Un autre regard sur l’information !

France Inter censure Golias

Christian Terras avait été invité par France Inter à  débattre avec le cardinal Barbarin, le matin du 15 aoà»t. Le directeur de Golias n’avait rien demandé, mais il a accepté, bien que ne lui soit accordé que peu de temps pour préparer ce débat à  partir des thèmes prévus. Pourtant l’appel téléphonique, au moment de l’émission, n’est jamais arrivé. Sans la moindre annonce de l’annulation. Ce n’est qu’après, en réponse à  plusieurs appels, qu’un sous-fifre a daigné confirmer l’évidence. La politesse ne semble pas une vertu cardinale à  France-Inter. Mais, passons, ce n’est pas le plus grave.

Comment doit-on analyser un tel fait, car il ne s’agit ni d’un loupé ni d’un malentendu, mais bien d’une censure décidée en haut lieu. Le journaliste qui préparait l’émission qui avait pris contact avec Christian Terras n’avait aucune raison de changer d’avis en quelques heures, alors qu’aucun élément nouveau n’était intervenu. Ce journaliste souhaitait un vrai débat entre deux chrétiens, un évêque et un laïc « engagé », que, certes, des analyses séparent, mais qui sont animés l’un et l’autre par une foi profonde. L’émission à  deux voix pouvait être bien plus vivante qu’un monologue, et plus tonique que lorsque des interlocuteurs bien calibrés posent à  plat ventre des questions de complaisance, comme c’est souvent le cas dans les émissions religieuses.

L’exclusion de Christian Terras vient-elle du Cardinal Barbarin ? Nous n’avons pas d’éléments nous permettant de l’affirmer d’autant que le Primat des Gaules avait certainement été « retenu » avant Christian Terras et informé de sa possible présence dans l’émission. A moins que le cardinal ne l’ait découverte qu’après coup… En l’absence d’explication de la radio nationale, tout ceci n’est pour nous qu’une hypothèse, mais pas la plus plausible.

Les fausses invitations de France Inter

Nous savons que le blocage est venu de de la production de l’émission, mais aussi de la direction de la chaîne publique, là  o๠se définissent les grandes orientations éditoriales. Le « politiquement correct » n’entraîne-t-il pas aussi dans son sillage le « religieusement correct » ? Le Chanoine du Latran a-t-il donné consigne de couper le micro à  tous ceux qui peuvent gêner les gens de l’épiscopat, en tenant un autre langage ? Tentative désespérée du pouvoir pour retrouver l’estime des évêques et l’amour de certains cathos qui ne lui ont encore pas pardonné ses frasques matrimoniales (voir l’article de M. Noblecourt dans « le Monde » du 16 aoà»t 2008) ?

Quoi qu’il en soit, c’est bien dommage. Pas pour Christian Terras qui n’en est pas, en ce domaine, à  sa première censure. Mais c’est triste pour le débat dans l’Eglise, et donc pour le témoignage d’une foi chrétienne qui se cherche en ce monde nouveau… Faites l’expérience : demandez donc à  ceux qui ont écouté France Inter ce vendredi matin 15 aoà»t, ce qu’ils ont retenu des propos du cardinal. Sans doute rien, les propos trop convenus, qui ne passent pas à  l’épreuve d’un échange sans complaisance, laissent rarement de traces, sinon celles de leur médiocrité …

Le débat, au contraire, à  partir des réalités de notre monde, dans un échange vif, va piquer davantage la curiosité des auditeurs, va les faire réagir. S’ils pensent que telle question même un peu dérangeante surgie dans l’échange est bien celle qu’ils auraient aimé poser, s’ils se disent, à  propos d’un point de vue différent : »ça, c’est bien vrai », alors, oui, les points de vue chrétiens, multiformes et forcément divergeants éveilleront peut-être des questions pour la foi.

Ne nous faisons pas d’illusions. Ce n’est pas une émission, même sur France-Inter et avec les plus brillants intervenants qui peut ouvrir des masses de gens aux réalités de la foi. Mais chez certains peut se créer une certaine petite ouverture, peut jaillir une petite lumière… Une vie d’Eglise réduite à  la parole de ses chefs, surtout ceux d’aujourd’hui, est condamnée à  ne rassembler que des inconditionnels, qui se font de plus en plus rares. Si l’Eglise veut s’ouvrir à  tous, il faut bien qu’elle accepte la diversité sans laquelle elle ne sera jamais Universelle. La parole accordée aux différentes « sensibilités » de notre société fait aussi partie de la mission du service public dont France-Inter est une des voix.

