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	<title>Catégorie Clef de voûte - Éditions Golias</title>
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	<title>Catégorie Clef de voûte - Éditions Golias</title>
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		<title>Discernement politique : Incompatibilités et convictions</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Golias]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Jul 2024 17:22:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avant-scène]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ne pas avoir peur de dire ce que l’on croit Le trouble puis l’inquiétude qui ont envahi notre pensée et notre vie collective,depuis le soir des élections européennes a, de toute évidence, son origine dans une perte de convictions, de confiance mutuelle et de considération de la responsabilité politique qui incombe à chaque citoyen, tout &#8230; </p>
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									<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Ne pas avoir peur de dire ce que l’on croit</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p>Le trouble puis l’inquiétude qui ont envahi notre pensée et notre vie collective,depuis le soir des élections européennes a, de toute évidence, son origine dans une perte de convictions, de confiance mutuelle et de considération de la responsabilité politique qui incombe à chaque citoyen, tout comme à celles et ceux qui reçoivent un mandat, c’est-à-dire une mission au service de la communauté.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Le repli sur soi-même et le refus d’entrer dans un dialogue honnête, dans l’espace public comme dans nos échanges sociaux, a une conséquence insidieuse qui peut être qualifiée, sans exagération, de « méfiance ». C’est bien ce que rendent manifeste les crises sociales récentes et les raidissements politiques. La méfiance désigne ici la brisure de « la foi en l’autre » et l’abandon du respect premier de l’histoire et de la parole de chacun. Quand cette perte de discernement est accentuée par des propos excessifs, pour ne pas dire irresponsables, elle confine au mépris et encourage les radicalisations.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Nous évoluons, depuis de longs mois déjà, dans une dérive des responsabilités qui ne permet plus de mesurer ce qui est possible et ce qui est souhaitable pour notre vie commune, ce qui est recevable et ce qui est inadmissible, en termes de relation et de vie commune.L’« intérêt » personnel et auto-centré, les surenchères des logiques de pouvoir et les dérives idéologiques en viennent à briser « l’intérêt » commun, pour reprendre le concept central déployé par la philosophe juive contemporaine Hannah Arendt : l’espace public de la rencontre et de la responsabilité partagée est mis à mal par des comportements irresponsables… Jusqu’à atteindre le respect de l’altérité de l’autre : l’autre en politique, l’autre qui vient d’un autre pays, d’une autre religion ou d’une autre communauté… Notre voisin, notre parent… </p>				</div>
				</div>
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		<title>Législatives 2024 : anatomie d&#8217;une débâcle annoncée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2024 16:32:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avant-scène]]></category>
		<category><![CDATA[Clef de voûte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ancien chercheur du CNRS, directeur du CERI-SciencesPo de 1994 à 2000, consultant permanent du ministère des Affaires étrangères de 1990 à 2005, aujourd’hui professeur à l’IHEID de Genève, Jean-François Bayart est un spécialiste de sociologie historique et comparée du politique. Sur la base de ses recherches, comme « intellectuel spécifique » &#8211; pour reprendre la notion de &#8230; </p>
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									<p></p>
<p><em>Ancien chercheur du CNRS, directeur du CERI-SciencesPo de 1994 à 2000, consultant permanent du ministère des Affaires étrangères de 1990 à 2005, aujourd’hui professeur à l’IHEID de Genève, Jean-François Bayart est un spécialiste de sociologie historique et comparée du politique. Sur la base de ses recherches, comme « intellectuel spécifique » &#8211; pour reprendre la notion de Foucault qu’il opposait à celle de l’intellectuel engagé – il intervient dans le débat public à partir de son champ de compétence universitaire. Il vient de réunir ses chroniques et tribunes de 2017 à 2024 dans un petit recueil : Malheur à la ville dont le Prince est un enfant. De Macron à Le Pen ? (Karthala). Une lecture saisissante, car elle montre comment la stratégie politique d’Emmanuel Macron, depuis 2017, a pavé la voie au Rassemblement national qui vient de gagner les élections européennes – et comment cela était parfaitement prévisible.</em></p>
