Un autre regard sur l’information !

Décryptage d’un hommage

Il n’est en aucune façon question de diminuer les mérites personnels et la qualité du témoignage rendu par Soeur Emmanuelle. En revanche, on peut s’interroger davantage sur la récupération médiatique opérée, à  commencer par le niveau politique (voir page Théologie). Il y avait quelque chose de choquant et d’affligeant dans la façon dont la foule à  Notre Dame a acclamé la présence de Nicolas Sarkozy et de son épouse Carla Bruni. Nous étions très loin de l’humble simplicité de la chiffonnière du Caire.

Il nous faut aussi, dans le souci de l’histoire du temps présent, relever la part de stratégie de l’autorité ecclésiastique dans cette reconnaissance ultime d’une religieuse héroïque qui avait le don de l’irriter. On sait que les prises de position de la soeur sur la contraception, relayées en son temps par « la Vie » de Georges Hourdin lui valurent une franche hostilité de l’aile conservatrice de la Curie. Sous la pression de cette dernière, la soeur fut rappelée ailleurs et dut quitter le Caire. […]

Chrétiens sociaux et chrétiens libéraux à  l’épreuve de la crise

Au regard de la situation financière actuelle, il ne fait aucun doute que nous nous engageons au moins pour les deux prochaines années dans une crise économique, avec des conséquences qu’il nous reste à  évaluer, mais qui de toute façon seront sérieuses. Face à  cette situation, et surtout à  l’inquiétude qui ne cesse de grandir de jour en jour, les chrétiens ne sauraient à  l’évidence rester silencieux.

l leur incombe au contraire de délivrer une parole d’espérance, sans pour autant négliger la dimension d’analyse rationnelle et de réflexion intellectuelle. L’enjeu n’est pas mince. La tentation existe de se limiter à  un propos moral ou moralisateur trop général, plein de bons sentiments mais peu en phase avec la situation elle-même et qui ne creuse pas une réflexion profonde à  l’évidence indispensable.

Chrétiens sociaux : une crise systémique

Comme à  son habitude, la commission sociale de l’épiscopat vient de publier une note de qualité1. Pour les évêques
 » la crise nous révèle nombre de conséquences négatives lorsque les logiques financières poussées à  l’extrême sont déconnectées de l’économie et ont pour seule fin la recherche d’un profit immédiat ». Les prélats enfoncent le clou : « il est essentiel que les mesures préconisées se donnent une autre fin que le seul maintien d’un système financier qui a révélé ses faiblesses et leurs conséquences humaines ». Ils discernent une double condition : une meilleure coopération entre les Etats et la mise en place d’institutions nationales et internationales efficaces d’organisation des marchés financiers. Ceci suppose, selon ce petit groupe d’évêques, une réflexion éthique rigoureuse. En tout cas, l’insistance des évêques se porte sur l’urgence de resserrer le lien social et de tisser de nouvelles chaînes de solidarité. Ils n’évitent pas des formules chocs. Selon eux, « quand la finance prétend être sa propre fin et n’est plus animée que par le désir exclusif du profit, elle perd la tête; quand le souci de l’homme, de tout l’homme et de tous les hommes redevient prioritaire, la confiance renaît ». Parmi les spécialistes des questions économiques, le dominicain Hugues Puel, économiste reconnu, n’entend pas esquisser une réflexion morale de fond sur l’argent qui peut devenir « un roi tyrannique, un maître mauvais, une idole trompeuse, un diable fou ».(voir ses articles pages 9 et 12). Le point important de son analyse pertinente est celui de l’exigence d’un véritable discernement. Il ne s’agit pas simplement de sortir de la crise, mais d’en faire un passage vers autre chose, vers une autre économie. Cela passe, certes, par la moralisation des activités de courtage commercial et le renforcement des règles de protection des consommateurs et des épargnants. Mais, il s’agit aussi de combattre des procédures non transparentes et de désarmer les paradis fiscaux, quitte pour cela à  instaurer un tribunal commercial international. Dans cette perspective, il n’est donc pas question de restaurer un système qui a fait faillite mais de le transformer.

Le Tradiland à  la fête de sa gloire !

