Un autre regard sur l’information !

Mgr Bagnard, les poilus et la prière

Mgr Guy-Marie Bagnard, évêque de Belley-Ars, semble particulièrement inspiré par l’anniversaire de l’armistice de la grande guerre (90 ans).

Il remarque, non sans une impudence incroyable pour tous ceux qui y sont tombés, que sur 66 soldats originaires d’Ars … 60 étaient revenus sains et saufs. Selon Mgr Bagnard il faut attribuer ce fait à  leur dévotion au saint curé qui a fait un petit miracle (et les six autres alors Monseigneur!). Ce genre de spéculation est évidemment pour le moins incongru en bonne théologie. Mgr Bagnard entend prouver ainsi la puissance et l’efficacité de la prière, comme on justifierait l’efficacité imparable d’un médicament « Sur 66 partis, 60 sont revenus ! Cette proportion est tout à  fait exceptionnelle. Puissance de la prière ! ».Outre l’aspect magique de cette épicerie des grâces, l’évêque de l’Ain ne semble pas se rendre compte combien ce qu’il dit est une façon indirecte de condamner et de désigner comme les mauvais ceux qui n’ont en fait pas eu la chance d’être épargnés comme les soixante dont il parle. L’image qu’il donne de Dieu est anti-évangélique et perverse. Répondre ainsi au scandale du mal et des guerres, c’est un blasphème.

Le «droit de mourir» est fondé théologiquement

Les courants intransigeants du catholicisme pourfendent l’invocation d’un éventuel « droit de mourir » qui leur semble scandaleux. Dans un excellent article republié dans la revue du conseil Pontifical de la santé « Dolentium hominum », le Père Mario Beltrami (1911-1998), un jésuite de la célèbre communauté intellectuelle de Gallarete-Milano se montre plus nuancé, distinguant en fait vraie et fausse euthanasie, façon d’ouvrir une brèche dans le mur de la doctrine rigide de l’Eglise.

Le Père Beltrami va encore plus loin :  » il appartient justement à  la liberté de chaque personne de décider de son propre destin en face du moment décisif de la mort « .

C’est pourquoi selon ce théologien jésuite il est juste de parler d’un véritable droit de mourir en interrompant un traitement. […]

Salaires contre dividendes

Les liquidités d’aujourd’hui sont les bulles de demain et les récessions d’après-demain. Si l’on veut briser cet enchaînement infernal, il n’y a qu’une solution : fermer les robinets qui alimentent la sphère financière. Le principal, c’est le recul salarial. Il est au fondement de la crise actuelle.

Le recul salarial est au fondement de la crise, comme l’explique Michel Aglietta :  » Les évolutions des salaires réels et de la productivité ont été déconnectées, entraînant une modification de la répartition des revenus. Comment entretenir dans ces conditions la croissance dans les pays riches ? Il a fallu déconnecter la dépense et le revenu, en stimulant la consommation par le crédit  » . Ce mouvement à  la baisse des salaires a été renforcé par la mondialisation, comme le souligne Frédéric Lordon dans son dernier livre :  » aussi la mise en concurrence  » plane  » entre des pays aux standards sociaux et environnementaux extrêmement disparates entraîne-t-elle des ajustements salariaux par le bas dont les termes sont maintenant trop bien connus : intensification du travail, plans sociaux en série, et surtout pression constante sur les salaires « .
Tel est le constat qui est partagé aujourd’hui, y compris par des organismes internationaux comme le FMI, l’OCDE ou la Commission européenne3. Rares sont ceux qui le contestent. C’est le cas d’un éditorialiste des Echos qui ose affirmer :  » Non, les salariés ne sont pas sacrifiés ! « 4. Il suffit de jeter un coup d’oeil au graphique ci-dessus pour vérifier ce qu’il en est. En France, la part des salaires est à  peu près stabilisée depuis plusieurs années, mais à  un niveau historiquement très bas, inférieur à  celui des années 1960. Le journaliste cherche à  justifier cette situation en invoquant le niveau des investissements :  » les entreprises renouvellent leurs machines plus souvent qu’avant (…) elles ont donc plus de capital à  amortir « . Cet argument est complètement à  côté de la plaque, et c’est bien tout le problème. […]

Michel Husson

Israà«l-Palestine : la paix au point mort

Il y a un an, on nous annonçait qu’avec la conférence d’Annapolis, un à‰tat palestinien serait créé d’ici la fin de 2008 et celle du mandat de Georges Bush. Nous avions écrit alors dans Golias hebdo notre scepticisme fondé sur les réalités politiques. Aujourd’hui, Condoleezza Rice vient d’avouer l’évidence. O๠en sommes-nous sur le terrain ?