<p><em> </em></p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Golias Hebdo : Emmanuel Macron a suscité de l’espoir en 2017. Qu’est-ce qui s’est passé pour que nous soyons arrivés à un sentiment de lassitude et d’impasse par rapport à sa gouvernance ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Jean-François Bayart :</strong> Sa responsabilité personnelle est évidente. Son arrogance de premier de la classe (et de la cordée). Son narcissisme. Une bonne dose d’incompétence aussi. Cet homme ne sait pas gouverner, comme l’attestent sa gestion du problème calédonien ou sa politique vis-à-vis de Poutine et par rapport à l’Ukraine. Mais le mal est plus profond. D’une part, la classe politique française a pris l’habitude de ne plus tenir compte du vote des électeurs. Le contournement parlementaire du « non » au référendum européen de 2005, la non prise en compte et même le mépris des suffrages de la gauche qui se sont portés sur Chirac en 2002 et sur Macron en 2017 et 2022 pour faire barrage à l’extrême-droite ont nourri l’abstentionnisme et contribué à l’érosion de la légitimité de la Ve République et même de la démocratie. D’autre part, la gauche est idéologiquement en panne depuis les années 1980-1990 et n’a plus représenté de véritable alternative du fait de la conversion du Parti socialiste au néolibéralisme, des errements des écologistes et de l’impasse caudilliste et protestataire dans laquelle s’est fourvoyée La France insoumise. Si vous reprenez le premier chapitre de mon ouvrage, vous voyez que Macron n’a jamais eu, et ne pouvait pas avoir, de majorité pour son programme de « réformes ». C’était clair dès l’entre-deux tours de la présidentielle de 2017.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>G. H. : Quelle est la part de l’effondrement des partis de gouvernement établis, notamment les gaullistes et les socialistes ?</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>J.-F. B. :</strong> Ils se sont auto-évidés idéologiquement et politiquement, alors que l’extrême-droite a progressivement recueilli les fruits électoraux du travail idéologique de la Nouvelle Droite d’Alain de Benoist et du GRECE engagé avec ténacité dès la fin des années 1970. La stratégie gramscienne de la Nouvelle Droite – conquérir l’hégémonie intellectuelle pour que le pouvoir politique tombe comme un fruit mûr – a été un succès qu’assument désormais sans vergogne non seulement Les Républicains, mais aussi la macronie et une part non négligeable de la gauche laïcarde, sous couvert de dénonciation de l’islamo-gauchisme ou du wokisme. Par ailleurs, Macron a délibérément détruit la gauche socialiste et la droite républicaine pour apparaître comme le seul rempart contre Le Pen. Avec le résultat que l’on sait. Jamais celle-ci n’a été plus forte, si l’on en croit les sondages. Jamais elle n’a été aussi proche de l’Élysée. </p>				</div>
				</div>
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		<title>Chemin synodal allemand : les Allemands ne désarment pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 May 2024 16:44:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avant-scène]]></category>
		<category><![CDATA[Clef de voûte]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après le coup d’arrêt que Rome avait donné, en février, au processus synodal mis en œuvre par les allemands, le blocage semblait presque inévitable. La rencontre qui a réuni à Rome une délégation des évêques Allemands et les représentants de la Curie ne permet pas de savoir si une avancée reste possible. D’un côté, les &#8230; </p>
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										<content:encoded><![CDATA[		<div data-elementor-type="wp-post" data-elementor-id="40146" class="elementor elementor-40146" data-elementor-post-type="post">
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									<p></p>
<p>Après le coup d’arrêt que Rome avait donné, en février, au processus synodal mis en œuvre par les allemands, le blocage semblait presque inévitable. La rencontre qui a réuni à Rome une délégation des évêques Allemands et les représentants de la Curie ne permet pas de savoir si une avancée reste possible. D’un côté, les organes d’information conservateurs et les opposants de toujours continuent leur pilonnage, de l’autre, les Allemands prennent des initiatives de nature à faire avancer leurs vues. Le changement de pied du pape François concernant le synode romain touche les sujets portés par le Chemin synodal. Cela ne simplifie pas les choses.