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	<title>Catégorie Grand-angle - Éditions Golias</title>
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	<title>Catégorie Grand-angle - Éditions Golias</title>
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		<title>Front commun des religions à la télévision contre le projet de loi sur l’aide à mourir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[GOLIAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Dec 2025 21:28:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le dimanche 23 novembre, les émissions religieuses ont organisé (de 8h30 à 10h00) une émission commune sur le projet de loi sur l’aide à mourir. Autour de la table un évêque catholique, deux orthodoxes, un bouddhiste, un musulman (par ailleurs médecin), un rabbin juif, un médecin sans étiquette religieuse, mais pas de protestant. J’ai été &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2025/12/03/front-commun-des-religions-a-la-television-contre-le-projet-de-loi-sur-laide-a-mourir/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;Front commun des religions à la télévision contre le projet de loi sur l’aide à mourir&#160;&#187;</span></a></p>
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									<p></p>
<p>Le dimanche 23 novembre, les émissions religieuses ont organisé (de 8h30 à 10h00) une émission commune sur le projet de loi sur l’aide à mourir. Autour de la table un évêque catholique, deux orthodoxes, un bouddhiste, un musulman (par ailleurs médecin), un rabbin juif, un médecin sans étiquette religieuse, mais pas de protestant.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’ai été scandalisé par l’unilatéralisme des réactions: tous sans exception considèrent que le projet de loi sur l’aide à mourir est à rejeter car :<br>– la liberté individuelle absolue de l’individu ne peut exister sans tenir compte de son lien avec le groupe social dont il est membre ;<br>– cette loi ouvre la porte aux dérives comme ce serait le cas en Belgique et au Canada ;<br>– cette loi serait une grave rupture avec la conception anthropologique traditionnelle interdisant absolument qu’un humain porte atteinte à la vie d’un autre<br>humain ;<br>– on ne peut être sûr de l’intention véritable du malade désirant l’euthanasie laquelle peut être altérée par son état cérébral ;<br>– il y a le risque d’élargir indéfiniment le droit d’accéder à l’euthanasie ;<br>– la vie n’appartient pas à l’humain qui en est le dépositaire : elle vient de Dieu et c’est Dieu qui décide de sa fin ;<br>– c’est le symptôme d’une société où l’individualisme a progressé ;<br>– on a aujourd’hui les moyens de soulager les douleurs et les souffrances rebelles (deux intervenants conviennent toutefois qu’il en est qui résistent) ;<br>– la sédation autorisée en la toute fin de la vie par la seconde loi Léonetti suffit à résoudre le problème des autres ;<br>– des humains fortement privés de leur autonomie minimale en tout point désirent continuer à vivre ;<br>– l’acte du médecin qui pratique l’euthanasie légalisée est un meurtre…</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>J’ai été scandalisé de voir cette petite dizaine d’intervenants apparemment en bonne santé disserter avec une assurance tranquille et sans égard sur les douleurs et les souffrances insupportables que peuvent ressentir des gens qui ne sont pas directement en la toute fin de leur vie au sens défini par le projet de loi : par exemple, des gens atteints de maladies dégénératives ou de la maladie d’Alzeimer. Il y avait un côté à mon sens inhumain dans ces affirmations assénées au nom de conceptions anthropologiques traditionnelles, religieuses ou non, qui ne peuvent plus être une référence unique dans notre monde occidental où les conceptions de l’homme et de Dieu, et donc de la vie humaine et de la mort ne sont plus unanimes compte tenu des progrès de la science en tous domaines et des conditions actuelles de santé dans lesquelles les gens terminent leur existence.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">Comprendre et aider les gens</h2>
<p></p>
<p></p>
<p>J’ai eu le sentiment que les intervenants raisonnaient hors sol. Si j’avais pu faire partie de la table ronde, je leur aurais poser les questions suivantes :<br>– Qu’est-ce qui caractérise une vie humaine pour n’importe quel être humain ? Est-ce uniquement les facteurs biologiques ? Non bien sûr. Ne faut-il pas prendre en compte d’autres facteurs comme la possibilité d’être autonome physiquement, relationnellement et intellectuellement ainsi que le fait de ne pas<br>être agressé par des douleurs et des souffrances intolérables ?<br>– N’est-il pas nécessaire de comprendre et d’aider des gens qui, sans être en fin de leur vie, ont perdu leur autonomie dans les domaines essentiels énoncés ci-dessus et qui répètent, parfois en criant : « ce que je vis n’est plus une vie ; s’il vous plaît aidez-moi à mourir ».<br>– Peut-on se contenter de leur dire que l’on va les accompagner, que l’on va tenter de les soulager autant que l’on pourra ?<br>– Ne faut-il pas écouter vraiment et prendre au sérieux des malades en fin de vie dont on est arrivé à soulager les douleurs et à apaiser leurs souffrances et qui pourtant demandent instamment qu’on les aide à mourir ? Le respect dû à ces malades n’exige-t-il pas que l’on tienne compte de leur demande réitérée ?<br>– Et si le malade n’est plus capable d’énoncer son désir de mourir, n’est-ce pas une échappatoire de ne pas en tenir compte ?<br>– Un médecin ou un soignant qui, dans le cadre de la loi, aide au suicide assisté ou pratique l’euthanasie selon la volonté du malade, est-il un meurtrier ou au contraire un compagnon secourable à un autre humain laissé autrement dans la détresse de l’isolement et de l’incompréhension, ce qui ne peut qu’accroître les autres causes de son malheur ?<br>– Les croyants qui affirment haut et fort que Dieu donne la vie et qu’il est seul à la reprendre ne doivent-ils pas prendre conscience que leur croyance est<br>« exculturée » au regard des découvertes scientifiques sur l’origine de l’homme ? Et si la vie humaine est un don reçu par chaque bénéficiaire, comment pourrait-on le déposséder d’en disposer librement ?<br>– Les responsables religieux ne doivent-ils pas prendre conscience qu’une partie notable de leurs fidèles n’adhèrent plus à leur doctrine et à leur éthique et prennent leurs décisions en ce domaine comme dans les autres en leur âme et conscience ?</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">Soulager les souffrances</h2>
<p></p>
<p></p>
<p>Si je réagis ainsi ce n’est pas en raison d’une idéologie, mais parce que pendant douze ans j’ai été formateur de soignants dans le cadre de leur formation permanente en milieu hospitalier sur le thème de l’accompagnement des personnes en fin de vie. À l’écoute des cadres infirmiers, des infirmières et des aides-soignants, je les ai entendu raconter la situation de malades terminant leur vie dans d’abominables douleurs et souffrances qui n’étaient pas prises en considération. C’était le début des soins palliatifs, mais il allait de soi comme aujourd’hui que l’on ne pouvait faire plus que d’aider à soulager leurs douleurs et leurs souffrances. La perspective d’une législation sur le suicide assisté et l’euthanasie était violemment et systématiquement repoussée alors que celle-ci se mettait en place d’une façon très encadrée et satisfaisante en Belgique par exemple.</p><p><br></p><p>L’entêtement de médecins en responsabilité et l’opposition permanente des responsables religieux – mis à part des exceptions dans le protestantisme – a repoussé jusqu’à ce jour le vote d’une loi sur l’aide à mourir. Elle sera toutefois certainement votée mais avec bien des restrictions qui endommageront maints malades. C’est tout ce contexte qui m’a fait évoluer d’une position traditionnelle vers le soutien d’une législation qui permet à des humains accablés de décider de leur fin de vie. Elle ne s’impose à personne mais soulagera bien des malades qui se sentent concernés. Dans un pays démocratique dont les membres pensent légitimement mais diversement leur vie et leur mort, n’est-il pas heureux que chacun puisse terminer sa vie selon son désir ?  <strong>Jacques Musset, membre du groupe «&nbsp;Pour un christianisme d’avenir&nbsp;»</strong></p>
<p></p>								</div>
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		<title>Hiroshima, 80 ans après</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 03 Sep 2025 19:54:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’acte de mémoire&#160;: un engagement en humanité L’exercice de la mémoire et l’appel à «&#160;faire mémoire&#160;» s’avèrent déterminants, à plus d’un titre, pour que nous puissions élaborer, écrire et transmettre notre histoire humaine, de générations en générations… Et ainsi ne jamais oublier. La mémoire est en effet le point d’ancrage et la condition de l’espoir&#160;: &#8230; </p>
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									<h2><strong><em>L’acte de mémoire&nbsp;: un engagement en humanité</em></strong></h2>

