte a été classée par la justice pour prescription, et sur la nomination de ce prêtre, il nous semble pertinent de rappeler cette recommandation du rapport de la Ciase : « [le suivi médical du religieux incriminé et l’écartement vis-à-vis du public] <em>doivent s’appliquer sans préjudice des mesures éventuellement prescrites par l’autorité judiciaire</em>. »</p>



<p><br>Afin de vous permettre de vous forger un avis sur cette situation, nous nous sommes entretenus avec plusieurs personnes concernées par cette affaire : Emmanuel Siess, la personne accusant le prêtre Hubert Schmitt ; le diocèse de Strasbourg par la voie de son responsable de la communication, François-Nicolas d’Alaincourt ; Claudia Marschal, autrice-réalisatrice du film documentaire « La Déposition » ; et enfin, Edwige Roux-Morizot, l’ex-procureure de Mulhouse en charge du dossier. Alors que notre article était terminé et le diocèse de Strasbourg contacté, le prêtre Hubert Schmitt a démissionné de son poste de vicaire général. Il reste néanmoins prêtre du diocèse en contact avec des enfants.<br>Nous allons voir ensemble que l’Église catholique de France est encore très loin d’être à la hauteur de ses propres engagements, du respect dû aux victimes et de l’application des recommandations de la Ciase. Le crépuscule du jour sans fin dans l’Église n’est pas encore d’actualité. <strong>Olivier Perret</strong> [ABO]</p>



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<h2 class="wp-block-heading">Entre Jonzac et Strasbourg : autopsie d&rsquo;actes manqués</h2>



<p><strong>« Le Seigneur me traite selon ma justice, il me donne le salaire des mains pures », nous prévient le livre de Samuel, dans l’Ancien Testament. Pour des âmes moins lyriques ou moins exégètes, la CIASE nous indique ceci dans sa première recommandation : « Assurer que toute personne ayant été mise en cause dans une affaire d’agression sexuelle ou d’atteinte sexuelle sur mineur ou personne vulnérable ne puisse pas accéder à des enfants, des adolescents ou des personnes vulnérables dans le cadre d’une mission d’Église. » Si donc, les mains ne sont pas pures, il est au moins du devoir de l’Église de les éloigner de ses brebis les plus fragiles.</strong></p>



<p>Nous allons aujourd’hui nous intéresser à deux scandales récents, très différents, mais qui nous questionnent, car ils ont – en tout cas au départ &#8211; été moins mal gérés que bien d’autres, et ils auraient même pu l’être plutôt bien. Mais l’Église locale a fini par déraper, s’emmêler, se freiner elle-même, et de façon assez aberrante dans un de ces deux cas. Les agressions et maladresses vis-à-vis des victimes sont-elles des fatalités ? Que devrions-nous bouleverser en profondeur pour protéger les laïcs de manière systématique ?</p>



<h2 class="wp-block-heading"><br>Le Verbe s’incarne à Jonzac</h2>



<p><br>Veuillez dans un premier temps nous suivre jusqu’en Charente-Maritime.<br>Un prêtre du diocèse de La Rochelle, Anthony Del Castillo – membre de la communauté argentine de l’Institut du verbe incarné &#8211; a récemment reconnu avoir eu une relation sexuelle inappropriée avec une jeune femme de 18 ans « <em>potentiellement vulnérable</em> » lors de retraites organisées à Jonzac. Cet Institut du verbe incarné n’en est pas à son premier scandale, si bien qu’un groupe de victimes constitué d’anciens membres tient un blog hispanophone, Abusos IVE y SSVM sur toutes les déviances qui agitent cette organisation.<br>Les abus sur Jonzac ont d’abord été révélés par ce blog/groupe de victimes le 19 juillet avant d’être relayés le 20 par Riposte catholique. Une partie du scandale tiendrait sur la réaction de l’Institut du verbe incarné qui aurait voulu évacuer le prêtre en urgence pour essayer d’effacer ses traces en France, en l’expédiant en Italie puis en le rapatriant au Pérou – dont il est originaire &#8211; pour « <em>raisons de santé </em>». D’après le vicaire général du diocèse de La Rochelle, le prêtre aurait « <em>reconnu sa grave faute </em>». Le diocèse a plutôt bien géré l’affaire en débarrassant aussitôt le prêtre de sa charge, mais il a ensuite été envoyé en Italie dans un établissement de l’institut. L’administrateur apostolique du diocèse – Mgr Jacolin, aussi évêque de Luçon – serait allé à la rencontre des parents de la victime et « nous sommes en train de compléter le dossier pour une enquête canonique et au besoin judiciaire » comme vous pourrez le lire dans notre entretien avec l’évêché.</p>



<p><br>Petit rappel nécessaire et qui rajoute encore une nouvelle dimension à cette affaire : si ce même Mgr Jacolin a été nommé administrateur, c’est pour pallier la mise en retrait de Mgr Georges Colomb en juin 2023, « <em>suite à sa mise en cause pour tentative de viol sur une personne majeure, et son placement sous contrôle judiciaire</em> », pour citer un communiqué de la Conférence des évêques de France.</p>



<p><br>Pour en revenir à Anthony Del Castillo, techniquement, la relation serait « <em>consentie</em> », mais au vu de l’ascendant du prêtre très populaire et charismatique sur la « <em>potentielle vulnérabilité</em> » de la jeune femme, le diocèse reconnaît qu’il y a largement de quoi s’inquiéter, d’autant plus que la jeune femme était peut-être mineure quand la relation a commencé (voir nos entretiens). L’alerte aurait été lancée par une amie de la personne concernée et vite écoutée. D’après le site Après la Ciase et le blog de victimes, cette jeune femme serait liée à d’autres prêtres et religieux de cet institut, ce qui complique assez l’affaire. Ce qui choque dans cette affaire charentaise, c’est donc – Primo : cette histoire d’envoi vers l’Italie/Pérou, apparemment pilotée par l’Institut du verbe incarné, car, pour le reste, le diocèse semble avoir assez bien géré l’affaire et Deuxio… Eh bien, un comparse d’Anthony Del Castillo opérant également à Jonzac – et provenant du même institut – serait aussi accusé de conduite inappropriée !</p>