 » Nous devons concrètement nous retirer de presque tous les territoires (palestiniens), si ce n’est de tous. Cela comprend aussi Jérusalem-Est « . Voilà  ce que déclarait Ehud Olmert à  la fin d’octobre… après avoir démissionné de la présidence du gouvernement. Dommage qu’il n’ait pas eu ces idées – et le courage de les appliquer – quand il était à  la tête du gouvernement israélien ! Tipi Livni qui l’a remplacé à  la tête du parti Kadima ne tient pas le même discours. Avant de se rendre à  la réunion du Quartette (à‰tats-Unis, Russie, ONU, Union Européenne) qui a eu lieu le 10 novembre à  Cham el-Cheikh, elle a pris soin de déclarer que le  » processus de paix  » doit rester bilatéral (avec les Palestiniens) et que le monde ne doit pas intervenir dans le contenu des discussions. Autant dire que les  » huiles  » de la diplomatie internationale qui se rencontrent à  cette occasion sont là  pour la figuration ! Mais le  » processus de paix  » est réaffirmé … à  condition d’attendre. En effet, le 26 octobre, Tipi Livni a dà» renoncer à  former le gouvernement pour ne pas céder au chantage du parti religieux extrémiste Shass. Il y aura donc de nouvelles élections en Israà«l le 10 février prochain.

De surcroît, le mandat de Mahmoud Abbas prend fin le 9 janvier prochain et l’on ne sait ce qui va se passer. Selon la Constitution palestinienne, le président du Parlement devrait diriger le pays pendant les 60 jours nécessaires à  l’organisation des élections présidentielles. Or, ce président a été arrêté par les autorités israéliennes, ce qui ne soucie guère l’opinion ni les gouvernements du monde puisqu’il est du Hamas ! Que va-t-il se passer ? Le président Abbas va-t-il tenter de se maintenir au pouvoir grâce au soutien d’Israà«l et des à‰tats Unis ? Il y a quelques jours, une rencontre prévue au Caire, destinée à  réconcilier le Fatah et le Hamas, a dà» être annulée, l’Autorité palestinienne ayant refusé de libérer 400 militants du Hamas qu’elle détient en Cisjordanie.
Du côté américain, justement, les nouvelles sont bonnes… pour Israà«l. Obama vient de nommer au poste stratégique de secrétaire général de la Maison-Blanche un parlementaire, Rahm Emanuel (cf. Golias n°54), un juif très pieux, connu pour ses positions guerrières, qui s’était porté volontaire pour servir l’armée israélienne lors de la guerre de 1991. Au lendemain de sa nomination, la presse israélienne pavoisait :  » Notre homme a la Maison-Blanche  » titrait le quotidien Maariv. Rahm Emanuel s’était fait remarquer, entre autres, en faisant battre un candidat républicain modéré au Congrès, favorable à  un à‰tat palestinien, en faisant circuler une photo truquée le montrant avec Arafat. […]

Affaire Vanneste un arrêt funeste

L’homophobie est hélas loin d’avoir disparu. Christian Vanneste, un parlementaire du Nord de la France est coutumier du fait. En janvier et février 2005, il déclare dans des interviews à  deux organes locaux de presse du Nord que  » l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité [¦] « , qu’elle  » était inférieure à  l’hétérosexualité. Si on la poussait à  l’universel, ce serait dangereux pour l’humanité ». Le député UMP déclara également :  » Je critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement [¦] « . Condamné à  deux reprises pour «injures en raison de l’orientation sexuelle», il vient d’être blanchi par la cour de cassation. Un scandale !

