Un autre regard sur l’information !

Comment l’officialité de Lyon traite
les victimes d’emprise et d’abus


Les officialités (tribunaux ecclésiastiques) sont-elles encore en état de traiter sérieusement les plaintes des victimes des abus cléricaux ? L’emploi de méthodes surannées renvoie aux lessiveuses des années cinquante. A l’officialité de Lyon, le bouillon de la lessiveuse canonique ne permet plus de blanchir correctement le linge sale ecclésiastique.


Une adulte victime d’un prêtre du diocèse de Belley-Ars, dont le nom a été changé, a fait parvenir par son avocat son témoignage à Golias. Sa lecture nous laisse sans voix. L’évêque de Belley-Ars, suite à l’acquittement de l’abuseur par l’officialité de Lyon le 26 mai 2023, a dû se fendre d’un communiqué officiel le 8 juin suivant pour réhabiliter ce prêtre, alors qu’il avait reconnu la vraisemblance des faits dans un communiqué du 11 novembre 2019.


Pour comprendre ce témoignage, il est nécessaire de préciser ce qu’est la Fraternité de Marie, Reine immaculée. Elle a été fondée par la fausse mystique Clémence Ledoux (1888-1966). Démasquée par le cardinal Liénart (1884-1973), la communauté est passée de diocèse en diocèse, dont celui de Belley-Ars, avant d’être accueillie par le cardinal Barbarin jusqu’à ce qu’il soit contraint de la placer sous enquête canonique. L’actuel archevêque de Lyon, Olivier de Germay, a lancé un appel à témoins (témoignage.fmri@lyon.catholique.fr) ainsi qu’une nouvelle enquête confiée au dominicain Paul-Dominique Marcovits, celui-là même qui avait authentifié en 2014 le témoignage des victimes de Thomas Philippe (1905-1993) à l’Arche de Jean Vanier (1928-2019). C’est dans cette filiation que se situe l’abuseur. Il a également obtenu que son affaire soit classée sans suite par un tribunal pénal français. Une nouvelle plainte avec constitution de partie civile vient d’être déposée auprès du doyen des juges d’instruction de Bourg-en-Bresse (Ain). Christian Terras

Le témoignage d’Amele Melun

Pologne : fin d’une ère pour le clergé

Le nouveau gouvernement polonais de centre-gauche prévoit une réforme globale du financement de l’Eglise. L’État ne devrait plus payer les retraites et autres assurances sociales des membres du clergé, comme c’était le cas jusqu’à présent. A l’avenir, il devrait y avoir une contribution volontaire des contribuables pour les communautés religieuses. Le Premier ministre Donald Tusk a déclaré que son gouvernement souhaitait « civiliser » les relations entre l’État et l’Eglise. La réforme part du principe que les membres sont responsables de leurs Eglises. La décision de payer les communautés religieuses doit revenir « aux croyants et non à l’État ». En 2023, l’État polonais a versé une somme record de près de 50 millions d’euros au fonds des Eglises.

« Slow fashion » à la française

Face au gouffre environnemental et social que représente l’industrie du textile (la fameuse « fast fashion »), des petites marques françaises proposent plus de sobriété. Des vêtements « basiques », sans artifice, solides et fabriqués en Europe. C’est le cas de Hopaal et Loom, des entreprises qui ne recherchent pas le profit à tout prix, et refusent le recours à la publicité afin de ne pas favoriser une consommation superflue. Cette approche est très loin d’être la norme sur le marché du textile. La France est passée de 1,4 milliard de vêtements neufs consommés par an dans les années 1980, à 3,3 milliards actuellement. Ceux qui bénéficient du marché sont les géants du secteur dont la production est située en Asie, avec des ouvriers sous-payés, voire dans une situation proche de l’esclavage. L’association « En mode climat », qui rassemble des entreprises engagées du secteur du textile, a récemment publié le classement des entreprises en France qui mettent le plus de vêtements sur le marché. Kiabi, Leclerc et Carrefour décrochent les trois premières marches du podium. H&M et Décathlon sont aussi dans le top 10.