<p><br>Selon Charente Libre, qui relaie alors le blog de victimes de l’Institut, le père Gustavo Domenech « <em>franchit toutes les limites de la discrétion dans son comportement avec le sexe féminin. Lors de l’une de ses premières missions aux États-Unis, il avait déjà dû être renvoyé en Argentine en raison d’une liaison publique avec une paroissienne</em> ». Domenech semble donc être balloté de paroisse en paroisse pour étouffer les scandales qui le suivent. Et comme dans celui liant Del Castillo à une jeune femme vulnérable, il ciblerait des femmes en situation de vulnérabilité : « La plupart des femmes choisies sont vulnérables (problèmes affectifs graves, troubles psychologiques, familles absentes, ou jeunes filles issues des foyers d’orphelins de l’IVE) », nous relate le quotidien régional. L’affaire semble donc bien plus complexe qu’au premier abord. D’autant plus en considérant que l’évêché surveille déjà le père Domenech. « Nous sommes informés de cette enquête et de ces accusations. Mais de notre côté, pour l’instant, nous n’avons pas d’éléments prouvant que ces accusations sont vraies », a fait savoir le service communication du diocèse à Charente Libre. Il est à noter que ces comportements problématiques de la part de Domenech sont connus d’une partie du public – toujours via Abusos IVE y SSVM &#8211; depuis novembre 2024.<br>Derrière une affaire gérée par des religieux qui semblent de bonne volonté se cache donc un second scandale, qui paraît généraliser le côté abusif de cet Institut. Ne serait-il pas dans ce cas le problème à résoudre ? Encore selon Charente Libre et le blog de victimes « <em>Ce double coup de tonnerre pose la question du maintien de la présence de la communauté du Verbe Incarné en Charente-Maritime.</em> […] <em>Plusieurs diocèses en Europe, dont Turin et Grenade, ont fermé des communautés de l’IVE après enquêtes. La question sera tranchée par le nouvel évêque de La Rochelle Monseigneur Bozo.</em> » Nous pouvons donc espérer que Monseigneur Bozo – en vérité, le nouvel évêque coadjuteur du diocèse suite au scandale Colomb et qui devrait bientôt soulager Mgr Jacolin de sa charge supplémentaire &#8211; trouve une solution claire à cette forêt cachée derrière deux arbres.<br>Les nombreux débordements reliés à l’Institut du verbe incarné, très bien implanté à Jonzac via La congrégation des Servantes du Seigneur et de la Vierge de Matará, qui en forme la branche féminine, nous semblent en tout cas assez caractéristiques de la cinquième recommandation de la CIASE : «<em> approfondir le travail doctrinal que l’Église a d’ores et déjà engagé pour mieux</em> “comprendre comment de mauvais arbres ont pu porter de bons fruits” <em>et vérifier que tout charisme fondateur est subordonné à la charité ; – identifier toutes les formes dévoyées de charisme et tous les positionnements en surplomb dans les pratiques pastorales (avec un exercice de cartographie des risques) et toutes les confusions possibles entre séduction et charisme</em> ».</p>



<p><br>Au-delà d’une vision rigoriste de la foi, le fondateur de l’IVE, Miguel Buela, a été suspendu de ses fonctions par le Vatican pour avoir commis plusieurs agressions sexuelles et physiques. En ajoutant tous ces éléments à ceux déjà cités et en prenant en compte les divers diocèses qui ont décidé de se départir de la présence de l’Institut, la solution ne serait-elle pas de couper simplement des ponts gênants et de proposer des alternatives spirituelles aux personnes du diocèse engagées dans l’organisation ? Dans une foi aussi radicale que la nôtre, n’est-ce pas aussi un acte d’amour radical envers la communauté des croyants que de trancher les liens pourris ? Enfin, sur cette double affaire de Jonzac, nous pouvons au moins reconnaître la volonté d’agir des représentants actuels du diocèse de La Rochelle. Quelque chose qui semble davantage faire défaut du côté de l’Alsace, où nous nous rendons maintenant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Strasbourg : l&rsquo;affaire Schmitt</h2>



<p><br>Écarté par Mgr Luc Ravel en 2023 pour une agression sexuelle, qui aurait eu lieu en 1993 sur un enfant de chœur, le chanoine Hubert Schmitt a récemment été renommé vicaire général du diocèse par Mgr Delannoy, évêque de Strasbourg depuis avril 2024. Le diocèse a communiqué ainsi sur l’affaire, avec l’appui de l’avocat du père Schmitt qui a confié à France 3 : «<em> Il y a eu une enquête approfondie, un appel à témoin et l’enquête a conclu qu’aucune infraction ne semblait être constituée</em> […]<em> il y a prescription, l’affaire a été classée sans suite. Il était suspendu, et cette suspension a été levée. Il est simplement remis dans ses fonctions</em>. »</p>



<p><br>Rue 89 rappelle lors de son enquête sur le sujet qu’un vicaire général doit « être recommandable pour sa vertu et sa prudence » selon le droit canonique.<br>D’après France 3, si la procureure générale de Mulhouse a confirmé la prescription des faits en mai 2023, la justice a maintenu sa recherche d’autres victimes via la brigade de recherches d’Altkirch. Depuis 2021, le principe de prescription glissante permettrait potentiellement de rouvrir le dossier si des plaintes non prescrites étaient reçues. Des numéros d’appel ont été mis en place : le 03 89 40 96 39 et le 03 89 08 31 81.</p>



<p><br>Cette même procureure, depuis à la retraite, nous a confié ses pensées sur l’affaire dans notre dossier d’entretiens. Bien sûr, le chanoine Schmitt nie en bloc avoir agressé sexuellement son servant de messe. Dans un numéro de l’Alsace datant d’après son éviction, il reconnaissait néanmoins avoir « <em>aidé à se sécher</em> » le jeune garçon, qui selon lui « <em>aurait gardé ses sous-vêtements</em> ». « Aujourd’hui, par les temps qui courent, je lui aurais simplement donné une serviette », ajoutait-il à l’époque.</p>



<p><br>À noter que l’ancien évêque de Strasbourg, Luc Ravel, aurait apparemment fait de la lutte contre les abus un de ses fers de lance, ainsi qu’il le prouve dans une interview pour présenter sa lettre pastorale « Mieux vaut tard ». Et tout semble indiquer qu’il a pris l’accusation au sérieux. Il a fait un signalement à la justice dès qu’il a eu connaissance des faits et a fait déposer Schmitt en 2023 lors d’une période de grands chambardements et disputes sous sa gouvernance en crise, c’est donc particulièrement honteux que son successeur ait rétropédalé. Cela étant dit, le climat empoisonné de ce diocèse est très probablement un des ingrédients de ce chamboulement brutal. Il semblerait en effet que Ravel n’ait pas si bien joué sa partition. Suicide de prêtre, limogeage d’évêque auxiliaire, sympathie pour des groupes religieux d’extrême droite… Son approche dictatoriale lui aura valu une enquête pontificale puis une démission maladroite et qui apparait comme forcée. Malgré cette poigne un poil violente, il aurait de toute manière été au courant de faits graves concernant le chancelier Bernard Xibault – une affaire touchant un séminariste vers 2006 &#8211; sans avoir véritablement agi pour autant.</p>