<p><!-- /wp:heading --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>L’exercice de la mémoire et l’appel à «&nbsp;faire mémoire&nbsp;» s’avèrent déterminants, à plus d’un titre, pour que nous puissions élaborer, écrire et transmettre notre histoire humaine, de générations en générations… Et ainsi ne jamais oublier. La mémoire est en effet le point d’ancrage et la condition de l’espoir&nbsp;: en nous souvenons, nous nommons celles et ceux qui habitent notre mémoire et nous ouvrons le chemin d’un devenir qui s’est fermé dans l’acte de mort de l’homme sur l’autre et de l’homme sur l’humanité&nbsp;: un acte qui nous hante puisque nous sommes, depuis le premier fils d’homme, capable de tuer le frère. Se souvenir, c’est rouvrir un horizon qui demeure, pour chaque génération, source d’inquiétude et d’interrogation, de risque et de confiance&nbsp;: un au-delà de la peur.</p><p><br></p>
<p></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Cela dit, l’exercice de mémoire pourra paraître d’emblée paradoxal, en tant qu’il mêle, à l’instant même où nous nous efforçons à l’acte mémoriel, la douleur et la foi&nbsp;: oser croire à demain quand hier demeure en nous comme une blessure ouverte.</p><p><br></p>
<p></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Douleur indicible du jeune adolescent qui porte sur ses épaules le corps mort de son jeune frère, au lendemain du bombardement nucléaire d’Hiroshima… douleur ineffable des générations de ce siècle… douleur de la terre et douleur de la conscience dont la meurtrissure reste ouverte et béante… Violence de l’homme contre l’homme et plaie intime d’une humanité qui souffre, au-delà du temps qui passe.</p><p><br></p>
<p></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Cela est sans doute vrai de la mémoire de tous nos drames, personnels et communautaires&nbsp;: nos guerres, nos malheurs et nos deuils. La meurtrissure reste ouverte et nous comprenons, avec le temps, que rien ne saurait effacer en nous cette trace du désir de mort, à jamais lié à notre soif de vie. Cela est plus vrai encore quand nous faisons l’anamnèse de ces actes terribles que furent les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki. Aucun acte de violence, à l’exception des camps d’extermination nazi, ne peut être comparé à cette décision et à cet acte&nbsp;: décider et acter la mort de l’autre et partant de notre humanité.</p><p><br></p>
<p></p>
<p><!-- /wp:paragraph --><!-- wp:paragraph --></p>
<p>Et voilà bien le paradoxe de notre réflexion aujourd’hui&nbsp;: pouvons-nous vraiment faire mémoire de l’innommable&nbsp;: le projet, la décision et la mise en acte de mettre fin à un conflit dit «&nbsp;mondial&nbsp;» en annihilant notre communauté&nbsp; humaine, symbolisée pour toujours par le nom de ces deux villes&nbsp;: Hiroshima et Nagasaki&nbsp;? Notre capacité même de faire mémoire semble s’épuiser face à l’acte de mort, pensé, programmé et accompli… </p>				</div>
				</div>
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		<title>Les Cent jours de Léon XIV / la continuité dans la sobriété</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 19:12:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il n’est pas facile de succéder à un pape. François a laissé une empreinte indélébile&#160;: personnalité écrasante, charisme, capacité d’improvisation et, surtout, discernement et audace. Il savait être guidé par l’Esprit et transmettait l’aplomb et la sécurité d’un dirigeant habitué à décider et à assumer les conséquences de ses prises de position, pour le bien &#8230; </p>
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									<p></p>
<p><strong>Il n’est pas facile de succéder à un pape. François a laissé une empreinte indélébile&nbsp;: personnalité écrasante, charisme, capacité d’improvisation et, surtout, discernement et audace. Il savait être guidé par l’Esprit et transmettait l’aplomb et la sécurité d’un dirigeant habitué à décider et à assumer les conséquences de ses prises de position, pour le bien ou pour le mal. Sa seule présence remplissait la scène ecclésiale et médiatique.</strong></p><p><strong><br></strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Léon XIV, en revanche, est un pape différent. Et il l’est dans tout&nbsp;: dans la personnalité, dans le style et dans l’exercice de la papauté. François et Léon sont issus de cultures religieuses différentes. Le premier était fils de la tradition jésuite, où le supérieur concentre le pouvoir et la prise de décision est verticale. Le second, forgé dans l’école augustinienne, avec des supérieurs plus démocratiques, plus collégiaux et une vie communautaire qui donne du caractère.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Le sentiment qui se reflète au travers des réseaux sociaux et les médias suggère, pour l’instant, une réception positive du pape Prevost. Surtout, après la ruée du million de jeunes au Jubilé de Tor Vergata, en réunissant le même nombre que lors des grands rassemblements de Jean-Paul II. Tout un exploit, surtout après la vague de discrédit et de manque de crédibilité qui a ravagé l’Église après le fléau des abus du clergé.</p><p><br></p><p>Après la « consécration » de Léon XIV par les jeunes, certains soulignent sa capacité à générer confiance et espoir, tandis que d’autres, particulièrement conservateurs, célèbrent la fin de ce qu’ils percevaient comme une période d’instabilité sous François. Cependant, les attentes sont élevées, et son pontificat sera mis à l’épreuve par des défis internes (réforme de la Curie, synodalité) et externes (conflits globaux, progrès technologiques).</p><p><br></p><p>A 69 ans, Léon XIV est jeune selon les normes de la Curie. Il est en bonne forme (il fait de la gymnastique et joue au tennis), il prend soin de lui-même et, si Dieu le veut, il a un long pontificat devant lui. Mais il est aussi un homme moderne, familier avec la technologie, l’intelligence artificielle et les réseaux sociaux. Il sait utiliser WhatsApp, il est équipé d’une montre intelligente Apple Watch, il envoie des e-mails et navigue sur Internet comme n’importe qui de la jeune génération. Il est un pape connecté, qui comprend le monde numérique et ses dynamiques et vit la culture actuelle de l’intérieur. </p>				</div>
				</div>
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				</div>
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		<item>
		<title>De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd’hui ?</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/07/23/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourdhui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Jul 2025 19:47:57 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Grand-angle]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.golias-editions.fr/?p=49684</guid>

					<description><![CDATA[<p>Merci à Michel Gigand et Jean-Marie Peynard de rappeler, dans leur article ainsi intitulé dans Golias Hebdo n° 871, l’apport inestimable du théologien Joseph Moingt. Joseph Moingt a fait faire un grand pas en avant dans la compréhension de la foi pour notre époque. Les autorités religieuses ont tout fait pour qu’on l’ignore (au point &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2025/07/23/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourdhui/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd’hui ?&#160;&#187;</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/07/23/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourdhui/">De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd’hui ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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									<p></p>
<p>Merci à Michel Gigand et Jean-Marie Peynard de rappeler, dans leur article ainsi intitulé dans Golias Hebdo n° 871, l’apport inestimable du théologien Joseph Moingt. Joseph Moingt a fait faire un grand pas en avant dans la compréhension de la foi pour notre époque. Les autorités religieuses ont tout fait pour qu’on l’ignore (au point qu’il a eu du mal à trouver un éditeur pour L’esprit du christianisme et que la revue Les Études elle-même en a fait une recension a minima et totalement édulcorante). Dans un article de Golias Magazine n° 195 (nov. Déc. 2020), je qualifiais la théologie de Joseph Moingt de «&nbsp;révolution copernicienne dans l’expression de la foi&nbsp;» et j’écrivais&nbsp;:</p><p><br></p><p>«&nbsp;Au fil de la lecture de L’esprit du christianisme, l’importance des notions revues de façon critique est en effet impressionnante&nbsp;: signification originaire du baptême, de l’eucharistie, mise en cause de l’institution sacerdotale et de la conception hiérarchique de l’Église, compréhension reconsidérée de la mort de Jésus, de sa désignation comme fils de Dieu, de sa résurrection, de la maternité virginale de Marie, de l’incarnation, de la Trinité, du salut, de la notion de révélation, de celle de toute-puissance de Dieu… L’enjeu est celui d’un ressourcement de l’esprit du christianisme dans un souci de respect de la vérité et d’ouverture d’une perspective d’avenir. Le magistère de l’Église catholique ne semble pas encore prêt à une telle tâche de mise à jour et d’aggiornamento.&nbsp;».</p><p><br></p><p>Dans le prolongement de l’article de M. Gigand et J.M. Peyanrd, j’apporte quelques citations de J. Moingt concernant l’humanité de Jésus et de son enseignement, et dénonçant la déviation historique, intervenue très tôt, de la théologie, faisant de Jésus un personnage de fiction surnaturel&nbsp;:</p><p><br></p><p>Divinité de Jésus, un malentendu&nbsp;; ne pas voir en lui «&nbsp;un extraterrestre&nbsp;»&nbsp;:</p><p><br></p><p>«&nbsp;Dans le Nouveau Testament, l’attribution du nom de Dieu au Christ est extrêmement rare, et d’ailleurs discutable… [et] on ne peut pas soutenir que le récit évangélique comme tel, ni la prédication apostolique comme totalité, aient pour but de faire reconnaître la divinité du Christ&nbsp;» (L’homme qui venait de Dieu, éd. du Cerf 2008, p. 92)</p><p><br></p><p>«&nbsp;(…) la signification et la motivation de la divinité du Christ dont témoigne l’ensemble du Nouveau Testament&nbsp;: le sens n’en est pas l’attribution à Jésus d’une origine divine, ni le motif d’en imposer la reconnaissance comme condition de salut. Mais le fait que Dieu se révèle dans un homme, Jésus, pour être connu de tous, ou, plus exactement, pour faire savoir à tous les hommes qu’il les aime au point de les appeler à vivre avec lui et en lui pour l’éternité…&nbsp;» (L’esprit du christianisme, éd. Temps Présent, 2018, p. 102). </p>				</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/07/23/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourdhui/">De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd’hui ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Affaire Abbé Pierre :  » Des individus à titre individuel « </title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 19:40:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-angle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je remarque, à la fin de l’article du journal La vie par lequel démarrent les révélations, un passage où les deux journalistes donnent la parole à « une proche amie » de l’abbé Pierre. Elle dit : « Il y avait deux personnages chez lui : cette espèce de saint Vincent de Paul, qui prenait la tragédie à bras-le-corps &#8230; </p>
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<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/07/02/affaire-abbe-pierre-des-individus-a-titre-individuel/">Affaire Abbé Pierre :  » Des individus à titre individuel « </a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Je remarque, à la fin de l’article du journal La vie par lequel démarrent les révélations, un passage où les deux journalistes donnent la parole à « une proche amie » de l’abbé Pierre. Elle dit : « Il y avait deux personnages chez lui : cette espèce de saint Vincent de Paul, qui prenait la tragédie à bras-le-corps et l’homme pécheur. […] En vieillissant, il ne se retenait plus, il était obsédé par les seins. » Ce témoignage contredit en partie le communiqué officiel des trois structures du mouvement Emmaüs qui, à ce stade, ne rapporte que sept témoignages directs, plus cinq autres témoignages indirects et supposés. D’un côté, on a, si je puis dire, une sorte d’homéopathie victimologique et, de l’autre, une sérialité de délits commis par un prêtre « qui ne se retenait plus ».</p>



<p><br>Le rapport Égaé montre, à la dernière page, que l’abbé Pierre a lourdement sévi à Emmaüs international auprès des femmes qu’il croisait. Il habitait de 1998 à 2007 dans un appartement voisin du siège de la fédération mondiale, situé à Alfortville dans le Val-de-Marne. Dans la plupart des cas, les victimes interrogées par Caroline de Haas avaient elles-mêmes entendu le témoignage d’autres victimes. En étudiant le rapport attentivement, une évidence surgit : il n’y a aucun témoignage qui provienne d’Emmaüs France, fédération nationale fondée en 1985, présidée de 1985 à 1996 par Raymond Étienne, homme très proche de l’abbé Pierre, un des premiers fondateurs et dirigeant de la Fondation Abbé Pierre (il en est le président de 1998 à 2017). Il n’y a aucun témoignage qui provienne non plus d’Emmaüs solidarité (jadis appelé Association Emmaüs de Paris), une des plus grosses associations du mouvement en France, avec laquelle l’abbé Pierre s’est investi dans de nombreux combats pour les personnes sans abri. Je suis surpris également que rien n’émane de la Fondation elle-même. L’abbé Pierre l’a pourtant beaucoup fréquentée. Je pense en particulier aux années 1997 et 1998, où l’abbé Pierre participait au « Tour de France des sans-abri et des mal-logés » au cours duquel il faisait, à quatre-vingt-cinq et quatre-vingt-six ans, le tour des structures d’accueil financées et labellisées par la Fondation, dans une dizaine de villes. Les salariés organisaient des débats et des rencontres avec des membres d’associations locales, des journalistes, des élus et des personnes accueillies, pour mettre en exergue les difficultés d&rsquo;accès au logement des personnes défavorisées. Pourquoi n’y a-t-il, grosso modo, que des témoignages venant du témoin A et son entourage et d’Emmaüs international ? Pourquoi ce silence provenant des autres organisations, dont les deux cosignataires du communiqué ? [ABO]</p>



