Un autre regard sur l’information !

Israà«l-Palestine : cette paix qui tarde

Ehud Olmert, l’actuel premier ministre israà«lien, a annoncé qu’il démissionnera à  l’issue des Primaires pour la direction de son parti, Kadima, à  la mi-septembre. La paix en sera-t-elle plus proche ? Poursuivi par plusieurs affaires de corruption, Ehud Olmert a fini par jeter l’éponge. Qui le remplacera ? Deux personnalités se disputent sa succession à  Kadima : Tzipi Livni, vice-Premier ministre et Shaoul Mofaz, ancien chef d’état-major de l’armée, situé plus « à  droite » encore ! Ne déclarait-il pas au début aoà»t, que l’Iran – qui est d’ailleurs son pays natal – était « la source de tout mal » et menaçait la paix mondiale ? Or, Shaoul Mofaz « monte » dans les sondages.

Mofaz a annoncé que, s’il remplaçait Olmert, il n’y aurait pas de nouvelles élections législatives : « les partis de la droite nationaliste m’ont déjà  donné leur accord pour constituer une coalition avec moi. » Quant au parti « travailliste » (?), son principal dirigeant, Ehud Barak, l’actuel ministre de la Défense, fait figure de « faucon ». A la fin de juillet,à  Washington, il a demandé à  Robert Gates, secrétaire à  la défense, de ne pas renoncer à  l’option militaire contre l’Iran : « Il faut poursuivre la politique qui consiste à  laisser sur la table toutes les options. » Les récents sondages ont montré, qu’en cas d’élections législatives, l’opposition « de droite » pourrait l’emporter.

Dans les territoires palestiniens, la guerre se poursuit entre le Hamas et le Fatah. A Gaza, le Hamas mène la répression non seulement contre les militants du Fatah mais aussi contre les hommes de « l’Armée de l’islam », un groupe proche d’al-Qaïda. En Cisjordanie, la police arrête les islamistes ; le gouvernement de Mahmoud Abbas est d’ailleurs conseillé par le général américain Keith Dayton.

L’annonce de la libération de prisonniers palestiniens maintient l’illusion d’une véritable négociation entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne. En général, elle ne bénéficie qu’à  des prisonniers en fin de peine. Mais reste plus de 11.000 palestiniens dans les geôles israéliennes, dont 118 femmes et 376 enfants. Seule la libération de Marouan Barghouti, le prisonnier le plus prestigieux, transcendant les clivages partisans, signifierait un véritable pas vers la paix.
Tandis que l’on parle beaucoup du soldat Shalit, « l’otage » du Hamas, qui était – tout de même – juché sur un char lorsqu’il a été fait prisonnier, notre presse libre n’a pas dit un mot en faveur du franco-palestinien, Salah Hamouri, qui fut arrêté à  20 ans, il y a trois ans, pour avoir eu le tort de passer en voiture, avec un ami palestinien, devant le domicile du rabbin dirigeant le parti extrémiste Shass. Il vient d’être condamné à  7 ans de détention par un tribunal militaire pour « délit d’intention » ! Lors de sa visite en Israà«l, Nicolas Sarkozy n’a pas évoqué son sort, pas plus que celui des députés du Hamas, élus du peuple, emprisonnés par Israà«l. Toujours le « deux poids, deux mesures ».

Menaces sur l’Ecole

L’Education nationale, née de l’idéal de l’école laïque, gratuite et obligatoire, est aujourd’hui en danger de mort. Sous la menace d’une croisade qui, portée depuis plus de 15 ans par les franges catholiques les plus intégristes des mouvements ultra-libéraux, s’invite désormais au coeur de la réforme économique menée par l’actuel gouvernement. Hallucination, fantasme ? La mission éducative qu’entend mener Monsieur le chanoine d’honneur du Vatican, signerait-elle la fin de l’école publique ?