<p><br>Pour l’affaire Schmitt en elle-même, elle a fait l’objet d’un documentaire de Claudia Marschal &#8211; La Déposition – qui revient sur la souffrance psychologique de la victime, Emmanuel, et le suit dans son chemin de guérison et de justice. Le film s’attarde – avec brio – sur la question du traumatisme et de l’après-agression ainsi que sur la déposition d’Emmanuel. Nous pouvons entendre également Mgr Ravel qui écoute Emmanuel lors d’un entretien aussi touchant que tendu. Dans une autre séquence beaucoup plus rageante – nous pouvons entendre le père d’Emmanuel narrer un récit raconté par Hubert Schmitt. Il aurait reconnu devant lui s’être mis au lit avec l’adolescent pour simplement « le sécher de la pluie » sans pour autant l’avoir agressé. Sans surprise, Hubert Schmitt est décrit lors de son arrivée dans la paroisse d’Emmanuel comme un prêtre populaire, extrêmement charismatique et proche des jeunes du coin.</p>



<p><br>Comme nous l’avons déjà établi, l’affaire Schmitt a eu un tel retentissement qu’elle a même fait l’objet d’un film, à l’approche sincère et vulnérable. À partir de là, ne pouvons-nous pas voir le rétablissement du chanoine comme une atteinte à la dignité de de la personne qui l&rsquo;accuse d&rsquo;agression sexuelle, Emmanuel ? Voir une moquerie ? Mgr Delannoy a pourtant eu l’air d’une personne censée sur une autre affaire du même acabit. En 2024, il a fait suspendre Bernard Xibault &#8211; que Mgr Ravel préférait ignorer &#8211; bien que les raisons de cette suspension n’aient pas été révélées au grand public. Presque de quoi faire oublier l’affaire Gagey, qui a eu lieu en 2022 alors qu’il était évêque de Seine–Saint-Denis. Dénoncé à la CEF et au diocèse de Paris plusieurs fois entre 2018 et 2022 pour des agressions sexuelles sur femmes majeures entre 1993 et 2002, le père Jacques Gagey a pourtant été nommé curé de Pantin par Mgr Delannoy en août 2022. Cette « bourde » a heureusement été rattrapée assez vite et s’est suivie d’une véritable enquête judiciaire. Si Mgr Ravel semblait loin d’être parfait et si son passage à Strasbourg s’est alourdi de fausses notes, il a tout de même écrit des mots assez intéressants en prélude à sa lettre pastorale « Mieux vaut tard », dont son successeur aurait dû s’inspirer – à notre sens &#8211; dans le traitement de cette affaire : [Le peuple de Dieu doit développer] une solidarité vis-à-vis des victimes, en les écoutant, en les comprenant, en les accompagnant. Mais aussi une solidarité en ne taisant pas les choses.<br>Dans la même veine, le prêtre Benoist de Sinety a publié une magnifique lettre ouverte le 7 septembre 2025 chez Aleteia, en y préconisant de très belles choses, notamment ceci : « <em>Mon frère, je te le demande, même si les faits sont prescrits, n’amenuise pas ta responsabilité. Assume ta condition. Tu crois en la miséricorde ? Alors, obtiens-la en demandant aux hommes une peine, ne parlant que dans les larmes d’un repentir sincère.</em> » Son appel a peut-être été entendu par le père Schmitt, ou alors la pression médiatique mise par Golias et les autres médias sur le diocèse a été trop forte, puisqu’il a démissionné le mardi 9 septembre, quelques jours seulement après avoir été réintégré. Une décision qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas dû avoir à prendre si l&rsquo;évêché avait fait son travail correctement, en ce qui nous concerne. Emmanuel nous a confié dans un de nos entretiens : «<em> Pendant très longtemps, je faisais des cauchemars sur cette agression.</em> » Cette réaction prouve la lourde charge psychologique qui l’accompagne. Non, croire les victimes, ça ne vaut pas que pour les scandales MeToo dans le monde du cinéma. C’est en fait une autre face de cette radicalité qui permettrait aussi de protéger les fidèles de Jonzac. Une radicalité dans l’amour pour les plus vulnérables.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que retenir et préconiser ?</h2>



<p><br>Eh bien, nous retrouvons au moins une constante entre ces deux cas qui n’ont autrement rien à voir : deux prêtres qui auraient dû être écartés du service au public y ont été maintenus. L’un, péniblement et au su d’un diocèse qui n’apprécie pas le nouveau scandale qui menace de lui éclater à la figure, l’autre, de retour pour quelques jours dans une position qui contredisait les recommandations les plus élémentaires de la CIASE. Cette commission nous a pourtant donné des lignes d’action infiniment claires pour faire advenir une Église post-CIASE : « [Le suivi médical du religieux incriminé et l’écartement vis-à-vis du public] <em>doivent s’appliquer sans préjudice des mesures éventuellement prescrites par l’autorité judiciaire</em> », nous dit la première recommandation.</p>



<p><br>Vous l’aurez compris, ce que nous conseillons, c’est la fin du pataugement et le début d’un traitement radical des affaires d’agressions sexuelles… Et si nous avons pu lancer cet article avec des problématiques en apparence assez naïves, la solution n’est pas si nouvelle. Elle prend racine dans le rapport de la CIASE, que nous avons cité plusieurs fois et qui liste déjà noir sur blanc 45 façons efficaces de lutter. Pas besoin de réinventer l’eau tiède, toutes les éventualités ou presque sont contenues dans ce rapport commandé par les évêques français. Il serait maintenant bienvenu de la part de ces mêmes évêques de l’appliquer.<br>Nous pourrions citer encore une fois ce rapport avant de nous quitter, mais le mot de la fin qui nous paraît le plus marquant provient de La Déposition, ce fameux documentaire de Claudia Marschal sorti en 2024. Lors d’un rassemblement de prières entre protestants, Emmanuel – qui s’est converti pour garder la foi chrétienne sans pour autant demeurer dans l’Église catholique – y prononce cette phrase marquante : « <em>Je me disais, s’il [le prêtre Schmitt] n‘a pas la justice terrestre, il aura la justice divine… Et au jour d’aujourd’hui, je pense toujours ça, mais je pense que quelque part, il doit aussi faire face à la justice terrestre.</em> » <strong>Manon Segur</strong></p>



<p></p>



<p><strong>Entretiens</strong><br><strong>Entretien du 3 septembre 2025 avec Guilhem Duval, responsable communication du diocèse de La Rochelle :</strong><br></p>



