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	<title>Catégorie Justice - Éditions Golias</title>
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		<title>« Algues vertes, l’histoire interdite »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[BOURDEAU, Alain]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Oct 2025 04:27:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le roman graphique « Algues vertes, l’histoire interdite », par Inès Léraud et Pierre Van Hove, paru en 2019, est une enquête très poussée sur le désastre environnemental de l’agriculture intensive imposée à partir des années 60 dans l’une des régions les plus agricoles de France, la Bretagne. L’attractivité de la Bretagne Dans les représentations &#8230; </p>
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									<p></p>
<p><strong>Le roman graphique « Algues vertes, l’histoire interdite », par Inès Léraud et Pierre Van Hove, paru en 2019, est une enquête très poussée sur le désastre environnemental de l’agriculture intensive imposée à partir des années 60 dans l’une des régions les plus agricoles de France, la Bretagne.</strong></p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">L’attractivité de la Bretagne</h2>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Dans les représentations nationales, la Bretagne est une terre authentique, qui a su garder vivantes ses traditions celtiques, tout en recélant les beautés naturelles de ses côtes, de ses forêts, avec des bourgs typiques. Cette vision est largement promue par les offices de tourisme, qui en usent et en abusent. Figurant parmi les destinations de vacances préférées des Français mais aussi de nombreux étrangers, son activité touristique représente 8% du PIB régional (<strong>1</strong>). Toute autre vision discordante avec cette image promotionnelle représente une menace directe pour les intérêts régionaux. Ainsi, les marées noires qui ont souillé à plusieurs reprises son littoral ont immédiatement porté un coup dur à l’économie touristique. Lorsqu’un pétrolier vient s’éventrer sur ses côtes, il n’y a aucun doute possible sur l’origine de la catastrophe, la région se retrouvant alors victime d’une agression extérieure. En revanche, il existe une autre forme de marée polluante, et d’une autre couleur : la verte. Et les marées vertes ont tué. Or celles-ci sont considérées avec beaucoup plus de circonspection, jusqu’à se transformer en une véritable omerta institutionnalisée.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">Les marées vertes, un danger mortel</h2>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Le roman graphique « Algues vertes, l’histoire interdite », écrit par Inès Léraud et dessiné par Pierre Van Hove (<strong>2</strong>), raconte comment ce phénomène fait l’objet d’un déni organisé depuis une cinquantaine d’années, car il contrevient à de puissants intérêts régionaux : agro-industrie en tête, tourisme, milieux politiques, judiciaires et administratifs. Les premières études scientifiques sur ces algues vertes remontent à la fin des années 70. Elles mettaient déjà en avant l’intensification agricole comme cause principale.</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p>
<p>Qu’est-ce qu’une marée verte ? C’est la conséquence d’un phénomène dit d’eutrophisation. Les eaux des rivières se chargent en nitrates, sous-produits issus de l’agriculture intensive. En débouchant dans les estuaires maritimes, ces composants azotés fonctionnent comme un engrais dans l’eau saumâtre, favorisant le développement explosif d’ulves marines, dites algues vertes ou laitue de mer. Leur production en masses considérables vient s’agglomérer sur le rivage, en couches pouvant dépasser deux mètres. Leur décomposition rapide dégage un gaz toxique, le sulfure d’hydrogène, de formule chimique H2S. C’est le bien connu composant des boules puantes lancées par les potaches farceurs. Mais le danger mortel de ce gaz est d’être perçu par notre système olfactif seulement en faible concentration dans l’air. Passé un seuil supérieur, nous ne le sentons plus et c’est là qu’il devient toxique pour l’organisme, jusqu’à la mort. De plus, en séchant, la croûte des couches d’algues devient claire, se confondant avec le sable. C’est alors un piège mortel pour les humains et les animaux qui chutent dans les poches en décomposition.