<p><br>Alors que le rapport Égaé dit bien que des salariées d’Emmaüs international ont rapporté les agressions sexuelles qu’elles ont subies à leurs supérieurs hiérarchiques à l’époque des faits et que se protéger de l’abbé Pierre faisait partie de leur vie quotidienne de bureau, les dirigeants des trois structures du mouvement Emmaüs tiennent publiquement des propos contraires.</p>



<p><br>D’abord, le communiqué de presse officiel affirme que tout a commencé par un témoignage reçu il y a un an, en juin 2023, comme si les dirigeants d’Emmaüs du vivant de l’abbé Pierre n’étaient au courant de rien. L’allégation est d’autant plus choquante que le texte finit par une citation de la nouvelle présidente de la Fondation Abbé Pierre qui promet que « la priorité est de faire preuve d’une totale transparence ».</p>



<p><br>Dans l’article de La Vie du 17 juillet 2024, le délégué général d’Emmaüs international raconte que : « des personnes ont pu être informées de faits à titre individuel mais pas en tant que mouvement ».</p>



<p><br>Le 18 juillet 2024, le délégué général d’Emmaüs France affirme devant la caméra de TF1, venue le filmer devant le siège à Montreuil : « Il est possible en effet que des personnes du mouvement, aient, à une époque ou à une autre, entendu des témoignages, entendu des bruits, entendu des rumeurs, et qu’elles n’en aient rien fait. »</p>



<p><br>Le 17 juillet 2024, lors du journal télévisé de vingt heures sur TF1, la journaliste Karine Baste-Régis interroge le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, qui occupe différentes fonctions dirigeantes au sein de cette fondation depuis vingt ans, y compris du vivant de l&rsquo;abbé Pierre (2004-2007). « Aviez-vous déjà eu connaissance de telles accusations ? ». « Est-ce que quelque chose se savait en interne ? ». Il répond : « Pas du tout. Ça a été un choc terrible. […] On s&rsquo;est dit «Ce n&rsquo;est pas possible, c&rsquo;est une déflagration.» ». Ces propos sont contraires aux confidences, dont j’ai déjà parlé, d’un des plus hauts dirigeants de cette fondation, alors président d’honneur.</p>



<p><br>La journaliste le relance sur ce point quelques instants plus tard : « En interne, vous me dites qu&rsquo;on ne savait rien. Est-ce qu&rsquo;à votre connaissance, des témoignages ont pu être étouffés ? ». Il rétorque : « Je n&rsquo;en sais rien. Ce que le rapport d&rsquo;enquête montre, c&rsquo;est qu&rsquo;il y a des personnes qui, de façon directe ou indirecte, avaient eu des alertes à un moment donné et n&rsquo;ont soit pas su réagir, soit pas voulu réagir, parce que je ne sais pas, parce que c&rsquo;est l&rsquo;abbé Pierre, parce qu&rsquo;à l&rsquo;époque peut-être, il y avait moins d&rsquo;attention ou d&rsquo;outils sur la manière de gérer ce type d&rsquo;événements. »</p>



<p><br>Le dossier envoyé par l’agence de communication en charge de la gestion de crise, l&rsquo;agence « 2017 », contient plusieurs pages de questions-réponses fournissant des « éléments de langage » aux communicants et aux dirigeants d’Emmaüs. À la question « Les faits sont anciens, vous n’en aviez jamais entendu parler avant ? », nous étions invités à répondre : « Nos organisations ignoraient que des faits de cette nature avaient pu survenir. Nous savions que l’abbé Pierre avait eu des relations avec des femmes, c’est un sujet dont il s’était ouvert lui-même. Mais nous ne pouvions pas imaginer que certaines étaient non-consenties et pourraient être qualifiées d’agressions sexuelles. Nous ignorions tout de ces faits qui nous ont saisis comme une déflagration. Il est possible que certaines personnes aient pu être informées de comportements déplacés ou inappropriés à titre individuel, etc. » On constate que ces éléments de langage ont été fidèlement repris par les personnes autorisées à s&rsquo;exprimer publiquement. En ce qui concerne les dates, les dirigeants d’Emmaüs se sont mis d’accord pour répéter que « les faits concernent des actes commis par l&rsquo;abbé Pierre entre la fin des années 1970 et 2005. ». Or, le rapport Égaé parle également de faits qui se sont produits dans les années 50 et 60 et cite « une personne qui connaît bien le Mouvement » qui affirme que « Toute une génération [celle du début] savait que l’abbé Pierre dérapait. Ce n’était pas un épiphénomène ».</p>



<p><br>Cette communication officielle réussit à minimiser l’ampleur chronologique des faits. Surtout que quelques jours plus tard, le 20 juillet 2024, on lit dans le journal La Croix une tribune écrite par Martin Hirsch, qui est un ancien président d’une fédération de communautés Emmaüs (l’Union Centrale des Communautés) de 1995 à 2002, puis d’Emmaüs France de 2002 à 2007. Il raconte que « Pendant cinquante ans, Emmaüs a pensé que ces comportements étaient de l’histoire ancienne ». Il mentionne « un secret » que des anciens d’Emmaüs lui auraient révélé en 1996, lors de l’affaire Garaudy (dont nous reparlerons) : « En 1957, […] ses proches l’avaient envoyé dans une clinique en Suisse, à l’isolement, parce que son comportement avec les femmes posait problème » et que « l’on considérait qu’une des missions d’Emmaüs était de se protéger et de protéger son fondateur contre lui-même et contre sa maladie. »</p>



<p><br>Il y a ici une double contradiction. La communication officielle des trois structures laisse entendre que les faits identifiés sont postérieurs à 1970, alors que le rapport Égaé et Martin Hirsch indiquent le contraire. La communication officielle prétend que des individus ont pu être au courant à titre individuel, mais pas en tant que mouvement, alors que le rapport Égaé et Martin Hirsch disent également le contraire.</p>



<p><br>Une grande partie de cette stratégie de dissimulation repose sur cette ambiguïté de langage. Les dirigeants se sont mis d’accord pour affirmer que des personnes ont pu être informées « en tant qu’individu » mais pas en tant qu’organisation. C’est-à-dire que si une femme est allée voir le président ou le délégué général d’Emmaüs international, d’Emmaüs France ou de la Fondation abbé Pierre, en lui disant « je me suis fait violenter par l’abbé Pierre », en le tutoyant, en l’appelant par son prénom et dans un contexte informel, parce qu’elle ne l’a pas appelé « monsieur le président » et ne lui pas écrit un courrier officiel, ils prétendent que l’organisation « en tant qu’organisation » n’en a pas été informée ! Cette rhétorique sera répétée pendant des mois, en interne comme en externe. Ce mensonge est contraire à ce qui fonde l’engagement à Emmaüs. Un de nos principes de base est que nous représentons « un mouvement d’éveil des consciences » qui ose dire ce qui ne se dit pas. Nous sommes invités en permanence à regarder lucidement la souffrance des personnes atteintes dans leurs droits pour la clamer à la face de la société et ainsi devenir « la voix des hommes sans voix qui empêche les puissants de dormir ». Les citations suivantes de l’abbé Pierre sont répétées à longueur de réunions et de publications : « Plus que jamais, nous avons le devoir de savoir », « La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire », « Nul n’est plus misérable que celui qui sait et ne dit pas » … On retrouve ces phrases affichées au mur des centres Emmaüs, en France et dans d’autres pays, traduites en plusieurs langues.</p>



<p><br>De mon côté, à ce moment-là, je suis convaincu que les dirigeants du mouvement Emmaüs au niveau national, du vivant de l’abbé Pierre, étaient au courant, au moins pour les attouchements sur les seins. Je décide donc d’enquêter dans cette direction afin de vérifier mes soupçons. Pour peu de temps, je crois encore à la sincérité des trois présidents et des trois délégués généraux qui, avec l’agence « 2017 », pilotent l’opération médiatique. Il me faudra plusieurs jours pour accepter qu’il s’agît d’une manigance élaborée et mise en œuvre avec cynisme.</p>



<p><br>Le 17 juillet 2024 avant 21h, en France, plus d’une centaine d’articles sont déjà parus et plus d’une trentaine de radios régionales ont mentionné cette affaire. Vingt-quatre heures plus tard, le nom de l’abbé Pierre est mentionné six cents fois à la radio et à la télévision. Dans la journée du 18 juillet, on comptera cinq cents mentions de l’affaire dans les médias.<br>Dès que possible, j’adresse un message, accompagné d’une petite revue de presse, à mes collègues, salariés et bénévoles, aux partenaires et aux amis du Centre abbé Pierre – Emmaüs d’Esteville. J’essaie de trouver les mots susceptibles de les apaiser, de les éclairer et de les sortir du désarroi dans lequel ils se trouvent.</p>



<p><br>« Chers amis, je voudrais vous dire avant tout que je me sens en empathie avec les victimes, ces femmes qui ont souffert de l&rsquo;abbé Pierre et avec toutes les victimes de ce genre de faits. Je suis prêt à faire mon possible pour agir contre les causes des violences sexuelles. Je me sens révulsé par les récentes révélations. Je suis intimement choqué et peiné. Je remercie tous ceux qui, nombreux, m&rsquo;ont envoyé des mots de soutien et ceux qui se sont engagés à mes côtés ces dernières années et qui souffrent aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;ignorais que l&rsquo;abbé Pierre avait sévi avec autant de gravité et sur une période aussi longue. Je ne lui trouve aucune excuse. D&rsquo;abord, selon moi, le plus important est que les faits soient connus, sans ambiguïté. C&rsquo;est pourquoi je vous invite à lire tous les documents que je vous envoie aujourd&rsquo;hui. Connaître, regarder en face les problèmes est un premier pas contre le silence et les tabous qui permettent aux agresseurs de sévir en toute impunité. De toute évidence, le silence, l&rsquo;aveuglement et le déni enfoncent les victimes dans une culpabilité qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas à ressentir. Ils entretiennent l&rsquo;omerta qui permet aux personnes célèbres de pratiquer leurs perversités en toute quiétude. Il faut dire les choses telles qu&rsquo;elles apparaissent, dans leur sinistre réalité, pour mettre un terme à ces mécanismes collectifs funestes.</p>