<p><strong>G. H. : Quelles sont les dernières avancées du dossier concernant le prêtre Del Castillo et pouvez-vous nous en parler ? </strong><br><strong>Guilhem Duval :</strong> Nous avons eu, au cœur de l’été, un signalement d’une jeune femme de 18 ans concernant ce prêtre. L’administration du diocèse lui a directement retiré sa charge de curé. N’ayant plus de mission au sein du diocèse, son institut (IVE) a indiqué qu’il irait dans une communauté en Italie. Le père Del Castillo a reconnu ce qui lui a été reproché. Nous sommes en train de compléter le dossier pour une enquête canonique et au besoin judiciaire.<br>Aujourd’hui, la victime présumée est majeure, mais nous ne savons pas pour le moment si elle était majeure au moment des faits. Dans tous les cas, un prêtre d’une quarantaine d’années avec une jeune femme de 18 ans, il y a une question de vulnérabilité qui n’est pas acceptable.<br><strong>G. H. : Le diocèse a-t-il accepté cet envoi vers l’Italie du prêtre Del Castillo ?</strong><br><strong>G. D. : </strong>Une fois que le diocèse a décidé de lui retirer sa mission, il ne répond plus de nous. On nous a simplement informé qu’il allait aller dans une communauté en Italie. C’est l&rsquo;IVE qui a la charge de ce prêtre. Le relever de sa fonction de curé, c’était déjà une forme de sanction. C’était important pour nous de le faire rapidement pour éviter d’autres problèmes. En l’enlevant de sa charge en paroisse, nous avons fait en sorte que ce type de faits ne se reproduise pas.<br><strong>G. H. : Quels sont les liens entre votre diocèse et l&rsquo;Institut du Verbe Incarné ?</strong><br><strong>G. D. : </strong>En réalité, deux communautés religieuses liées à l’IVE sont implantées au sein du diocèse. Une de sœurs et l’autre de prêtres. Nous avons des conventions signées pour une mise à disposition de leurs prêtres au sein de nos paroisses.<br><strong>G. H. : Pensez-vous que l&rsquo;organisation actuelle de l&rsquo;Institut puisse favoriser les violences sexuelles ou physiques ?<br>G. D. : </strong>Nous avons découvert les accusations qui pèsent sur le prêtre Del Castillo grâce au site espagnol Abusos IVE y SSVM. Effectivement, il semble y avoir d’autres prêtres d’IVE accusés selon ce site. Notre préoccupation à nous c’est de gérer le cas personnel de cette jeune femme au sein de notre diocèse en lien avec le père Del Castillo. Néanmoins, une réflexion à long terme pourrait être menée sur l’IVE si l’évêque de La Rochelle le décidait.<br><strong>G. H. : Si une procédure judiciaire française est envisagée, serez-vous prêts à aller jusqu&rsquo;au bout pour accompagner la victime, autant judiciairement que psychologiquement?<br>G. D. :</strong> évidemment ! Nous sommes là avant tout pour aider la victime, pas le prêtre accusé. Nous avons reçu un signalement, donc notre travail ce n’était pas de dire à la jeune femme de ne pas faire de vagues. Après le signalement, notre rôle c’était d’en parler et de réagir vite. Notre mission c’est de protéger les paroissiens si un prêtre a un comportement portant atteinte à une ou plusieurs personnes.<br><strong>G. H. : Par rapport au prêtre Gustavo Domenech, que pouvez-vous nous dire à son sujet ? Prenez-vous des mesures préventives pour l&#8217;empêcher de fréquenter de trop près des personnes vulnérables ?<br>G. D. : </strong>Sur le site espagnol Abusos IVE y SSVM, nous avons lu un article concernant le père Gustavo Domenech. Les accusations de cet article portent sur des éléments qui auraient eu lieu avant son arrivée au sein de notre diocèse. Pour le moment nous ne pouvons pas nous positionner simplement avec un article de ce site, sans accusations ou signalements portés à notre connaissance. Nous cherchons à savoir auprès de l’IVE s’ils ont davantage d’informations sur ces accusations. Nous espérons une collaboration de leur part.<br><strong>G. H. : Avez-vous lancé un appel au sein du diocèse pour recueillir de potentiels témoignages sur ce prêtre ?<br>G. D. : </strong>Mgr Jacolin, administrateur du diocèse, s’est rendu dès le dimanche suivant ces révélations dans la paroisse pour y écouter les paroissiens. Les paroissiens ne parlent que de cela depuis plus de 15 jours. Nous avons échangé avec de nombreux paroissiens, mais pour le moment il n’y a aucune information nouvelle concernant ce prêtre.<br><strong>G. H. : Quel message souhaitez-vous faire passer aux personnes victimes ou se considérant victimes d’un prêtre de votre diocèse ?<br>G. D. : </strong>S’il y a des personnes qui ont été victimes ou qui ont connaissance de situations avec des victimes pour des abus de toutes sortes, je tiens à rappeler que nous avons une cellule d’écoute qu’il est possible de contacter par mail ou par téléphone. Ce sont des personnes compétentes et nous faisons tout pour que cette cellule soit efficace. Voici le numéro de cette cellule : 07 69 85 55 30. Je n’ai pas envie de dire aux personnes victimes : « Il faut nous appeler », parce que je sais que c’est bien plus dur à faire qu&rsquo;à dire, surtout quand on a été abusé. Mais nous restons à leur écoute.</p>



<p><br><strong>Les entretiens suivants ont été menés avant la démission d’Hubert Schmitt de son poste de vicaire général en date du 10 septembre. Un petit encadré à la fin de certains entretiens a été ajouté pour permettre aux personnes interrogées de donner leur réaction après cette démission d’Hubert Schmitt.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Entretien du 4 septembre avec François-Nicolas d’Alaincourt,<br>en charge de la communication du diocèse de Strasbourg </h2>