Bénédictions des couples « irréguliers » Un effroi douloureux

« Fiducia supplicans », qui ouvre la possibilité aux catholiques à la vie sexuelle « irrégulière » – hommes et femmes homosexuels ou divorcés-remariés  de recevoir une bénédiction en tant que « couple », suscite dans le catholicisme conservateur et plus si affinités une révolte exaspérée ou un silence embarrassé. En France, l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, suivi par des confrères de l’Ouest a, le premier, saisi une occasion d’exprimer la rancœur accumulée depuis les lois sur le PACS et le mariage universel. Qu’espèrent-ils de cette fronde et de son petit battage médiatique ? Mesurent-ils qu’ils rendent encore plus inaudible ce qu’ils prétendent défendre et transmettre ? A l’instar du communiqué de la Conférence des évêques de France publié le 10 janvier, qui entretient la confusion et l’ambiguïté en ne validant pas la bénédiction des couples, mais seulement des personnes à titre individuel, contrairement à ce qu’énonce le texte romain approuvé par le pape François qui parle bien de « couples » à bénir…

 

Enfin, François donne suite, dans les faits, à son fameux : « Si quelqu’un est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour le juger ? » Mais qu’avait-il dit et qu’avait-on entendu ? Cette phrase, prononcée en 2013, lors de sa première conférence de presse dans l’avion qui le ramenait des JMJ de Rio Janeiro à Rome, a suscité une empathie démesurée. Démesure en effet, ou plus exactement et comme souvent : erreur d’interprétation, puisque, bien trop souvent, de par son vocabulaire et sa structure, le discours ecclésiastique conduit systématiquement à de fausses interprétations. Une expression claire ne l’est qu’apparemment et seulement au prix – contrairement à la communication sincère – d’être séparée de son contexte. Généralement, celui-ci en atténue le sens, l’obscurcit et finit par révéler que ce qui a été compris était l’opposé du message explicite. C’est pourquoi la communication de l’Église est toujours l’objet de confusions de la part des récepteurs mis en défaut. Cela pourrait être corrigé aisément si les équivoques du langage n’étaient pas un instrument puissant du pouvoir lorsqu’il entend se soustraire à la critique argumentée. Aussi, devons-nous accueillir, avec la plus grande circonspection, les propos de ceux qui veulent éclaircir le sens de Fiducia supplicans. En effet, le texte est parfaitement clair, détaillé dans ses arguments. Ce que nous lisons comme réserves sur ce qu’il aurait d’ambigu dans le texte romain, nous paraît plutôt destiné à apporter de la confusion pour essayer d’en invalider les ouvertures humanistes en matière de pastorale.


Pas plus qu’en 2013, le pape ne revient sur le dogme de l’Église en matière de morale sexuelle. Ainsi le « qui suis-je ? » aurait déjà dû être entendu à sa juste mesure. C’est ce que rappelle Dominique Greiner, religieux assomptionniste, membre du directoire de Bayard. « Souvent la phrase du pape François, « Qui suis-je pour juger ? », a été isolée de son contexte, donnant l’impression que le pape bottait en touche pour ne pas répondre à la question de la journaliste [à propos de la nomination d’un prélat italien à la « banque du Vatican » dont l’homosexualité révélée par la presse avait fait scandale dans les années 1970]. La citation intégrale montre que ce n’est pas le cas. Par ailleurs, de nombreux commentateurs ont interprété ces mots comme exprimant un tournant dans le discours de l’Église catholique sur l’homosexualité. En dehors des sphères confessionnelles, ce supposé tournant doctrinal a été accueilli très positivement. »1 Le pape avait clairement maintenu que l’homosexualité est un péché qui peut être pardonné. Il avait cependant pris soin – ce qui a son importance – de différencier en matière sexuelle péché et crime (nommant les abus).

Benoît XVI instrumentalisé
par le Tradiland

Depuis de nombreux mois, l’opposition montante contre le pape François, des courants conservateurs et traditionalistes, se range régulièrement derrière la figure de l’ancien pape Benoît XVI. Bien plus encore que de son vivant, le défunt pontife rassemble ceux qui se réclament de son héritage. Une influence postume bien vivante. Dans cette lignée, Peter Seewald, biographe en chef de Benoît XVI, fait parler les morts en déclarant récemment que le pape autrichien avait été « amèrement déçu » par le pontificat du pape François. Le journaliste allemand estime que Jorge Bergoglio fait tout pour « effacer l’héritage » de son prédécesseur. On se souviendra néanmoins que Joseph Ratzinger n’a jamais critiqué ouvertement les décisions du pape François et avait entretenu jusqu’à la fin de bons rapports avec lui.