<p><br>En quelques jours, des choses importantes ont disparu, des choses qui nous tenaient à cœur sont mortes. Toutefois, nous n&rsquo;oublions pas notre foi dans les vertus humaines fondamentales, dans les valeurs collectives de notre civilisation : liberté, égalité, fraternité, paix, justice, sincérité, amour, générosité, respect, tolérance… Naguère, nous avons cherché des modèles extérieurs que nous avons peut-être mythifiés, aveuglés que nous fûmes par leur éclat trompeur, alors que ces valeurs humanistes, cette force bénéfique, ce sens du bien commun, cette capacité à nous dépasser pour aider, soutenir, être bon, elle se trouve là, en nous. Elle est inscrite dans notre âme. Nous n&rsquo;avons pas besoin de héros morts pour que brille notre flamme intérieure et pour accomplir quelque chose de bien aujourd&rsquo;<br>hui. » <strong>Philippe Dupont (www.associationeva.org)</strong></p>
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		<title>De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd&#8217;hui ?</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/06/25/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourhui/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 17:39:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-angle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des adeptes de Jésus de Nazareth, dont nous estimons faire partie, peuvent-ils continuer à dire que cet humain extraordinaire était fils unique de Dieu et Christ ? Pour aborder cette question fondamentale, parmi des penseurs nous avons retenu des apports du grand théologien Joseph Moingt dans son livre de 2018 L’esprit du christianisme aux éditions Temps &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2025/06/25/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourhui/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd&#8217;hui ?&#160;&#187;</span></a></p>
<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/06/25/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourhui/">De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd&rsquo;hui ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Des adeptes de Jésus de Nazareth, dont nous estimons faire partie, peuvent-ils continuer à dire que cet humain extraordinaire était fils unique de Dieu et Christ ? Pour aborder cette question fondamentale, parmi des penseurs nous avons retenu des apports du grand théologien Joseph Moingt dans son livre de 2018 L’esprit du christianisme aux éditions Temps Présent. Nous commençons par en reprendre quelques extraits sur lesquels nous nous appuierons pour donner nos propres convictions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelques principaux apports du théologien Joseph Moingt</h2>



<p><br>« Mon livre précédent « Esprit, Église et Monde » avait mis en évidence la fracture qui s’était produite dans la théologie et la vie de l’Église au début du IIIème siècle et conclu à la nécessité de ressourcer la foi en deçà de cette déviation et de réorienter la vie des chrétiens en vue de l’annonce de l’Évangile au monde. (page 19)<br>Le langage dogmatique n’est plus crédible car il ne tient compte ni de la nouvelle historiographie de l’Ancien Testament, qui remet en cause la révélation que l’Église prétend y trouver, ni des nouvelles exégèses du Nouveau Testament, admises par un grand nombre de savants, qui ne permettent plus d’affirmer, par exemple, que Jésus s’est proclamé Fils de Dieu (au sens du dogme), ni qu’il serait mort volontairement pour expier les péchés des hommes. L’Église a un problème avec la vérité parce qu’elle n’accepte pas de remettre en cause ses anciennes définitions ni son autorité exclusive sur les Écritures. (page 20)<br>Les Livres sacrés des Juifs ont été écrits beaucoup plus tard qu’on le croyait, après le retour d’exil, et qu’ils n’ont pas cessé dans les siècles suivants d’être recopiés, ce qui veut dire, selon la coutume des scribes d’Israël, réécrits, corrigés, modifiés, en sorte qu’il ne reste plus, si jamais il y en eût, de livre biblique originel qu’on pourrait dire écrit de la main de Dieu, à supposer que l’homme soit capable de déchiffrer sa langue, pas plus qu’on ne saurait retrouver le fil directeur d’une inspiration de ces Livres par le Saint Esprit dans leur incessant remaniement. (page 65) [ABO]</p>



<p><br>Quand nous passons de l’Ancien Testament au Nouveau – mais ces expressions ont-elles gardé un sens dans cet effondrement de l’archéologie biblique ? -, la situation de la foi face au savoir est encore plus instable… la catéchèse et la prédication continuent à commenter les « miracles » de Jésus comme s’ils étaient un soutien efficace de la foi sans soulever le problème de leur vérité historique ; les points essentiels de la foi au Christ « ressuscité », « conçu de l’Esprit Saint », « Fils de Dieu », mort pour nos péchés » sont toujours présentés comme des vérités indiscutables de son histoire… Le problème surgit à nouveau quand on passe de l’Écriture à la Tradition. Par exemple, des historiens soutiennent que l’Église a commencé à diviniser le Christ lors de son premier concile, tenu à Nicée sous la présidence éminemment suspecte d’un empereur encore païen qui voulait unifier son empire par la religion chrétienne. Le seul reproche qui peut être fait à l’Église sur ce point, c’est de n’avoir pas reconnu que l’idée de la génération d’un fils en Dieu ne se trouve nulle part dans l’Écriture, ni ancienne ni nouvelle… (page 65-66)</p>



<p><br>Selon la théologie, l’incarnation suppose révélés ou démontrés plusieurs points préalables :<br>1- que Dieu a engendré un Fils de toute éternité,<br>2- qu’il envoie prendre chair dans la Vierge Marie,<br>3- pour pouvoir souffrir dans sa chair et expier par sa mort une offense faite à Dieu,<br>4- si grave qu’elle affecte tous les hommes et ne peut être effacée par aucun autre moyen.</p>



<p><br>Or, le premier point n’est révélé par aucune Écriture ; le deuxième est invérifiable sur le plan de l’histoire et ne permet pas d’affirmer que Jésus est vrai homme « tout comme nous » ainsi que l&rsquo;exige le concile de Chalcédoine ; le troisième n’est pas pensable au jugement de la raison moderne ; le quatrième n’est ni vérifiable dans le récit biblique du péché d’Adam, ni pensable sur un plan anthropologique, ni démontrable en théologie du péché… Je ne vais pas m’attarder à démontrer l’inconsistance de ces quatre présupposés… (p 139)<br>Il est vrai que la personne de Jésus est mystérieuse et méconnue, non qu’on se trompe en pensant qu’il est un homme comme nous, car il l’est vraiment, mais en ce sens qu’on ne voit pas qu’il est aussi autre chose, non qu’il serait à la fois Dieu et homme, Fils de Dieu par origine éternelle et homme par sa naissance dans le temps – cela, Jésus ne le dit pas… (page 143).</p>



<p><br>D’où est venue aux chrétiens l’idée que Dieu s’est révélé en Jésus ?… comment Jésus a reçu ce nom au sens de Fils éternel de Dieu… Il y a été mis dès que les théologiens eurent inventé le mot « trinité » vers la fin du II ème siècle, après que le nom de Fils eût été donné dans la première moitié du même siècle au « Verbe fait chair » reconnu en Jésus… On devra attendre plus d’un siècle encore avant que la Trinité soit définie, à nouveau à Constantinople « une seule substance ou nature en trois personnes ou hypostases » sans que le cas du Saint Esprit soit pour autant clarifié… (pages 152 et 153)</p>



<p><br>Un siècle environ après la mort de Jésus, il n’existe pas encore d’organisme central de la foi, ce qui explique tant de variantes du Symbole de la foi étalées sur plusieurs siècles. (page 229)</p>



<p><br>Jésus n’a pas envoyé ses apôtres parcourir le monde, qui était alors un monde païen, pour y bâtir des églises (il n’y en avait pas de son temps et il n’en avait pas souci) ; car Dieu Esprit ne se laisse pas enfermer dans des lieux sacrés, il vit dans le cœur des hommes dont il veut faire ses enfants… » (page 274)</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nos propres convictions aujourd’hui</h2>



<p>Joseph Moingt exprime, clairement et de façon argumentée, que la théologie définie vers le IIIème siècle à laquelle la chrétienté s’est référée pendant seize siècles ne tient plus lorsque nous regardons avec sérieux toutes les recherches scientifiques qui nous imposent de penser de manière renouvelée la foi qui nous anime. Que d’évolutions ont eu lieu depuis des dizaines d’années en tout domaine et particulièrement ces dernières années nous obligeant à repenser et à reformuler ce qui nous avait été enseigné dans notre formation initiale en prenant en compte les nouvelles avancées scientifiques.<br>Succinctement regardons comment ont évolué des affirmations qui nous ont été inculquées dans notre passé et qui n’ont plus sens aujourd’hui.</p>



<p><br>Le Dieu tout-puissant ne l’est plus, pas plus qu’il n’est créateur du ciel et de la terre.<br>Nous savons désormais que les écrits bibliques les plus anciens datent de la fin de l’Exil, dans les années 500 avant J.-C., cela signifie que les premiers livres, en particulier la genèse, sont des légendes et n’ont rien d’historique, ce qui ne veut pas dire que des légendes n’ont pas d’intérêt, mais cela ne permet plus de dire que le dieu innommable Yahvé serait créateur de notre Terre. Il n’est plus pensable de penser, comme au temps de Jésus de Nazareth, que la Terre est plate, qu’au-dessus il y aurait le ciel et qu’en-dessous il y aurait l’enfer.</p>



<p><br><strong>Un Jésus qui ne peut être l’incarnation de Dieu.</strong><br>Dieu est innommable, alors comment un humain pourrait-il être fils unique de ce Dieu impossible à connaître dans sa globalité ?<br>Étant donné que, comme le dit ci-dessus Joseph Moingt, Jésus n’est devenu dieu qu’au concile de Nicée convoqué par l’empereur romain Constantin en 325, il n’est plus possible aujourd’hui d’affirmer que Dieu s’est incarné en Jésus de Nazareth. C&rsquo;est le concile d’Éphèse, en 431 après Jésus-Christ, qui revient sur la doctrine de l&rsquo;incarnation. A cette époque, il importait d’insister pour montrer que cet homme Jésus était Dieu. La foi en sa résurrection, vue comme un miracle divin, a accentué cette conviction. On a tellement entendu dire par l’Église que Jésus est fils unique de Dieu, existant depuis toujours au ciel et descendu sur terre, qu&rsquo;on a mis du temps à s&rsquo;interroger à l&rsquo;inverse sur le fait qu&rsquo;il était vraiment homme. La difficulté principale semblait porter sur le fait qu&rsquo;il ait vraiment été un homme comme nous, né du corps d’une femme.</p>



<p><br><strong>Un credo d’un temps désormais révolu.</strong><br>Nous ne pouvons plus partager la conception théiste qui disait que Jésus est vrai Dieu *, engendré non pas créé, consubstantiel au Père et que, par lui, tout a été fait ; que pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel, et qu&rsquo;il a pris chair dans la vie humaine ; que c&rsquo;est pour sauver le monde et l&rsquo;homme déchu par le péché originel que Dieu a envoyé son fils sur terre pour venir à notre secours. Tout cela s&rsquo;est trouvé fixé dans le marbre du credo ainsi formulé : Jésus est « le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, consubstantiel au Père et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes et pour notre salut il descendit du ciel, par l’esprit-saint il a pris chair de la vierge Marie, et s’est fait homme ». Tout ceci, c’était le discours de l’époque des seize siècles de chrétienté qui n’est plus tenable désormais.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est-ce qui importe pour nous aujourd’hui passionnés d’évangile ?</h2>



<p><br>Il importe de nous focaliser sur l’essentiel du message de Jésus de Nazareth transmis par ses disciples étant donné que lui-même n’a pas laissé des écrits propres. L’incarnation qui a été la sienne a été de prendre le parti des moins que rien de son peuple, de vouloir sortir la quasi-totalité du peuple de la soumission au pouvoir des prêtres sacrificateurs de la religion juive.</p>



