L’ancien évêque du diocèse d’Ajaccio et ancien évêque émérite de Versailles, Jean-Charles Thomas, est décédé le 14 octobre 2023 à l’âge 93 ans. Retiré depuis vingt-deux ans dans sa Vendée natale, il laisse au sein de l’Eglise catholique le souvenir d’un homme audacieux, courageux, qui n’a eu de cesse d’avoir des paroles fortes au milieu des marasmes qui secouaient l’Institution. Ordonné en 1953 après ses passages au séminaire de Luçon puis à Rome, diplômé de l’Institut de pastorale catéchétique de Paris, il a été directeur diocésain de l’enseignement catholique et responsable de l’aumônerie de l’enseignement public. Il débarque en 1972 à Dax (Landes) en tant qu’évêque auxiliaire avec, pour devise, « comprendre, aimer, servir », avant sa nomination deux ans plus tard sur l’Ile de Beauté où il laissa un souvenir impérissable, portant à merveille la voix des chrétiens corses et de toute sa population en général sans tomber dans les pièges politiques.
Enfant
J’ai conclu mon dernier article sur la situation géopolitique actuelle, « Complexité » (Golias Hebdo, n° 789), par la phrase suivante : « Un enfant israélien et un enfant palestinien ont le même sourire. » Je me pose maintenant la question de savoir pourquoi un enfant, qui naturellement sent comme proches de lui tous les autres enfants, peut devenir plus tard un adulte xénophobe et criminel, comme il se voit dans le confit israélo-palestinien, quel que soit celui des deux partis que l’on soutienne.
Il me semble que c’est l’ambiance qui environne sa croissance, et au premier chef l’éducation qu’il reçoit, qui sont responsables de cette tragique métamorphose, qui peut transformer le beau papillon du début en repoussante chenille.
Devenir d’une « communauté nouvelle » ?
Année A 31e Dimanche du temps ordinaire, 1 Th 2 7b-9 13 : « Vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute » (Ml 1, 14b – 2, 2b.8-10)/ Ps 130 (131), 1, 2, 3)R/ « Garde mon âme dans la paix près de toi, Seigneur »/ « Nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais même nos propres vies » (1 Th 2, 7b-9.13)/ « Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12).
Aujourd’hui, les « lettres de mission » sont un passage obligé… mais leurs contenus relèvent-ils de Jésus lui-même ? Les Évangiles et les Actes des Apôtres fournissent des fondements : envoi des disciples, institution des diacres, missions confiées à Paul et ses compagnons… Mais ces documents témoignent des expériences que la deuxième génération codifie. Moins de vingt ans après la mort de Jésus de Nazareth, la Première Épître aux Thessalonicens permet des données plus proches. D’abord sur le statut d’un homme (en l’occurrence Paul) clamant une vocation personnelle mais que les ayants vécus avec le Maître avaient du mal à suivre… Ils l’ont laissé proclamer l’Évangile à condition qu’il soit accompagné par des croyants reconnus.
Débauche et corruption : la lutte contre l’ensablage clérical en Guyane et ailleurs
C’est un honneur pour moi de présenter la courageuse association fondée en 2020 par des laïcs guyanais « pour la vérité, la transparence et la moralisation dans le diocèse ». Ces baptisés ont pris à cœur la demande du pape François dans sa Lettre au Peuple de Dieu du 20 août 2018 : « Le seul chemin que nous ayons pour répondre à ce mal qui a gâché tant de vies est celui d’un devoir qui mobilise chacun et appartient à tous comme peuple de Dieu. » La demande du pape concernait la protection des mineurs, mais la connaissance du mal qui gangrène notre Eglise a tant progressé depuis qu’elle s’est élargie à toute forme de corruption, entre autre la gestion des finances et la dissolution des mœurs du clergé.
Le travail méthodique des membres de l’association mérite la publication d’un dossier sur ce sujet. C’est à eux que l’on doit la sanction du Vatican contre leur ancien évêque, Emmanuel Lafont. C’est à la journaliste de La Croix, Héloïse de Neuville, que l’on doit la révélation en métropole, après une enquête approfondie, d’une partie des malversations de l’évêque dans son reportage du 6 avril 2021. L’accumulation des faits est désormais telle, qu’on serait tenté de penser qu’il n’y aurait plus que la forêt qui serait vierge. Je ne vais pas détailler ici ce qui vient au jour dans ces torrents de fange : c’est fort comme du piment de Cayenne. Je veux rendre hommage à ceux qui, dans la canopée (étage supérieur de la forêt qui reçoit directement le rayonnement solaire), ont fait leur devoir en répondant aux dossiers documentés que leur présentait l’association : le nonce apostolique Nigérian aux Caraïbes, aujourd’hui à Genève, Fortunatus Nwachukwu ; l’archevêque de la Martinique, David Macaire, qui a mené l’enquête canonique ; le nouvel évêque, Alain Ransay, qui se trouve bien seul pour agir dans des situations qu’on a laissé pourrir. Il vient d’obtenir courageusement, non sans peine, le départ des Oblats de Marie Immaculée qui se comportaient comme des proconsuls concussionnaires se croyant à l’abri de Cicéron.
