Un autre regard sur l’information !

Tibhirine : les vraies – fausses révélations de M. Quinson

Golias Hebdo n° 37 faisait sa Une sur la révélation de la Stampa concernant la mort des moines de Tibhirine : selon le grand quotidien italien, ils ont été mitraillés « par erreur » par un hélicoptère de l’armée algérienne, pendant leur captivité dans le djebel près de Médéa, et leur décapitation n’a visé qu’à  camoufler ce massacre.

Ce « témoignage », qui pourrait lever une part de l’énigme entourant jusqu’ici la mort des moines, est celui d’un haut fonctionnaire alors en poste en Algérie. Il demande bien sà»r à  être corroboré, mais il semble très bien informé et présente toutes les garanties de l’authenticité. On s’est étonné, dans ces colonnes, du peu d’écho rencontré dans la presse française par cette information de première importance. Elle serait à  même de relancer l’enquête. Pourquoi ce silence des grands médias nationaux ? Qu’attendent-ils pour faire leur travail ? Un correspondant ami algérien nous interroge : « Aucune éthique chez les journalistes français ? Est-ce que le France a perdu son âme ? »

Si l’on souhaite que la vérité avance au moins un peu sur cette affaire sinistre, le minimum est de ne pas relativiser l’interview de la Stampa. C’est pourtant ce que tente de faire M. Henry Quinson (texte repris sur le site de Liberté politique du 18/7/08). Il a traduit naguère le livre important de l’Américain John Kiser consacré aux moines de Tibhirine (sous le titre français Passion pour l’Algérie), et il a été amené à  le compléter pour l’édition française. Voilà  qu’il profite aujourd’hui de l’article de la Stampa pour faire la publicité de son livre sur l’air de : « je vous l’avais bien dit, mais vous n’avez pas voulu m’écouter. » Il écrit, sous le titre modeste : « Kiser avait tout révélé » : « L’article ne fait que reprendre ce que révélait l’enquête de John Kiser ¦ John Kiser était le premier à  révéler l’affaire de l’hélicoptère algérien mitraillant les sept frères et leurs ravisseurs.» […]

Xavier Darcos et le lobby informatique

Alors que les travaux des commissions Attali (sur la libération de la croissance) et Pochard (sur la rénovation du métier d’enseignant) ont été largement médiatisés par le gouvernement, la commission Mounet, dite E-educ, à  été mise en place dans un cadre beaucoup plus confidentiel et sans aucune couverture de la part des grands médias.

Avant même d’analyser prochainement son rapport de synthèse qui vient juste de tomber « Pour le développement du numérique à  l’école » … en 90 pages, nous devons nous interroger sur sa composition. Sa composition est pourtant proprement scandaleuse car elle se présente comme une entreprise de lobbying des milieux informatiques organisée sous l’autorité du ministre Xavier Darcos. Son objectif est fondamental pour les missions de l’Education Nationale dans le cadre de leur moderni-sation relativement à  l’emploi et à  l’implication des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (TICE).

Jean Mounet, maître à  penser du Ministère et du Medef

Jean Mounet est Président de Syntec Informatique, la chambre syndicale qui regroupe les Socié-tés de Services et d’Ingénieries Informatiques (SSII) et les Editeurs de Logiciels. Créée en 1970, cette structure compte aujourd’hui 650 entreprises adhérentes, représentant 33 milliards d’Euros pour des activités cumulées occupant 337 000 salariés. Syntec informatique, c’est donc un peu l’IUMM des services informatiques.
On ne croit pas si bien dire quand on sait que Jean Mounet a été récemment missionné comme Président d’un groupe de travail du MEDEF pour la rédaction d’un rapport intitulé « Faire de la France un leader mondial de l’économie numérique», document publié en Janvier 2008, et prestement transmis au gouvernement. Rapport dans lequel le MEDEF donne nombre de conseils au gouvernement, notamment en matière d’éducation. […]

JMJ à  Madrid : le bras de fer continue

Comme cela est désormais de coutume depuis une vingtaine d’années à  l’issue des Journées Mondiales de la Jeunesse, le Pape annonce le lieu o๠elles se tiendront trois ans plus tard. Le Pape Benoît XVI n’a pas dérogé à  cette habitude et a en effet annoncé, à  l’issue de la célébration de clôture des JMJ de Sidney, la ville qu’il a choisie pour les JMJ de 2011 : il s’agit de Madrid, capitale de l’Espagne comme chacun sait, mais surtout le théâtre d’un bras de fer qui n’en finit pas de se durcir entre le gouvernement socialiste de Zapatero et un épiscopat local qui se montre de plus en plus intransigeant, sous la férule du redoutable cardinal de Madrid, Antonio Maria Rouco Varela.