Humanae Vitae : une lettre ouverte qui passe mal…

A l’occasion des quarante ans de l’encyclique Humanae Vitae, dont on sait l’impact négatif qu’elle put avoir en son temps, de nombreux groupes de chrétiens proposent au Pape Benoît XVI de revenir positivement sur l’impact négatif de l’encyclique « Humanae Vitae » qui est bien depuis lors « une source de grand conflit et de division au sein de l’Eglise ».

C’est en particulier l’interdiction sans concession qui a frappé de beaucoup de stupeur nombre de femmes et d’hommes de bonne volonté. C’est d’ailleurs l’ensemble d’une politique « catholique » sur la question qui pose gravement question. Ainsi, récemment, le lobbying exercé par des évêques américains a conduit le congrès à  supprimer d’importants services de planification familiale du plan d’urgence sur le Sida, fléau pourtant ô combien mortifère de par le monde.

L’encyclique et ses suites se révéla un échec cuisant dans l’objectif de convaincre les catholiques à  abandonner les méthodes modernes de contraception. Point n’est besoin une fois encore que le texte n’a pas été suivi. Or, non seulement cette position de l’Eglise est figée et obsolète mais elle implique des dommages collatéraux très sérieux. D’o๠l’urgence de cette lettre ouverte publiée dans le œCorriere de la Sera à  l’intiative du mouvement américain œCatholics for choice. et d’une évolution de la position du Magistère, au moins en s’engageant moins dans cette croisade contre les évolutions sociétales et en proposant de façon positive la conception catholique de la sexualité.

Bien entendu, les nombreux signataires1 de cette lettre ouverte ne se font guère d’illusions quant à  une éventuelle réponse favorable à  leur souhait.

O๠sont les femmes ?

Alors que de nombreux catholiques fêtent l’assomption de la Vierge Marie, femme exaltée dans la gloire de Dieu pour sa maternité divine et sa pureté virginale, les femmes en chair et en os que nous côtoyons sont loin d’avoir dans la vie de l’à‰glise une place égale à  celle de l’homme. Au nom d’un charisme féminin qui serait très différent de la vocation de l’homme (entendez le mâle) des théologiennes et théologiens conservateurs, comme par exemple Georgette Blaquière perpétuent une représentation de la société en fait grevée d’aprioris culturels.

Les théologiens de la libération ont montré combien certains discours étaient en profondeur conditionnés par la volonté, consciente ou non, de maintenir en place des structures d’oppression sociale, d’injustice et d’assujettissement. Les théologies féministes étendent le message de libération de Jésus à  cette dimension spécifique qui est celle du refus d’une domination masculine phallocrate injuste et contraire à  l’égalité des sexes et d’abord tout simplement des personnes. Ces modèles secrètement païens tendant à  occulter la nouveauté du message chrétien o๠le saint l’emporte sur le sacré, la liberté d’aimer sur le tabou archaïque, l’esprit sur la lettre, justifient hélas une domination masculine qui n’a rien à  voir avec l’évangile du Christ. Nos sociétés ont évolué et désormais il est évident que chaque femme doit pouvoir bénéficier comme les hommes des chemins de réalisation de soi, de bonheur et de générosité qui peuvent se tracer dans nos sociétés actuelles. Non seulement une telle libération n’est pas contraire ou étrangère au christianisme mais elle incarne la dimension libératrice de l’exode qui se déploie dans les différentes sphères de l’existence humaine et selon les contextes historiques. La théologie féministe porte déjà  de beaux fruits. Elle a encore vocation à  se développer. Elle peut remettre en cause une imagerie et un discours religieux à  dominante patriarcale en lien avec la force subversive du message de Jésus, indà»ment absolutisé. Nous pensons à  l’oeuvre de Pamela Sue Anderson. L’une des routes de la théologie féministe est bien celle d’un dialogue interreligieux, au travers d’une transversale progressiste qui secoue et interpelle les différentes traditions. Car l’homme (et la femme) restent bien à  inventer. En attendant, Rome serre les boulons.

15 aoà»t : Maudites entre les femmes…

Selon les autorités de l’Eglise, les ordinations de femmes sont nulles et ceux qui y procèdent sont excommuniés. Pourtant, cinquante femmes ont déjà  reçu les ordres sacrés et 150 seraient en attente d’être consacrées. Les contre-mesures du Vatican n’ont pas tardé à  être promulguées. En ce jour de l’Assomption de Marie, la œbénie entre toutes les femmes, Golias revient sur la question des femmes dans l’Eglise et la théologie catholique.