<p><br>C’est cette incarnation-là que nous essayons de vivre à sa suite, c’est le message qu’il transmet du dieu libérateur dans lequel nous mettons notre confiance.<br>Ce message fondamental de l’humain de Nazareth correspond bien à notre souhait de libération de notre peuple de prolétaires aujourd’hui, lutte pour plus de justice et de liberté. Ce qui est le plus important pour nous, passionnés par Jésus de Nazareth, et ce de manière constante, c’est d’ « être là », avec le peuple des travailleuses et des travailleurs et de lutter avec eux pour transformer la société et le monde, pour faire grandir en humanité tous les humains de notre planète Terre, minuscule planète à protéger dans l’immense cosmos qui nous entoure.</p>



<p><br>Le théisme naît et se développe il y a environ 6 000 ans. Cela consiste à croire en un dieu personnel qui dirigerait l’histoire du monde et des hommes et qui interviendrait directement dans la vie des hommes. On l’a qualifié de tout-puissant, doté d’un pouvoir surnaturel. <strong>Michel Gigand et Jean-Marie Peynard</strong></p>
<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/06/25/de-quelle-incarnation-est-il-possible-de-parler-aujourhui/">De quelle incarnation est-il possible de parler aujourd&rsquo;hui ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>L&#8217;affaire Abbé Pierre : l&#8217;aube et la nuit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Jun 2025 18:06:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-angle]]></category>
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<p>Quand la visioconférence organisée par Emmaüs international commence, les membres français, qui représentent plus de trois quarts des groupes Emmaüs du monde, en ont déjà gros sur le cœur. Le 6 juin 2024, ils ont subi une longue soirée télévisée au cours de laquelle les téléspectateurs ont pris connaissance d’une liste impressionnante de dysfonctionnements dans les communautés Emmaüs françaises. L’émission Complément d’enquête, malencontreusement intitulée « Rendez-nous l’abbé Pierre ! », décortique toute une série d’accusations qui ont été égrenées dans la presse depuis plusieurs mois et en rajoute encore. La longue grève des compagnes et des compagnons d’origine africaine dans une communauté du Nord en est la manifestation la plus pénible. « Emmaüs, y en a marre. L’esclavage, c’est fini ! » se sont-ils exclamés sur le trottoir de Paris, perturbant les commémorations de l’appel d’hiver 1954 organisées par Emmaüs France. L’émission est un chamboule-tout : détournements de fonds, logements insalubres, accusations de traite des êtres humains, conditions de travail dangereuses, harcèlement sexuel… À l’issue des reportages, vient l’interview du nouveau délégué général d’Emmaüs France qui se veut rassurant : la fédération, qu’il dirige depuis seulement un an, va remédier à toutes ces déviances.</p>



<p><br>Le 17 juillet 2024 en début d’après-midi, le moment n’est pas vraiment solennel. Quelque chose de piteux façonne l’atmosphère, par écrans interposés. D’emblée les mots sont dits. Les propos s’enchaînent sans effet rhétorique. Le terme « agressions sexuelles » revient souvent, celui de « mode opératoire » est prononcé ; du vocabulaire de brigade des mœurs. Caroline de Haas fait une présentation succincte. Elle est vite éclipsée par des hommes qui reprennent la parole ; maladresse excusable dans un moment pauvre, sans mise en scène. Sept femmes ont accepté de témoigner. Les faits sont décrits avec un vocabulaire relativement allusif et pudique, pour parler d’actes obscènes. Le temps d’accuser le coup, puis vient la stupeur. Des membres de groupes Emmaüs écrivent des messages sur une fenêtre où l’on peut s’exprimer sans interrompre le locuteur. L’incompréhension domine. Dans les commentaires, le scepticisme s’exprime parfois de façon déplacée. À partir de ce moment-là, j’entendrai la question « Pourquoi elles ne parlent que maintenant ? » tous les jours pendant plusieurs semaines et sur tous les tons. Quelques-uns demandent si les victimes réclament de l’argent ! Quand une personne mentionne les aveux que l’abbé Pierre a fait de son vivant, c’est-à-dire d’avoir succombé passagèrement et brièvement au désir physique pour une femme, Caroline de Haas apporte des précisions. Elle distingue clairement ce qui relève du « consenti » et du « non-consenti ». Elle revendique un travail de recherche qui concerne uniquement les actes non-consentis commis par l’abbé Pierre. Je reconnais qu’à ce moment précis cette distinction est cruciale pour moi. Elle me fait avancer dans la déconstruction du système de représentations inhérent à notre culture, qui minimise les violences sexuelles. [ABO]</p>



<p><br>Après quelques instants de débats centrés sur les idées de personnes sceptiques et contrariées, on se dit à plus tard pour en savoir davantage. Un dispositif public d’appel à témoignages est lancé et il est probable que d’autres personnes en profitent pour raconter ce qu’elles ont subi. Il y aura donc sans doute une autre visioconférence mondiale.<br>Aussitôt, j’entame la lecture de l’article de La vie qui inaugure les révélations. J’essaie de comprendre, d’avoir les idées claires, malgré les circonstances. Je n’en ai pas encore lu la moitié que mon téléphone commence à sonner. Je n’ai pas encore réalisé exactement la teneur des révélations que déjà des journalistes, connus ou inconnus, se mettent à m’appeler, m’écrire des messages par tous les canaux possibles, insistent, rappellent, me pressent de répondre… Trente-huit journalistes différents vont me contacter en trois jours. Je ne suis autorisé à répondre à aucun. Je regarde les deux chaînes d’information continue. La façon dont elles présentent les faits, l’insistance sur le mot « agressions », l’indignation sans nuance qu’elles expriment, sans les excuses habituelles (« mais il a fait du bien quand même ») déclenchent en moi quelque chose. Je progresse par étapes dans la prise de conscience. Je réalise qu’il faut fermer le lieu de mémoire au public ! Le plus urgent est d’exprimer notre solidarité avec les victimes. On ne peut pas continuer à faire payer un billet d’entrée pour une visite qui inclut une chambre où des personnes se sont peut-être fait agresser ! De plus, alors qu’ils n’ont eu aucune préparation, mes collègues risquent d’être pris d’assaut, mis dans l’embarras par des journalistes et des visiteurs. Je tente d’appeler mon président pour ne pas prendre cette décision seul. Depuis quelques jours, on m’a fait comprendre que je ne suis plus aux manettes comme avant. Il est injoignable. J’attends un moment qu’il me rappelle. Finalement, je contacte mes collègues pour leur faire part de ma décision. Ceux-ci ferment les lieux et rentrent chez eux, je les invite à se mettre à l’abri du flot de journalistes à venir, après avoir affiché sur toutes les portes un message de solidarité avec les victimes. À ce stade, mes idées sont imprécises, j’imagine qu’on va fermer symboliquement quelques jours et rouvrir lundi peut-être. Le recrutement d’une nouvelle agente d’accueil est en cours. Inquiète, la candidate me questionne sur ses perspectives professionnelles dans notre structure. Bêtement, je la rassure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« Nos petites personnes »</h2>



<p>Je préviens ceux qui ont besoin de l’être urgemment, comme le maire d’Esteville, qui a appris les faits par des journalistes venus frapper chez lui. Une seule personne de notre conseil d’administration m’appelle pour m’exprimer son empathie. Nous ne recevrons jamais aucun mot navré des présidents des trois principales structures. On dirait que l’équipe du Centre abbé Pierre – Emmaüs est un peu comme un chien fichu ; ses maîtres prennent leurs distances avant de le voir disparaître. En fin de journée, mon président finit par me téléphoner. Il est mécontent de ma décision de fermeture, que l’AFP a très rapidement diffusée. Je dois me justifier. Il reconnaîtra plus tard que c’était une bonne idée. Son discours est le même qu’au début du mois, il considère comme secondaire notre ressenti individuel. Il emploie des expressions telles que « nos petites personnes », et ne semble pas prendre conscience du drame que commencent à ressentir tous ceux qui ont fait vivre la mémoire de l’abbé Pierre, au nom de leurs convictions, drame qui les poursuivra longtemps. Par contraste, mes collègues et moi recevons une avalanche de messages de soutien de toute sorte de personnes, parfois même d’anonymes ; des dizaines de messages adorables, beaucoup de compréhension et de gentillesse.</p>



<p>Dès le milieu de l’après-midi du 17 juillet, on peut dire que mon enquête commence. Je retrouve un mail d’une ancienne cadre d’Emmaüs international, à Emmaüs depuis les années 1970, daté du 30 octobre 2023, dans lequel elle me dit, alors que nous n&rsquo;avions jamais abordé ce sujet auparavant : « Même si je sais bien (tu le sais, sans doute) que l’abbé Pierre avait un faible pour les femmes et se laissait parfois aller à des gestes inacceptables, je ne peux pas imaginer qu’il le faisait avec Lucie [Coutaz] ». Cet aveu est pour moi une preuve de plus que le secret était largement partagé à Emmaüs.</p>



<p>J’appelle Cécile, une ancienne des camps de jeunes d’Emmaüs dans les années 60, qui a côtoyé l’abbé Pierre à cette occasion. Elle me dit qu’elle s’est déjà retrouvée seule avec lui et qu’il ne s’est jamais rien passé de problématique. Avec d’autres filles, elles ont dormi plusieurs nuits dans un dortoir à Esteville, à proximité de son appartement et aucun fait perturbant n’est jamais parvenu à sa connaissance.</p>



<p>Je contacte une ancienne compagne d’Emmaüs qui a été dans la communauté de service du centre d’hébergement d’Esteville, de 2005 à 2011, et que je connais bien. À sa retraite, elle est partie vivre en colocation avec la cheffe de service, Nicole, qui l’avait devancée de quelques mois dans la retraite. C’est la première fois que je la questionne à ce sujet. Elle me raconte qu’un jour Nicole lui a raconté que l’abbé Pierre était « un peu coquin » et qu’il lui caressait les seins quand elle montait lui apporter son plateau-repas dans la chambre. Puis Brigitte, une bénévole qui est aussi une amie, me relate que Nicole racontait aux visiteurs qui venaient à Esteville, après le décès de l’abbé Pierre en 2007, qu’il était « un polisson qui pinçait les fesses des dames ». Je lui demande comment elle sait cela. Elle me répond qu’elle l’a entendu le dire au cours d’une visite guidée à laquelle elle a participé.<br>Je téléphone à Patrick, un ancien des camps de jeunes, président d’un groupe Emmaüs en Normandie. Je me souviens qu’il m’avait raconté que dans les années 70, il avait hébergé l’abbé Pierre chez lui, à Nice, et quand il avait eu le dos tourné l’abbé Pierre avait fait glisser sa main le long du bras de sa femme. Au téléphone, il m’arrête tout de suite : « Non, ce n’est pas cela qui s’est passé. L’abbé Pierre a carrément mis ses mains sur les seins de ma femme. Pas seulement sur le bras ! »</p>