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>En mars 2023, le Chemin synodal allemand avait adopté un document final qui traitait des différents sujets qu’il s’était appliqué à étudier pendant ses trois années de travaux. Ce document, nous l’avons constaté et expliqué précédemment1, était très en retrait par rapport aux ambitions d’origine. Cependant, il maintenait les quatre sujets des travaux : la place des femmes et leur statut, la morale sexuelle et l’accueil des homosexuels, le mode de vie des prêtres et le célibat obligatoire, le mode de gouvernance. Sur ces sujets, il manifestait les besoins ressentis par les catholiques allemands, quoi que dans des formes bien édulcorées par rapport même au document provisoire voté en septembre 2022. C’est que le Chemin synodal n’a cessé d’être soumis à la pression grandissante de l’opposition de la curie romaine, et y compris du pape François, bien qu’il se soit gardé d’intervenir en première ligne.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Ainsi, et cela était apparu comme un blocage définitif, les trois cardinaux en charge de la question<sup>2</sup> avaient envoyé à la Conférence des évêques une lettre comminatoire et même menaçante, à la veille même de la tenue de son assemblée plénière, le 22 février dernier. Cette assemblée avait prévu d’entériner les statuts d’un comité synodal chargé de mettre en place, d’ici à 2026, un nouvel organe de gouvernance, réunissant évêques et laïcs, dénommé Conseil synodal. Prise de court, l’assemblée avait retiré ce point de son ordre du jour<sup>3</sup>. La perspective pour l’avenir du Chemin synodal n’était pas réjouissante ; restait pourtant une possibilité d’ouverture : des rencontres à Rome étaient prévues entre évêques allemands et représentants de la Curie.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une rencontre à Rome</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p>Une délégation des évêques allemands s’est rendue à Rome, le 22 mars, pour rencontrer six cardinaux de la Curie. La réunion a duré toute la journée. Elle a fait l’objet d’une déclaration commune diffusée par Vatican News, particulièrement discrète, de la plus pure « langue de buis ». On y lit que les discussions ont concerné les questions théologiques soulevées dans les documents du « Chemin synodal » de l’Église en Allemagne, qu’il s’agissait de poursuivre le dialogue entamé lors de la visite <em>ad limina</em> des évêques allemands en novembre 2022 &#8211; dialogue que nous avons pu, sans forcer le trait, qualifier de dialogue de sourds &#8211; et que cette rencontre s&rsquo;est déroulée dans un « c<em>limat positif et constructif »</em>.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Dans leur déclaration, les deux parties notent qu’il existe des points de « différences et de convergences », mais qu’il a été convenu de maintenir « <em>un échange régulier entre les représentants de la Conférence épiscopale allemande et le Saint-Siège Siège sur la suite des travaux du Chemin synodal et du Comité synodal</em>&#8230; <em>Les évêques allemands ont précisé que ce travail visera à identifier des formes concrètes d&rsquo;exercice de la synodalité dans l&rsquo;Église en Allemagne, conformément à l&rsquo;ecclésiologie du Concile Vatican II, aux dispositions du droit canonique et aux fruits du Synode de l&rsquo;Église universelle, et qu&rsquo;il les soumettra ensuite au Saint-Siège pour approbation ». </em>On reste bien dans les règles du langage diplomatique, et on n’apprend pas grand-chose. C’était voulu, et on pouvait s’y attendre, puisqu’une autre rencontre est prévue avant l’été, et que les grandes déclarations publiques participaient plus à envenimer le débat qu’à le faire avancer.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>La question en est là, les commentaires sont aussi rares que les informations. Pour s’en tenir aux faits, nous pouvons en distinguer trois qui résument l’état actuel, encore bien incertain, de l’évolution à venir du Chemin synodal. </p>				</div>
				</div>
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		</section>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2024/05/15/chemin-synodal-allemand-les-allemands-ne-desarment-pas/">Chemin synodal allemand : les Allemands ne désarment pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Bientôt Pâques et j’aimerais… Petite méditation vagabonde à l’approche de la “Grande semaine“</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2024/03/26/bientot-paques-et-jaimerais-petite-meditation-vagabonde-a-lapproche-de-la-grande-semaine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[GOLIAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Mar 2024 16:45:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avant-scène]]></category>
