Un autre regard sur l’information !

Diplomatie : l’homophobie apparente du Saint-Siège

Le refus du Vatican d’accepter comme ambassadeur de France un diplomate notoirement gay et pacsé suscite un peu partout de très vives polémiques. En effet, le 19 décembre 2007, veille de la visite de Nicolas Sarkozy au Vatican et de son discours de Latran sur la « laïcité positive », Bernard Kessedjian, ambassadeur de France près le Saint-Siège, décède. Débute alors une longue série de propositions et de refus.

L’Elysée songe à  proposer d’abord le poste à  l’écrivain Max Gallo, qui préfère se consacrer à  ses oeuvres. Il faut savoir que le Président Sarkozy se plaît à  confier d’importantes ambassades à  des personnalités civiles, notamment des écrivains comme Jean-Christophe Rufin actuellement en poste à  Dakar et en Gambie. Après la candidature Max Gallo, c’est un autre écrivain, Denis Tillinac, qui est proposé. Mais ce chiraquien pur sucre est divorcé ce qui pose un problème évident, d’autant plus que le pape, lors de sa visite à  Lourdes, a rappelé la règle de l’indissolubilité du mariage et même recommandé aux évêques de ne pas bénir les remariages. Il y a quelques jours encore, le « Corriere della Serra» et  » La Repubblica  » du 26 septembre évoquaient également comme possibles ambassadeurs Stéphane Chmelewsky, un diplomate qui a participé à  l’organisation de la visite de Benoît XVI en France, et Marc Ollendal, un homme d’affaires bien introduit au Vatican. C’est en juin dernier que le Vatican refusa de donner son agrément à  la désignation d’un diplomate gay, pour ce motif.[…]

Ce refus d’accepter un ambassadeur homo confirme si besoin était l’homophobie profonde du Vatican. Or, paradoxalement l’homosexualité est un art de vivre particulièrement répandu dans le monde ecclésiastique romain…

Défense : les dessous politiques d’un budget à  la hausse

En pleine tourmente financière, le budget de la Défense de l’Hexagone va être augmenté de plus de 5% au grand bonheur bien sà»r des sociétés d’armement Lagardère et Dassault mais pas seulement. Que cache alors une telle priorité gouvernementale dans le contexte économique et géopolitique agité du moment ?

 » Les caisses sont vides ! « , telle est la réponse du pouvoir sarkozien à  toute revendication sociale, à  la moindre augmentation de crédit proposée pour le budget de l’enseignement, du logement, de la santé. En réalité les caisses ne sont pas vides pour tout le monde. Si on en croit Direct soir, daté du 1er octobre, le budget de la Défense va être majoré de 5,4% et devient la priorité gouvernementale. Hervé Morin, le ministre, s’en félicite et commente :  » En dépit d’un contexte économique et budgétaire difficile, le gouvernement et le président de la République ont tenu leur engagement « .

Ainsi les dépenses d’investissement de matériel militaire vont connaître une majoration sensible : 10%, soit 10 milliards d’euros. Les entreprises Dassault et Lagardère se frottent les mains. Qui dit que le commerce ne marche pas ? Mais au-delà  de la sollicitude envers des amis, les raisons de cette largesse monétaire sont de plusieurs ordres.
D’abord il faut régler la note de l’engagement français en Afghanistan. Mais, à  propos, à  combien se monte-t-elle ? Combien de milliards coà»te la mise à  disposition de l’Etat Major américain de milliers de supplétifs français ? Car, selon Hervé Morin :  » Nous ne sommes pas en guerre « . Et de parler de  » mission de pacification « . Le vocabulaire, en la matière, est d’une pauvreté remarquable. Les mots ont déjà  beaucoup servi pour justifier les guerres coloniales, tant en Indochine qu’en Algérie. Quoi qu’il en soit, quelque éclaircissement sur le coà»t budgétaire de cette opération serait le bienvenu par ces temps de vaches maigres.
[…]

Jean Lévy

Le scandale des prisons américaines

Au hit parade du nombre de détenus, les Etats-Unis avec un adulte sur cent incarcéré, devant la Chine. Terrible statistique qui ne doit pas gommer la réalité des prisons françaises au bord de l’implosion et qui ne répondent pas à  des critères de réinsertion. Lorsque la prison est érigée en institution de stabilisation sociale, c’est la faillite d’un système qui est annoncée.