Selon Peter Seewald, interviewé par le journal américain New Daily Compass, le 27 décembre 2023, les pensées réelles de Benoît XVI étaient tout autres. « Les différences entre Benoît XVI et son successeur ont été énormes dès le début », analyse Peter Seewald qui ne cache pas son parti pris : « Si vous affirmez vraiment avec conviction que Benoît XVI était un grand pape, ne devriez-vous pas faire tout ce qui est en votre pouvoir pour cultiver son héritage ? Comme Benoît XVI l’a fait pour Jean Paul II ? » Les causes du mécontentement réel de l’ancien pape se trouvent dans les restrictions importantes imposées par le pape François à la messe traditionnelle en latin, après avoir contredit la lettre apostolique Summorum Pontificum par le motu proprio Traditionis custodes (juillet 2021). Publié par Benoît XVI en 2007, Summorum Pontificum reconnaissait le droit de tous les prêtres à utiliser le Missel romain de 1962, en latin. Ce que Peter Seewald, en bon défenseur, trouve « particulièrement honteux », « le pape émérite n’a même pas été informé de cet acte, et a dû l’apprendre par la presse ».


L’amertume de Peter Seewald trouve un terreau fertile dans le sort réservé à l’archevêque Georg Gänswein, secrétaire de longue date de Benoît XVI et préfet de la Maison pontificale du Vatican auprès des deux papes pendant plusieurs années, renvoyé dans son diocèse d’origine (Fribourg) pour avoir critiqué trop ouvertement le pape François. Ou encore dans le cas du cardinal américain Raymond Burke, grand détracteur du pontife argentin, privé de certains avantages, pour des critiques ouvertes dénuées de toute nuance. Après le décès de Benoît XVI, le 31 décembre 2022, le pape François avait déploré que certains cherchent à instrumentaliser sa mort, et souligné que son prédécesseur « n’était pas un homme amer ». Visiblement, rien n’a changé. A. B.

Infox, kabbale contre le pape
et réseaux d’influence : les grandes manoeuvres du conspirationnisme catholique

Dès le début de la pandémie, l’imposition de contraintes sanitaires affectant les lieux de culte a immédiatement suscité des réactions de défiance extrême dans certains milieux catholiques. Figure de proue de la dissidence anti-François et évêque auxiliaire du diocèse d’Astana au Kazakhstan, Athanasius Schneider présente la suspension des messes comme une attaque « sans précédent » dans l’histoire de l’Église, que « même le Troisième Reich » n’avait pas osé mener. Une « dictature sanitaire »1, dont l’ultime responsabilité est toutefois à attribuer aux réformateurs au sein de l’Église.

 

Initiateur de la lettre du 7 mai 2020 (voir page précédente), Carlo Maria Vigano est également l’un des représentants les plus prolifiques de ce radicalisme religieux qui n’hésite pas à faire le saut dans le conspirationnisme le plus débridé. La trajectoire de l’ecclésiastique est intéressante. Homme du système pendant toute sa carrière, il monte les échelons du Vatican pour enfin être envoyé comme nonce apostolique à Washington entre 2011 et 2016. Pendant ce temps, il se lie avec l’épiscopat conservateur en lutte contre l’Obamacare. Après sa retraite en 2016, il se fait connaître par la publication d’une lettre tonitruante, le 25 août 2018, qui demande au pape François de démissionner pour avoir mal géré le dossier du cardinal McCarrick. C’est toutefois la pandémie qui fait de Vigano un idéologue patenté. Le site néo-traditionaliste Lifesitenews, avec ses quelque 2,4 millions de visiteurs par mois, se fait le fidèle porte-voix de ses prises de parole quasi hebdomadaires : l’ancien nonce réinterprète l’actualité dans le cadre d’un imaginaire apocalyptique, où le catholicisme authentique mène une guerre contre des adversaires idéologiques qui ont infiltré les institutions civiles (le « deep state ») et ecclésiales (la « deep Church »). La panique morale dont il se fait le prophète concerne non seulement la gouvernance pandémique, mais également, et du même souffle, la promotion de Donald Trump contre Joe Biden (associé aux « forces démoniaques de l’État profond », la « dictature apocalyptique du Nouvel Ordre mondial »), la dénonciation du pontificat de « Bergoglio » et des erreurs de Vatican II. « Le modernisme et la Covid-19 ont la même identité »2, résume-t-il.

Intériorité

C’est une dimension essentielle à redécouvrir, malgré l’extraversion et l’activisme de nos contemporains, spécialement dans la conception que nous pouvons avoir de Dieu. C’est à quoi j’ai pensé en voyant sur Internet la photo d’une affiche apposée dans une rue de la ville de Genève.

