Un autre regard sur l’information !

Martini, l’ante Pape !

Alors que l’ancien cardinal Joseph Ratzinger poursuit son rêve de restauration de l’Eglise tout de dentelles vêtu (en attendant peut-être de recoiffer une tiare au pays o๠le baroque est roi), le cardinal jésuite Carlo Maria Martini continue à  faire figure de principal opposant. Il se définit désormais certes non comme un antipape – c’est ainsi que les médias le dépeignent souvent – mais comme « un antépape, un précurseur et un préparateur pour le Saint-Père ». Peut-être le prochain Pape qui devrait être très différent de l’actuel tant ce pontificat nous semble déboucher sur une impasse.

l est clair en tout cas que Mgr Martini, ancien archevêque de Milan, se montre pour le moins peu en phase avec les options idéologiques de Benoît XVI que ce dernier tente avec impudence de présenter purement et simplement comme étant la vérité catholique « point final ». Le jésuite allemand Georg Sporschill relève tout ce qui sépare les « Jésus » de Ratzinger et de Martini, qui consacre un livre au Christ :  » le livre du pape est une profession de foi en Jésus. Le cardinal Martini nous présente Jésus dans une autre perspective. Jésus est l’ami du publicain et du pécheur. Il écoute les demandes de la jeunesse. Il apporte le désordre. Avec nous, il lutte contre l’injustice ».

Carlo Maria Martini présente le Sermon sur la Montagne comme une charte des droits des opprimés. La justice est « l’attribut fondamental de Dieu » et « le critère de distinction » selon lequel Il nous juge. L’enfer « existe et il est déjà  sur terre »: dans la prédication de Jésus, il était « un avertissement » incitant à  ne pas produire trop d’enfer ici-bas. Le purgatoire est, lui aussi, « une image » développée par l’Eglise, « une représentation humaine qui montre comment on peut être préservé de l’enfer ». L’espérance finale est « que Dieu nous accueille tous », quand la justice cédera le pas à  la miséricorde. Une vision des choses très ancrée dans la grande tradition patristique. Soulignons au passage que de Martini et de Ratzinger le plus « traditionnel » (au bon sens du terme) n’est peut-être pas celui que l’on serait tenté de croire tel à  première vue.
Avec prudence et mesure, grande finesse d’esprit, le cardinal Martini digne héritier de Saint Ignace montre bien sans tomber dans la surenchère que sur des questions comme le célibat du clergé, l’ordination de femmes prêtres ou la reconnaissance de l’homosexualité des ouvertures sont à  espérer. […]

L’Afrique des Grands Lacs en danger

Depuis plus de dix ans, près de 5.4 millions de personnes ont trouvé la mort dans la guerre civile qui entâche la République démocratique du Congo. Ce œbourbier africain est alimenté par une guerre économique entre compagnies étrangères (Chine, USA, France…) pour le contrôle des richesses naturelles qui foisonnent dans ce pays. Analyse sur les origines méconnues de ce conflit.

Pour comprendre la genèse de la situation dramatique qui prévaut dans cette région de l’Afrique, il faut remonter en aoà»t 1994. On se souviendra que cette région de l’Afrique fut marquée par la déroute des Forces Armées Rwandaises (F.A.R) qui venaient de commettre un génocide contre les Tutsi, et qui fit plus d’un million de morts en trois mois au Rwanda. Après leur défaite militaire, ces génocidaires se replièrent à  l’Est de la R.D.C, en poussant avec eux environ deux millions de Rwandais. Parmi ces réfugiés, se trouvaient un grand nombre de miliciens génocidaires. La R.D.C ou ex-Zaïre était alors une dictature dirigée par le maréchal Mobutu. Ce dernier ne cachait pas d’ailleurs sa volonté d’aider ses hôtes criminels à  renverser par la force le nouveau gouvernement qui venait de s’installer à  Kigali. En 1996, le Rwanda soutint une rébellion congolaise armée, qui renversa le régime de Mobutu et mit en place un nouveau gouvernement dirigé par Laurent Désiré Kabila. Ce dernier s’était accordé avec ses alliés rwandais qui l’avaient aidé à  renverser Mobutu, de neutraliser les anciennes forces génocidaires, qui menaçaient la sécurité du Rwanda. à€ l’issu de cette guerre, la majorité des paysans rwandais qui avaient trouvé refuge dans l’Est de la R.D.C retournèrent au Rwanda, fuyant les combats. Quant aux militaires et miliciens génocidaires, la plupart d’entre eux restèrent sur place et ils créèrent une nouvelle organisation baptisée : Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (F.D.L.R). La promesse de coopération entre L.D.Kabila et le gouvernement rwandais ne fut jamais respectée. Bien au contraire, les forces génocidaires eurent suffisamment de liberté de mouvement, si bien qu’ils commencèrent à  lancer très rapidement des attaques contre le Rwanda, en se servant du territoire congolais comme base arrière. Cette guerre a été arrêtée finalement grâce aux pourparlers diplomatiques sous la médiation Sud-Africaine. L’accord conclu exigeait notamment le retrait de toutes les forces étrangères du territoire Congolais. Entre temps, le président Laurent Désiré Kabila fut assassiné par son garde du corps et remplacé par son fils Joseph Kabila, l’actuel président de la R.D.C.