		<category><![CDATA[Clef de voûte]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec le début du Carême sont apparus, sur le site de nombreux diocèses de France, les photos de l’appel décisif de catéchumènes adultes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques. Beau symbole d’un passage vers la vie. Ils sont, nous disent les chiffres, bien plus nombreux que les années précédentes qui enregistraient déjà une &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2024/03/26/bientot-paques-et-jaimerais-petite-meditation-vagabonde-a-lapproche-de-la-grande-semaine/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;Bientôt Pâques et j’aimerais… Petite méditation vagabonde à l’approche de la “Grande semaine“&#160;&#187;</span></a></p>
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									<p></p>
<p>Avec le début du Carême sont apparus, sur le site de nombreux diocèses de France, les photos de l’appel décisif de catéchumènes adultes qui seront baptisés dans la nuit de Pâques. Beau symbole d’un passage vers la vie. Ils sont, nous disent les chiffres, bien plus nombreux que les années précédentes qui enregistraient déjà une belle progression. Comment ne pas s’en réjouir, sincèrement ? Beaucoup veulent y voir un « signe d’espérance » trop longtemps attendu : celui d’un nouveau « nouveau Printemps » pour l’Eglise. Au risque, à la veille de la Semaine sainte, de se projeter directement dans l’Exultet pascal consolateur en imaginant faire l’économie de la Croix et du vide du Samedi saint. Comme si l’une et l’autre expériences n’étaient pas, pour l’Eglise comme pour chacun, des étapes incontournables à assumer dans la confiance ! Sauf à mythifier une sorte d’éternel retour consolateur plus proche du paganisme que de la marche au désert à la rencontre de “Celui qui vient“. </p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Dès lors, comment échapper au risque de se projeter trop vite dans un post-pascal rassurant, en imaginant pouvoir faire l’économie de la plongée dans le mystère de l’humaine condition ? </p>
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<p></p>
<p></p>
<p>J’aimerais que, le dimanche des Rameaux, nous prenions la mesure de notre enthousiasme à acclamer Jésus précédant l’heure du reniement qui, alternativement, jalonnent toute vie croyante. J’aimerais que les entrées triomphales « monté sur une ânesse » qui peuvent marquer certaines de nos vies de fidèles, prêtres ou princes de l’Eglise… aient toujours pour horizon l’inéluctabilité de la croix. César lui-même, à l’heure du Triomphe sur la via sacra, entendait un esclave lui rappeler au creux de l’oreille : « Memento mori » souviens-toi que tu n’es qu’un homme et que tu vas mourir. Sauf que pour le chrétien l’annonce de la mort est aussi promesse de résurrection.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’aimerais, le Jeudi saint, que nous gardions à l’esprit ce lavement des pieds qui, dans l’Evangile de Jean, est l’unique récit de la Cène. Voilà un geste où les premiers chrétiens voyaient le « sacrement du frère ». J’aimerais qu’on se souvienne qu’à l’auberge d’Emmaüs c’est à la fraction du pain rapportée par Matthieu, Marc et Luc que les disciples Le reconnurent. Il était là bien présent parmi eux, le « cœur brûlant » d’une même déploration désespérée de sa mort. Et cela suffit à en faire, pour toute leur vie, les porteurs d’une Bonne nouvelle à partager « en mémoire de Lui ».</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’aimerais qu’au jour du Vendredi saint, l’Eglise fasse aussi mémoire de tous les innocents crucifiés par elle au cours de l’Histoire et accepte l’épreuve et l’humiliation de la mort sociale que cela entraine. J’aimerais qu’on n’oublie pas qu’il est des Eglises et des humains, de par le monde, qui vivent en ce moment l’agonie de la Croix.  J’aimerais que l’on retienne que c’est au brigand qui lui demande de se « souvenir de lui » quand il sera en son Royaume – et à lui seul – que Jésus promet son entrée, le soir-même, en Paradis, Alors même qu’au pied de la croix souffrent en silence ceux et celles qui l’ont le plus aimé : Marie sa mère, d’autres femmes de Jérusalem et « le disciple qu’il aimait », seul rescapé de la grande débandade, toujours vivace, des apôtres apeurés. </p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’aimerais qu’on n’escamote pas trop vite le vide du Samedi saint, au motif qu’on connait la fin de l’Histoire et que, Dieu merci, elle est heureuse. Qu’on se laisse envahir, pour une fois, par la totale vacuité de ces vingt-quatre heures à l’image de tant de nos vies individuelles ou collectives. Que nous imaginions cette descente de Jésus aux Enfers, Royaume des morts privé de toute vision de Dieu. Et que nous réalisions qu’il est des pays en guerre où des centaines de milliers de morts-vivants connaissent la désespérante réalité des enfers. J’aimerais que nous nous laissions