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">Une enquête très fouillée</h2>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Ce roman graphique est le fruit d’une enquête minutieuse, menée durant trois ans par la journaliste Inès Léraud, qui s’est installée en Bretagne pour la réaliser. Très sourcée, elle démontre comment le responsable principal de cette catastrophe écologique est l’agriculture intensive, tout particulièrement l’élevage porcin produisant des lisiers que les sols ne parviennent plus à absorber lors des épandages. Lessivés par les pluies, les nitrates contenus dans les déjections porcines partent aux rivières en eutrophisant les milieux aquatiques, se concentrant dans les estuaires où ils deviennent des super-fertilisants pour les ulves.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><br>L’enquête explique avec précision tous les rouages de cette situation, dont l’origine remonte à la transformation de l’économie agraire familiale de la Bretagne dans les années 60 en une agro-industrie tournée vers les marchés internationaux. On y découvre l’histoire de la destruction de la petite paysannerie, qu’on envoya dans les usines, mais aussi la constitution d’immenses fortunes, fondatrices du très puissant « lobby breton », bien réel et l’un des mieux organisés d’Europe, où l’on retrouve parmi les hommes les plus riches de France : François Pinault, Vincent Bolloré, Emmanuel Besnier (le très discret patron de Lactalis, cinquième fortune française) et d’autres seigneurs de l’agro-business, peu connus du grand public mais puissants. Ils sont associés aux hommes politiques bretons, dont le socialiste Jean-Yves Le Drian et le conservateur dur Marc Le Fur. Le club « Les Amis du cochon », lobby parlementaire pour l’élevage porcin breton financé par la FNSEA, compte ou a compté parmi ses membres François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac, et beaucoup d’autres. L’administration publique, les banques régionales, la magistrature, les médias et les élus locaux, ces derniers très soucieux de l’image touristique de leurs communes littorales, complètent le bal pour créer un système très solidement verrouillé, une forme de corruption institutionnalisée, quasi légalisée. Les marées vertes ont tué à plusieurs reprises des humains, ainsi que des animaux domestiques et sauvages. Le premier mort identifié date de 1989, un joggeur de vingt-six ans décédé dans un trou d’algues vertes en décomposition. Tout a été fait pour que l’enquête sur les causes de son décès n’aboutisse jamais.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Mais il devenait quand même de plus en plus difficile de nier la dangerosité du phénomène, à la suite d’autres accidents mortels. Sous la mandature de Nicolas Sarkozy ont alors été lancés les « Plans Algues Vertes », pour que l’État et les collectivités territoriales aident financièrement les communes à ramasser les accumulations d’ulves sur leurs plages. Le coût du premier plan, étalé entre 2010 et 2015, a été de 134 millions d’euros. Mais ces plans successifs restèrent dénués de vraie volonté politique de traiter la cause initiale, celle du modèle agricole intensif breton. Ce déni officiel s’accompagna du muselage des scientifiques indépendants, tandis que des organes de recherche privée, subventionnés par l’agro-industrie, furent charger de mener une « stratégie de l’incertitude », vieille technique de désinformation inventée par l’industrie américaine du tabac dès les années 1960 (<strong>3</strong>).</p>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Une fois de plus, c’est la collectivité publique, donc les contribuables, qui payent les conséquences désastreuses sur l’environnement et la santé de l’agro-industrie. Aussi, lorsque l’on reproche à l’agriculture bio de proposer des produits au coût plus élevé que ceux de la production conventionnelle, l’on voit bien que le mode de calcul est complètement faussé, d’une part en raison du montant très nettement supérieur de subventions que reçoit l’agriculture conventionnelle, d’autre part en n’intégrant pas non plus la prise en charge publique de ses dégâts sur les milieux.