<p><br><strong>G. H. : Pourquoi avoir décidé de restaurer le prêtre Hubert Schmitt dans sa fonction ?<br>François-Nicolas d&rsquo;Alaincourt :</strong> L’affaire a été classée. L’appel qui a été lancé pour retrouver d’autres témoignages n’a rien donné. Il n’y a eu aucune autre personne qui a accusé ce prêtre. Le parquet a décidé de classer l’affaire. Hubert Schmitt est donc en droit de prendre cette fonction dans la mesure où l’affaire est classée. Ce prêtre est innocent par rapport à ce qui lui était reproché.<br><strong>G. H. : Si vous considérez que Hubert Schmitt est innocent, cela signifie que pour vous, l’accusation à son encontre de Monsieur Siess est un mensonge ?<br>F.-N. d&rsquo;A. : </strong>Je n’ai pas à me prononcer sur les déclarations de cette personne.<br><strong>G. H. : Si la justice retrouve d&rsquo;autres victimes du père Schmitt, même si les accusations tombent sous le coup d&rsquo;une prescription, envisagez-vous de le démettre de nouveau de ses fonctions ? <br>F.-N. d&rsquo;A. : </strong> Pourquoi d’autres victimes se manifesteraient maintenant alors qu’elles ne l’ont pas fait après l’appel lancé par la justice ?<br>Quand des personnes sont incriminées alors qu’il n’y a rien eu, c’est douloureux pour ces personnes, vous savez !<br><strong>G. H. : Étant donné les accusations qui pèsent sur le père Schmitt, prenez-vous des mesures préventives afin qu&rsquo;il ne fréquente pas de personnes mineures de trop près dans son ministère ? <br>F.-N. d&rsquo;A. :</strong> Hubert Schmitt n’est pas en contact avec des enfants. Il s’occupe du pôle charité et soins au diocèse. Il n’est donc pas particulièrement en contact avec les enfants. Donc non, nous n’avons pas pris de mesures particulières le concernant.<br><strong>G. H. : Comment Hubert Schmitt peut-il être prêtre et animer des messes sans être en contact avec des enfants ?<br>F.-N. d&rsquo;A. : </strong>Oui bien sûr, dans son ministère il peut être en contact avec des enfants. Mais après je tiens à redire qu’il a été rétabli dans ses droits, dans son innocence. L’affaire a été classée pas seulement pour prescription mais après des investigations menées. Le dossier est solide. Dans ces affaires, un témoignage en amène d’autres. Là ce n’est pas le cas. Comme je vous l’ai déjà dit, le parquet a fait un appel à témoin, sans aucune suite.<br><strong>G. H. : Qu&rsquo;avez-vous à dire aux différentes victimes d&rsquo;agressions sexuelles qui se sentent blessées par cette nomination, sachant qu’elle arrive après plusieurs nominations en France ces derniers mois de prêtres accusés ou condamnés comme à Toulouse ? <br>F.-N. d&rsquo;A. :</strong> Il ne faut pas faire la confusion avec l’affaire Dominique Spina à Toulouse. Cela n’a rien à voir. Dominique Spina avait été condamné. Pour le père Schmitt, il y a une décision claire du parquet de le rétablir dans ses droits.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entretien du 6 septembre<br>avec Emmanuel Siess, à l’origine de la plainte visant le prêtre Hubert Schmitt</h2>



<p><br><strong>G. H. : Pourquoi avez-vous accepté de participer au film « La Déposition » de Claudia Marschal ?<br>E. S. : </strong>Ce film, c’était pour moi la possibilité d’avoir une « plateforme » pour exprimer publiquement ce que j’avais vécu, chose que je n’avais jamais réussi à faire.<br>À la base, ce film était plutôt sur mon parcours. C’est la lettre que j’ai reçue [envoyée par le prêtre Hubert Schmitt après un échange avec le père d’Emmanuel] qui a tout chamboulé. Je me suis dit en la lisant : « <em>Ce gars n’a vraiment aucun scrupule</em>. » Je savais ce qu’il avait raconté à mon père et je savais que c’était faux.<br>Il faut imaginer ce que cela fait de recevoir une telle lettre. Vous rentrez du boulot, cela fait plus de vingt-cinq ans que vous essayez de vivre malgré ce que vous avez subi, puis un jour vous recevez la lettre de quelqu’un qui vous a agressé quand vous étiez enfant. Mais dans quel monde on vit ? Honnêtement, je ne sais pas pourquoi il m’a envoyé cette lettre. Il s’est probablement dit : « <em>C’est ma parole contre la sienne, la parole d’un prêtre face à celle d’un simple croyant homosexuel.</em> »<br><strong>G. H. : Quel était le message que vous avez voulu faire passer avec ce film ?<br>E. S. : </strong>Je voulais transmettre ! J’ai une grande spiritualité. Je crois énormément en Jésus. Je voulais montrer que l’on peut être homo et être très attaché à Dieu. Pour moi c’était important aussi de dire que peu importe le temps passé, nous sommes toujours en droit de parler de ce que nous avons subi. Moi, il [Hubert Schmitt] m’avait dit que c’était « notre petit secret » et ça m’a empêché d’en parler librement. J’ai eu honte pendant tellement d’années.<br>Ce film, c’est aussi un message pour rappeler qu’il est possible de s’en sortir, même si quelquefois c’est vraiment chaotique, mais je tiens à montrer qu’une vie est toujours possible malgré le traumatisme vécu.<br>Sur l’événement que je raconte dans « La Déposition », le psychiatre que la justice m’avait fait rencontrer m’avait dit qu’il y avait des éléments que je semblais « occulter » et dont je ne parvenais pas à parler. Mais moi je tenais à ne parler que de ce dont j’étais certain au niveau de mes souvenirs, ces souvenirs que je revis chaque jour comme s’ils avaient eu lieu hier. Pendant très longtemps je faisais des cauchemars sur cette agression.<br><strong>G. H. : Pourquoi avez-vous décidé de sortir ce film sur votre témoignage alors que la justice avait prononcé la prescription des faits ?<br>E. S. : </strong>Je savais qu’il y avait prescription. C’était une forme de consolation. En acceptant ce film, mon récit devenait public. Une manière pour moi d’envoyer un message à Hubert Schmitt : « <em>Tu sais quoi, maintenant ce n’est plus </em>« notre petit secret », <em>c’est désormais sur le grand écran !</em> »<br>Hubert Schmitt était venu à ma profession de foi, il savait tout de ma vie, il connaissait mes relations complexes avec mes parents. Je n’avais pas d’amis et j’étais un enfant harcelé à l’école, notamment à cause de mon côté efféminé. Avec lui j’avais l’impression d’avoir trouvé une oreille attentive, mais je pense finalement que dès le départ il avait un objectif en tête. Je me souviens très bien qu’il me promettait de m’amener avec lui en voyage en Inde. Je lui ai fait confiance.<br><strong>G. H. : Quelles sont les conséquences à long terme sur votre vie de l’agression dont vous parlez dans le film ?<br>E. S. : </strong>Le plus gros impact à long terme, ça a été sur mon intimité sexuelle. Rien à voir avec mon homosexualité. Je le précise, car il y a encore des catholiques qui pensent qu’il y a un lien entre abus subis et homosexualité.<br>Pour vous donner un exemple simple, lorsqu’il m’avait enlacé sur le lit, il m’avait embrassé plusieurs fois dans le cou. Je n’ai jamais pu supporter qu’on me le fasse par la suite. De manière plus générale, c’est très compliqué pour moi de m’engager durablement dans une relation sentimentale, très compliqué de faire confiance aux autres. Ma relation à mon père a été aussi fortement impactée. Le prêtre représentait une forme d’autorité donc ça a forcément joué sur mon lien avec mon propre père. Avant cet événement, je voulais devenir prêtre. Pour moi, Jésus ça a toujours été mon meilleur ami. Mais il est sali par l’institution et des prêtres comme celui qui m’a agressé.<br><strong>G. H. : Comment avez-vous réagi à la nouvelle nomination d’Hubert Schmitt ?<br>E. S. :</strong> Je l’ai appris dans les journaux. Le diocèse ne m’a même pas prévenu… J’ai ressenti autant de dégoût et de révolte que lors de ma lecture de la lettre. Je n’ai même pas les mots pour décrire toutes les émotions qui m’ont traversé. Je me suis dit : «<em> Mais à quoi tu t’attendais ?</em> » Sous Mgr Ravel j’avais l’impression que j’avais été pris au sérieux et écouté. Il m’avait conseillé de saisir la justice en portant plainte, ce que j’avais fait. Mgr Ravel l’avait démis de son titre de Vicaire général. Je l’avais interprété comme une prise en compte de ma parole, de mon vécu. Mais avec cette re-nomination [sous la direction de Mgr Delannoy], tout s’est effondré. Cette nomination est irrespectueuse. C’est indécent. Même avec la prescription, le Vicaire doit être au-dessus de tout soupçon. Qui peut dire que Hubert Schmitt est au-dessus de tout soupçon ?<br><strong>G. H. : Le diocèse considère qu’Hubert Schmitt est désormais innocent depuis que la justice a annoncé que les faits sont prescrits. Qu’avez-vous à leur répondre ?<br>E. S. :</strong> La prescription ne veut pas dire l’innocence. C’est lâche de la part du diocèse. Les faits sont prescrits, mais cela ne veut pas du tout dire que les faits n’ont pas eu lieu. Cette situation démontre la déconnexion totale des responsables du diocèse par rapport aux victimes. Nous sommes invisibles pour eux. Ils s’en fichent de nous.<br><strong>G. H. : Avez-vous un message à faire passer au prêtre Hubert Schmitt et/ou au diocèse de Strasbourg ?<br>E. S. : </strong>Au diocèse, j’aimerais leur dire qu’ils se doivent de mieux prendre en considération les victimes. Je me demande vraiment si leur comportement n’illustre pas le fait qu’ils ne craignent pas la justice Divine. Et concernant Hubert Schmitt, je ne veux plus qu’il soit en lien avec des enfants, ni qu’il se pavane dans la paroisse comme si rien ne s’était passé. Je veux juste lui dire que s’il faut raconter mon histoire pendant les cinquante prochaines années, je le ferai ! Et que ce qu’il m’a fait, ce n’est résolument plus « notre petit secret ».</p>