Les traditionalistes ont à  nouveau des motifs de se réjouir. Le Pape lors de sa dernière visite en France, avait demandé aux évêque français de les ménager et de veiller à  leur intégration dans les diocèse de l’hexagone. La nomination de Mgr Marc Aillet à  Bayonne (voir notre article page suivante) constitue pour eux une excellente nouvelle. A cette nouvelle, que d’aucuns n’osaient espérer, s’ajoutent l’appui donné par Rome contre son évêque, à  un prêtre de Bayeux-Lisieux, le Père Jean-Claude Cheval, attaché à  la messe en latin et la reconnaissance du monastère du Barroux par «l’Internationale bénédictine»..

L’évêque de Bayeux-Lisieux , Mgr Pierre Pican, sur le compte duquel Golias a déjà  fait preuve d’esprit critique, est sans doute bien connu pour son tempérament autoritaire et cassant.

Il n’empêche, archi-rigide, que le Père Cheval ne faisait guère l’unanimité dans sa paroisse et ne permettait pas aux autres sensibilités de s’épanouir. Or, Rome donne raison à  ce prêtre et tort à  l’évêque qui l’avait destitué sans raisons canoniques valables et sans respecter les normes juridiques, quand bien même le prêtre en question présentait des lacunes pastorales évidentes.

En effet, pour le Vatican, d’un point de vue objectif cette destitution est abusive.

D’un point de vue juridique, Mgr Pican a donc commis un impair.

Sur le fond, on ne peut s’empêcher de regretter l’aspect très formel du droit canon qui n’intègre pas la dimension pastorale.

Enfin et surtout, cette victoire du Père Cheval constitue un précédent en faveur de tous les prêtres tradis et conservateurs en décalage par rapport à  leur ouailles bloquant l’avancée des communautés. […]

Recommencement

La crise, par définition, est toujours un moment d’incertitude, avec des risques importants et parfois vitaux.

Elle peut devenir un temps de passage d’une stabilité mise à  mal à  une nouvelle stabilité, meilleure et plus équitable. Cela ne se fait jamais facilement, sans danger. Comme l’a très bien analysé, parmi d’autres, un George Soros, nous payons les frais tardifs d’une erreur importante d’évaluation du degré d’incertitude des prévisions économiques. En un tel domaine, la part de l’aléatoire ne saurait en aucun cas être négligée et occultée. Ceci implique aussi que l’autorégulation des marchés ne nous garantisse pas de soi une issue positive : les emballements actuels sont périlleux et conduisent à  un dérèglement général du système.

Le système libéral capitaliste conduit intrinsèquement à  sa propre destruction, au-delà  des problèmes éthiques incontournables.Il s’agit donc à  présent de faire émerger et d’inventer une autre cohérence internationale, avec un sens plus grand de la justice et de la solidarité, entre les individus, les peuples, les continents, et en tenant compte aussi de l’environnement. […]

Vous avez dit  » saint  » ?

L’étrange frénésie de béatifier et de canoniser qui fut celle de Jean Paul II a sans doute fait place chez Benoît XVI à  une relative prudence. Toutefois on se souvient de la béatification de masse des « martyrs » de la guerre d’Espagne de Valence, très disputée et jugée partisane et aujourd’hui de celle envisagée à  brève échéance de Pie XII, un pape dont les silences au cours de la deuxième guerre mondiale peuvent légitimement être jugés assourdissants.

L’ambiguïté majeure du pontificat de Pie XII fut le silence envers la shoah, dans un contexte d’antimarxisme virulent qui a égaré bien des prélats. Or les ennemis de mes ennemis étant mes amis, mieux valait ne pas indisposer les nazis. Quand on pense que jamais, jamais ne fut prononcé dans ses déclarations le nom de juifs ! Mais l’équité oblige à  mentionner les juifs romains sauvés par le Vatican. La pièce du dramaturge Rolf Hochhuth, « le Vicaire », au début des années 60, a rappelé ce douloureux souvenir, d’autant plus douloureux que tout ce qui était dit du pape Pie XII dans la pièce était rigoureusement exact. On a dit alors à  Jean XXIII :
« Votre Sainteté, il faut faire quelque chose contre cette pièce ! » Ce à  quoi le pape d’alors répondit : « quelque chose ? que peut-on faire contre la vérité ? » […]

Pie XII : Le shoah du silence

Le Pape Benoît XVI ne fait pas mystère de sa grande admiration, à  titre personnel, pour la figure de Pie XII, qui fut de 1939 à  1958 le Pape de sa jeunesse. Il entend désormais aller plus loin et faire d’Eugenio Pacelli un saint.