L’ordination des femmes au sacerdoce et à  l’épiscopat est une question qui divise verticalement la communion anglicane. La conférence de Lambeth qui s’est achevée récemment l’a confirmé. Mais la question se pose aussi pour l’Eglise de Rome. Enquête.

C’est ce que prouvent deux contre-mesures adoptées récemment par la hiérarchie catholique. La première est un décret émis par la congrégation pour la doctrine de la foi œconcernant le délit de tentative d’ordination sacrée d’une femmeœ. La seconde est l’interdit lancé par l’archevêque de Saint Louis, Raymond Leo Burke, contre une religieuse de son diocèse, Louise Lears, coupable d’avoir assisté et apporté son soutien à  l’ordination sacerdotale de deux femmes. […]

Avant l’épisode de Saint Louis, en effet, plusieurs ordinations de femmes au sacerdoce et à  l’épiscopat ont eu lieu au cours de ces dernières années au sein de l’Eglise catholique. Ces ordinations sont considérées comme invalides et donc nulles par les autorités de l’Eglise. Le canon 1024 du code de droit canonique établit en effet que œseul un homme baptisé reçoit validement l’ordination sacréeœ. […]

A Rome, en effet, on craint que le nombre de femmes ordonnées continue à  augmenter. Le Roman Catholic Womenpriests compterait 150 autres femmes en attente de devenir prêtres. Par ailleurs, dans certains pays, l’idée d’ordonner des femmes semble de plus en plus faire l’objet d’un consensus. Après la condamnation de soeur Lears, par exemple, les manifestations de soutien se sont multipliées.

Enfin, on soupçonne certains évêques de se prêter à  cette opération. Patricia Fresen, l’ancienne religieuse qui est l’une des quatre femmes
évêques du Roman Catholic Womenpriests, affirme avoir été ordonnée à  l’épiscopat en 2005 par trois évêques catholiques dont elle n’a pas révélé l’identité. Il en serait de même pour les trois autres femmes évêques du mouvement. Parmi les prélats soupçonnés de soutenir, dans les coulisses, de telles ordinations il faut citer l’ancien président se la conférence épiscopale américaine, l’archevêque Joshué Rafel Quinn, auquel Jean Paul II et Benoît XVI ont toujours refusé la barrette cardinalice. A un éminent cardinal romain, plein d’esprit, on demanda un jour s’il y aurait bien des femmes-prêtres ou non dans le futur, il se contenta de sourire et de répondre : œIl ne faut jamais dire jamais….

(l’illustration de l’article est de Gaia Orion)

Chine : une Eglise mal préparée pour l’avenir

La théologienne chinoise Maria Ko Ma Fong évoque la situation du catholicisme en Chine à  travers notamment les retombées des persécutions et sa faible préparation théologique pour affronter
l’avenir.

Golias : Comment les Chinois se représentent-ils Dieu ?

Maria K.H.F. : c’est une question difficile. Cela dépend s’il s’agit d’intellectuels de haut niveau qui cherchent Dieu ou “ comme c’est le cas de la majorité des chrétiens chinois- du peuple pauvre, exploité et privé de toute formation. Ceux qui possèdent une formation poussée vivent dans les villes et cherchent la rencontre avec Dieu par la raison. Pour beaucoup de chrétiens cultivés et vivant dans les villes “et parmi eux se trouvent une bonne partie des 70 millions de protestants- le christianisme est une religion de prestige parce que depuis le Moyen Age il a été le moteur du progrès en Europe et en Amérique du Nord. La majorité des 12 millions de catholiques vivent à  la campagne dans des régions pauvres plus ou moins coupées du développement rapide de l’économie chinoise. Ils vivent dans des familles traditionnelles qui sont chrétiennes depuis plusieurs générations. Ils ont été évangélisés dans les années précédant la victoire du communisme en 1949. Leur religiosité consiste en une foi simple faite de piété traditionnelle. Leur relation avec Dieu est sans complications, on peut parler d’une relation familière. Pour ces paysans chrétiens, Dieu est un proche confident, un ami. Ils louent Dieu lorsqu’il pleut au bon moment et ils le remercient pour la récolte.

Parlons de l’Eglise catholique. Comment se compose-t-elle ?