La prison est-elle l’avenir de toute société libérale avancée ? On peut se poser la question lorsque 2 319 000 personnes sont incarcérées aux Etats-Unis, selon des chiffres établis au 1er janvier 2008. Soit un adulte sur cent, le taux le plus élevé au monde devant la Chine avec « seulement » 1,5 millions de citoyens emprisonnées. Deux régimes qui ont en commun de demeurer fidèles à  la peine de mort. Ce n’est pas un scoop, mais il est bon de rappeler qu’un Afro-Américain sur quinze est emprisonné, dont un sur neuf dans la tranche d’âge de 20 à  34 ans, alors que la population noire ne représente que 12 %. Au Texas, la population carcérale a triplé entre 1985 et 2005, et on prévoit environ 15 000 détenus de plus dans les cinq ans à  venir. Pour l’ensemble des Etats-Unis, les dépenses de fonctionnement du système carcéral sont passées de 10,6 milliards de dollars (7 milliards d’euros) à  49 milliards de dollars (33 milliards d’euros) entre 1987 et 2007. Des budgets conséquents au détriment des investissements dans l’éducation, l’emploi, la santé, l’habitat. La prison est devenue une donnée centrale du pays le plus puissant au monde. Un monde parallèle en marge d’une autre vie, avec laquelle il entretient des passerelles à  défaut d’une prévention des tensions sociétales. […]

Crise financière : les évêques anglicans et «les voleurs de banque»

Alors que la plupart des évêques catholiques des conférences épiscopales occidentales, y compris celle de France1, se montrent tristement silencieux et sans voix face à  la crise financière et à  la crise économique qui s’annonce terrible, les évêques anglicans et américains osent des réactions pertinentes.

Ainsi, les deux plus hauts responsables de l’Eglise anglicane ont dénoncé les « voleurs de banque », c’est-à -dire les banquiers et acteurs de marché qui sont en très large part à  l’origine de la situation actuelle.
L’archevêque John Sentamu de York, en fait le numéro deux de l’Eglise anglicane, a dénoncé en des termes particulièrement forts les « pilleurs d’actifs ». Selon lui le monde de la finance semble avoir puisé ses règles dans un livre de contes! L’Europe s’est enrichie grâce à  l’argent comme vecteur d’échange dans la perspective d’un progrès global de l’humanité. Lorsqu’il devient une fin en soi, au contraire, l’objet même de l’échange le système se grippe et se retourne contre l’homme.
De son côté, le Dr Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry et primat de l’Eglise anglicane insiste sur la nécessité d’une régulation contre les dérives du libéralisme.

Face à  la crise financière aux à‰tats-Unis, les évêques américains interviennent de manière plus nuancée certes que leurs collègues anglicans mais proposent une série de mesures intéressantes pour mettre fin à  cette situation difficile. Ils souhaitent surtout que s’établisse un autre climat et que les questions économiques soient abordées d’une façon plus saine et sereine, plus humaine, avec le souci de la justice pour tous et le refus d’instrumentaliser l’homme au service exclusif du profit. […]

Cours ALPHA : la foi à  l’épreuve du marketing

Les cours Alpha ont vu le jour dans la paroisse anglicane londonienne Holy Trinity Brompton, comme un instrument créé pour l’évangélisation de ceux qui sont – ou se sont – éloignés de l’Eglise. Ces cours ont été rédigés par le pasteur Nicky Gumbel à  partir de 1993. Aujourd’hui, des communautés chrétiennes de toutes confessions organisent plus de vingt mille sessions sur les cinq continents.

Cet ancien élève d’Eton, avocat de profession, et de surcroît sportif accompli, se présentant lui-même comme un athée repenti, préfère le langage prosaïque, voire humoristique, à  la méthode didactique traditionnelle. Il se présenterait volontiers comme un explorateur des temps modernes.

Pourtant, dès qu’il s’agit de la rentabilité aussi bien dans le domaine spirituel que financier, il semble retrouver son tempérament d’homme d’affaires. Témoin, cette petite note à  l’usage des organisateurs de cours :
 » Le financement du cours, et surtout celui du week-end ou journée de retraite, doit faire l’objet de vos
prières.  » L’aspect financier de l’organisation n’échappe pas quand on parcourt le Guide de l’organisateur mais cela ne serait qu’accessoire si l’insistance ne se faisait forte pour assimiler les questions de bonne gestion avec les visées plus hautes. Nicky Gumbel accorde une grande importance à  l’organisation pour donner l’image d’une à‰glise efficace et organisée, qui prend en compte les personnes, d’autant plus qu’il ne saurait être question, du moins dans la théorie, de présenter un  » cours sauvage  » : il est nécessaire de faire connaître au bureau Alpha national la mise en oeuvre d’une formation… afin de permettre une centralisation et une planification globale.