Ceux qui veulent en finir avec l’éducation nationale : Depuis plus de 15 ans, dans un relatif secret, un certain nombre de groupements relevant d’une même nébuleuse clérico-libérale, s’agitent en catimini. Leur but ultime : démanteler l’Education nationale et l’ensemble de son service public. Une croisade menée avec prudence et minutie. […]
Ceux-ci n’espèrent rien d’autre que le retour à  l’école d’antan. Celle d’avant la République, aux mains de l’Eglise. L’école publique laïque, voilà  l’ennemie. […]
L’oeuvre de Jules Ferry serait devenue un véritable bourbier, une sorte d’antre du Diable porteur de tous les signes de décadence de notre époque, coupable d’une entreprise criminelle de corruption des moeurs de la jeunesse. Cette école serait aux mains des syndicalistes de l’Education nationale, omnipotents héritiers du bolchevisme, décidés, couteau entre les dents, à  faire de nos chères têtes blondes de la graine de révolutionnaires nihilistes. Les programmes scolaires sont stigmatisés, accusés d’intelligence avec l’ennemi, par la diffusion d’une vision marxiste et culpabilisante de l’histoire mondiale¦ Des profs incompétents et démissionnaires, impuissants à  endiguer la violence et l’échec scolaire montrés du doigt à  toute occasion. Au final, tous les maux de notre société, seraient imputables à  ce Monstre froid, mammouth ingérable, fossile
« comparable à  l’ex-armée rouge ». […]

Famiglia Cristiana contre Berlusconi

Les tensions sont très vives entre le gouvernement italien de Silvio Berlusconi et les courants catholiques d’orientation progressiste qui lui reprochent une ligne de conduite pour le moins anti-évangélique à  différents égards en particulier quant au sort réservé aux Roms et aux mendiants (assimilés à  tort à  ceux qui font du racket).

L’hebdomadaire des religieux paolins « Famiglia Cristiana » (1.000.000 d’exemplaires) s’en est pris de façon assez vive et ironique à  la politique globale de Berlusconi, qui risque selon lui de rendre les riches encore plus riches et surtout les pauvres encore plus pauvres. De plus, l’article relève la chute de près de 50% de la fréquentation des auberges et des hôtels en Italie, un pays qui devient de plus en plus discrédité pour la politique qui s’y trouve menée. Selon cet article il y a quelque chose de profondément choquant et scandaleux dans ce visage actuel de l’Italie, avec la police qui quadrille les villes, des jeunes enrôlés trop vite et cette odieuse chasse aux mendiants. L’article fait référence à  une intervention du cardinal Renato Martino, le président de la commission pontificale « Justice et Paix », lequel dénonce ce rejet des mendiants et l’analyse comme une triste volonté de cacher la situation réelle de ce pays o๠règne beaucoup de pauvreté et de cacher aussi, toujours selon le cardinal, l’incapacité des gouvernants à  y porter secours. En même temps les entreprises ne cessent de se développer et de faire des profits souvent mirobolants, mais dont les plus pauvres bien entendu sont écartés. Les grandes industries italiennes fleurissent; l’Italie s’appauvrit et est parfois à  nouveau frappée par la misère. Cherchez l’erreur !

Le Vatican prend ses distances

Mais c’est surtout en évoquant le spectre du fascisme que « Famiglia Cristiana » aurait franchi la ligne rouge. Pour le gouvernement mais aussi une frange conservatrice de l’Eglise italienne, l’hebdomadaire déjà  connu pour ses positions de gauche et ses opinions « laxistes » en matière de morale privée est désormais allé trop loin dans la polémique politique partisane, même si le nombre de ceux que les options du gouvernement Berlusconi inquiètent ne cesse de croître de jour en jour. Deux ministres du gouvernement de Silvio Berlusconi ont condamné le ton « irresponsable » de l’éditorialiste Beppe Del Colle. S’en prenant aux paolins Carlo Giovanardi a éructé : « les fascistes c’est vous, avec votre ton de matraqueur ». Il est sous-secrétaire d’Etat à  la présidence du Conseil italien, appartient à  la Ligue Lombarde de Bossi et est considéré comme très proche de Berlusconi. […]