<p><strong>Réaction d’Emmanuel Siess à la démission d’Hubert Schmitt : C’est un soulagement. Ça a quelque chose de rassurant de voir que tout n’est pas possible, qu’il y a des limites à l’abjection. Aujourd’hui je trouve ça rassurant que des gens se soient sentis touchés et aient trouvé ça injuste aussi. Je me sens moins seul.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Entretien du 8 septembre avec Edwige Roux-Morizot, l’ex-procureure<br>de Mulhouse en charge de l’affaire au moment du dépôt de plainte d’Emmanuel Siess</h2>



<p><br><strong>G. H. : Alors que les faits étaient prescrits, le parquet de Mulhouse a décidé de continuer la recherche d&rsquo;autres personnes, potentiellement victimes de ce prêtre. Qu&rsquo;est-ce qui a motivé ce choix ? <br>Edwige Roux-Morizot : </strong>Emmanuel Siess a déposé plainte pour des faits d’agression sexuelle et non de viol. La recherche d’éventuelles victimes était importante pour savoir si d’autres personnes avaient vécu des faits similaires. Si d’autres personnes s’étaient manifestées après l’appel de la justice, cela aurait pu arrêter la prescription. En termes juridiques, nous appelons cela « la prescription glissante ».<br><strong>G. H. : Cet appel de la justice a-t-il été relayé par le diocèse afin d&rsquo;en informer un maximum de paroissiens ?<br>E. R-M. : </strong>Non, pas à ma connaissance. Je sais que la presse locale l’avait relayé, mais je ne crois pas que le diocèse avait communiqué sur ce sujet.<br><strong>G. H. : En quoi le témoignage d&rsquo;Emmanuel Siess accusant le prêtre Schmitt est-il selon vous plausible et crédible ?<br>E. R-M. :</strong> Son témoignage nous a paru crédible car il y avait un certain nombre d’éléments qui le rendaient cohérent. Premièrement, il en a parlé tout de suite à ses parents. S’il n’a porté plainte que 30 ans après, il avait néanmoins alerté ses proches quand il était adolescent. Son père l’a confirmé. C’est un élément majeur.<br>Deuxièmement, Emmanuel Siess a toujours raconté son histoire d’une manière qui aurait pu permettre d’éliminer l’hypothèse d’un récit automatique, construit et reconstruit. Il y a une espèce de blanc dans son témoignage au milieu du récit de l’agression qu’il décrit. Il a été beaucoup interrogé sur ce blanc et sur ce qu’il pourrait occulter, notamment par l’adjudant que l’on voit dans le film, et il a toujours dit qu’il ne se souvenait pas de ce passage. S’il avait voulu affabuler, il aurait très bien pu dire qu’il avait été violé en confirmant les interrogations de l’adjudant, en allant ainsi au bout d’une démarche pour faire condamner ce prêtre. Mais il ne l’a pas fait. Il n’a dit que ce dont il se souvenait. C’est pour moi quelque chose qui crédibilise son témoignage.<br><strong>G. H. : Comment avez-vous réagi à la nouvelle nomination d’Hubert Schmitt au poste de Vicaire général du diocèse de Strasbourg ? <br>E. R-M. :</strong> Comme citoyenne ayant eu une connaissance proche de la procédure, je trouve cela anormal… Mais j’aurais trouvé également anormal que ce prêtre soit destitué de sa fonction. Il n’y a pas de vérité judiciaire dans cette affaire, donc il n’a pas à perdre sa place en tant que prêtre. Mais attention : dire que l’affaire est prescrite ne veut pas dire qu’il est innocent !<br>Il y a eu une plainte. Lui conférer une responsabilité et une visibilité au sein du diocèse, pour moi ça aurait pu être évité. Lui donner ce statut, c’est nier en quelque sorte la parole de celui qui a porté plainte. D’un point de vue juridique, en effet, on ne peut plus rien reprocher à ce prêtre, mais dire cela c’est différent que de déclarer qu’on ne peut rien lui reprocher. S’il avait été relaxé par la justice, là ça aurait été différent. Dans le cas de la plainte d’Emmanuel Siess, la justice a simplement dit que le temps écoulé ne permettait plus une enquête plus approfondie qui aurait pu déboucher sur des poursuites pénales. Cela ne veut pas dire que les faits ne se sont pas produits !<br><strong>G. H. : Le responsable de la communication du diocèse m&rsquo;a dit que la justice avait classé l&rsquo;affaire en considérant qu’Hubert Schmitt était innocent. Qu&rsquo;en pensez-vous ? <br>E. R-M. :</strong> L’affaire a été classée sans suite pour cause de prescription et non pour absence de charges suffisantes. Cela ne veut pas dire que le mis en cause est innocent, cela veut dire qu’il ne peut plus exister aucune poursuite contre lui. Dans tous les cas, ce n’est pas le parquet qui dit la « vérité judiciaire », mais bien le tribunal.<br>Si jamais d’autres plaintes non prescrites arrivaient concernant Hubert Schmitt, la procédure pourrait éventuellement redémarrer.<br><strong>G. H. : Il m&rsquo;a également indiqué que l’absence d’autres personnes accusant ce prêtre suite à l&rsquo;appel de la justice est un indicateur qui démontre que Hubert Schmitt n&rsquo;est pas un agresseur sexuel, car sinon il y aurait eu d’autres plaintes. Quel est votre avis sur cette déclaration ? <br>E. R-M. :</strong> Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas eu d’autres personnes qui se sont manifestées dans ce dossier en accusant Hubert Schmitt que ce prêtre a été ou aurait été innocenté. La justice ne classe pas parce qu’il y a qu’un seul plaignant. Elle classe quand elle n’a pas suffisamment d’éléments pour aller plus loin. Heureusement que la justice enquête et sanctionne même dans des affaires où il n’y a qu’une victime.