Les ex-génocidaires, une épine dans le pied de la R.D.C

Après leur arrivée dans cette région, les génocidaires rwandais commencèrent à  massacrer les Tutsi congolais, comme ils l’avaient fait au Rwanda en 1994. Les Banyamulenge* demandèrent au gouvernement congolais de les protéger, mais en vain. En 2005, le général Laurent Nkunda (originaire de la région) et des troupes qui lui restèrent fidèles décidèrent de déserter l’armée congolaise, pour aller défendre les Tutsi congolais de l’Est. Ce groupe de militaires dissidents, à  l’origine engagé à  l’autodéfense, se transforma finalement en un mouvement rebelle, le Congrès National pour la Défense du Peuple (C.N.D.P). Au lieu de chercher la solution durable à  l’insécurité dont était victime sa population de l’Est, le gouvernement de Kinshasa décida de combattre le C.N.D.P, qui était le principal mouvement rebelle. Pour y parvenir, il noua une alliance avec quelques factions armées (dont le F.D.L.R) en leur fournissant armes et munitions. Cette tactique n’ayant pas fonctionné, il organisa une conférence à  Goma qui aboutit à  la signature de l’accord « Amani » en vertu duquel tous les groupes armés s’engagèrent à  déposer les armes. En contrepartie, le gouvernement leur offrit de les enrôler dans l’armée nationale. A deux reprises, les Forces Armées Congolaises (FARDC) furent mises en déroute par le C.N.D.P très aguerri. Plutôt que d’aborder le fond du problème, le gouvernement de Kabila attribue la défaite de son armée au soutien de Kigali, dont bénéficieraient les hommes de Laurent Nkunda. Ce dernier exige désormais des pourparlers directs avec le gouvernement central de Kinshasa. Face à  l’intransigeance du gouvernement de Kabila, le chef rebelle a décidé de passer à  l’offensive. Aux dernières nouvelles, les rebelles contrôlent une grande partie de toute la région ainsi que les alentours de la ville de Goma, la principale ville de l’Est de la R.D.C. L’armée nationale congolaise a déserté cette ville, et le C.N.D.P a décrété un cessez-le feu unilatéral pour qu’une aide humanitaire soit acheminée à  la population civile.

L’aspect voilé de ce conflit

Quant aux occidentaux qui crient haro devant la détérioration de la situation humanitaire, pour certains africains, ces lamentations ne sont que des larmes de crocodiles ! En effet, on sait que des compagnies peu scrupuleuses trouvent, dans ces affrontements qui secouent le Nord-Kivu, un marché très lucratif dans la vente d’armement et l’exploitation des richesses naturelles. Ainsi en vertu d’un accord bilatéral, la France aurait signé un contrat pour former et équiper la nouvelle armée congolaise, tout en assurant un soutien total à  Kinshasa dans le conflit au Nord-Kivu. Dans cette équation financière, la population civile a peu de place. La vie des Congolais ne pèse pas assez lourd dans la balance des intérêts défendus par ces compagnies et dans les aternoiements du pouvoir en place à  Kinshasa..

Jean-Claude Ngabonziza

La  » femme « , avenir de l’homme

Ce poème hébreu tout à  l’honneur de la femme est placé à  la fin du livre composite des  » proverbes « .