précisément interroger par cette vision nouvelle de l’Enfer chrétien – au singulier – non comme lieu de châtiments éternels mais absence de Dieu pour celles et ceux qui en auraient librement fait le choix. Une manière d’opposer à l’affirmation sartrienne « l’enfer c’est les autres » l’alternative d’un enfer perçu comme absence de l’Autre : Dieu lui-même, qui ne peut être souffrance que pour ceux qui ont soif de Lui. </p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’aimerais qu’au jour de Pâques nous sachions nous émerveiller, plus qu’en tout autre jour de l’année, de la lumière qui succède aux ténèbres. Que nous puissions y voir la préfiguration d’une éternelle clarté. J’aimerais que les baptêmes de la nuit de Pâques nous donnent foi en la résurrection de nos propres communautés. J’aimerais qu’un au moins parmi nos évêques ait l’audace, en sa cathédrale, de confier à une femme, nouvelle Marie-Madeleine, le soin d’annoncer la Résurrection de Jésus ; qu’à l’image de ce qui se vit au chevet de l’abbatiale de Sylvanès, en Aveyron, nous ayons goût à aller dans nos cimetières annoncer aux morts qu’ils sont « inscrits au grand livre de la Vie ».</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’aimerais qu’au delà du mal qui nous accable et que nous devons assumer en vérité, nous sachions retrouver des « gueules de ressuscités » dont l’absence, nus disait Nietzsche, l’empêchait de croire en Dieu et sans doute nos contemporains avec lui. Et j’aimerais que tout cela puisse se vivre, pour chacune, chacun de nous, à travers ses mots et sa sensibilité propres, dans la grande liberté des enfants de Dieu. <strong>René Poujol &#8211; Golias en partenariat avec le blog Cath&rsquo;Lib<br /></strong></p>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2024/03/26/bientot-paques-et-jaimerais-petite-meditation-vagabonde-a-lapproche-de-la-grande-semaine/">Bientôt Pâques et j’aimerais… Petite méditation vagabonde à l’approche de la “Grande semaine“</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>La pensée d’Hitler « toujours parmi nous »</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2024/02/21/la-pensee-dhitler-toujours-parmi-nous/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[GOLIAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Feb 2024 19:29:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avant-scène]]></category>
		<category><![CDATA[Clef de voûte]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deux événements récents sont venus illustrer l’existence de mouvements fascistes en Allemagne et en Italie. Le 7 janvier 2024, des centaines de personnes étaient filmées dans les rues de Rome en train de faire le salut fasciste. Des images qui ont fait le tour du monde. Trois jours plus tard, un site d’investigation allemand révélait &#8230; </p>
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<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2024/02/21/la-pensee-dhitler-toujours-parmi-nous/">La pensée d’Hitler « toujours parmi nous »</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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									<p></p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>Deux événements récents sont venus illustrer l’existence de mouvements fascistes en </strong><a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2024/02/09/en-allemagne-les-manifestations-inedites-contre-l-extreme-droite-pourraient-remobiliser-l-electorat_6215638_3210.html"><strong>Allemagne </strong></a><strong>et </strong><a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/ltalie-plusieurs-centaines-de-militants-realisent-des-saluts-fascistes-en-pleine-rue-a-rome-3182412"><strong>en Italie</strong></a><strong>. Le 7 janvier 2024, des centaines de personnes étaient filmées dans les rues de Rome en train de faire le salut fasciste. Des images qui ont fait le tour du monde. Trois jours plus tard, un site d’investigation allemand révélait la tenue d’une réunion secrète entre un mouvement identitaire autrichien et le parti Alternative pour l’Allemagne (Afd), durant laquelle avait été évoqué un plan de « remigration » vers l’Afrique du Nord de millions d’immigrés vivant Outre-Rhin…</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p> Des événements à restituer dans le contexte plus général d’une<a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/international/la-montee-de-lextreme-droite-en-europe-droite-nest-pas-une-fatalite-selon-leurodepute-allemand-ecologiste-daniel-freund"> montée des extrêmes droites en Europe</a>, dont la France, à quelques mois des élections européennes du 9 juin. Dans un « petit » livre de 2022, Olivier Mannoni, qui a passé dix ans à retraduire <em>Mein Kampf</em> pour l’édition critique publiée chez Fayard, nous met en garde : « Mein Kampf <em>et les idées qu’il véhicule sont toujours parmi nous. </em>» A lire d’urgence.