Ce choix de Madrid pour les JMJ 2011 constitue pour l’épiscopat espagnol un encouragement à  poursuivre dans la ligne qui est aujourd’hui la sienne, quitte à  être accusé de se lancer dans une croisade d’un autre temps contre la société actuelle et ses évolutions.
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Chronique pour un temps d’été

Après tout, c’est le temps des vacances, même si beaucoup (comme les rédacteurs de cette revue) sont encore ficelés à  leur tâche. La tentation est là , d’un style d’été qui se voudrait plus léger, même sur des sujets lourds… D’autant que l’autre jour un lecteur affà»té de Golias nous a dit qu’on manquait d’humour. La mouche nous a pris¦

Le pape est rentré d’Australie

Il faut reconnaître que ce type de voyages devient pour lui redoutable. Dès qu’il pose sa mule quelque part, un groupe de mécontents vient lui demander des comptes. Il a beau débarquer avec plein de beaux discours sur le vide de nos sociétés sans Dieu ou sur la nécessité de respecter la nature, domine dans les médias la colère des parents de victimes ou des victimes elles-mêmes, celles qui ont été profondément salies par des prêtres pédophiles…

L’habitude n’y fait rien, même après le voyage aux Etats-Unis : c’est toujours la même accusation qui recommence et sous toutes les latitudes. Ainsi donc, dans la lointaine Australie, là  o๠n’existe même pas un Golias (qu’il est commode d’accuser chez nous), des gens viennent lui demander des comptes, en premier lieu sur les silences de l’Eglise et sa politique de mutation discrète et dangereuse des clercs coupables…

Le cri de ces quelques centaines de gens couvrent tous les alléluia, au point que c’est surtout cela qui frappe l’opinion publique, même si Benoît XVI, pourtant très réticent à  la repentance n’a pu moins faire que de présenter ses excuses … Les évêques espagnols, qui ont en charge les prochaines JMJ de Madrid vont devoir déminer le terrain. Entre nous, pendant que ces évêques feront le ménage dans la boutique, ils s’acharneront peut-être moins contre la société civile et le gouvernement espagnols…
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Méprise !

Une opinion commune dans certains milieux catholiques conservateurs, aussi répandue que fausse, laisse entendre que la théologie de la libération n’existe plus, qu’elle était entièrement conditionnée par le marxisme aujourd’hui remis en cause, qu’elle se serait évanouie suite à  la faillite des utopies sécularisées qui prétendent construire le paradis sur la terre et finissent par susciter un enfer totalitaire. Il s’agit, soulignons-le, d’une totale méprise.

La théologie de la libération exprime un désir profond qui émerge du coeur de ces peuples opprimés et injustement méprisés. Elle traduit leur foi en un Dieu qui, loin de contraindre les hommes à  la résignation et à  l’écrasement d’eux-mêmes, les invite à  devenir au contraire acteurs de leur propre libération. Vouloir comme l’avait fait Joseph Ratzinger expliquer et réfuter le courant de la théologie de la libération à  partir de pensées européennes est aussi discutable que prétendre faire de notre propos une doctrine des à‰tats-unis parce que l’ordinateur dont nous nous servons pour l’écriture porte une marque américaine. […]

Le nouveau visage de la Théologie de la libération

Dans le passé, en particulier au cours des années quatre-vingt, la théologie de la libération s’est trouvé dans l’oeil du cyclone. Rome tenta d’en affaiblir l’influence, sinon de la condamner. Des prélats très influents comme le cardinal Alfonso Lopez Trujillo, aujourd’hui décédé, tentèrent de l’éradiquer en en brossant un portrait caricatural et simpliste. Beaucoup ont pensé que le coup de grâce lui avait été donné par l’effondrement du mur de Berlin en 1989, et aussi ou surtout par l’effondrement en général des utopies comme si envisager un paradis sur la terre revenait souvent à  bâtir l’enfer.