<p>En une heure et demie, j&rsquo;ai identifié deux victimes. Si Emmaüs International m&rsquo;avait contacté, ainsi que d&rsquo;autres personnes ayant une bonne connaissance de l’organisation, le rapport aurait été plus étoffé et moins sujet aux critiques. Ces quelques conversations m’ont aussi permis de renforcer la conviction que ses violences n’étaient pas systématiques.</p>



<p><br>Le lendemain, je fais part de mes opinions aux délégués généraux d’Emmaüs France et d’Emmaüs international. J’essaie de les convaincre que les anciens dirigeants savaient, contrairement à ce qu’ils expriment dans les médias. Je leur fournis les mêmes informations que le lecteur peut trouver ici. Je pense à cette époque que leur incrédulité apparente est due au fait qu’ils sont plus récents que moi à Emmaüs ou bien qu’ils ont été manipulés, par je ne sais qui, et je cherche à les convaincre.<br>Le premier rapport produit par le groupe Egaé se compose de huit pages. Pardon du mot, c’est un foutoir. Il y a des coquilles, des répétions, des contradictions, des omissions… Je considère qu’il n’a pas, par sa forme, favorisé la prise de conscience rapide des faits par ses lecteurs. Le document se présente comme une enquête interne diligentée par le mouvement Emmaüs. (Son titre « rapport d’enquête » sera modifié quelques semaines plus tard pour devenir « rapport de témoignages »). Ce détail a son importance puisqu’on ne peut pas à proprement parler d’enquête, comme on va le voir.<br></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des victimes sidérées<br></h2>



<p>Il présente les témoignages de sept femmes identifiées chacune par une lettre, de A à G. Cinq d’entre elles disent avoir subi des agressions répétées. Toutes ont évolué dans la sphère Emmaüs. Une était mineure au moment des premières agressions. Le plus ancien date des années 70. On peut distinguer deux groupes. Cinq concernent directement Emmaüs international. Ce sont des élues ou des salariées d’Emmaüs international ou des personnes qui leur ont adressé leur témoignage (dont une en 2001 !). On caricaturerait à peine en disant qu’Egaé a auditionné les voisines de bureau du délégué général. Le deuxième groupe est composé du témoin A (celle par qui « tout a commencé ») et d’une personne qui lui est liée par des liens familiaux indirects. À la page quatre, il y a une sorte de typologie des faits. Malheureusement, il manque le plus grave : les baisers forcés (avec la langue), qui sont pourtant mentionnés dans le récit du témoin A. Cet oubli est fâcheux. Pour moi, la ligne rouge de l’abomination est franchie, précisément à cause de ce détail. J’appelle cela un viol buccal. Le rapport parle de quatre victimes au moins qui ont été identifiées mais n’ont pu être entendues ; bien qu’un peu plus loin sur la même page, il soit fait mention de cinq personnes dans ce cas. Le rapport rapporte donc douze situations. On peut lire qu’au moment des faits, certaines victimes sont sidérées et se demandent si ce qu’elles subissent est réel. Leur stupéfaction est renforcée par le fait que l’auteur est l’abbé Pierre !<br>Dans presque tous les cas, les victimes avaient elles-mêmes été destinataires d’autres témoignages. Les informations les plus surprenantes figurent à la fin du document. Il est dit que « Plusieurs personnes étaient informées que l’abbé Pierre avait un comportement inadapté envers les femmes […]. Certaines sont décédées aujourd’hui et n’ont pu être entendues ». De plus, une personne a rapporté avoir été destinataire d’un récit qui s’est déroulé dans les années 50-60 au cours duquel l’abbé se serait rué sur une femme alors qu’ils étaient dans une barque. « Cela faisait partie du personnage, on essayait de limiter la casse » précise-t-elle. Quelques lignes plus loin, il est écrit : « Toute une génération [celle du début] savait que l’abbé Pierre dérapait. Ce n’était pas un épiphénomène ». En 1992, la victime B raconte même avoir informé ses dirigeants des comportements de l’abbé Pierre. Ceux-ci lui ont dit qu’elle n’était pas la seule salariée du secrétariat d’Emmaüs International à avoir subi cela. Le rapport insiste encore et nous apprend que cette pratique faisait partie du règlement intérieur non écrit, de la fiche de poste, pourrait-on dire : prévenir chaque nouvelle collègue féminine de se méfier de l’abbé Pierre, de toujours se rendre dans son bureau accompagnée d’une autre collègue, car il avait du mal à « réfréner ses instincts et ne pouvait pas s’empêcher de toucher les seins ». <strong>Philippe Dupont</strong> (www.associationeva.org)</p>
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		<title>Léon XIV, après l&#8217;intronisation du nouveau pape, l&#8217;Afrique exprime ses attentes</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/06/04/leon-xiv-apres-lintronisation-du-nouveau-pape-lafrique-exprime-ses-attentes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 20:15:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
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									<p></p>
<p><strong>En 2024, plus de 50% des 13,7 millions de nouveaux catholiques dans monde étaient en Afrique. Pourtant, elle semble si peu représentée au sein de la Curie romaine. Si François a battu tous les records en créant 19 cardinaux africains en 12 ans, fidèles et clercs espèrent que l’expérience missionnaire de Léon XIV le rapprochera davantage du continent. Même si le rêve d’un pape africain n’a jamais été aussi fort.</strong></p><p><strong><br></strong></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Place St Pierre, 19 mai. La messe d’intronisation du pape Léon XIV est en direct sur des écrans géants. A l’apparition du cardinal Fridolin Ambongo, des cris de joie s’élèvent de tous les côtés. La communauté africaine, très mobilisée sur la place, nourrit une inconstatable sympathie pour l’archevêque de Kinshasa qui figurait parmi les favoris du conclave. Dans la foule des officiels, de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement et une quarantaine de délégations officielles venus d’Afrique. Une dizaine de jours plus tôt, l’élection de Léon XIV a été vécue plus intensément en Afrique que celle de n’importe quel autre de ses prédécesseurs. De nombreuses chaînes de télévision l’ont retransmise instantanément sur le continent alors que des centaines de pages tik tok commentaient la fumée blanche. Marceline Ebia, religieuse ivoirienne, dont la page affiche plus de 225.000 followers a annoncé l’évènement et ouvert une salve de commentaires. Au-delà de la déception de ne pas avoir eu un pape africain, les fidèles espèrent, dans les commentaires, que Léon XIV soit davantage tourné vers un continent qui se sent lésée.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une plus grande présence</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p><br>A 65 ans, Peter Opranah vient du Nigeria, spécialement pour assister à l’élection du chef de l’Eglise catholique mais aussi prendre part à la messe d’intronisation. «J’ai dépensé 1750€ pour le billet d’avion pour être là» regrette celui qui misait sur Peter Okpaleke, l’unique cardinal nigérian ayant pris part au conclave. Aussi, la présence de 15 cardinaux venus d’Afrique est inédite. Ils n’étaient que 11 en 2005 et en 2013 lors des deux conclaves précédents. «Peut-être qu’au prochain conclave, nous en aurons le double» espère Opranah. Tout comme lui, l’Eglise africaine dénonce une présence mitigée de prélats africains au sein des instances de décision de l’Eglise. Canoniste et étudiant à la Rote romaine, Stéphane Atchonou ne comprends pas «une présence minime au sein de la Curie» et souhaite sous Léon XIV «une plus grande représentation de l’Afrique». Pour le prêtre d’origine togolaise, « il est normal que l’Afrique soit davantage représentée» a-t-il confié à Golias. Le Père Stéphane n’a pas de doute, «par sa posture moins progressiste que son prédécesseur, Léon XIV fera de plus en plus appel au clergé africain» réputé conservateur. Et il espère que l’expérience missionnaire du nouveau pontife «le rapproche de notre continent».</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un pontife missionnaire</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p><br>«Avoir un pape missionnaire est une chance pour l’Afrique» croit fermement Dieudonné Nzapalainga. Premier cardinal de la Centrafrique, il fait partie, à 58 ans, des espoirs du continent. En Afrique, l’expérience missionnaire, notamment péruvienne du nouveau pape suscite beaucoup d’espoir. «L’Afrique étant une terre de mission, cette expérience rapproche le souverain pontife de nous» déduit l’abbé Tobit Afantchao même s’il le jeune vicaire de la banlieue de Lomé, Togo, ne croyait point à l’élection d’un pape africain, «c’était trop tôt, il faut encore un peu plus de temps». Lors d’une célébration d’action de grâce pour l’élection de Léon XIV, au Bénin voisin, Mgr Roger Houngbédji trouve d’autres points communs entre le nouveau pontife et l’Afrique, «sa simplicité évangélique et son attention pour les plus pauvres». Selon l’archevêque de Cotonou, Léon XIV accordera, mieux que n’importe quel autre pape, «une attention toute particulière aux régions fragiles et donc à l’Afrique». La position moins progressiste du nouvel évêque de Rome par rapport à son prédécesseur permettra, en Afrique, espèrent beaucoup de catholiques, de refermer les dernières épisodes du règne de François, «notamment après le tôlé provoqué par le Fiducia Supplicans» selon le Père Paul, venue de l’Afrique centrale pour assister à la messe d’intronisation de Léon XIV. Malgré l’optimisme que suscite l’élection du premier pape américain, l’Afrique veut être plus représentée.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Plus de cardinaux</strong></h2>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Quoiqu’on dise, le nombre de cardinaux africains n’a jamais cessé de croître d’un pontificat à l’autre depuis 1960 et le premier cardinal du continent, le tanzanien Laurean Rugambwa créé par Jean XXIII. Exception faite du court pontificat de Benoît XVI, huit années et seulement sept prélats africains élevés à la dignité pourpre. Le pontife qui a véritablement ouvert largement les portes du Sacré Collège à l’Afrique reste Paul VI. Internationaliste, ouvert sur les périphéries, il aura créé pas moins de 13 cardinaux africains en 15 années de règne. Une révolution pour son époque. Jean Paul II maintiendra le rythme avec 17 cardinaux africains en un quart de siècle et malgré qu’il n’ait été que 12 ans sur le trône pétrinien, François aura battu tous les records. 19 cardinaux offerts à l’Eglise africaine qui espère que Léon XIV n’explose le compteur en lui permettant de «participer au prochain conclave avec assurance» rêve l’Abbé Corneille Gniwounon. Prêtre africain et fidei donum dans le diocèse français de la Guyane, il n’a pas de doute, «Léon XIV a l’expérience des pays du tiers monde et sera attentif à l’Afrique». Il plaide pour une plus forte présence pour l’Eglise africaine d’autant qu’en 2024, elle a battu le record mondial de nouveaux prêtres avec 1.616 ordinations sacerdotales selon Fides. Malgré ces exploits, aucun prélat africain n’était à la tête d’aucun dicastère (ministère du Vatican) à la mort de François.</p>
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<h2 class="wp-block-heading">Le rêve d’un pape africain</h2>
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<p><br>Un pape africain&nbsp;? Toute l’Afrique en rêve. Le continent a néanmoins un avantage, quelques jeunes cardinaux comme Nzapalainga qui n’a pas encore 60 ans ou le plus favori des prélats africains du dernier conclave, Fridolin Ambongo qui n’a que 65 ans. Avec une église dynamique, le nouveau pape ne peut pas se passer des attentes des catholiques africains. Déjà, même s’il n’y a pas actuellement de cardinaux africains à la tête de dicastère, il y a une présence africaine de plus en plus importante au sein de la Curie, à des postes parfois stratégiques. D’un seul nonce apostolique, ambassadeur du Saint Siège, en 1997, l’Afrique est passée à une dizaine en 2025 et l’Académie pontificale qui forme, à Rome, les diplomates du pape connaît l’arrivée, en nette croissance chaque année, de jeunes prêtres africains. Avec des vocations sacerdotales prolifiques et une augmentation constante des fidèles, l’Afrique aura son mot à dire, même si «rien ne presse» selon Cristobal Romero Lopez. Rencontré à Rome dans la foulée du conclave, l’archevêque de Rabat qui a confié avant le conclave «ne pas être candidat» a sans doute raison quand il confie à l’auteur de ces lignes que «l’heure de Dieu sera la bonne». Comme un appel prophétique à la patience.  <strong>Max-Savi Carmel</strong></p>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/06/04/leon-xiv-apres-lintronisation-du-nouveau-pape-lafrique-exprime-ses-attentes/">Léon XIV, après l&rsquo;intronisation du nouveau pape, l&rsquo;Afrique exprime ses attentes</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>Appeler à l’unité l’Eglise catholique sans rien y changer de fondamental, n’est-ce pas un refrain illusoire ?</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/05/28/appeler-a-lunite-leglise-catholique-sans-rien-y-changer-de-fondamental-nest-ce-pas-un-refrain-illusoire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 17:45:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-angle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce thème revient sans cesse dans l’Église. C’est un thème récurrent dans les discours des évêques et des papes, comme dans les prédications des prêtres et dans les intentions de prière à la messe du dimanche. Le pape François y insistait, conscient des positions différentes des chrétiens, et son successeur Léon XIV y convie également, &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2025/05/28/appeler-a-lunite-leglise-catholique-sans-rien-y-changer-de-fondamental-nest-ce-pas-un-refrain-illusoire/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;Appeler à l’unité l’Eglise catholique sans rien y changer de fondamental, n’est-ce pas un refrain illusoire ?&#160;&#187;</span></a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Ce thème revient sans cesse dans l’Église. C’est un thème récurrent dans les discours des évêques et des papes, comme dans les prédications des prêtres et dans les intentions de prière à la messe du dimanche. Le pape François y insistait, conscient des positions différentes des chrétiens, et son successeur Léon XIV y convie également, mais en faisant appel seulement à la bonne volonté de chacun, comme si c’était suffisant, ce qui n’est pas le cas. Un bref état de la situation peut se résumer ainsi, en ne s’en tenant qu’à l’l’espace européen et occidental..</p>