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>C’est en juin 2021 que sortait chez Fayard une édition critique de <em>Mein Kampf</em><strong><i>(1)</i></strong><strong>.</strong> L’ouvrage était l’aboutissement d’un long travail scientifique coordonné par Florent Brayard, historien du nazisme et de la Shoah, directeur de recherche au CNRS et Andreas Wirsching, directeur du centre d’études en histoire contemporaine : l’Institut für Zeitgeschichte de Munich. Une douzaine de chercheurs français et allemands ont rédigé l’imposant appareil critique qui constitue l’essentiel de l’ouvrage sous forme de  déconstruction, ligne par ligne, du livre d’Adolf Hitler. « <em>Chaque page du livre est en quelque sorte confrontée à la réalité, chaque propos est passé au crible de l’analyse historienne </em>», commente, dans un long entretien, Olivier Mannoni, chargé de la traduction du « brûlot idéologique nauséabond », tombé dans le domaine public en 2016<strong>(2)</strong>. C’est ce long travail de traduction et les réflexions qu’il a nourri en lui, qu’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Mannoni">Olivier Mannoni </a>présente dans un petit ouvrage tout à fait accessible et passionnant : Traduire Hitler<strong>(3)</strong>.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Un livre qui, pour le coup, déconstruit à son tour bien des idées reçues. La première étant  la forme même de <em>Mein Kampf</em> (mon combat) présenté parfois comme un ouvrage abouti. Lorsque le livre sort en France en 1934 chez un éditeur proche de l’Action française, Mannoni écrit : « <em>La traduction</em> <em>répond aux normes de l’époque : lisibilité et fluidité. Deux principes en soi respectables si ce n’est que l’original est rigoureusement illisible. </em>» C’est ce qu’il découvre à ses dépens Et le voilà confronté à l’exigence formulée par l’éditeur de se situer au plus près du livre, « <em>dans l’état où Hitler lui même l’avait laissé en 1925 : bourbeux, criblé de fautes et de répétitions, souvent illisible, doté d’une syntaxe hasardeuse et truffé de tournures obsessionnelles </em>».</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Déconstruire une vision hitléro-centriste du nazisme</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p>La deuxième idée reçue porte sur l’originalité supposée de la pensée d’Hitler. En réalité, nous dit son traducteur Olivier Mannoni, <em>Mein Kampf</em> se noie dans une profusion d’écrits de la même eau, signés Goebbels, Himmler, Rosenberg qui constituent autant de sources du nazisme. « <em>La réalité du nazisme, celle que l’on trouve dans les textes de ses acteurs, c’était aussi cela : celle d’individus sans talent, sans ampleur, sans autre moteur que la haine qui leur servait d’ambition. </em>» Il cite <a href="https://www.liberation.fr/debats/2015/10/25/mein-kampf-un-historien-repond-a-melenchon_1408664/">ce commentaire</a> de l’historien Christian Ingrao(<strong>4)</strong>  « <em>Cette focalisation sur</em> Mein Kampf <em>a l’inconvénient d’encourager une lecture hitléro-centriste du nazisme depuis longtemps dépassée. </em>» Sans compter, ajoute Olivier Mannoni, que lourdeur des phrases, glissements sémantiques, complexité syntaxique et grammaticale donnent « <em>l’impression d’une profondeur qui n’existe pas </em>».</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mein Kampf n’annonçait pas la Shoah… mais la rendait possible</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p>C’est la réfutation d’une troisième idée reçue qui bouscule plus encore le lecteur. L’idée selon laquelle, au regard de la Shoah (1941-1945), « <em>tout était écrit </em>» dans <em>Mein Kampf</em> et que l’Occident a fauté de ne pas prendre le livre au pied de la lettre. Faux ! nous dit le traducteur. « <em>La Shoah n’est annoncée nulle part dans </em>Mein Kampf, <em>sans doute parce qu’en 1924 elle n’était simplement pas encore un projet. En revanche, l’antisémitisme qui l’a provoquée, lui, suinte par toutes les phrases et par toutes les diatribes de Hitler, violent, systématique et bestial. </em>»</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>L’auteur interroge alors : au regard des 50 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale<strong>5</strong>, « <em>Y avait-il un lien direct, immédiat, entre ces mots et ces morts ? </em>» Et si le lien n’est pas avéré, à quoi bon retraduire aujourd’hui <em>Mein Kampf</em> ? Peut-être, précisément, pour aider à comprendre, en déconstruisant ce texte, que si le nazisme « éta<em>it avant tout le produit des rapports de forces entre des sous-pouvoirs rivaux </em>», il s’était appuyé sur le flou &#8211; involontaire