Il y gagne en importance, d’aucuns y ont vu le signe d’une Sagesse personnifiée, mais le plus simple est assurément de prendre le texte pour ce qu’il est, avant tout un hommage à  l’épouse telle qu’un homme sage ferait bien de la souhaiter, à  l’épouse égale de l’homme. Le poème décline les qualités de la femme idéale en passant en revue toutes les lettres de l’alphabet hébreu. L’extrait proposé à  la lecture de ce dimanche n’en reprend que le début, la fin et deux versets centraux : mais l’intention est claire, c’est le poème dans son entier qui est proposé à  notre méditation. Certes le rôle de la femme tel que décrit ici ne sera pas du goà»t de nos amies féministes : l’épouse, la mère, la femme assignée au foyer¦ Mais il convient de tenir compte du milieu culturel à  l’origine du texte¦et observer :  » aux portes de la ville, son mari est connu, il siège parmi les anciens du pays  » (verset 23). Mais le dernier verset fait état de la même reconnaissance publique pour la femme :  » sur la place publique, on fera l’éloge de son activité « . L’homme  » président « , mais en réalité un couple  » président « . Les affaires de la cité restent réservées aux hommes, mais à  la maison  » en elle se confie le coeur de son mari  » (verset 11).

Dans le domaine qui est celui de l’épouse et de la mère, l’homme n’a pas à  donner une autorisation quelconque, même sur des sujets qui sembleraient relever de son statut de  » paterfamilias  » ou d’un achat qui pour le moins relèverait d’une décision  » à  deux  » :  » A-t-elle en vue un champ, elle l’acquiert; du produit de ses mains, elle plante une vigne.  » (verset 16). Vue à  la lumière de notre modernité, l, la femme en tout point égale de l’homme. La vraie question pour l’homme comme pour la femme est toute entière dans le verset 30 qui clôt quasiment le poème et le livre des Proverbes tout entier :  » la femme qui craint le Seigneur est seule digne de louange « . Quelle activité ? La bonne gouvernance, le service des pauvres, une attitude vraie vis-à -vis des uns et des autres¦ une mère dont on est fier, une compagne-partenaire de nos joies et de nos peines¦ L’un et l’autre, compagnons d’humanité, croyants, fidèles¦ Juste(s) craignant Dieu ! Le nombre de  » talents  » est secondaire, un seul est nécessaire.

Jean Doussal

Vichy, capitale de l’intégration ?

La sous-préfecture de l’Allier accueillait, les 3 et 4 novembre 2008, la conférence des ministres européens consacrée à  l’immigration. Curieux retournement de l’histoire qui laisse apparaître le refus d’un passé pour mieux lui donner des formes nouvelles. Symbole d’une politique aux relents xénophobes dont le cynisme pourrait annoncer des lendemains qui déchantent.

Parcouru de forêts, bocages et châteaux, l’ancien Bourbonnais, département de la région Auvergne, ne manque certes pas d’attraits.

On pourrait a priori parler d’un excellent choix, dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne, à  la veille d’un nouveau traité dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2009.

Mais pourquoi précisément Vichy, qui fut entre juillet 1940 et aoà»t 1944, le siège du gouvernement du maréchal Pétain pendant l’occupation allemande ? Le thème de la rencontre européenne, dans l’ancienne capitale de la collaboration et à  l’invitation d’un ministère qui regroupe immigration et identité nationale donne à  penser…

La désobéissance civile pour honorer une certaine idée de la République
œ Honnêtement, on a ras le bol de cette histoire du passé , lançait Brice Hortefeux le 28 juin dernier lors d’un meeting sur l’Europe o๠il annonçait son intention d’organiser à  Vichy un sommet sur l’intégration.

Si on peut comprendre le malaise de ses habitants qui subissent une opprobre depuis plus d’un demi-siècle, encore faudrait-il avoir engagé une réflexion sur le passé, sans nier certaines périodes fussent-elles douloureuses.

On en prend pas le chemin, si on se fit aux paroles du président de la République, prononcées le 8 mai dans la ville normande de Ouistreham au moment de la commémoration de l’armistice de 1945 : œ La vraie France n’était pas à  Vichy (…) La vraie France, la France éternelle, elle avait la voix du général De Gaulle, elle avait le visage des résistants. 

Une envolée passablement creuse et une façon de gommer une part de notre histoire. Et qui ne peut qu’alerter sur la décision de Brice Hortefeux, élu régional de la région Auvergne, de proposer un sommet européen sur le lieu même d’un régime qui s’est illustré par une politique discriminatoire et criminelle.
[…]

Biométrie : un marché très juteux

Reconnaissance faciale, détection des mouvements et autres géo-localisations par satellite envahissent notre univers. Dans un monde gagné par l’explosion des inégalités, les techniques d’identification font leur entrée en force et le marché de la biométrie ne connaît pas la crise, en particulier dans les entreprises.