Et si besoin était de confirmer l’aspect commercial de l’association Alpha, il suffirait de lire in extenso la Déclaration sur les droits de reproduction (copyright) Alpha, notamment l’introduction qui en est faite par le pasteur Sandy Millar, de l’église Holy Trinity Brompton :  » Nous avons toujours été favorables à  l’idée de laisser une certaine flexibilité aux particuliers qui utilisent le cours Alpha… mais à  condition toutefois de garder les éléments essentiels, la nature et l’identité du cours. L’expérience nous a pourtant démontré que cela a été mal compris… Maintenant qu’Alpha est utilisé dans le monde entier, nous avons dà», à  contrecoeur, établir une clause plus stricte pour les droits de reproduction, afin de préserver la confiance et le contrôle de la qualité.  » Suit alors une liste d’articles visant à  protéger au maximum le  » label « , réservant l’usage du  » logo  » à  des fins  » publicitaires « , interdisant la duplication, par quelque moyen que ce soit, des ouvrages de référence…

Le pragmatisme et le professionnalisme du marketing fonctionnent à  merveille dans cette nouvelle forme d’évangélisme, et ce n’est pas sans raison qu’il est facile de présenter Nicky Gumbel comme un véritable businessman quelque peu manipulateur, doté d’un prodigieux sens de la séduction. […]

L’église analphabète !

Les lecteurs du gratuit «  Direct soir  » (800.000 exemplaires) financé par Vincent Bolloré, dont on connaît les convictions catholiques, auront remarqué la publicité qui y est faite en faveur des «  Cours ALPHA  » : autrement dit des soirées prétendument conviviales et qui? en fait? sont, un peu à  l’exemple de ce qu’organisent des sectes, des moments de rencontres destinés surtout à  favoriser un « enseignement » théologique court et d’orientation fondamentaliste. Bref, un prêt à  croire façon Mc Do à  consommer sur place et immédiatement. Une nourriture pauvre mais sensoriellement stimulante […]

Drôle de retour de balancier quand on connaît la riche tradition catéchétique de l’Eglise de France. Il est vrai qu’à  Rome Benoît XVI ne veut plus en entendre parler.

Au début des années 80, des évêques se souviennent encore comment Josef Ratzinger avait alors stigmatisé le parcours catéchétique  » Pierres Vivantes « .

Une semonce dont l’Eglise de France ne s’est jamais remise et qui l’amène aujourd’hui à  se fourvoyer en donnant son « imprimatur » aux Cours Alpha.

Opus Dei : des paroisses qui tombent du ciel !

Les tentatives déployées par l’Opus dei d’acquérir une pleine respectabilité semblent à  présent aboutir à  de nombreux résultats concrets. Il est vrai que l’oeuvre d’Escriva de Balaguer vient de fêter le 80ème anniversaire de sa fondation, plan médias en prime ! Ainsi, après Toulouse, elle vient d’obtenir une nouvelle paroisse à  Dublin.

Selon nos sources, Rome exercerait d’ailleurs une certaine pression sur les évêques pour les convaincre de bien vouloir accepter ces prêtres et ces super-laïcs dans leurs églises locales, y compris en leur confiant des charges pastorales avec une responsabilité à  l’égard de tous, ce qui n’était guère le cas jusqu’à  présent en Europe.

Se rendant ainsi dans leur paroisse de Merrion , l’une des plus riches de Dublin , les fidèles ont eu le choc d’apprendre la désignation comme curé d’un prêtre de cette oeuvre d’inquiétante réputation, Fergus O’Connor. Ni les paroissiens, ni les autres prêtres du diocèse n’ont été consultés au sujet de cette nomination. Le Père O’Connor sera assisté dans sa tâche par un autre prêtre de l’opus, Charlie Connolly. Cette nomination a suscité un très vif tollé. […]

Selon nos sources, il est légitime de faire le lien entre cette nomination et le voyage de l’archevêque Martin à  Sydney pour les Journées mondiales de la jeunesse aux côtés du pape Benoît XVI, qui y était accueilli par l’Opus Dei. Le Pape et son entourage aurait demandé à  Mgr Martin, d’abord peu enthousiaste, de leur donner ce signe de sa soumission à  Rome. Merrion Road devient donc la première paroisse de l’Opus Dei en Irlande. Le prêtre opus-déiste reconnaît d’ailleurs porter un cilice ! […]

On se souvient qu’il y a quelques semaines la désignation par Mgr Robert LeGall, archevêque de Toulouse d’un prêtre de l’oeuvre comme curé au centre de sa ville épiscopale avait déjà  suscité un débat très vif. Il est possible que dans un proche avenir il en aille de même en France, pour un diocèse de Provence ou pour un petit diocèse rural qui ne serait trop « allergique » à  son pasteur.

Etats-Unis : le scénario pour renverser Moralès

Le pire semble désormais passé pour la Bolivie qui a eu très chaud. Il faut savoir en effet qu’il s’en fallut de peu que n’aboutisse un putsch concocté en définitive par de riches propriétaires fonciers de la région de Santa Cruz avec, en sous-main, l’aide et le soutien des Etats-Unis. Comme le montre notre enquête ci-dessous.