<p><br>D’une part, on trouve les catholiques intégristes, nostalgiques de la chrétienté inaugurée par l’empereur romain Théodose l’un des successeurs de Constantin. En 380, à la fin du IVe siècle, il imposa à tout le peuple chrétien, avec la complicité des évêques, la foi définie à Nicée en 325 et il pourfendit les hérétiques sans ménagement. Ces catholiques ne voient que par le concile de Trente, organisée au XVIe siècle en réaction aux thèses protestantes, et imposant aux fidèles une obéissance en tous domaines. La vraie messe est pour eux celle de Pie V en latin datant de 1572 et la vraie doctrine est celle des dogmes d’il y a 1 700 ans répétée à satiété dans les catéchismes d’avant le concile Vatican II. Tous les changements opérés depuis sont suspects. [ABO]</p>



<p><br>On trouve aussi, le courant des nouveaux prêtres qui, sans qu’il soit furieusement intégriste comme le groupe précédent, prônent toutefois la doctrine et la morale traditionnelle, développées dans le Catéchisme officiel de Jean-Paul II et du Cardinal Ratzinger de 1992. Ils ont conscience que les églises ont été désertés durant les dernières années par nombre de catholiques et ils se donnent pour mission de conserver les troupes qui chaque dimanche, en petit nombre souvent, viennent aux messes, de même que les familles qui font encore baptiser leurs enfants et les couples qui se marient à l’église. Ils sont très entreprenants, martèlent la doctrine dans leurs sermons et dans leurs bulletins paroissiaux, organisent des dîners-rencontres pour la rappeler avec vigueur en pourfendant le laisser aller ambiant pour conforter leurs ouailles dans leur fidélité. Celles-ci sont des catholiques qui aiment l’ordre, les belles cérémonies et qui font confiance à leurs pasteurs consacrés par le sacrement de l’ordre pour exercer leur mission divine de la part de Jésus. Ce sont ces catholiques qui sont les plus fervents parmi les paroissiens du dimanche. Certains manifestent une piété démonstrative en se signant et en s’agenouillant pour recevoir l’hostie sur la langue. Pour eux, comme pour leurs mentors cléricaux, le concile Vatican II n’a été qu’un intermède dont les enseignements sont relatifs. On trouve également un groupe de chrétiens que l’on pourrait appeler conciliaires qui ont pour la plupart un âge certain. Ils ont vécu Vatican II comme une libération et ils pensent que ce concile est toujours la référence absolue, sans avoir lu pour autant les documents qu’il a produits et donc sans connaître la doctrine traditionelle qui s’y répète sur la doctrine et les ministères. On leur a tellement répété : « Le concile, rien que le concile, mais tout le concile ». Ils constatent toutefois que l’engouement pour ce concile n’a pas produit les fruits escomptés. Mais, de bonne volonté, ils continuent à venir à la messe le dimanche, à payer leur denier du culte, et à adhérer sans trop se poser de question aux dogmes catholiques, ni remettre en cause les pouvoirs des évêques et des prêtres, a fortiori du pape.</p>



<p><br>Il existe encore une multitude de groupes dont les membres en prennent et en laissent personnellement par rapport à l’enseignement officiel et à la liturgie de l’Église mais bon nombre se disent toujours catholiques. Certains continuent à participer à la messe, d’autres célèbrent entre eux sans prêtres. La plupart espèrent que leur Église se réformera en introduisant des changements dans son organisation, par exemple en confiant des responsabilités à des femmes dans les instances ecclésiales, et même en envisageant l’ordination de femmes diacres et prêtres, mais sans avoir conscience que si la doctrine qui sacralise les ministères et les dogmes ne change pas, le système catholique demeurera tel quel. Les instances du catholicisme allemand, évêques, prêtres et laïcs réunis en synode, ont fait des réclamations en ce sens, que Rome a aussitôt refusées par crainte, dit-elle, de division dans l’Église.</p>



<p><br>Et puis, il y a une frange plus radicale de catholiques qui remettent en question le système catholique lui-même, basé sur les dogmes et sur la hiérarchie catholique sacralisée, qui n’ont aucun fondement sérieux dans les évangiles.Ils se disent chrétiens libéraux comme leur frères protestants libéraux en revendiquant pareillement la liberté d’interpréter les Écritures et un gouvernement synodal de leur Église catholique, qui peut apparaître comme un rêve impossible.</p>



<p><br>Face à ces tendances diverses, Rome affirme l’unité de l’Église sur les bases traditionnelles du Catéchisme de Jean-Paul II. D’autant plus qu’en Europe, le nombre global des pratiquants, de l’ordre de 1,5 %, est infiniment minoritaire par rapport à ce qu’il était il y a cinquante ans. Quand une institution devient minoritaire numériquement, ceux qui exercent le pouvoir et leurs supporters ont tendance à se tenir sur des positions rigides et uniformisantes et à les affirmer envers et contre tout.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi cette conception traditionnelle de l’unité dans l’uniformité est-elle illusoire ?</h2>



<p><br>C’est une illusion parce que Rome prétend unir, dans une même pensée et les mêmes langages, des croyants qui culturellement n’ont pas les mêmes conceptions du monde et de l’homme. Ce qui ne peut pas ne pas rejaillir sur les représentations que les uns et les autres peuvent avoir de Dieu et de Jésus, de l’Église et de la foi chrétienne. La diversité des positions décrite plus haut ne résulte pas de la mauvaise volonté des uns et des autres, mais d’abord de leurs identités d’humains qui induit leurs identités de croyants, fondées sur des représentations toutes humaines de la réalité qui ne sont pas les mêmes et qui sont même parfois opposées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faisons-en la démonstration</h2>



<p><br>Prenons d’abord le cas des chrétiens intégristes. Pour eux, le monde a été créé par Dieu qui est tout puissant et omniscient et donc qui le dirige à tout instant selon sa volonté, de même que chacune des destinées humaines. En conséquence, il peut faire des miracles, il peut révéler ses desseins à certains humains, il est le maître de leur vie et de leur mort.<br>Pour eux, ce Dieu a envoyé son fils unique sur la terre qui s’est incarné sans le concours d’un père humain dans le sein d’une femme vierge. Ce Dieu fait homme, nommé Jésus, est venu pour réconcilier avec son Père les humains pécheurs depuis la faute originelle commise par leurs premiers parents et transmise à tous leurs descendants. Étant Dieu, Jésus a pu faire d’étonnants miracles durant sa trajectoire terrestre. Mais ses compatriotes juifs ne l’ont pas accepté et l’ont mis à mort sur une croix. C’est sa mort sur la croix, acceptée par Jésus par obéissance, qui a sauvé l’humanité pécheresse. Et ce sont les sacrements qui communiquent ce salut aux hommes de génération en génération, par l’entremise du pape, des évêques et des prêtres institués par Jésus. Les fidèles laïcs se doivent, eux, d’obéir à la doctrine et aux prescriptions morales révélées par Jésus. Après leur mort, les croyants avant de rejoindre Dieu au ciel peuvent passer par le purgatoire pour se purifier de leurs péchés mais les prières des vivants les aident à s’en dégager. Pour ces catholiques, tout ce qui précède est la Vérité absolue, et l’organisation qui en a résulté – les dogmes, la hiérarchie religieuse, la morale et la liturgie traditionnelle hérités des siècles passés – sont l’émanation de cette vérité. C’est pourquoi, pour ces catholiques intégristes, il faut continuer à les répéter tels quels, et les sauvegarder à tout prix des déformations.<br>Prenons maintenant le cas des catholiques adeptes de la génération des prêtres de 25 à 50 ans. Ceux-là partagent aussi comme les précédents une vision traditionnelle du monde, de l’homme, sans rapport avec les résultats des sciences dites exactes et aussi des sciences humaines qui ont fait de grands progrès depuis les derniers siècles sur la connaissance de l’univers, de la naissance de l’homme et de son fonctionnement. Leur différence avec les précédents, c’est qu’ils sont du côté du pouvoir actuel professant le catholicisme classique et intransigeant de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Leurs représentations périmées ont aussi forcément des répercutions inévitables sur leurs conceptions de Dieu, de Jésus comme nous l’avons vu plus haut. Professant la toute-puissance de Jésus, le Dieu fait homme, certains prêtres, durant la Covid, ont béni du haut de leur clocher leur paroisse avec un ostensoir pour éloigner la pandémie de leur territoire ! Les mêmes et d’autres ont organisé des processions par temps de canicule pour que la pluie céleste tombe sur les terres desséchées. Ils président également des célébrations de guérisons qui sont censées améliorer voir guérir les malades.</p>