Le 24 janvier 2006, Christian Vanneste est reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Lille  » d’injures en raison de l’orientation sexuelle  » (selon la loi du 30 décembre 2004) et condamné à  verser 3 000 euros d’amende ainsi que 2 000 euros de dommages et intérêts à  chacune des trois associations plaignantes, qui recevront également 1 000 euros au titre des frais d’avocats. Il doit en outre publier sa condamnation dans plusieurs journaux très diffusés dont « Le Monde ». Il fait appel de ce jugement mais la cour d’appel de Douai, dans son arrêt du 25 janvier 2007, confirme sa peine. Le jour même, il annonce un pourvoi en cassation et, si nécessaire, un recours à  la Cour européenne des Droits de l’Homme. La Cour de cassation rend son verdict le 12 novembre 2008 et blanchit le député en estimant que ses propos ne dépassaient pas les limites de la liberté d’expression. Une décision scandaleuse qui crée un précédent indisposant jusqu’à  ceux-là  même qui ne partageaient pourtant en rien les a priori homophobes de ce parlementaire. […]

Obamania

Un peu partout dans le monde, des femmes et des hommes de toute religion, de toute race, de toute culture, de toute nationalité se réjouissent de l’élection de Barack Obama. Dans un pays o๠les Noirs ne jouissent vraiment de leurs droits civiques que depuis moins d’un demi-siècle, le candidat démocrate est un plaidoyer vivant pour l’intégration positive des minorités.

[…]

Pourtant, l’Obamania ne nous convainc pas totalement. Elle a quelque chose de parfois artificiel. Néanmoins, pondéré et doté d’un solide équilibre psychologique, bon juriste et économiste, doté d’un sens plus profond qu’on ne le dit de l’Amérique et de ses bonnes traditions, celle de la  » self-confidence  » de Ralph Emerson et de la foi enthousiaste en l’Homme et en ses projets, expert d’exception en matière de relations internationales, Obama est légitimement porteur d’espoirs.

Pour autant, il y a fort à  parier que d’ici peu le nouveau président décevra pas sa prudence et son centrisme ceux qui attendent de grands changements. D’ailleurs, voudrait-il les promouvoir qu’il ne le pourrait pas. En effet, ses marges de manoeuvre risqueront d’être bien étroites et on ne change pas facilement un système qui vous a fait roi.

Obama : la division des catholiques américains

Comme c’est souvent le cas lors d’importantes élections, on sait qui les gagne mais on sait surtout qui les perd. Il n’est pas difficile à  lecture des réactions des catholiques les plus intransigeants (à  l’unisson avec les courants protestants, fondamentalistes et puritains) de constater la déconfiture des tenants d’un ordre moral qui s’imposerait à  l’ensemble de la société civile.

Le Vatican, prudence diplomatique oblige, s’exprime de façon feutrée. Son porte-parole, le père Federico Lombardi, formule le souhait très vague qu’il « répondra aux attentes de paix et de justice dans le monde » Ce n’est cependant un secret pour personne, Rome aurait souhaité l’élection de McCain qui se présentait davantage comme le garant des valeurs religieuses conservatrices, comme le refus du libre choix en matière d’interruption de grossesse.

Le pape avait même manifesté beaucoup de sympathie à  l’endroit de George W. Bush en visite à  Rome, le remerciant chaleureusement pour ses prises de position contre l’avortement et le mariage gay, estimant au passage superflu d’émettre quelque réserve que ce soit sur le style belliqueux de cette présidence, surtout en Irak. Pour le Vatican, Obama est un dangereux représentant du courant qui relativise et il ne saurait donc être approuvé. Néanmoins, le Vatican ne pouvait entrer dans cette polémique à  visage découvert, pour des raisons évidentes de prudence diplomatique. Surtout lorsque l’on sait que 54% des 48 millions de catholiques américains ont voté pour le candidat Obama.