Pas de vagues avant la visite du Pape

On assiste en ce moment aux préparatifs du voyage de Benoit XVI en France, en septembre, préparatifs sur lesquels le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, administrateur précis et consciencieux entend régner. Cela lui donne l’occasion inespérée de contrôler la vie de l’Eglise française. Ce contrôle pourrait bien s’étendre à  l’ensemble des prestations médiatiques de représentants autorisés et significatifs de l’Eglise de France, afin qu’un débat ne tourne pas mal, avec le risque d’un prélat ainsi publiquement mis en difficulté devant la France entière.

C’est maintenant Mgr Claude Dagens, évêque d’Angoulême et membre fraîchement élu de l’Académie française qui devait débattre avec Monique Hébrard, qui est réputée moins féroce que Christian Terras. Le thème traité était il est vrai délicat, celui du rôle des prêtres aujourd’hui. Imaginez un évêque, académicien de surcroît qui se mettrait à  soutenir peu avant la venue du Pape des positions d’ouverture sur la question du sacerdoce. Là  encore ç’aurait fait désordre. C’est Mgr Jacques Gailllot qui a remplacé au pied levé l’évêque absent, mais déjà  marginalisé ce dernier ne compromet pas de la même façon la hiérarchie en tout ce qu’il déclare.

Il faut dire que le cardinal Vingt-Trois et Mgr Perrier de Lourdes sont déjà  passablement ennuyés, c’est un euphémisme, par l’affaire Zambelli, du nom du Recteur des sanctuaires, un normand de 65 ans qui fut Recteur des Sanctuaires de Lisieux. Le bon père, excellent organisateur au demeurant, fait l’objet d’une enquête de la Police Judiciaire de Bordeaux pour avoir amassé la coquette somme de 427.000 euros. Selon ses dires, il serait parvenu à  cette somme en acceptant « pour faire plaisir » des dons divers et variés. Les petits ruisseaux font bien les grandes rivières. En attendant que la justice voie clair dans cette affaire, Mgr Jacques Perrier vole littéralement (de son tempérament très speed on en attendait pas moins) au secours de son cher et zélé recteur. : « il y a des gens à  qui l’on donne volontiers et d’autres pas. ça dépend de la personne. C’est comme en affaire. Certains réussissent et d’autres non. ». Pendant ce temps le même père Zambelli lance un appel pour financer les quelque 1,8 million d’euros de la venue du Pape, pas moins. On espère qu’il prêchera aussi par l’exemple.

Le nouveau visage de la théologie de la libération (2/3) : les autres luttes

Golias Hebdo poursuit son enquête sur le nouveau visage de la théologie de la libération (cf Golias hebdo n°40)

On peut ainsi d’emblée en dégager un autre aspect. Les théologies de la libération sont transversales aux clivages confessionnels, ce qui leur donne à  l’évidence une belle dimension oecuménique. Depuis quelques années, cette dimension oecuménique se double plus largement d’une dimension interreligieuse. Actuellement, le chilien Diego Irrazaval parle de « macroecuménisme » pour une fécondation réciproque entre l’intention propre et spécifique de la théologie de la libération (que les hommes deviennent eux-mêmes acteurs de leur propre libération) et l’intention des théologies du pluralisme religieux, qui considèrent que dans le dialogue les religions peuvent s’enrichir les unes les autres. Dans le même sens, pour une autre approche de la religiosité comme pouvant dans sa diversité même participer aux combats de libération, travaillent des théologiens comme les Brésiliens Faustino Teixeira et Marcelo Barros ou l’espagnol (mais qui vit au Nicaragua) José Maria Vigil, sans oublier au Salvador le franciscain Joaquin Garay. Depuis une dizaine d’années, la théologie de la libération continue cependant son chemin. Ainsi, elle se prolonge aussi en une théologie authentiquement indigène o๠il ne s’agit pas de plaquer sur des situations des concepts et des manières de penser venus d’ailleurs mais o๠la réflexion s’élabore dans la matrice féconde de la culture et de la sensibilité indigènes elles-mêmes. […]