En matière de reconnaissance et d’identification des personnes en fonction de caractéristiques biologiques, on connaît la technique des empreintes digitales, la plus connue, inventée par le criminologue croate Ivan Vucetic (1858-1925).

Depuis, la recherche a fait quelques bonds et l’analyse morphologique peut se pratiquer aussi bien avec l’iris, les réseaux veineux de la rétine, la forme de la main, les traits du visage…

Entre reconnaissance vocale, détection des mouvements, systèmes de paiement ou de billetterie qui renseignent sur nos trajets, les traces que nous laissons sont multiples. Vous avez été conquis par le scanner corporel qui déshabille les passagers, inauguré à  l’aéroport de Nice ?

Vous adorerez ces technologies censées apporter confort et sécurité, qui annoncent une société sous surveillance.

L’hommage tue le message

Soeur Emmanuelle s’est donc éteinte à  la veille de se 100 ans qu’elle aurait eu le 16 novembre prochain. Très connue pour son action en faveur des plus pauvres, notamment auprès des chiffonniers du Caire dans les bidonvilles de la capitale égyptienne les plus miséreux. Femme de terrain, Soeur Emmanuelle a toujours su joindre la parole au geste. Elle ne se gênait pas en effet pour interpeler les grands de ce monde quant à  leurs responsabilités concernant l’avancée du front de la misère à  l’échelle de la planète.

Très lucide sur elle-même, elle reconnaissait que sa médiatisation l’a grisée parfois, Soeur Emmanuelle était fondamentalement modeste et son aura médiatique n’en a jamais fait un monstre sacré inapprochable, loin de là  ! Elle avait gardé cette simplicité, celle des sans grades de la charité qui agissent discrètement au quotidien, qu’ils croient en Dieu ou pas, afin de faire reculer les barrières de l’injustice sociale. Dans ce sens , Soeur Emmanuelle est bien une sainte – puisqu’on nous pose la question ! – une sainte de la charité qui savait redonner la dignité à  l’humanité blessée et éprouvée.

Une sainte dans la pure tradition évangélique. Mais une sainte que l’Eglise catholique aura du mal à  béatifier ou à  canoniser. Et tant mieux après tout ! La voir figurer au panthéon des saints o๠se trouvera prochainement un Pie XII, aux abonnés absents lors de la Shoah et o๠se planque désormais un Escriva de Balaguer de l’Opus Dei, non merci !

En effet, si le Vatican fait monter sur les autels sans aucun problème des hommes – beaucoup ! – sur lesquels il n’est pas très regardant au sujet de leurs comportements sociaux et humains, à  partir du moment o๠ils affichent leur soumission au pape et mènent une vie pieuse. Les autorités romaines sont en revanche très vigilantes sur la manière dont une future sainte a appliqué la doctrine catholique dans le domaine de la morale familiale et sexuelle en particulier, mais aussi dans le registre de la discipline du célibat ecclésiastique. Or, sur ces deux points, Soeur Emmanuelle avait la même liberté de parole que celle qu’elle affichait à  l’adresse des grands de ce monde. En matière de contraception, elle ne cachait pas son désaccord profond avec l’enseignement du magistère de l’à‰glise catholique sur ce point. […]

Le vote des évangélistes : La Maison Blanche avec l’aide de Dieu

Notre esprit français, foncièrement laïc en définitive, malgré les volontés de l’actuel président de revoir cette laïcité, ne peut manquer de s’interroger face à  la conception américaine très providentialiste de la politique. Le vainqueur d’une élection est persuadé que Dieu aura été à  ses côtés. L’attention doit se porter à  quelques jours du scrutin désormais, alors que Barack Obama est en tête, en particulier en raison de la crise économique, sur le vote des évangélistes qui s’annonce déterminant. Surtout pour John McCain qui n’arrive pas pour l’instant à  combler son retard sur Barack Obama.

Les évangélistes, pour qui les questions morales (l’avortement en tête, mais aussi la question gay) guident le vote, représentent un électeur sur quatre. Ces protestants, qui suivent la Bible de façon littérale et qui ont souvent vécu une expérience de conversion (les  » born again « ), sont connus pour leur activisme religieux et politique, surtout en période électorale. Leur vote sera donc très important et même déterminant dans quelques à‰tats clés comme la Floride, la Virginie, l’Ohio et le Colorado, o๠ils sont très nombreux.