Il s’agissait bien d’un putsch civil et non pas militaire promu par l’oligarchie locale mais téléguidée par les à‰tats-Unis par le biais de l’ancien ambassadeur américain en Bolivie, Philip Goldberg, grand expert en préparation de conflits séparatistes, envoyé précisément à  La Paz pour jouer sur les ressorts présents de ressentiment et d’inquiétude chez les grands propriétaires de la région la plus fortunée de Santa Cruz. Riches latifundiaires dont on sait qu’il sont prêts à  agir pour éviter qu’atteinte ne soit portée à  leurs profits, au demeurant fort injustes.
Le même Goldberg avait déjà  conduit la mission des Etats-Unis au Kosovo, précisément pour y alimenter les volontés de sécession et favoriser intrigues et complots en ce sens.

Ce curieux et inquiétant ambassadeur avait sans doute reçu de ses autorités la consigne de souffler sur les braises en Bolivie et de propager l’incendie, en particulier en misant sur les aspirations sécessionnistes des préfets des régions les plus riches qui se sentent tirées vers le bas par une politique nationale soucieuse d’équité et de justice (dont l’avènement suppose forcément de remettre en cause certains privilèges proprement scandaleux). Selon des sources très sà»res, Philippe Goldberg aurait conçu un plan pour généraliser le conflit en favorisant des grèves, des blocages de la circulation, des sabotages et même des actions terroristes. Comme au Chili du temps d’Allende. […]

Reconstruire contre les Talibans

Depuis la mort des dix soldats français en Afghanistan, des hommes politiques français, des experts font paraître dans la presse leurs réflexions sur ce que doit être la présence militaire en Afghanistan. Mais l’essentiel du projet de reconstruction du pays est oublié¦

Alors que le Parlement s’est prononcé positivement ce lundi sur la prolongation de la mission des 3.300 militaires français déployés en Afghanistan, Habib Haider, agro-économiste, conseiller du ministre de l’agriculture du gouvernement afghan de 2004 à  2006 analyse la situation pour Golias.

En Afghanistan, la guerre n’est pas la solution : 80 000 soldats de l’OTAN ne sont pas suffisants. Avant l’OTAN, les conseillers soviétiques estimaient qu’il fallait 160 000 soldats pour contrôler seulement les 900 voies de passage entre le Pakistan et l’Afghanistan. Malgré la présence militaire occidentale et ses moyens en augmentation, la situation continue à  se dégrader. Il est donc urgent et impératif de tirer tous les enseignements des échecs politiques, économiques et sociaux depuis l’arrivée de l’OTAN en 2001. Les populations afghanes sont à  bout et ne souhaitent pas le retour des talibans. Les Afghans les plus pauvres, les paysans, ceux-là  même qui se sont battus pour chasser l’armée russe, qui ont espéré le retour des chefs politiques de la résistance afghane, qui ont subi les talibans et les affrontements entre les différentes factions, tous attendent la construction d’une nouvelle société et non pas la réhabilitation de l’ancien régime, cause de tous leurs malheurs. Or les Occidentaux ont délégué la  » reconstruction  » à  l’ONU qui, dans la précipitation, a créé avec la Banque mondiale, l’UNDP et la Banque asiatique de développement, une stratégie pour le développement national complètement illusoire (Afghan National Development Strategy).

Pour nombre d’Afghans, les Occidentaux ont perdu toute crédibilité : au lieu d’aider à  la  » reconstruction « , ils seraient surtout allés en Afghanistan dans leurs propres intérêts (lutte contre les terroristes pour les USA, désarmement pour le Japon, lutte contre la culture du pavot pour l’Angleterre¦). […]

Habib Haider

France Télévisions : le dessous des retransmissions

Depuis Jean-Paul II, l’Eglise catholique n’a jamais fait mystère de son intention de mettre en oeuvre diverses stratégies de communication, y compris en favorisant le lobbying auprès des médias.

Benoît XVI s’inscrit lui aussi dans cette ligne. Ainsi, l’écho et la complaisance inouïe donnés par les grands médias français à  la visite toute récente du Pape constituent une nouvelle fois un signe de cette volonté du Vatican d’occuper tous les créneaux possibles et de faire flèche de tout bois. Certes, des journaliste de France 2 ont tenté de protester suite à  la décision de leur hiérarchie de repousser le journal de 13 heures pour que la retransmission de la messe du Pape le samedi aux Invalides soit complète, sans bien entendu avoir l’avis des téléspectateurs. Un mouvement d’humeur qui passa totalement inaperçu.
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