ou calculé voilà bien la question &#8211; d’écrits qui n’annonçaient rien précisément mais rendaient tout possible. La tragédie qui allait suivre en est hélas, la brûlante confirmation. </p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Tous les ingrédients d’une mise en cause de la démocratie libérale</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p>Il en est de même aujourd’hui, poursuit l’auteur : « <em>La haine de l’autre, le mépris du savoir académique, la propagation dans des émissions de divertissement bas de gamme d’idées politiques viciées, s’appuyant sur des discours confus, incohérents, avariés sur le plan logique, la fin du débat argumenté au profit du buzz sont autant d’outils de déconstruction d’un système politique </em>», qui, en Europe, a été protecteur des libertés. « <em>Parce qu’il permet le dialogue et la prise de décision commune, le langage est la force de la démocratie. Que ce langage soit perverti et c’est la démocratie elle-même qui se distord, s’atrophie et perd sa raison d’être. </em>» </p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Là se situe sans doute l’intérêt essentiel de ce petit ouvrage : nous proposer une passerelle entre hier et aujourd’hui pour nous montrer que le pire peut s’enclencher sur l’acquiescement au soupçon concernant l’investigation journalistique ou la rigueur du travail universitaire, lorsque s’y opposent des théories fumeuses et d’autant plus dangereuses que l’opinion prétend ne pas les prendre au sérieux. Et le traducteur de conclure : « Mein Kampf <em>et les idées qu’il véhicule sont bien parmi nous,</em> <em>présents, vivants</em>, <em>menaçants. Ces échos bruns et lugubres sont en train peu à peu de grignoter une partie notable de notre réalité intellectuelle et politique</em>. » A chacun de se faire sa propre idée sur cette thèse. <strong>René Poujol</strong> &#8211; <strong>Golias Hebdo en partenariat avec Cath’lib, le blog de René Poujol</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>1.</strong> Historiciser le mal, <em>Une édition critique de Mein Kampf</em>. éd. Fayard 2021.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong><em>2</em>.</strong><em>Mein Kampf</em> sort en 1925 en Allemagne où il sera interdit de réédition à partir de 1945. Il est traduit en France en 1934. En Allemagne le livre fut « vendu » à 12 millions d’exemplaires. Vendu ou distribué ? A la veille d’écrire ce billet, j’ai découvert chez des amis strasbourgeois qu’ils avaient dans leur imposante bibliothèque deux exemplaires originaux de <em>Mein Kampf</em>, cadeaux du bourgmestre à leurs parents respectifs à l’occasion de leur mariage en 1941 et 1942 dans une Alsace alors allemande.  </p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>3.</strong>Olivier Mannoni, <em>Traduire Hitler</em>, éd. Héloïse d’Ormesson 2022.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><strong>4.</strong>Dans cet article de <em>Libération</em>, l’historien répond à Jean-Luc Mélenchon qui demandait à Fayard de renoncer à republier <em>Mein Kampf</em>. </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Les estimations varient entre 40 et 60 millions. </p>
<p></p>								</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2024/02/21/la-pensee-dhitler-toujours-parmi-nous/">La pensée d’Hitler « toujours parmi nous »</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Un défi pour l’Eglise catholique : repenser l’homosexualité</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2024/02/14/un-defi-pour-leglise-catholique-repenser-lhomosexualite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Feb 2024 19:40:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Avant-scène]]></category>
		<category><![CDATA[Clef de voûte]]></category>
		<category><![CDATA[golias_hebdo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ampleur et la violence du phénomène ont surpris. Plus que l’existence du phénomène lui-même que l’on pouvait présager. De Fiducia supplicans, ce texte romain qui ouvre la possibilité de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, c’est la bénédiction des couples homosexuels qui a provoqué le refus de certains et &#8230; </p>
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<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2024/02/14/un-defi-pour-leglise-catholique-repenser-lhomosexualite/">Un défi pour l’Eglise catholique : repenser l’homosexualité</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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									<p></p>