Cette « droite chrétienne » pourrait bien venir hélas ! au secours de John McCain, surtout en regard de la candidate à  la vice-présidente, Sarah Palin, qui partage en bonne part leurs vues les plus intransigeantes sinon fanatiques.

Pourtant les évangélistes seraient en perte de vitesse dans le paysage politique américain, du fait de leur profonde transformation. Aucun des deux candidats à  la Maison Blanche, trop atypiques, ne les rassemble unanimement sans équivoque. Il y a quelques mois, pressé de répondre sur la place du Christ dans sa vie, John McCain avait éludé :  » La religion, à  mon sens, est quelque chose entre Dieu et moi. « .

Ce n’est un secret pour personne qu’il a fini par rejoindre les thèses les plus dures, par exemple sur la défense de la vie, surtout à  des fins électoralistes. Il faut cependant ne pas se rassurer à  trop bon compte suite à  cette profonde régression que constitue le retour de la religion aux à‰tats-Unis.

En 1960, John F. Kennedy demandait aux électeurs d’ignorer sa religion (il était catholique, dans un pays majoritairement protestant) ; en 2000, George Bush citait Jésus comme son philosophe préféré (il est vrai qu’il n’a pas dà» en lire beaucoup !).

Cette année, le candidat républicain, devait faire preuve sur ces questions éthiques de la position la plus tranchée possible, même si c’est en bonne part sans doute à  son corps défendant.

Barack Obama, candidat démocrate parle ouvertement de sa foi et multiplie les gestes en direction de l’électorat religieux. En 2004, 78 % des évangélistes avaient voté pour George Bush, ils représentaient près de la moitié de son électorat. John McCain est aujourd’hui crédité de 71 % des voix évangélistes, contre 21 % pour Obama. Mais la moitié seulement de cet électorat soutient le candidat républicain avec enthousiasme, soit deux fois moins que pour Bush en 2004. Il s’agirait d’un vote anti-Obama. […]

Synode : comment le Pape a verrouillé les débats

Le Pape Benoît XVI et un certain nombre de Pères synodaux ont tenté de se servir de cette occasion propice qu’était le synode pour verrouiller la lecture, la compréhension et l’exposition de l’écriture sainte, dans une croisade d’ensemble contre le relativisme, sans craindre de faire des positions adverses d’odieuses caricatures. D’emblée, dès le rapport inaugural, le sombre dessein caressé se laissait deviner. Le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et proche de la ligne Ratzinger, souhaitait pour le futur la rédaction d’une encyclique sur l’interprétation de l’écriture dans le but bien entendu de la contrôler et de la limiter dans les stricts limites de l’orthodoxie la plus conservatrice et la plus figée. (cf. Golias hebdo n°50)

d’échanges feutrés, s’est tenu un véritable duel au sein du Synode entre les conservateurs ratzingériens, voulant imposer un nouveau contrôle et une censure de l’exégèse et un nombre conséquent d’évêques soucieux de rester fidèles à  l’héritage de Vatican II et à  ses développements, incluant l’acceptation d’une part d’un réel pluralisme et d’autre part la reconnaissance d’un travail historique et critique (reconnaissance déjà  inaugurée en 1943 par l’encyclique de Pie XII Divino Afflante spiritu et par le travail exceptionnel d’un jésuite allemand, le cardinal Augustin Bea).

Il y a quelques mois, l’excellent cardinal Carlo Maria Martini, lui aussi fils de Saint Ignace, avait exprimé son souci que le Synode ne prétende pas remettre en cause ces acquis des dernières décennies pour succomber à  de redoutables sirènes fondamentalistes. Il souhaitait plutôt que les pères synodaux se consacrent davantage à  l’aspect pastoral d’une meilleure connaissance de l’Ecriture et d’une prédication plus enracinée dans la parole de Dieu, vivante et féconde. La Curie romaine ne l’entendait certes point de cette oreille hantée qu’elle se trouve, sous la houlette de Benoît XVI, d’une restauration disciplinaire et doctrinale d’ensemble, à  tous les niveaux. On a déjà  pu relever les choix « orientés » du Pape dans la désignation des membres qui relevaient directement de son arbitraire (cf. Golias hebdo n°49). En apparence, il ne faut rien attendre d’un tel Synode o๠les évêques qui défendaient des options conciliaires s’auto-censurent et se montrent discrets au contraire des prélats conservateurs qui, appuyés par le Pape, entendent donner le ton. Il ne faut pourtant pas se fier aux seules apparences. En coulisses beaucoup d’évêques grondent. Ils déplorent cette volonté de main-mise du Pape actuel sur la Parole de Dieu et ne cachent par leur perplexité à  la lecture du « Jésus » de Joseph Ratzinger, ignorant les débats de l’exégèse critique et se révélant un mauvais ouvrage de méditation pieuse, frileux et convenu (voir notre analyse dans la revue Golias n°116). La pression autoritaire de l’aile restauratrice ne permet pas cependant à  l’opinion épiscopale de se faire entendre. Ce qui est vraiment scandaleux ! Ce silence est renforcée par le fait que peu d’évêques, il faut le reconnaître, jouissent d’une solide formation biblique. Ils préfèrent donc ne pas s’engager sur un terrain qu’ils jugent miné. […]