Lors d’un discours prononcé à  l’occasion du cinquantième anniversaire du « pieux transit » (mort et passage au ciel) de Pie XII, le 9 octobre, Benoît XVI exprime le souhait que son procès en béatification aboutisse.

Il argumente en deux parties, en vue d’un vrai panégyrique de son prédécesseur. En premier lieu, il justifie la prudence de Pie XII face à  la Shoah durant la Seconde Guerre mondiale. Il l’avait déjà  fait en septembre, en recevant une association de juifs qui souhaite… réhabiliter le pape de la guerre !

Le 9 octobre donc,, il est encore allé plus loin. Ainsi, pour Joseph Ratzinger, le fameux radio message papal de Noà«l 1942, en fait très critiqué pour omettre une mention vraiment explicite des choses, était néanmoins  » une claire référence à  la déportation et à  l’extermination perpétrée envers les juifs « , ce qu’il est difficile de prétendre tant la condamnation fut frileuse et voilée. De même, estime le pape Benoît, Pie XII  » a agi souvent sur un mode secret et silencieux justement parce que, à  la lumière des situations concrètes de ce moment historique complexe, il avait l’intuition que c’est seulement de cette manière qu’il pouvait éviter le pire, et sauver le plus grand nombre possible de juifs « .

Un jugement prudent de Pie XII dont nous ne contestons pas la sincérité subjective mais dont nous mettons en cause la justesse de vue et encore plus une quelconque exemplarité chrétienne. Des historiens aussi pondérés et érudits que l’Italien Giovanni Miccoli ou le Français Ferdinand Desmurs (cf. notamment son ouvrage aux éditions Golias  » Pie XI, le pape qui ordonna le ralliement à  Hitler « ) relèvent que sa condamnation des persécutions antisémites est restée pour le moins timide. Il y a des silences assourdissants !

Le 6 octobre, le grand rabbin de Haïfa (Israà«l), Shear Yshuv Cohen, avait déjà  exprimé son indignation. Premier religieux juif invité à  s’exprimer devant un synode d’évêques catholiques actuellement réuni au Vatican, le rabbin a jugé en effet que Pie XII ne devait « pas être pris comme modèle » et ne devait « pas être béatifié parce qu’il n’a pas élevé la voix face à  la Shoah « . Cette béatification constituerait un véritable scandale pour le monde juif et pour beaucoup d’hommes de bonne volonté. Ce rabbin a claqué la porte du Synode véritablement outré lorsqu’il apprit, à  la fin de son intervention, que le 9 octobre suivant, le pape Benoît XVI ferait mémoire de Pie XII à  l’occasion du cinquantenaire de sa mort. Une malhonnêteté du Vatican sans pareil quand on sait comment ses services de communication avait «monté» l’événement de la présence d’un rabbin à  un synode. Une première ! Et une dernière sà»rement. […]

Scouts d’Europe : La colère de Mgr Rivière

Mgr Benoit Rivière, évêque d’Autun, et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes n’a pourtant pas la réputation d’un homme colérique. Ce prélat au look de gendre idéal demande cependant dans une lettre au ton irrité des explications au nouveau président des scouts d’Europe.

Il s’interroge en particulier sur des changements très récents à  la tête du Conseil d’administration du mouvement et sur l’éviction des deux commissaires généraux en désaccord avec lui. Pour Mgr Benoît Rivière ces mutations ne sont guère conformes à  l’esprit de l’Eglise. Le mandat des personnes éliminées s’achevait en effet seulement en 2010 ! Pour contrôler les étranges dérives autoritaires de ce mouvement qui a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois, Mgr Rivière a confié à  l’un de ses jeunes collègues, Mgr Hervé Gaschignard, auxiliaire de Toulouse de suivre de près le mouvement des scouts d’Europe dans la perspective d’une mission de discernement et de pacification afin «d’éclairer et d’assister les évêques dans leur souci pastoral».