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">Les agriculteurs, coupables ou victimes ?</h2>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Et les agriculteurs dans tout ça ? Ils apparaissent sous un double aspect, souvent ambigüe. A la fois comme des pollueurs cyniques pour certains, donc coupables, mais pour d’autres comme les premières victimes de ce système qui les étrangle en captant tous leurs gains de productivité. L’auteure a recueilli, dans la confidence, les témoignages anonymes d’agriculteurs bretons qui voudraient sortir du productivisme. Mais ils sont pieds et poings liés par les grands groupes agro-industriels et leur système financier qui les tiennent aux deux bouts de la chaîne de valeur. D’un côté, ils sont accablés de prêts bancaires qu’ils contractent pour s’adapter sans cesse aux nouvelles normes, et de l’autre, toute leur production est acquise par ces groupes qui leur imposent les prix d’achat, leur vendent les fournitures, le matériel, décident des cadences et des volumes de production. S’élever contre ce système, c’est être menacé de représailles dignes d’une organisation mafieuse.</p><p><br></p><p>Les deux auteurs de ce roman graphique ont récemment sorti un nouvel ouvrage consacré à la thématique agricole en Bretagne, sur le sujet du remembrement. Nous en ferons état dans une prochaine recension.</p>
<p></p>
<p></p>
<p><br>Par ailleurs, en complément de cette enquête, nous vous conseillons de lire « A la ligne », description saisissante des conditions de travail dans les usines agroalimentaires bretonnes par un intellectuel qui, faute d’emploi à sa hauteur dans la région, y fut intérimaire (<strong>4</strong>).</p><p><br></p>
<p></p>
<p></p><p>Si vous partez en Bretagne lors de vos prochaines vacances, en empruntant la route nationale 12 entre Rennes et Brest, vous pourrez observer l’effet-vitrine de cette voie rapide tout au long duquel s’érigent les imposantes superstructures de l’agro-industrie bretonne. Et vous saurez alors que sous leurs surfaces lisses se cache un puissant système aux conséquences sociales et environnementales désastreuses.<strong> Julien Lecomte &#8211; (https://www.dieumaintenant.com/alguesvertes.html)</strong></p><p><br></p><p>1. Source : https://pro.tourismebretagne.bzh/etudes-chiffres-cles</p><p>2. Léraud Inès, Van Hove, Pierre, Algues vertes, l’histoire interdite, Paris, Delcourt, La Revue Dessinée, 2019.</p>
<p></p>
<p></p>
<p>3. Voir notre tout premier article de la rubrique « Ecologie » sur le brouillage entre doute-question et doute-soupçon dont procède ce genre de stratégie : questionsdecologie.html</p>
<p></p>
<p></p>
<p>4. Ponthus, Joseph, A la ligne, feuillets d’usine, Paris, La Table Ronde, 2019 / Retour au texte.</p>
<p></p>
<p></p>
<ol class="wp-block-list"></ol>
<p></p>
<p></p>
<p></p>								</div>
				</div>
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		<title>Au service du dieu obscur : des victimes et des martyrs</title>
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		<pubDate>Wed, 01 May 2024 22:03:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Justice]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Massacres de Markale, corps sans vie de Aylan Kurdi, humanitaires de World Central Kitchen… et tant d&#8217;autres victimes dont le sort a ému plus ou moins intensément et durablement l&#8217;opinion en sorte que des décisions politiques urgentes et jusque-là différées ont été prises. Il semble que la raison et la morale ne trouvent plus à &#8230; </p>
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									<p></p>
<p>Massacres de Markale, corps sans vie de Aylan Kurdi, humanitaires de World Central Kitchen… et tant d&rsquo;autres victimes dont le sort a ému plus ou moins intensément et durablement l&rsquo;opinion en sorte que des décisions politiques urgentes et jusque-là différées ont été prises. Il semble que la raison et la morale ne trouvent plus à s&rsquo;exercer que par intermittence après qu&rsquo;aient été sacrifiées assez d&rsquo;innocentes victimes. Pourtant, le service du dieu obscur porte à la surenchère à mesure que ses autels croulent d&rsquo;offrandes monstrueuses. Quand on pensait le sacrifice enfin définitivement interdit, on voit que son retour obscène ne peut être exclu puisqu&rsquo;il impose trop souvent son empire à la faiblesse de nos âmes.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">D&rsquo;une émotion l&rsquo;autre</h2>