Affaire Rupnik : le pape cède à la pression
En l’espace de trois jours, l’affaire Rupnik, qui paraissait s’enfoncer dans le néant, a connu un spectaculaire retournement de situation, comme si la formidable opération de protection dont bénéficiait, contre toute raison, le mosaïste jésuite Marko Rupnik, avait fait un tête-à-queue. Sous la pression, le pape François vient de lever la prescription qui pourrait ouvrir sur un procès canonique, sans qu’il soit aujourd’hui possible d’en connaître les conditions et la finalité.
Résumons. Le 25 octobre, l’évêque de Koper, en Slovénie, paraît mettre un point d’orgue à « la fin de l’histoire » dont Golias Hebdo1 avait montré qu’elle paraissait être le programme prévu par le pape François. Celui-ci rend public que le grand mosaïste et grand spirituel est maintenant incardiné dans son diocèse. 26 octobre : la « Commission pontificale pour la protection des mineurs et des personnes vulnérables » écrit aux victimes de Rupnik. 27 octobre : pour la première fois, on parle de l’affaire Rupnik dans la salle de presse du Vatican. C’est pour annoncer que le pape François a demandé au Dicastère pour la Doctrine de la Foi de lever la prescription, afin de pouvoir ouvrir un procès. Levée de la prescription à laquelle il avait d’abord dit explicitement non.
Si ce n’est pas la fin de l’histoire, on peut maintenant l’espérer, c’est au moins la fin d’un incroyable numéro d’illusionniste qui tendait à faire croire, contre toute évidence, qu’il n’y avait rien, là où se trouvait en vérité le scandale, peut-être le plus grave de ceux dont l’Eglise catholique s’est fait une spécialité. Nous avons de bonnes raisons de penser que l’affaire Rupnik va pouvoir enfin devenir ce qu’elle est. Mais il faut s’attendre à bien des difficultés, tant les protections ont constitué un maillage serré et ont impliqué le sommet du Vatican.
Désenclaver ou repenser les zones rurales ?
Dérèglement climatique et préservation du vivant obligent, les constructions d’autoroutes, véritables impasses environnementales et économiques, sont de plus en plus contestées. Un modèle alternatif est à mettre en place pour la vie en zones rurales, au moment où d’autres projets autoroutiers actuellement en cours sont soutenus par le gouvernement.
Dans le Tarn, les opposants à l’A69 se sont de nouveau mobilisés, les 21 et 22 octobre dernier. Il y a eu une grande affluence. Ce projet autoroutier entre Castres et Toulouse induit l’artificialisation de 400 hectares de terres agricoles, de zones humides et de forêts. Le tronçon s’étirerait sur 53 kilomètres et nécessiterait 468 millions d’euros de financement, dont 23 millions apportés par l’État. La gestion serait confiée pendant cinuante-cinq ans à un groupe privé, le concessionnaire NGE-Atosca.
OEil pour oeil, l’éternelle impasse de la vengeance
L’aspiration à la justice, quelles que soient ses formes, est un idéal partagé par l’ensemble des cultures humaines. Chez les très jeunes enfants, la révolte contre l’injustice semble spontanée. Pourtant, le monde est en proie à de multiples injustices. Les sociétés, dont celles dites libérales, en ont fait un moteur très puissant de leur organisation. Le gouffre entre l’idéal proclamé et les pratiques concrètes suscite les jalousies, la rancœur, et finalement l’appétit de vengeance. Comme le montre aujourd’hui le conflit entre Israéliens et Palestiniens qui dure depuis sept décennies, dans un face-à-face mortifère, d’autant qu’aucune tierce entité crédible n’a pu véritablement intervenir jusque-là pour tenter de sortir du cycle infernal de l’éternelle vengeance. Celle-ci est comme la grimace de la justice absente ou bafouée, et s’impose avec violence, en alimentant le cercle vicieux des répétitions criminelles sans fin. Il faut un effort considérable pour y remédier. (illustration – alexvolot @ 123RF.com)
Après l’assassinat de Dominique Bernard, les paroles fortes de l’évêque d’Arras
Les obsèques du professeur de français, poignardé à mort devant son établissement, avaient lieu le 19 octobre dans la cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast d’Arras. Olivier Leborgne, évêque d’Arras, Boulogne et Saint-Omer, prononçait une remarquable homélie sur l’espérance, « un désespoir surmonté ». Nous la reproduisons ci-après dans son intégralité.
Brésil : la bêtise en étendard
Lors de la messe d’enterrement du cardinal Geraldo Majella Agnelo, le 28 août 2023 à Londrina (sud du Brésil), le cheikh Ahmad Saleh Mahairi, membre éminent de la communauté sunnite brésilienne et ami de longue date d’Agnelo, a reçu la communion. Un geste émouvant pour une occasion singulière.
Le drame des chrétiens de Palestine
La population chrétienne de Palestine diminue à un rythme alarmant. L’occupation israélienne, les contraintes permanentes ont eu raison de la plus ancienne communauté chrétienne du monde qui fait de plus en plus le choix de l’émigration.
« Les responsables communautaires des chrétiens de Palestine et d’Afrique du Sud tiraient la sonnette d’alarme le 15 octobre lors d’une conférence à Johannesburg intitulée : « La Terre sainte : une perspective chrétienne palestinienne ». Le problème majeur mis en lumière durant les diverses réunions a été la décroissance accélérée du nombre de chrétiens en Palestine.