Longtemps, le mouvement des scouts d’Europe ne fut même pas reconnu par l’épiscopat français en raison de sa scission avec les scouts de France et de ses options souvent ultra-conservatrices. Depuis, de l’eau a certes coulé sous les ponts et l’épiscopat a lui-même changé de visage . De leur côté, les scouts d’Europe ont parfois fait preuve de bonne volonté dans l’adhésion au Concile Vatican II. Le 2 octobre, le Saint Siège lui-même a confirmé la reconnaissance de l’Union Internationale des Guides et Scouts d’Europe en tant qu’association privée internationale de fidèles et il en a approuvé définitivement les statuts, comme s’il voulait que ce mouvement échappe ainsi au contrôle de l’épiscopat français lui-même. Pour mémoire, la majorité des administrateurs n’a pas renouvelé sa confiance à  Marie-Hélène Morel et à  Jean-Michel Permingeat, ce qui explique que le conseil d’administration ait désigné de nouveaux commissaires généraux : Marie-Camille Borde comme commissaire générale guide et Edouard Colin comme commissaire général scout. Or, cette décision est contestée et s’inscrit sur fond de tension idéologique.
[…]

Les facultés de théologie dans le collimateur

Au coeur des discussions du Synode, se pose la question délicate de la normativité de l’interprétation de la Bible. Il faut savoir en effet que l’un des enjeux de la fracture de la réforme au XVIe siècle fut déjà  le refus acharné de l’Eglise catholique d’admettre toute marge d’interprétation libre et de libre examen au profit d’une compréhension figée de l’écriture censée s’imposer à  tous.

Depuis le Concile Vatican II, au sein même du catholicisme, bien que fort timidement, la possibilité de plusieurs lectures d’un texte vivant et non inerte ou sclérosé a commencé à  voir enfin le jour, non sans rencontrer de très vives réticences de Rome et des secteurs conservateurs de la théologie. L’un des chevaux de bataille de Joseph Ratzinger, en particulier dans sa conférence très controversée de janvier 1983 à  Notre Dame de Paris et à  Lyon-Fourvière fut justement de considérer comme incontournable la distinction entre le texte et le commentaire, de façon à  sacraliser le premier et de l’isoler dans une bulle sacrée et intemporelle, au-delà  de l’interprétation donnée. D’un point de vue philosophique, Joseph Ratzinger oubliait ainsi la nature déjà  interprétative de l’écrit saint, ce qui oppose la compréhension chrétienne de l’inspiration d’une vision fondamentaliste selon laquelle Dieu dicterait mot à  mot le contenu du livre saint. La rédaction des écritures n’en est pas moins déjà  une interprétation et non une espèce de bloc granitique qui échappe au temps et à  l’histoire. Ceci légitime un vrai pluralisme de compréhension et d’exposition du mystère chrétien. On le sait, Benoît XVI entend combattre et pourfendre le relativisme sous ses différentes formes. A l’évidence, le relativisme coïncide avec une pluralité de lectures de la Bible et de compréhension de la parole. On mesure donc l’importance stratégique du synode en cours dans le plan de restauration et dans la croisade anti-relativiste de Joseph Ratzinger. […]

Pour comprendre la crise financière et ses répercussions

Jacques Sapir nous offre un texte remarquable qui nous aide à  comprendre la crise qui secoue le système financier1. à‰conomiste de 54 ans, Jaques Sapir est directeur d’étude à  l’à‰cole des Hautes à‰tudes en Sciences Sociales.