RSA : entre misère et «banksters»

Le Revenu de solidarité active ? Une allocation qui vise à  remplacer les minima sociaux et à  procurer des revenus supplémentaires à  ceux qui travaillent. Une aumône aux effets pervers qui risque de constituer une trappe à  temps partiel et à  bas salaire, sans commune mesure avec les milliards débloqués pour sauver le monde de la finance, les «banksters».

Censé entrer en application en 2009, le revenu dit œde solidarité active a fait l’objet d’un projet de loi déposé le 3 septembre 2008. Le RSA devrait remplacer le revenu minimum d’insertion et l’allocation de parent isolé, et se substituerait à  des dispositifs comme la prime de retour à  l’emploi : revenu minimum pour ceux qui ne travaillent pas et complément de revenu pour les autres. Et c’est là  qu’on brandit la baguette magique : le Revenu de solidarité active devrait favoriser le retour à  l’emploi. Prendre un petit boulot, même au smic et à  temps partiel… A la rigueur, dans un contexte qui ouvrirait à  un véritable parcours de réinsertion et de formation. Mais les titulaires des minima sociaux risquent bien davantage de passer du statut de pauvres à  celui de salariés pauvres. Ces derniers ont augmenté de 21 % ces trois dernières années, et la courbe n’est pas en passe de s’abaisser ni même de se stabiliser. Et quelle aubaine pour certains employeurs… Chantage sur les salaires, accompagné d’un durcissement des politiques d˜indemnisation du chômage, de l’assurance maladie ou des retraites complémentaires. On nous parle de œsolidarité, mais quelle solidarité ? Il n’est pas question ici de toucher aux mécanismes qui accroissent les inégalités, mais d’une assistance voire d’une aumône et rien de plus. […]

Les martyrs chrétiens en Inde et en Irak

Le secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), Ekmeleddin Ihsanoglu, vient de condamner fermement la vague déferlante de violences qui s’abat contre les chrétiens de Mossoul, dans le nord de l’Irak. Dans un communiqué récent, il a qualifié ces violences qui ont poussé à  l’exode près de 1.100 familles, selon les autorités de Mossoul, de « crime dans précédent dans l’histoire de l’Irak ». Il a appelé les autorités irakiennes à  « poursuivre devant la justice les auteurs de ces actes, à  mettre fin aux souffrances des frères chrétiens et à  les protéger ».

l y a une dizaine de jours, le gouvernement irakien avait déployé près de 900 policiers pour sécuriser mais hélas sans y parvenir les quatre quartiers chrétiens de Mossoul, o๠au moins 12 personnes ont été assassinées par des inconnus en une quinzaine de jours. Capitale de la province de Ninive, à  370 km au nord de Bagdad, Mossoul est une place forte d’Al-Qaïda et l’une des villes les plus dangereuses d’Irak. Cette ville meurtrie connaît une persécution sans précédent.

Les persécutions en Inde

Dans la persécution des chrétiens s’intensifie également en Inde et touche à  présent de nombreuses régions, au-delà  de celle d’Orissa. Des pressions sont exercées pour que les chrétiens apostasient et deviennent hindous. Les églises sont attaquées et les chrétiens qui refusent d’abjurer et de se convertir sont traqués. Les nationalistes hindous accusent catholiques et protestants d’abuser de la crédulité des intouchables pour les convertir. En fait, loin d’être prosélytes (en général) les chrétiens attirent les intouchables parce qu’ils ne pratiquent pas la discrimination qui est celle du système traditionnel des castes et aussi parce que les institutions chrétiennes ont ouvert nombre d’écoles et d’hôpitaux accueillants pour tous. […]

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