<br>N’avoir qu’un unique plaignant n’enlève en rien la crédibilité de sa parole lorsque d’autres éléments viennent la conforter.<br><strong>G. H. : Le diocèse de Strasbourg considère qu’il n’y a pas à prendre de mesures préventives pour éviter tout contact entre Hubert Schmitt et des enfants. Est-ce adapté selon vous ?<br>E. R-M. : </strong>C’est leur responsabilité à eux. En ma qualité de citoyenne qui a œuvré dans le milieu judiciaire, je trouve qu’il ne serait pas anormal que l’on prenne des mesures de précaution même lorsque la justice n’a pu se prononcer à la suite d’une prescription.<br>Un élément m’a toujours interrogé dans cette affaire : comment Hubert Schmitt pouvait-il se rappeler aussi précisément de ce qu’il s’était passé trente ans auparavant au presbytère avec Emmanuel Siess, si c’était quelque chose d’aussi anodin qu’un séchage de cheveux d’un jeune servant de messe ? Vous, vous vous souvenez de ce que vous avez fait il y a trente ans si c’était quelque chose de banal ? C’est « drôle » qu’Hubert Schmitt se souvienne aussi parfaitement de ce souvenir. Pour moi, c’est interrogeant.</p>



<p><strong>Réaction d’Edwige Roux-Morizot au communiqué du Chanoine Hubert Schmitt suite à sa<br>démission, indiquant « […] madame la Procureure de Mulhouse a mis un terme, le 21 octobre 2024, aux poursuites diligentées à mon encontre » :<br>C’est formellement la procureure qui a mis un terme à l’enquête par un classement mais au fond c’est la prescription qui a mis un terme aux poursuites.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Entretien du 4 septembre avec Claudia Marschal, autrice-réalisatrice du film documentaire La Déposition :</h2>



<p><br><strong>G. H. : Quel message vous avez voulu faire passer au travers de ce film ?<br>C. M. : </strong>Emmanuel est mon cousin et il m’a parlé de cet abus quand on était adolescents. Je n’ai jamais oublié ce qu’il m’a raconté. L’objectif du film, c’est avant tout qu’il touche les spectateurs, qu’il interroge, et qu’il permette le débat – peut-être autour de questions compliquées telles que la prescription par exemple.<br>Car c’est par le geste de la déposition qu’Emmanuel se réapproprie son histoire. Et par le biais du film, il en finit en quelque sorte avec « le petit secret » qui le lie au prêtre [parole que Hubert Schmitt aurait prononcée à Emmanuel]. Il trouve là une forme de justice.<br>Le père d’Emmanuel, quant à lui, avait une peur bleue de mourir avant que cette histoire ne soit connue. Donc j’avais affaire à des protagonistes volontaires qui avaient tous deux quelque chose à dire.<br>À partir de là, j’ai tenté de raconter une époque où les prêtres étaient tout-puissants et adulés dans les petits villages. L’idée c’était de tenter de faire dialoguer le passé et le présent. Montrer comment le passé et le présent existent et cohabitent dans la vie d’Emmanuel. Ce drame dont il parle, c’est comme si ça avait impacté l’évolution du temps dans sa vie, découpé le temps en deux : il y a, dans sa vie, un avant et un après.<br><strong>G. H. : Pour ce film, aviez-vous pris contact avec le diocèse de Strasbourg ? Qu’est-ce que les responsables du diocèse vous ont communiqué ?<br>C. M. :</strong> Nous avions contacté M. Ravel, l’archevêque de l’époque, et son assistante, MM. Cardoso, notamment pour leur dire qu’Emmanuel avait enregistré leurs échanges dans le but d’en garder une trace. Nous leur avions proposé de venir voir le montage du film, ce qu’ils ont accepté. Un film ne peut pas changer à lui seul une institution comme l’Église catholique, mais il a permis de faire reconnaître que quelque chose avait eu lieu. « La Déposition » a permis de faire entendre la parole d’Emmanuel. Elle a été entendue par l’ancien archevêque de Strasbourg, par la procureure de l’époque et par les spectateurs du film.<br><strong>G. H. : Comment avez-vous réagi à la décision du diocèse de Strasbourg de nommer de nouveau Hubert Schmitt Vicaire général du diocèse en 2025 ?<br>C. M. : </strong>J’ai été très étonnée et je ne savais pas comment l’annoncer à l’Emmanuel. Je trouve cela terrible pour lui, d’une très grande violence. Les faits sont certes prescrits parce que c’est la loi, mais on a l’impression que le diocèse s’arrange avec la prescription. Voir le prêtre célébrer des messes, être nommé à un poste important, être en contact avec des enfants, c’est vraiment très troublant…<br><strong>G. H. : J’ai interrogé hier le responsable de la communication du diocèse qui considère que le prêtre Schmitt est innocent vu que la justice a classé l’affaire, ce qui justifierait sa nomination et le fait qu’aucune mesure ne soit prise pour éviter qu’il se retrouve en contact avec des enfants. Qu’en pensez-vous ?<br>C. M. : </strong>Les faits sont prescrits. Cela ne signifie pas que le prêtre est innocent.Parler, porter plainte, ce sont des actions très éprouvantes. Une personne qui dénonce ce type de faits n’a pas grand-chose à gagner mais beaucoup à perdre. Quand je vois des personnes dans les commentaires de publications sur les réseaux dire que les gens font cela pour l’argent par exemple, cela me met en colère. Emmanuel avait beaucoup plus à perdre qu’à gagner, mais il l’a fait pour obtenir une forme de justice. <strong>Propos recueillis par Olivier Perret</strong></p>