Les événements qui se sont produits entre le dimanche 14 et le vendredi 19 septembre ont plongé les à‰tats-Unis dans une crise sans précédent depuis des décennies. Les interventions de l’à‰tat américain pour sauver deux des grandes compagnies d’assurances marquent un  » retour de
l’à‰tat  » inattendu dans la patrie du libéralisme qui est, nous dit Jacques Sapir,  » un brutal retour du principe de réalité  » n’excluant pas cependant le discours d’autojustification tenu par divers responsables politiques. En France, François Fillon et notre président dénoncent  » le dévoiement de la finance  » comme l’une des causes de la crise. Aux à‰tats Unis, McCain, après avoir affirmé que  » les fondamentaux de l’économie américaine sont sains  » prend maintenant pour cible l’irresponsabilité des banquiers. Au parti Républicain, on va mettre en cause quelques individus et l’insuffisance de réglementations. Mais, bien sà»r, il n’est pas question de mettre en cause le système ! […]

Le discours et la méthode

La lecture du président français des causes profondes de la crise mérite examen :  » L’idée de la toute puissance du marché qui ne devrait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. (…) Il faut un nouvel équilibre entre l’à‰tat et le marché. (…) Le laissez-faire, c’est fini.  » Qui n’approuvera pas un tel discours … qui tranche singulièrement avec ce que nous disait Nicolas Sarkozy depuis sa campagne électorale de l’hiver 2006-2007 !

On rappelera les propos tenus par l’alors candidat Sarkozy 3 :  » Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe. Or une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas à  l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C’est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages.  » Notre président voulait donc que les Français s’engagent dans le processus d’endettement qui a conduit aux à‰tats Unis à  la crise que l’on connaît !

Rappelons aussi que notre président qui parle aujourd’hui de sanctionner les responsables avait créé une commission sous l’autorité d’un ancien président de la Cour d’appel de Paris, Jean-Marie Coulon, chargé de faire des propositions pour une dépénalisation du droit des affaires…

Christine Boutin lance un parti chrétien !

Le pape l’a dit, Christine Boutin va le faire : « les chrétiens doivent s’engager en politique ». Cette manifestation est placée sous l’égide du cercle Lamartine, une officine de lobbyng pilotée par les dirigeants du FRS, le Forum des Républicains sociaux, le parti de Christine Boutin associé à  l’UMP. Le colloque se déroulera au collège des Bernardins. Tout un symbole ! Des responsables politiques français et européens ainsi que des personnalités du monde économique et social « connus pour la dimension spirituelle de leur engagement », interviendront sur le thème :  » Chrétiens : de l’audace pour la politique. »

Ainsi, Christine Boutin a t-elle invité Hans-Gert Pà¶ttring, président du Parlement européen, Mgr Gianpaolo Crepaldi, secrétaire au Vatican du conseil pontifical Justice et Paix, le Dr Miroslav Mikolasik, député slovaque au Parlement européen. Du côté français, sont attendus notamment Michel Camdessus ancien patron du FMI et ancien Président des Semaines sociales, Xavier Emmanuelli, fondateur du Samu social. On indique aussi la présence surprenante de Christian Pierret, maire PS de Saint-Dié et de Mgr Dagens, évêque d’Angoulême, membre de l’Académie Française. Force est de constater que Christine Boutin est en train de préparer un nouveau parti de type  » démocratie chrétienne.  »

La ministre du Logement et de la Ville est aussi membre du Conseil pontifical pour la famille. C’est dire si elle doit bouillir de ne pas pouvoir faire davantage flotter le drapeau chrétien sur son activité politique. Elle ne précise pas davantage ses projets, mais elle se déclare « absolument scandalisée qu’en France il n’existe plus de parti politique qui porte les valeurs de la démocratie chrétienne « . Entre nous, il est préférable de dire cela dans notre pays, car en Italie elle ferait rire, la Démocratie Chrétienne y est morte étouffée sous l’abondance de ses « valeurs »…

Donc, nous le disons clairement : Pitié, pas de ça ! La France n’a pas besoin politiquement de ce type de référence « chrétienne », pas plus que de laïcité « positive ». « Liberté, Egalité, Fraternité » sont des valeurs qui fondent l’essentiel du vivre ensemble. Elles sont valeurs laïques, mais collent bien avec l’Evangile, qui d’ailleurs n’est pas étranger à  leur existence… même si l’Eglise a mis beaucoup de temps à  reconnaître les fruits d’un enseignement dont « politiquement » elle n’avait pas prévu les conséquences. […]

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