<p><strong>L’ampleur et la violence du phénomène ont surpris. Plus que l’existence du phénomène lui-même que l’on pouvait présager. De Fiducia supplicans, ce texte romain qui ouvre la possibilité de bénir les couples en situation irrégulière et les couples de même sexe, c’est la bénédiction des couples homosexuels qui a provoqué le refus de certains et exacerbé les divisions entre deux sensibilités dans l’Eglise. Quelles que soient ses maladresses, ce texte doit être pris pour ce qu’il est, symbolique de la « révolution » pastorale voulue par le pape François au travers du synode en cours qui, pour ces mêmes raisons, révèle un vrai clivage. Il fait apparaître la limite dont François est parfaitement conscient : vouloir bousculer la pastorale sans toucher à la doctrine. Un débat jusque-là réservé à quelques spécialistes, qui s’expose désormais au grand jour. <br /></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Inutile de revenir ici sur les prises de position qui se sont multipliées au sein des épiscopats, depuis la publication de « Fiducia supplicans » le 18 décembre dernier. Certains approuvant l’ouverture venue de Rome, d’autres, plus nombreux, disant leur intention de l’interdire dans leurs Eglises, d’autres encore se réfugiant dans une position médiane au motif que le flou du texte romain pouvait bien justifier le leur. Chacun pourra se reporter à ce qui s’est écrit dans la presse ou que j’ai moi-même publié sur ce blog. </p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>La parole des théologiens contre celle des baptisés… </strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p>Deux initiatives plus récentes me semblent donner la vraie dimension de la question posée par ce texte. Citons en premier les commentaires publiés par <em>La Revue thomiste </em>sous la signature de deux théologiens dominicains : le <a href="https://revuethomiste.fr/contenu-editorial/chroniques/lumieres-et-grains-de-sel/fiducia-supplicans-face-au-sens-de-la-foi">fr. Emmanuel Perrier </a>et le fr <a href="https://revuethomiste.fr/contenu-editorial/chroniques/lumieres-et-grains-de-sel/peut-on-benir-fiducia-supplicans">Thomas Michelet</a>. L’un et l’autre dénoncent l’incohérence théologique d’un texte pastoral qui finit par autoriser ce que l’Eglise interdisait à ce jour : la bénédiction d’une situation ou structure de péché. Thomas Michelet interroge : « <em>Faut-il promouvoir et consacrer une théologie contextuelle et une pastorale contextuelle qui conduira fatalement à une dogmatique contextuelle au détriment de l’unité de la foi ?</em> » La seconde initiative est la publication, sur le site de <em>La Croix, </em>de la <a href="https://www.la-croix.com/a-vif/la-reponse-de-parents-catholiques-d-enfants-homosexuels-aux-critiques-de-fiducia-supplicans-20240201">tribune</a> signée de parents d’enfants homosexuels. Ils écrivent : « <em>Nos enfants ne sont pas a priori des pécheurs, objets de dissertations théologiques. Ils sont des sujets conscients, responsables de leur propre existence et capables de chercher leur chemin singulier de sainteté, à partir de ce qu’ils sont et non malgré ce qu’ils sont. </em>»</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Nous avons là un exemple des déchirements et divisions « systémiques » qui marquent le catholicisme contemporain. Mais pris dans un contexte de renversement des logiques voulue par le pape François. Renversement qui est au cœur même du synode sur la synodalité engagé depuis 2021 et qui trouvera son aboutissement à l’automne prochain. « Fiducia supplicans » est une parfaite illustration de cette « révolution ». </p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une illustration de la « révolution » prônée par le synode</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p>Définissons-la en quelques phrases : Par le passé, un synode avait pour but de réfléchir, entre évêques, à la manière dont l’Eglise pouvait aménager et traduire son enseignement dit « de toujours » (même si l’expression serait à nuancer) pour le faire mieux comprendre du monde moderne (méthode déductive). Ici, la démarche voulue par le pape est inversée : il s’agit de permettre aux baptisés d’exprimer, en conscience, leurs attentes profondes pour l’Eglise, puis de confier au synode réuni à Rome le soin de discerner ce qui, parmi ces attentes, est conforme aux Evangiles, à la Tradition justement comprise et à la foi de l’Eglise (méthode inductive). D’une pratique de « synode des évêques » où eux-seuls sont consultes (avec quelques théologiens) et eux seuls appelés à « discerner », on passe à un élargissement où c’est l’ensemble du peuple de Dieu qui est consulté et appelé au discernement. </p>				</div>
				</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2024/02/14/un-defi-pour-leglise-catholique-repenser-lhomosexualite/">Un défi pour l’Eglise catholique : repenser l’homosexualité</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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