En revanche, n’étant pas tenu à  de telles prudences, l’un des leaders les plus déchaînés de la droite catholique américaine, le Père Frank Pavone, s’exprime en ces termes : « les Américains ont commis une grave erreur en élisant Barack Obama à  la Présidence. Cependant, l’Amérique elle-même demeure formidable et elle n’est pas une erreur, et c’est pourquoi un si grand nombre de ses citoyens continuera, et avec une énergie et une détermination encore plus grandes, à  défendre les principes qui la fondent. L’homme élu à  la Présidence a déclaré pendant la campagne qu’il ignorait quand l’être humain commençait à  bénéficier des droits humains. Comment peut-on gouverner à  partir d’une telle ignorance ? Gouverner consiste à  protéger les droits humains : pour y réussir vous devez savoir d’o๠ils proviennent et quand ils commencent. Le Président élu a déjà  lamentablement raté ce test. Le peuple américain ne partage pas les opinions extrémistes et choquantes d’Obama sur l’avortement. Il ne les a jamais partagées. Il ne les partagera jamais. Les quatre années qui viennent verront s’agrandir le fossé entre le peuple et son Président sur cette question fondamentale ». […]

Simone Veil : laissez la vivre !

Le 20 novembre Simone Veil, sollicitée en ce sens, sera candidate à  un fauteuil de l’Académie française.

On lui promet une élection de maréchal (c’est-à -dire triomphale) car ses quatre rivaux n’ont aucune chance malgré leur mérite. Bien qu’étant une personnalité très consensuelle, elle est détestée des catholiques conservateurs de l’association anti IVG « Laissez les vivre » qui lui reproche, on l’aura deviné, la loi de 1975 qui porte son nom et qui dépénalise et autorise sous certaines conditions l’interruption de grossesse. « Laissez les vivre » entend manifester contre cette élection le 20 novembre. Le professeur Lejeune, ami de Jean Paul II et que le cardinal André Vingt-Trois voudrait voir élevé à  l’honneur des autels fut son conseiller scientifique jusqu’en 1985. Son président actuel est le docteur Emmanuel Tremblay.

Levée de sanctions pour les lefebvristes ?

Les rumeurs se multiplient à  Rome et ailleurs d’une possible levée de l’excommunication portée à  l’époque contre les évêques ordonnés sans l’accord du pape et contre lui par Mgr Marcel Lefebvre et un évêque intégriste brésilien (les deux étant décédés, l’excommunication a cessé par le fait même).

En tout cas, Mgr Bernard Fellay, directement concerné en tant qu’évêque et supérieur de la fraternité sacerdotale Saint Pie X , demande à  ses fidèles de réciter un million de chapelets entre le 1er novembre et le 25 décembre pour que cette perspective de paix se concrétise enfin.

Selon nos sources, le cardinal Castrillon Hoyos et Mgr Perl, responsables de la Commission vaticane « Ecclesia Dei » en charge du dialogue avec les intégristes, auraient rédigé de concert avec un prélat italien, Mgr Mario Marini, un texte de réconciliation en ce sens.

Il ne s’agirait pas d’une reconnaissance pleine et entière de la fraternité comme d’aucuns l’espéraient il y a quelques mois, mais d’une simple levée de la sanction – façon de reconnaître la bonne foi et le sens ecclésial des intégristes, lors même que le plein accord n’est pas encore trouvé.

Dans le passé déjà , divers cardinaux (Oddi, Palazzini, Thiandoum, Gagnon) avaient proposé comme préalable à  une réconciliation une telle levée de l’excommunication mais Jean Paul II ne s’y était pas résolu faute de consensus à  la curie même sur une telle mesure de bienveillance. Y compris d’ailleurs parfois de milieux conservateurs qui redoutaient que ne soit ainsi indirectement affaiblie l’autorité du Pape.

Il semble cependant que, le plus probable pour le futur proche, soit Rome se contentant de traiter les évêques concernés comme s’ils n’avaient pas été excommuniés, ce qui est une façon toute romaine en définitive de  » relativiser  » pour le moins cette excommunication, sans pour autant se dédire.

L’Europe et la crise : éclatement ou renforcement ?

La crise financière est née aux Etats-Unis à  partir de l’affaire des subprimes, ce système de prêt pour l’accès au logement offert à  des populations insolvables pendant les années 2002-2006 dans l’euphorie de la croissance économique et avec des méthodes de marketing manipulatrices, à  la limite de l’escroquerie. Avec le renversement de la conjoncture, les crédits hypothécaires consentis, disséminés dans des produits financiers complexes et opaques, ont engendré une crise du système bancaire, avec une douzaine de banques et de sociétés d’assurances américaines en faillite, rachetées ou soutenues avec l’intervention massive du gouvernement.