Les victimes des cultes ou l’arrière cour du Dalaï Lama

L’expression « victimes des sectes » est usitée¦ Les courants spirituels aspirent au statut de « religion ». A partir de ce label une présomption de pratiques éthiques est accordée et le concept de liberté religieuse rend suspecte toute investigation critique. La visite très médiatisée du Dalai lama nous a amenés à  nous intéresser tout particulièrement à  une question : celle de la « prévoyance sociale » dans les nombreux centres bouddhiques ouverts en France. Le constat est affligeant comme le montre notre enquête

Selon Martine De Sauto, dans le journal La Croix du 12 aoà»t, « On recense environ 350 lieux de culte, pagodes, centres de méditation ou de retraite. Le bouddhisme est ainsi la 4e confession de France. L’Union bouddhiste de France (UBF) fédère 80 % des associations et a la responsabilité de l’émission « Sagesses bouddhistes », le dimanche matin sur France 2. » Le même article situe le nombre de pratiquants autour de 60 000. En 1999, le sociologue des religions Frédéric Lenoir estimait un tel chiffre exagéré et le situait davantage autour de 10 000. Au-delà  de ces chiffres, nous nous sommes intéressés, non pas au nombre de sympathisants ou de bénévoles occasionnels, mais à  celui des quelques centaines de « permanents » en tant que lamas, moines et moniales, ou en tant que « stapra ». Les stapras, stagiaires pratiquants, ont au fond un statut proche de celui des « novices » en langage catholique. Ce statut de stagiaire pratiquant peut durer des mois, voire des années¦

[…]
Premier constat : sur les 350 lieux bouddhiques que recense le journal La Croix, 20 communautés sont cotisantes à  la Caisse des Cultes, et 53 membres sont affiliés en tout et pour tout sur toute la France. Il s’agit le plus souvent du Lama et d’un ou deux adjoints. Si nous prenons des communautés une à  une, l’une d’entre elles fait état de 40 moniales et, à  8 km de là , d’une dizaine de moines. Admettons que ces deux monastères (l’un féminin, l’autre masculin) fassent partie des plus grands. Si nous appliquons une moyenne de 5 aux 20 communautés cotisantes¦ la moitié des membres serait donc affiliée, et l’autre moitié serait sans couverture sociale ? Bref, 53 membres seulement affiliés par rapport à  350
centres et plusieurs centaines de permanents bouddhistes, cela laisse songeur !

Pour la défense des petits lamas

La persécution que les bouddhistes subissent au Tibet les a rendus sympathiques et appelle notre solidarité : nous avons pour eux la même revendication de « liberté religieuse » que pour toutes les minorités persécutées à  cause de leurs croyances, y compris celles des chrétiens en terres musulmane ou hindoue (voir nos articles récents à  propos des chrétiens d’Algérie). La liberté ne se divise pas au gré des nécessités politiques.

Mais le respect des « droits de l’homme » réclamé à  l’extérieur ne peut être ignoré à  l’intérieur de ces mêmes communautés religieuses. Nous ne manquons pas de dénoncer les dérives de certaines sectes sorties du christianisme ou même parfois qui y prospèrent. Nous avons le même regard pour ce qui se passe « chez les autres » et qui peut avoir des conséquences tout aussi dramatiques pour l’individu engagé religieusement, lorsqu’il quitte sa communauté, qu’il est malade ou qu’il arrive à  l’âge de la retraite. Le don de soi au Divin ne peut faire abstraction des réalités sociales…

Discriminations et inégalités : les contrefaçons de la démocratie

Une discrimination est une inégalité fondée sur un critère prohibé par la loi, comme l’origine, le sexe ou la handicap. Mais ne peut-elle être comprise plus largement lorsque les clivages s’accentuent dans les domaines essentiels de la vie aux dépens du plus grand nombre ? Aujourd’hui, c’est tout un pan de la société qui est visé par un nivellement par le bas.