L’Eglise catholique est majoritairement constituée de chrétiens d’origine paysanne. Ils ont plusieurs lieux de pèlerinage consacrés à  la Vierge Marie et ils ont une forte dévotion pour la Vierge. Ce culte concerne avant tout « la Mère de Dieu du Secours perpétuel ». On fête la Vierge le 4 mai. Cette spiritualité se comprend lorsqu’on réalise combien les chrétiens ont été victimes de l’oppression et de la persécution après la victoire de Mao et du communisme. Dans sa lettre à  l’occasion de la Pentecôte, le Pape Benoit XVI a pris cette piété comme thème central. Des milliers de croyants participent aux pèlerinages en des lieux autorisés par le gouvernement. Entretemps cependant, celui-ci a fermé de nombreux lieux de pèlerinage, comme cela a été le cas, il y a quelques années avec TONG-LOI, un lieu fort fréquenté. […]

L’évêque tradi du Puy n’aime pas le Motu Proprio

Mgr Henri Brincart, évêque du Puy en Velay, passe, non sans raisons, pour l’un des prélats les plus « traditionnels » de l’épiscopat. Mais les classements ne recouvrent jamais totalement la réalité et en fait la déforment souvent beaucoup.

Il faut en effet savoir que des raisons qui relèvent parfois davantage de l’affectivité peuvent brouiller les pistes. Avec un autre évêque pourtant lui aussi pour le moins conservateur, Mgr Albert de Monléon, de Meaux, Henri Brincart a déployé beaucoup d’énergie, en particulier auprès du cardinal Dario Castrillon Hoyos, pour s’opposer à  l’application pleine et entière du Motu proprio sur la liturgie du côté des scouts d’Europe. […]

De plus, selon nos sources, Mgr Brincart refuserait également l’accueil dans son diocèse à  des prêtres trop marqués comme traditionnels. Serait-ce le monde à  l’envers ou plutôt la énième confirmation d’un constat souvent formulé selon le pire ennemi est souvent celui de qui par bien des côtés on est le plus proche. […]

EDVIGE : le fichier de tous les dangers

Dernier cri en matière d’informatique créé le 2 juillet 2008, Edvige est censé contribuer à  la prévention des violences urbaines. Vous contestez, vous avez des fréquentations peu orthodoxes, alors vous êtes bons pour être inscrits. Et comme on ne donne pas dans la demi-mesure, c’est valable à  partir de 13 ans…

Sans débat public préalable, le gouvernement vient d’accroître considérablement ses capacités de fichage. Edvige fait son entrée, par décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 publié au Journal officiel du 1er juillet. Aucun hommage à  la reine de Pologne canonisée en 1997 par Jean-Paul II derrière l’appellation complète : Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale. Précision de taille, le nouveau fichier informatique sera assuré par la Direction centrale de la sécurité publique, née de la fusion des Renseignements généraux et de la Direction de la surveillance du territoire, la fameuse DST classée secret défense. Avec de tels parrains, Edvige risque de démarrer très fort. […]

Sida : entre espoir et inquiétudes

La XVIIe conférence internationale sur le sida s’est ouverte le 4 aoà»t à  Mexico, avec l’absence remarquée de responsables politiques français. En dépit de timides avancées, la pandémie touche 37 millions de personnes dans le monde et se heurte au désengagement des pays les plus riches.

Organisée tous les deux ans, la conférence internationale sur le sida réunit quelque 22 000 personnes venues du monde entier, et c’est la première fois qu’elle était organisée en Amérique latine. Tenue cette année à  Mexico, l’assemblée a été l’occasion de faire le point sur une pandémie qui a causé 25 millions de décès en un quart de siècle et touche actuellement 37 millions de personnes dans le monde. Durant une semaine, chercheurs, scientifiques, militant ont débattu sous le thème Action universelle maintenant, en présence du secrétaire général des Nations unies, du directeur exécutif de l’Onusida et de la directrice générale de l’Organisation mondiale de la Santé. Pour ce qui est des grandes puissances, leur faible représentativité en dit long sur leur désengagement politique et financier. L’absence de Roselyne Bachelot et de Bernard Kouchner, respectivement ministres de la Santé et des Affaires étrangères, a été sévèrement critiquée. Le mardi 5 aoà»t, Act Up faisait circuler dans les couloirs de la conférence une affichette avec la photo de Roselyne Bachelot sur laquelle était inscrit : œDisparue, vue pour la dernière fois au terrain de pétanque à  Pékin. Une épidémie unique dans l’histoire de l’humanité aurait pourtant mérité une représentativité au plus haut niveau. L’absence des uns et le silence complice des autres n’est pas moins condamnable que certaines attitudes à  d’autres moments de notre histoire. […]

Les fils d’étrangers

L’arrière fond historique de cette première lecture permet de mieux comprendre. Un disciple d’Isaïe réclame place et droit de religion pour les « fils d’étrangers ». Les exilés les plus militants sont revenus de Babylone avec femmes, enfants et serviteurs. La cohabitation avec les judéens restés en Israà«l, n’a pas été facile, mais le Temple a été reconstruit, et les lois de sainteté, définies durant l’Exil, ont été mises en application. Le prophète clame haut et fort que les « fils d’étrangers » ont toute leur place dans la religion juive. Le propos nous paraît normal.