Née aux Etats-Unis, la crise s’est étendue ensuite à  l’Europe. L’évidence en est apparue au dernier jour du mois de septembre, lorsque le gouvernement irlandais met en place une garantie de deux ans sur les dépôts des six grandes banques du pays. Sont ainsi engagés 400 milliards d’Euros, soit environ deux fois la valeur du PIB du pays. Puis le 1er octobre, le Parlement vote une garantie illimitée de tous les dépôts des banques. Scandalisée, l’association des banquiers britanniques dénonce une situation de concurrence déloyale : en effet, par cette mesure unilatérale, les banques anglaises en Irlande du Nord sont mises en situation de désavantage compétitif. Les déposants sont incités à  quitter les banques britanniques pour se réfugier dans des banques irlandaises inconditionnellement soutenues par leur pouvoir politique, à  la différence de celles d’une Cité de Londres ouverte à  tous les vents du libéralisme financier.

Ce comportement témoignait de l’égoïsme de l’Irlande. Ingrate pour avoir répondu négativement au traité simplifié de constitution européenne, après avoir tant bénéficié de la solidarité de la Communauté pour lui permettre d’accéder à  l’opulence, elle refusait l’appel du président de l’Europe, l’intérimaire français Nicolas Sarkozy, en faveur d’une réponse commune et coordonnée au défi de la crise financière. La chancelière allemande, Angela Merkel en tira immédiatement la conclusion : chaque pays devait trouver ses propres réponses nationales à  la crise, en fonction de ses particularismes (en Allemagne, notamment la structure fédérale).

Sarkozy, une réponse commune à  la crise

Le 6 octobre, le ministère allemand des Finances doit voler au secours de l’Hypo Real Estate, la première banque hypothécaire du pays qui menace de succomber à  son tour à  la crise des subprimes. La chancelière prend un virage à  180 degrés et se rallie au plan Sarkozy de réponse commune à  la crise. Le contenu de cette réponse est imaginé par le Premier ministre britannique Gordon Brown : le soutien ne doit pas porter d’abord sur l’assurance donnée aux déposants des banques, mais au crédit interbancaire, car le manque de confiance le plus important se manifeste entre les banques elles-mêmes qui ne se prêtent plus entre elles dans l’ignorance réciproque de leur situation réelle, ce qui bloque tout octroi de crédit aux entreprises, comme aux particuliers.

Fort de son expérience de chancelier de l’Echiquier pendant les dix années du gouvernement de Tony Blair, le Britannique soutien l’appel de Sarkozy, car il a compris le message caché de l’attitude irlandaise, qui réside moins dans les rancoeurs issues des rapports historiques détestables entre les deux pays, que dans la révélation de la supériorité de l’Euro sur la Livre sterling. Le 30 octobre, la scène s’achève par la rencontre à  Londres d’Angela Merkel et de Gordon Brown qui s’accordent sur des perspectives européennes communes, sans oublier l’aide aux pays d’Europe de l’Est qui pourraient être les prochaines victimes d’une crise dont le caractère systémique apparaît avec de plus en plus d’évidence.

Le pire est à  venir

Les défauts de Nicolas Sarkozy sont si éclatants, que l’on peut reconnaître sans difficulté la réactivité et le courage dont il a fait preuve, dans le conflit géorgien d’abord, mais aussi face à  l’Europe contaminée par la crise américaine. Mais, dans cette dernière affaire, on constate que la question de la constitution européenne qui a empoisonné les rapports internes à  l’intérieur de la Communauté est fortement relativisée par l’exercice d’une volonté politique face à  la gravité d’une situation jusque-là  mal analysée.

Dans un ouvrage publié en mai 2008, c’est-à -dire bien avant la survenue de ces derniers évènements, le spécialiste de recherche financière Patrick Artus avait annoncé que le pire est à  venir. Parmi ce pire, il y a l’éclatement de l’Europe, faute de fédéralisme fiscal et social et à  cause des divergences entre les politiques économiques nationales. Cette perspective est loin d’être écartée. Cependant la possibilité d’une réponse européenne à  la crise demeure ouverte, même si les regards se tournent désormais vers le nouvel élu à  la Maison Blanche, Barak Obama, président du pays qui est à  l’origine de la crise.

Hugues Puel

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