 

 

Elle porte une seule inscription : « N’aie pas peur, car je suis avec toi. Signé : Dieu. » Mais le mot « avec » a été barré, par un passant sans doute, et remplacé par « en ». Cela fait évidemment une énorme différence. L’enjeu est la position de Dieu par rapport à nous : est-il avec nous, comme un être extérieur à nous, distinct de nous, avec lequel on peut entrer en contact, nouer dialogue et conclure alliance, ou bien au contraire est-il en nous, au fond de nous, où nous pouvons constater seulement sa présence ?

 

 

Personnellement j’opte pour la seconde possibilité, la première me paraissant dangereuse car potentiellement infantilisante, et aussi par certaines de ses conséquences. Si nous avons besoin, dans certaines détresses, d’une présence consolante à nos côtés (« Dieu avec nous »), n’est-ce pas au fond, même s’il est très compréhensible, un besoin de petit enfant cherchant le secours parental ? D’autre part, ne devons-nous pas nous méfier de ces élans irréfléchis qui nous font nous abriter derrière le slogan « Dieu avec nous », quand nous voulons écraser les autres ? On connaît les étendards des Guerres saintes, et aussi le Gott mit uns (Dieu avec nous) des nazis, de sinistre mémoire.

 

Il vaut mieux, je crois, dire que Dieu est en nous, comme d’ailleurs son Royaume (Luc 17/21). Nous sommes en effet le lieu d’un combat intérieur (sens du djihad pour certains théologiens libéraux musulmans), entre les forces de vie et les forces de mort. Les premières viennent-elles à triompher, nous les appelons divines. Et comme leur triomphe qui se produit en nous n’est pas toujours volontaire et prévisible, ce qui vient de nous, pour nous est plus que nous. Dieu est alors une façon de dire qu’il y a une limite constitutive à notre savoir. Ce n’est pas un être ou une personne, pas plus qu’un principe abstrait. C’est l’aveu que nous ne savons et ne saurons jamais tout. Quant à sa présence en nous, elle se constate, ne s’analyse pas. On peut dire que Dieu est en nous (« enthousiasme ») à certains moments d’élan particuliers, non prévisibles. Rien de plus. Mais aussi rien de plus essentiel. Michel Théron et ses ouvrages sur ses blogs : www.michel-theron.fr (général) et www.michel-theron.eu (artistique)

Une bénédiction pour tous
Comment les évêques belges flamands ont préparé le terrain

La Déclaration Fiducia supplicans ouvre la possibilité de bénir, hors cadre liturgique, des couples de même sexe ou en situation dite « irrégulière ». Un an plus tôt, en septembre 2022, les évêques belges, à l’initiative de l’évêque d’Anvers, Johan Bonny, publiaient un texte (intitulé : Les personnes homosexuelles sont proches de la pastorale pour une Eglise hospitalière, qui n’exclut personne) sur le sujet en langue flamande, dans lequel ils expliquaient leurs motivations. Ce document recevra l’approbation officieuse du pape François, suite à la visite de l’évêque d’Anvers au Vatican, ouvrant ainsi la voie à la Déclaration du 18 décembre 2023. Nous publions ci-après le texte des évêques belges, dans une traduction réalisée par la rédaction de Golias.

 


« Pendant des années, la communauté de foi catholique de notre pays a travaillé dans toutes ses sections, avec d’autres acteurs sociaux dans un climat de respect, de reconnaissance et d’intégration. Beaucoup d’entre eux sont également engagés dans un contexte ecclésiastique ou une institution chrétienne. Les évêques encouragent leurs employés à continuer sur cette voie. Ils se sentent soutenus par l’exhortation apostolique Amoris laetitia, que le pape François a écrite après le synode des évêques de 2015. Distinguer, guider et intégrer : ce sont les mots clés les plus importants. Avec ces paroles, en tant qu’évêques de notre pays, nous avons publié le 17 mars 2021 un communiqué sur l’interaction pastorale avec les personnes et les couples homosexuels. Dans Amoris laetitia, le pape François affirme expressément que toute personne, quelle que soit son orientation sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et traitée avec respect (AL 250). Nous voulons continuer sur cette voie en donnant à cette pastorale un caractère plus structurel. L’attention pastorale de la communauté ecclésiale concerne avant tout les personnes homosexuelles elles-mêmes. Nous voulons les garder à proximité le long de la façon parfois complexe de reconnaître, d’accepter et de vivre leur orientation. Certains restent célibataires. Ils méritent notre appréciation et notre soutien. D’autres préfèrent vivre en couple, dans un lien durable et loyal avec un partenaire. Ils méritent également notre appréciation et notre soutien.