Alors que de fusions en restructurations, de nombreux salariés se retrouvent sans emploi, on assiste à  une stratégie des bas salaires avec des conventions collectives qui démarrent en-dessous du SMIC. Comment dans ces conditions s’étonner qu’un tiers des SDF soient des personnes qui travaillent. Flexibilité, reculs sur le contrat de travail, chômage récurent, et pour finir le risque de l’abandon du système de retraites solidaires qui restreindrait le droit à  une pension décente. Dans le même temps, inflation des loyers et hausse des prix de l’immobilier rendent d’autant plus insupportable le non respect, par de nombreuses villes, du quota de 20 % de logements sociaux exigé par la loi Solidarité et Renouvellement urbain (13 décembre 2000, article 55). Parmi les mauvais élèves, on retrouve comme par hasard Neuilly-sur-Seine, fief très convoité, qui aurait les moyens d’un logement social de qualité, mais préfère soigner son électorat et payer l’amende, actuellement 150 euros annuels par logement manquant. […]

Georgie : les grandes manoeuvres de Poutine

Le conflit très inquiétant qui vient d’éclater dans le Caucase doit être située dans l’histoire tumultueuse de cette région. On sait qu’il implique la Russie, la Géorgie et les indépendantistes d’Ossétie du Sud (avec une extension à  la Province de l’Abkhazie), mais aussi pour le moment de façon plus lointaine l’ensemble de la communauté internationale, y compris les à‰tats-unis avec un risque réel d’engrenage difficile à  contrôler. Pendant que Nicolas Sarkozy joue les médiateurs…

Il faut en effet se souvenir que la région de l’Ossétie, nichée au coeur de la chaîne du Grand Caucase, de part et d’autre du mont Elbrouz, suite à  la dissolution de l’Union soviétique, en 1991, demeure coupée en deux : l’Ossétie du Nord acquiert le statut de république de la fédération de Russie en 1992, tandis que l’ancienne région autonome d’Ossétie du Sud est intégrée à  la Géorgie. Sa position stratégique au coeur du Caucase en a fait une clef du contrôle militaire russe sur la région, De plus, cette région est le lieu de passage d’importants oléoducs, ce qui à  l’évidence fait planer une grave menace, surtout dans le contexte actuel de flambée de l’énergie. Le gouvernement géorgien a toujours pris ombrage des volontés d’autonomie de l’Ossétie du Sud, concrétisées en 1993 par la rédaction de sa première constitution.

En 1996, pour la première fois, l’Ossétie du Sud a pu élire son président. En décembre 2001, fut ainsi élu à‰douard Kokoity, lequel a demandé en 2002 à  Moscou de reconnaître l’indépendance de la république et de l’intégrer à  la Fédération de Russie. En juin 2007, les séparatistes d’Ossétie du Sud font état d’une attaque au mortier des forces géorgiennes contre Tskhinvali, leur capitale. En automne de la même année, les négociations entre l’Ossétie du Sud et la Géorgie sous l’égide de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) aboutissent à  une impasse.

Par la suite, le président russe Vladimir Poutine ordonne à  son administration d’établir des liens officieux avec ses homologues d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie. La Géorgie estime qu’il s’agit d’une violation des règlements internationaux.