<p></p>
<p></p>
<p>La violence que les hommes peuvent infliger à leurs semblables est portée à ne pas avoir de limites qui tiendraient à la raison ou seulement à l&rsquo;intérêt. Assez souvent, il faut un facteur émotionnel qui fait effet de rupture soudaine pour que la spirale des crimes et des vengeances devienne insupportable alors même que les discours y trouvaient, l&rsquo;instant d&rsquo;avant, les arguments de la justification des crimes. Pour qu&rsquo;un tel remaniement se produise, il faut que des forces considérables entrent en jeu. Ce ne sont plus celles des armes, ni celles du droit. Nous pouvons alors remarquer que, malgré la différence des situations, c&rsquo;est quelque chose de l&rsquo;ordre de l&rsquo;immolation d&rsquo;une victime qui est en cause, comme si un « sacrifice » était nécessaire pour refonder un ordre humain gravement menacé. À l&rsquo;appui de ce constat, nous pouvons évoquer, parmi d&rsquo;autres, trois situations assez exemplaires.</p>
<p></p>
<p></p>
<h2 class="wp-block-heading">Un génocide annoncé et avéré</h2>
<p></p>
<p></p>
<p>Durant les guerres résultant de la dislocation de l&rsquo;ex-Yougoslavie (essentiellement entre 1992 – 1995), les massacres de Markale sont deux massacres de civils commis par l&rsquo;armée de la République serbe de Bosnie. Ils ont eu lieu lors du siège de Sarajevo, du fait d&rsquo;un bombardement au mortier sur le marché Markale. La première attaque, le 5 février 1994, fait 68 morts et 144 blessés. Alors que la communauté internationale est censée protéger les Croates et les Bosniaques (FORPRONU, Force de protection des Nations unies, créée en 1992 pour protéger les civils en Croatie puis en Bosnie) rien ne se passe, si ce n&rsquo;est la recherche de l&rsquo;incrimination des victimes qui auraient tiré sur leur propre population. Il n&rsquo;est pas inutile de rappeler que F. Mitterrand, allié sans vergogne des Serbes depuis des années – soit-disant pour contrer la sphère d&rsquo;influence de de l&rsquo;Allemagne dont il redoute la réunification –, cautionne cette hypothèse. Il faut, le 28 août 1995, une attaque similaire au même endroit qui fait 37 morts et 90 blessés et dont, enfin, nul ne conteste l&rsquo;origine, pour que l&rsquo;OTAN qui a remplacé la FORPRONU déclenche l&rsquo;opération <em>Deliberate Force</em> qui consiste à bombarder les lignes et les installations serbes.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Cette opération avait été programmée suite au premier massacre de Markale et au génocide de Srebrenica (juillet 1995, environ 5 000 musulmans assassinés). Après des années de tergiversations, de cautions internationales, de lâchetés diverses (dont celles de troupes de l&rsquo;ONU), il faut un massacre supplémentaire de 37 morts et 90 blessés pour que les pseudo-évidences se dispersent. L&rsquo;artillerie et l&rsquo;aviation française participeront (assez modestement) à <em>Deliberate Force </em>qui conduira les Serbes à cesser les hostilités le 13 septembre 1995, puis à signer les Accords de Dayton, à Paris, le 14 décembre 1995. Le siège de Sarajevo, du 5 avril 1992 au 29 février 1996, a causé la mort de 11 541 civils, dont 1 500 enfants, sans que devant l&rsquo;énormité des violences, leur caractère raciste et génocidaire avéré, la communauté internationale ne fasse rien de sérieux, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;efficace contre Stanislav Galić, Dragomir Milošević condamnés par le Tribunal pénal international pour l&rsquo;ex-Yougoslavie (TPIY) respectivement à la réclusion à perpétuité et à 29 ans de prison. Leurs supérieurs, Radovan Karadžić et Ratko Mladić étant, eux condamnés à la prison à perpétuité. Mais ils avaient eu le temps de nuire tout à leur aise aux yeux de tous.</p>
<p> </p>
<p></p>
<p></p>