<p><br>Regardons maintenant les catholiques dits conciliaires. Leurs représentations du monde et de l’homme sont plutôt classiques, sans tellement d’interrogations sur leur héritage religieux, mais sans zèle non plus pour rejoindre les catholiques précédents qui ne jurent que par Jean-Paul II et Benoît XVI. Ils font plutôt confiance aux prêtres et aux évêques qui, sur le terrain, sont plutôt permissifs. Ceux qui se sont éveillés à l’esprit critique ont déserté pour une part les églises ne trouvant pas dans ce qui leur est servi des réponses à leurs questions et matière à leur ressourcement spirituel.</p>



<p><br>Quant aux catholiques de la catégorie plus émancipée qui en prend et en laisse avec les dogmes et la soumission aux prêtres et aux évêques, ce sont des personnes qui ont acquis une liberté de pensée et de décision, qui aiment le débat auquel soumettre leurs questions, et à qui on ne fera pas admettre ce qui en leur âme et conscience n’est plus crédible à leurs yeux. Un certain nombre continuent à « pratiquer » la messe, mais en dehors de toute obligation ou pression. Ils ne désespèrent pas que leur Église puisse se réformer, et ils se démènent pour faire avancer, par exemple, la cause du diaconat féminin, de l’ordination des femmes et des hommes mariés à la prêtrise.</p>



<p><br>Enfin, il reste les catholiques libéraux peu nombreux qui ont pris conscience de la perversité du système catholique, dogmatique et hiérarchique, leur critique reposant sur les résultats des sciences de tous ordres qui ont bouleversé depuis les derniers siècles les conceptions traditionnelles de l’univers, du monde, de l’origine de l’homme, de sa liberté, de sa responsabilité de gérer le monde et sa propre destinée. Ceux-ci sont convaincus que la meilleure manière d’être fidèles au témoignage de Jésus actuellement, c’est de travailler à démanteler ce système bétonné à l’extrême, en favorisant la prise de conscience de leurs amis chrétiens qu’il est irréformable en l’état, tant tout se tient, et qu’il faut construire un autre type d’Église.</p>



<p><br>Après cette revue des fondements humains des différentes positions des catholiques, on peut comprendre que l’on ne peut pas parler d’unité catholique entre ces divers groupes, car les participants de/à chacun d’eux ont des fois religieuses imprégnés de leurs représentations toutes humains de l’univers, du monde et de l’homme. Ce dont beaucoup n’ont aucunement conscience, ce qui est pourtant la base de la division. Si on le leur expliquait, les intégristes et les fervents du catéchisme de Jean-Paul II ne pourraient pas entendre la démonstration, et ils protesteraient par un déni total, tellement leur prise de conscience chamboulerait leurs convictions établies, qui sont pour eux la Vérité !. Il n’y a que ceux qui se questionnent, qui doutent, qui sont ouverts au débat qui peuvent accepter de discuter sur leur propre position.</p>



<p><br>Peut-on imaginer dans l’Église catholique une unité qui ne soit pas uniformisante ?<br>Accepter de se poser cette question, c’est d’abord reconnaître que la position officielle actuelle de l’Église catholique sur l’unité de l’Église est un déni de la réalité. Maintenue en l’état, elle est malsaine, parce que partisane et humiliante pour les catholiques modernes qui ne partagent plus, en conscience et après mûre réflexion, certains éléments ou la totalité du système catholique. Rome peut-elle reconnaître lucidement cette division des catholiques et en comprendre les raisons profondes ? Peut-elle reconnaître que sa propre position, présentée comme la position officielle des catholiques est relative et discutable, compte tenu de l’évolution des savoirs qui périment nombre de représentations traditionnelles de la foi ? Là est le problème crucial, et on ne voit pas dans les conditions actuelles comment les choses pourraient bouger. Cela démontre que le pouvoir papal est bien le verrou qui empêche toute évolution. Un autre fonctionnement le dépouillerait de ses attributions qui lui confèrent le dernier mot sur tout et en tout.</p>



<p><br>Un changement fondamental respectant la diversité actuelle des groupes catholiques assainirait pourtant l’hypocrisie présente qui laisse à penser que un milliard quatre cents millions de baptisés catholiques vivent dans l’unité de la foi. Quel changement ? Regardons de près le fonctionnement de l’Église protestante unie en France et celui de la communion anglicane à travers le monde. Dans les deux cas, ce qui unit les chrétiens différents dans leur foi particulière, ce ne sont pas des credo à commencer par celui de Nicée, qui sont des formulations conceptuelles relatives au temps de leur élaboration, c’est la conviction que personne n’a la Vérité, et, à partie de là, c’est leur commune reconnaissance de Jésus comme inspirateur d’une vie fraternelle, invitant à combattre toutes les formes d’inhumanité, appelant à répondre aux exigences de l’enseignement et de la pratique évangélique, et conviant à s’ouvrir au mystère du Dieu de Jésus. Ce qui les rassemble avant tout, c’est leur désir de vivre existentiellement du témoignage de Jésus, dans le respect de leur diversité.</p>



<p><br>Vivre ainsi dans le monde catholique, ce serait une révolution. Les plus opposés et les plus réticents seraient les intégristes et les suppôts de Jean-Paul II, mais est-ce impossible, à condition de prendre le risque de l’éclatement du catholicisme qui se redistribuerait en plusieurs Églises, ce qui assainirait grandement la situation.</p>



<p><br>On peut dès lors imaginer que le pape devienne le trait d’union des Églises nationales, chacune d’elles s’autodirigeant et respectant les choix des autres, et à l’intérieur de chacune, les uns et les autres ayant le souci de respecter les diverses sensibilités.<br>Un rêve ? Peut-être. Sans doute le plus urgent n’est-il pas de faire progresser la conscience des catholiques vers une liberté de pensée critique qui les aide à réagir à ce à quoi ils sont si souvent soumis, parce que conditionnés depuis longtemps à l’obéissance et inconscients des enjeux des situations inacceptables.  <strong>Jacques Musset</strong></p>



<p>l</p>
<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/05/28/appeler-a-lunite-leglise-catholique-sans-rien-y-changer-de-fondamental-nest-ce-pas-un-refrain-illusoire/">Appeler à l’unité l’Eglise catholique sans rien y changer de fondamental, n’est-ce pas un refrain illusoire ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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		<title>« L’Aube et la Nuit », dans les coulisses de l’Affaire Abbé Pierre</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2025/05/07/laube-et-la-nuit-dans-les-coulisses-de-laffaire-abbe-pierre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 May 2025 17:54:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Focus]]></category>
		<category><![CDATA[Grand-angle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Deuxième épisode&#160;: «&#160;La déchiqueteuse&#160;» En 2012, lors de l’inauguration du lieu de mémoire de l’Abbé Pierre à Esteville en Normandie, de nombreux journalistes demandaient comment Emmaüs pouvait bien fonctionner sans l’Abbé Pierre, décédé cinq ans plus tôt. Pour l’opinion publique, l’Abbé Pierre et Emmaüs se confondaient et les subtilités de leurs histoires réelles étaient passées &#8230; </p>
<p class="link-more"><a href="https://golias.philzen.fr/2025/05/07/laube-et-la-nuit-dans-les-coulisses-de-laffaire-abbe-pierre/" class="more-link">Continuer la lecture<span class="screen-reader-text"> de &#171;&#160;« L’Aube et la Nuit », dans les coulisses de l’Affaire Abbé Pierre&#160;&#187;</span></a></p>
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									<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">Deuxième épisode&nbsp;: «&nbsp;La déchiqueteuse&nbsp;»</h2>
<p></p>
<p>En 2012, lors de l’inauguration du lieu de mémoire de l’Abbé Pierre à Esteville en Normandie, de nombreux journalistes demandaient comment Emmaüs pouvait bien fonctionner sans l’Abbé Pierre, décédé cinq ans plus tôt. Pour l’opinion publique, l’Abbé Pierre et Emmaüs se confondaient et les subtilités de leurs histoires réelles étaient passées à la trappe. Pourtant, des auteurs, dont une directrice de recherche au CNRS, avaient déjà expliqué dans plusieurs livres qu’Emmaüs a vécu dans une grande indépendance à son fondateur depuis 1958.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Cette année-là, l’Abbé Pierre cesse de présider et de diriger le mouvement Emmaüs, qui est déjà très morcelé en plusieurs entités juridiques distinctes et décentralisé de sorte que personne ne sait plus tout à fait ce que fait chaque structure. Il existe des communautés de chiffonniers vivant ensemble, des comités de bénévoles-chiffonniers sans lieu de vie, un institut d’ingénierie dédié au développement en milieu rural dans les pays du tiers monde, une société de construction de logements sociaux, un journal grand public, des syndicats de militants du logement, des foyers d’accueil pour les personnes sans domicile, un camp de transit, une fabrique de parpaings… De gros problèmes de gestion et d’argent pèsent sur l’ensemble de l’organisation.</p><p><br></p>
<p></p>
<p>Pendant des années, dans le Mouvement Emmaüs, lors d’une formation d’intégration dispensée aux nouveaux membres, on transmettait les connaissances suivantes : l’Abbé Pierre avait séjourné de longs mois dans une clinique psychiatrique en Suisse en 1957-1958 à cause du surmenage et de conflits internes pénibles. La rupture entre l’œuvre et son fondateur s’était aggravée à cause du risque de scandale que faisait courir à tous son penchant pour les femmes, à une époque où la morale n’est pas la même qu’aujourd’hui. Cette formation facultative mais très fréquentée ne laissait à aucun moment envisager qu’il puisse être question d’actes non consentis. </p>				</div>
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		<p>L’article <a href="https://golias.philzen.fr/2025/05/07/laube-et-la-nuit-dans-les-coulisses-de-laffaire-abbe-pierre/">« L’Aube et la Nuit », dans les coulisses de l’Affaire Abbé Pierre</a> est apparu en premier sur <a href="https://golias.philzen.fr">Éditions Golias</a>.</p>
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