Il est révolutionnaire : le retour est avant tout marqué par le souci de rétablir les observances, et les racines d’Israà«l. Les normes d’appartenance impliquent une ascendance, des pratiques rigoureuses, des règles séparant le pur de l’impur. A priori étrangers et fils d’étrangers ne peuvent faire partie de la famille du peuple élu. « Les fils d’étrangers attachés au Seigneur¦ à  son alliance¦ je les mènerai sur ma montagne sainte ». L’écrivain sacré interpelle ses contemporains, ses propos rebondissent pour nous. Les fils d’étrangers sont sur notre pays, ils sont citoyens français, mais leurs noms et prénoms, leur faciès, leur double culture revendiquée, nous rendent méfiants, hésitants¦ Ils proclament le droit d’honorer le Dieu Unique, comment leur faire une place ? Les « étrangers » ne sont-ils pas aussi toutes celles et tous ceux qui ont largué la pratique religieuse, abandonné « l’Eglise », toutes celles et tous ceux qui attestent volontiers de leur incroyance ? Dans le même temps ils vivent honnêtement, sont humainement irréprochables, « hommes de bonne volonté », solidaires, amicaux¦ En deçà  d’une « pratique religieuse», continuant à  critiquer
« l’institution Eglise », nous les trouvons mobilisés pour sauvegarder les chapelles et églises, réclamant pour eux et leurs proches, baptêmes, mariages, obsèques, membres actifs de causes humanitaires. Dieu aurait-il fait l’impasse d’une génération ? Devenus comme étrangers pour nous, comment donner crédit et crédibilité à  l’authenticité des chrétiens qu’ils suspectent? Leurs fils et leurs fille interpellent notre Eglise, ses dogmes, sa morale, ses coutumes et traditions¦ Ils avouent quelques prières, sont en quête de croyances, réclament des communautés festives et les rythmes à  la mode. Ils ne demandent qu’à  comprendre les attendus de notre Espérance et de nos pratiques, comment rendre nos églises et chapelles
« maisons de prières pour tous les peuples » ?
Jean Doussal

Serbie : l’arrestation de Radovan Karadzic

Les Balkans nous ont habitués aux paradoxes. Le jour o๠le nouveau Premier ministre du Kosovo indépendant Thaci rencontrait à  Washington le président américain Bush et à  moins de deux semaines du retour au pouvoir des héritiers du parti socialiste de Milosevic, la justice serbe a appréhendé l’ancien leader des Serbes bosniaques, Radovan Karadzic.

L’arrestation a eu lieu 13 ans après l’incrimination de Karadzic et résonne comme le chant du cygne du Tribunal de la Haye deux ans avant la fermeture programmée des ses travaux. Karadzic n’a pas été capturé par les soldats de l’Otan, ni localisé par les fonctionnaires des Nations Unies et par les nombreux services secrets de tous les pays occidentaux qui sillonnent la région désormais depuis plus d’une décennie. Il a été arrêté à  Belgrade par les services de sécurité serbes, au moment o๠un nouveau gouvernement a jugé utile de risquer sa popularité (le Premier ministre Djindjic a payé de sa vie une initiative politique semblable), à  un moment o๠Belgrade doit récupérer son poids politique sur le plan international, après l’indépendance du Kosovo.

En effet, l’isolément politique ne favorise pas les intérêts de Belgrade, qui a compris que le match du Kosovo n’est pas définitivement terminé et que la nouvelle république balkanique a de la peine à  décoller aussi économiquement que politiquement. L’arrestation de Karadzic et son extradition éventuelle à  la Haye permet à  Belgrade d’avoir en main une monnaie d’échange pour acquérir un crédit politique “ à  travers Bruxelles “ sur le dossier kosovar. Par conséquent, l’arrestation de Karadzic, plus qu’une victoire de la Haye est une victoire ou un coup gagnant de la part du gouvernement et du Parti Démocratique de Tadic, le Président serbe. […]

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