<p><strong>Réaction de Claudia Marschal à la démission d’Hubert Schmitt : C’est rassurant de voir que tout n’est pas possible et qu’il y a des limites à l’abjection. Quant au cinéma, il n’a pas vocation à remplacer la justice, mais s’il parvient à toucher des spectateurs et à faire entendre ce que certaines personnes cherchent désespérément à faire taire, c’est déjà bien.</strong></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/09/17/violences-et-abus-sexuels-dans-leglise-un-jour-sans-fin/">Violences et abus sexuels dans l’Église, un jour sans fin</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>L&#8217;évangile de la Révolution</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 16:58:43 +0000</pubDate>
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									<p></p>
<p>Le souffle révolutionnaire qu’a connu l’Amérique latine au XXe siècle doit beaucoup à la participation de millions de chrétiens, engagés dans les luttes politiques au nom de leur foi. Portés par la théologie de la libération, ils ont défié les régimes militaires et les oligarchies au péril de leur vie. À rebours de l’idée de la religion comme opium du peuple, le film part à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont cru voir dans la révolution l’avènement du Royaume de Dieu, sur la terre plutôt qu’au ciel.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>1959 : la Révolution cubaine ébranle le monde. Partout en Amérique latine, les peuples s’élèvent contre des siècles d’accaparement des richesses, par des régimes oligarchiques hérités de la colonisation. Mais sur le continent qui compte le plus de catholiques au monde, l’Église reste à l’écart des mouvements sociaux, quand elle n’est pas complice active des dictatures.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>La théologie de la libération va rompre ce pacte historique entre Église et Pouvoir. Née à la fin des années 1960 dans le sillage du Concile Vatican II, elle est à la fois un mouvement social et une théorie pratique de la foi. Elle répond à une question simple : comment être chrétien sur un continent marqué par un degré inouï de violence et d’injustice ? Sa réflexion part des pauvres et des opprimés, considérés non plus comme objets de charité, mais comme sujets de leur propre histoire. Pour vraiment aimer son prochain, il faut changer les structures qui génèrent la misère et l’exploitation. La valeur d’un chrétien ne se juge pas à sa piété et ses prières, mais à ses actes ici-bas en faveur du Royaume de Dieu, conçu comme une société de justice et d’égalité. Le rôle de l’Église est d’accompagner le peuple dans son émancipation, à la lumière d’une lecture libératrice de la bible. Jésus y est vu comme une figure révolutionnaire, dont il faut suivre les pas.</p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>« Quand je donne à manger aux pauvres,<br>on dit que je suis un Saint.</strong></h2>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Quand je demande pourquoi les pauvres ont</strong> <strong>faim, on dit que je suis <br>un communiste. »</strong> <strong>Helder Camara, archevêque brésilien</strong></h2>
<p></p>
<p>Ce mouvement s’incarne d’abord par de petits groupes de laïcs: les communautés ecclésiales de base, inspirées des premières communautés chrétiennes. On les retrouve dans les mouvements ouvriers, les syndicats étudiants, les luttes pour la terre ou les droits des peuples autochtones… Elles seront aussi parfois un sas vers les mouvements de lutte armée sous les dictatures. Leur rôle dans le retour à la démocratie sera déterminant.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Si la hiérarchie de l’Église s’est souvent opposée à la théologie de la libération, une partie du clergé l’a embrassée : des prêtres, notamment jésuites ou dominicains, de nombreuses religieuses, parfois même des évêques. Elle a aussi compté sur la participation de protestants ainsi que de missionnaires ou prêtres-ouvriers européens et étasuniens.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Les régimes militaires perçoivent vite le danger d’un mouvement qui met la foi au service de la rébellion. La théologie de la libération est ciblée dès 1969 par les Etats-Unis comme un péril « plus grand encore que le parti communiste ». Dès son élection, Ronald Reagan combat ce qu’il dénonce comme une infiltration marxiste au sein l’Église.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>A la suite de l’opération Condor, les dictatures instaurent un plan pour anéantir son influence et persécuter ses représentants. On comptera plus de 200 membres du clergé assassinés en Amérique latine depuis les années 1960, ainsi que des milliers de laïcs et membres des communautés ecclésiales de base. C’est plus que les martyrs chrétiens des premiers siècles. Parmi ces victimes, citons Oscar Romero, archevêque du Salvador, assassiné en 1980, Enrique Angelelli, évêque de la Rioja tué en Argentine, mais aussi deux religieuses et trois prêtres français.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>La théologie de la libération subit aussi les foudres des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, qui voient dans ce mouvement un cheval de Troie du communisme et de l’athéisme marxiste.</p>
<p></p>
<p>Bien qu’elle ne sera jamais jamais dénoncée comme hérésie, ses membres seront condamnés au silence, censurés ou interdits d’enseigner. Pour contrer son influence, les deux papes nommeront partout en Amérique latine des évêques conservateurs, s’appuyant dans cette croisade sur des mouvements réactionnaires tels que l’Opus Dei ou les Légionnaires du Christ. Une politique qui contribuera à jeter les pauvres dans les bras des églises évangéliques.</p>
<p></p>
<p>Aujourd’hui marginale au sein de l’Eglise, l’empreinte de la théologie de la libération demeure fondamentale, tant dans l’histoire politique de l’Amérique latine que sur les mouvements sociaux contemporains. Elle a été réhabilitée par le pape François.<strong> Laurette Monconduit et Jean-Marc Feytout</strong></p>
<p></p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/09/10/levangile-de-la-revolution/">L&rsquo;évangile de la Révolution</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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