Les « premiers disciples »

Année B 2ème Dimanche du TO, Jn 1, 35-42 : Jean, l’auteur du Livre à partir duquel « l’Évangile de Jean » a été écrit, était un membre du milieu sacerdotal, familier de la maison de Hanne (beau-père de Caïphe qui, lui, était Grand-Prêtre en exercice au temps de Jésus). Il a ses entrées dans son domicile (voir Jn 18,16) et son surnom de Bien-Aimé (Agapètos) est celui dont on désigne quelqu’un qui n’est pas membre d’un groupe, ici le groupe des disciples – un prêtre du temple, pensez donc ! – mais qui va finir par s’y faire accepter. Sur intervention express de Jésus lui-même. Aussi l’objet du Livre de Jean n’était pas l’écriture d’une biographie de Jésus (pour cela les disciples disposaient déjà des Archives qui étaient alors diffusées et consultables par qui le voulait), mais de faire voir Jésus de Nazareth comme un Messie, et de souligner son caractère de personnage divin.

La rencontre des deux premiers disciples

Qualifier Jésus « d’Agneau de Dieu », comme le fait le Baptiste, n’est par historiquement vraisemblable ; il était de la génération précédant celle de Jésus, peut-être de même parenté. Ils se sont – au mieux – croisés, mais ce sont les premières assemblées de disciples de Jésus qui ont fait du Baptiste un précurseur du maître de Nazareth pour tenter d’intégrer ses disciples dans leur propre mouvement. C’est bien après sa mort sur la croix que l’on peut qualifier Jésus d’Agneau de Dieu ; mort à l’heure où l’on égorgeait justement les agneaux de la Pâque à Jérusalem (le 7 avril 30, 15 heures). Quelques années plus tard (après 70) et à la suite de Jean, quand l’idéologie sacrificielle des esséniens va imprégner ces mêmes assemblées, on insistera davantage sur cette figure de l’Agneau de Dieu. Ce qui permet de comprendre pourquoi la première question, adressée à Jésus par les deux disciples, concerne le lieu où il demeure. Ils ne veulent pas lui demander s’il habite chez sa mère ! Non, il s’agit, pour les disciples de l’époque des Assemblées nazaréennes (de 30 au milieu des années 80), représentés ici par les figures d’André et de Philippe, de comprendre où Jésus de Nazareth demeure, où l’on pourrait le trouver, le connaître désormais. Et la réponse de Jésus s’éclaire aussi : « C’est en avançant que vous le verrez ! » En avançant dans votre recherche, dans votre vie. Les Assemblées de Disciples ont été mises en place dès le début des années 30 à Jérusalem et se sont rapidement implantées dans toute la Diaspora de l’Empire. Si l’on veut rencontrer Jésus, il y a ces Assemblées-là pour le « rencontrer ensemble »… et les Archives pour connaître son enseignement.

Loi immigration : les évêques se positionnent

Au lendemain de l’adoption par le Parlement, de la controversée loi sur l’immigration, le président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort, emboîte le pas de l’évêque d’Arras Olivier Leborgne (cf. Golias Hebdo n° 798). « L’État a le droit, le devoir peut-être, d’organiser la migration, de la réguler. Mais il faut que les personnes, même en situation dite irrégulière, ne soient pas traitées comme des délinquants, parce que beaucoup (de ceux) qui viennent ne sont pas des voleurs ni des assassins. » [ABO] Et l’archevêque de Reims de rajouter : « Dans les discussions qu’on a pu entendre, on n’est pas toujours dans le respect des personnes. On sent une espèce de sentiment de peur. Notre rôle est de rappeler inlassablement qu’une personne en migration est un être humain qui n’a pas à être dépouillé de tous ses droits, mais au contraire qui doit être respecté dans son humanité et accompagné le mieux possible. » Début décembre 2023, les évêques de France avaient dit leur « inquiétude » sur la possibilité d’une suppression de l’aide médicale d’État destinée aux étrangers sans-papiers, finalement conservée avec la promesse d’une réforme début 2024. Ce sursaut d’engagement sociétal des évêques français est à saluer. A. B.

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