<p>Une terrible question est ici posée : qu&rsquo;avaient donc de si particulier le deuxième massacre de Markale pour que ces morts-là, leurs blessures et tout leur sang versé ne passent plus inaperçus de ceux qui avaient les moyens que cela n&rsquo;arrive pas et avaient jusque-là participé à ce que cela advienne ? Quel ressort a dès lors rendu possible ce dont, quelques heures avant, tous les bons esprits disaient que ce n&rsquo;était pas possible : arrêter par la force le bras des assassins ? Quelle figuration était nécessaire pour que l&rsquo;intelligence ne se fourvoie plus en instrument dilatoire comme durant les années précédentes ? </p>				</div>
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		<title>Disparition de Robert Badinter : de l&#8217;hommage à la fidélité</title>
		<link>https://golias.philzen.fr/2024/02/21/disparition-de-robert-badinter-de-lhommage-a-la-fidelite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[GOLIAS]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Feb 2024 20:04:53 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[golias_hebdo]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;abolition de la peine de mort, grâce aux efforts de Robert Badinter, est un effet du « travail de civilisation » dont notre République lui est à jamais redevable. Cependant, les éloges sont parfois plus conventionnels que sincères. Leurs auteurs prétendent partager aujourd&#8217;hui des idéaux qu&#8217;ils ont combattus hier. D&#8217;autres peinent à dissimuler leur haine de l’œuvre &#8230; </p>
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<p><strong>L&rsquo;abolition de la peine de mort, grâce aux efforts de Robert Badinter, est un effet du « travail de civilisation » dont notre République lui est à jamais redevable. Cependant, les éloges sont parfois plus conventionnels que sincères. Leurs auteurs prétendent partager aujourd&rsquo;hui des idéaux qu&rsquo;ils ont combattus hier. D&rsquo;autres peinent à dissimuler leur haine de l’œuvre et celle qu&rsquo;ils vouent à son auteur pour des raisons que nul n&rsquo;ignore. Beaucoup plus nombreux encore sont ceux qui espèrent, qu&rsquo;après les hommages ostensibles, on ne viendra pas examiner comment ils piétinent les couronnes qu&rsquo;ils ont tressées. Monsieur Badinter a accompagné son combat pour l&rsquo;abolition d&rsquo;une exigence de justice que certains trouvent bien incommode et négligent sans vergogne.</strong></p>
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<p>Intellectuel polyvalent, Robert Badinter s&rsquo;oriente vers le droit. Il devient professeur (école de droit de la Sorbonne) et exerce parallèlement à sa carrière universitaire la profession d&rsquo;avocat dans le cabinet fondé en 1965 avec Jean-Denis Bredin. Jusqu&rsquo;en 1972, sa carrière se partage entre celle d&rsquo;avocat d&rsquo;affaire au service de gens huppés : Coco Chanel, Boussac, baron Empain, l&rsquo;Aga Khan, etc. et la défense de criminels de droit commun. Ainsi, en 1972, il défend Roger Bontems et ne parvient pas à lui éviter d&rsquo;être condamné à mort &#8211; bien qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas versé le sang. Il ne peut obtenir sa grâce auprès de Pompidou (qui ainsi se déshonore). R. Badinter devient dès lors un adversaire résolu de la peine de mort sans exception et de façon universelle.</p>
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<p>Il défend des criminels dont les actes révulsent &#8211; à juste titre &#8211; l&rsquo;opinion et, contre toute attente, il leur épargne par ses plaidoiries ardentes la peine capitale. En 1976, il défend Patrick Henry, coupable d&rsquo;avoir tué un garçon de sept ans à la suite d&rsquo;un enlèvement crapuleux. Le passé de ce personnage est déjà marqué de divers forfaits et crimes. Pourtant &#8211; ou par le fait d&rsquo;une étrange disposition d&rsquo;esprit &#8211; Henry, avant la commission de son dernier crime, réclamait bruyamment sur la voie publique la peine de mort pour Bontems et Buffet. M<sup>e</sup> Badinter y verra une nouvelle confirmation de l&rsquo;absence de vertu dissuasive de la peine de mort. Sa plaidoirie ne sera pas « pour » Henry, mais contre la peine capitale. </p>				</div>
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