En avril de cette année 2008, la Géorgie accuse l’aviation russe d’avoir abattu un avion géorgien au-dessus de l’Abkhazie. Malgré le démenti de Moscou, une enquête des Nations unies validera la thèse géorgienne. Tbilissi parle d' »acte d’agression international ». Moscou réplique en accusant la Géorgie d’entretenir délibérément la tension. En conséquence de quoi Poutine envoie des troupes supplémentaires en Ossétie du Sud. Le lendemain, l’Otan accuse la Russie d’accroître la tension. En juillet, des avions de combat russes pénètrent dans l’espace aérien géorgien au-dessus de l’Ossétie du Sud pour, selon Moscou, « refroidir les esprits à  Tbilissi ». Deux jours plus tard, la Géorgie rappelle son ambassadeur à  Moscou. Les indépendantistes ossètes affirment que l’artillerie géorgienne a tué au moins six personnes dans des bombardements.

Moscou accuse Tbilissi de recours excessif à  la force. Tous les ingrédients étaient donc prêts en ce début aoà»t pour que le conflit éclate. […]

Tibhirine : l’explication simpliste de François Gèze

Golias Hebdo (n° 37) a fait écho à  l’article de La Stampa, dans lequel un haut fonctionnaire rapporte comment les moines enlevés à  Tibhirine auraient été mitraillés « par erreur », deux mois après leur enlèvement, par un hélicoptère de l’armée algérienne. Depuis, notre site (golias.fr) a reçu un message de François Gèze, directeur des Editions la Découverte et qui a édité le livre magistral de Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire Françalgérie. Crimes et mensonges d’Etats (2004).

Dans une première partie, F. Gèze écrit : Bravo Golias pour votre texte. Dans une deuxième partie, il affirme que cet article invalide totalement l’ensemble du dossier de Golias magazine (n° 115), informé notamment par l’enquête de Didier Contant. Il tranche ainsi : « Golias quitte le camp de la désinformation pour celui de la vérité. » Son camp à  lui donc. Il nous demande « de nous en expliquer », et il renvoie à  « l’analyse critique détaillée du livre de Mme Sherman »1 qu’il a fait paraître sur le site Algeria-Watch. Nos lecteurs nous pardonneront de revenir sur ce dossier, mais nous devons répondre à  cette mise en demeure.

Nous avions en effet en main, pour notre dossier du n° 115 de la revue Golias (juin 2007), l’enquête de Didier Contant, ce journaliste qui s’est suicidé suite à  des querelles journalistiques qui semblent l’avoir perturbé, pour nous contenter d’euphémismes. « On » a jugé qu’il était dans le camp de la désinformation et « on » lui a fait savoir.

Pourtant, à  notre avis, son enquête sur l’enlèvement des moines valait la peine d’être publiée, ce que nous avons fait de notre mieux. Qualifier ce journaliste de « spécialiste des coups », à  titre posthume et sans donner de preuve, comme l’a fait une journaliste, ne suffit pas en effet à  honorer « le camp de la vérité ». Qu’est-ce que Didier Contant remettait en cause ?

Depuis les révélations du sergent-chef Abdelkader Tigha publiées par Libération en 2002, un courant important de la presse nationale française jugeait la cause entendue : les sept moines enlevés à  Tibhirine l’avaient été par un commando, non pas de quelque groupe islamique armé, mais de militaires du DRS de Blida envoyés au monastère dans des J 5 banalisés de l’armée, sur l’ordre du général Smaïl Lamari lui-même, à  l’époque numéro deux du Renseignement en Algérie (décédé depuis). Didier Contant au contraire avait recueilli des interviews de témoins (entre autres du gardien du monastère et aussi d’une autre victime du commando) attestant que des hommes du GIA étaient bien les auteurs du coup de main et que les moines avaient été embarqués dans des caches des islamistes et non à  la caserne du CTRI de Blida, comme Tigha l’affirmait. On pouvait croire Tigha ou Contant, mais pas les deux à  la fois. L’enquête de Contant, sans être infaillible, nous paraissait fiable. François Gèze ajoutait foi au témoignage de Tigha. C’est son droit le plus strict, non un brevet d’infaillibilité, tant s’en faut. […]

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