En réalité, la théologie de la libération a vécu un certain nombre de mutations et connu des remises en cause mais pour mieux renaître, pour dépasser peut-être certaines étroitesses, pour s’élargir peut-être à  la dimension d’autres horizons. Deux récents forums mondiaux de la théologie de la libération, à  Porto Alegre en 2005 et à  Nairobi en 2007, ont rendu visible ce tournant et cette renaissance.

Née dans les années soixante pour penser la foi en référence à  l’expérience des communautés ecclésiales de base d’Amérique latine, incluant leurs combats sociaux pour l’homme, la théologie de la libération a compté d’emblée de très grands noms parmi ses pionniers comme Paul Gautier, Gustavo Gutierrez, Jon Sobrino, Joseph Comblin, Leonardo Boff ou Juan Luis Segundo, pour n’en citer que quelques-uns. Dans les premiers temps, la théologie de la libération prend toute sa prégnance du contexte social et politique d’une Amérique latine en proie à  la visée dominatrice des à‰tats-unis et malheureusement en bonne partie soumise à  des dictatures militaires et à  des régimes autoritaires, souvent brutaux et injustes.

Ce courant théologique entendait établir un lien vital, nullement extérieur et artificiel, mais profond et de l’intérieur entre le message chrétien venu de Dieu et les luttes humaines pour libérer les peuples du monde de nouveaux esclavages. Certes, il n’y a rien de vraiment nouveau dans la tradition chrétienne de servir Dieu en ses pauvres, d’y voir des modèles et…la présence de Jésus parmi nous. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens c’est à  moi que vous l’avez fait ». La théologie de la libération va plus loin : elle entend inviter au nom de l’évangile les pauvres à  se faire les acteurs convaincus de leur propre libération. C’est pourquoi son message se situe aux antipodes d’une spiritualité malsaine de la résignation, ou d’une religion qui serait l’ « opium du peuple » selon l’expression de Karl Marx. Il s’agit bien d’incarner le dynamisme de l’évangile dans des combats concrets. Y compris en luttant contre les dérives du capitalisme et de l’ultralibéralisme inhumain et favorisant l’injustice la plus criante.[…]

Cuba : l’alternative agricole à  l’embargo

A l’époque du « camp socialiste », Cuba se caractérisait par un modèle agricole axé sur les productions destinées à  l’exportation (tabac, canne à  sucre…), avec un système de grandes fermes d’Etat en agriculture intensive utilisant massivement les pesticides et les engrais chimiques . Par contre, l’île était dépendante à  66 % des importations du bloc de l’Est pour nourrir sa population1. L’effondrement du bloc soviétique en 1989, puis la disparition du COMECON, suivis du renforcement de l’embargo américain en 1992 (amendement Toricelli) puis en 1996 ( Helms-Burton Act)2 créèrent une situation catastrophique.

Les transports furent paralysés, la faim fit son apparition et entre 1989 et 1992, la ration alimentaire moyenne diminua de 20 % en calories et de 27 % en protéines ; la perte de poids moyenne pour les cubains fut de 15 kg.1 Il fallait réagir d’urgence : puisqu’il n’y avait plus d’engrais, on décida de recourir aux anciennes méthodes, puisqu’il n’y avait plus de carburant, on développa la traction animale et l’agriculture de proximité. La Havane devient une priorité dans le programme alimentaire national, des
« organoponicas » (jardins de recherche) et des « huertos populares » (jardins cultivés publics) furent créés : dès 95, il y avait 26.600 de ces jardins à  La Havane et en 96 un décret autorisait à  la Havane exclusivement les méthodes agricoles biologiques pour l’alimentation4.

En 1996-97, Cuba réalisait sa plus grosse production historique de 10 cultures de base3. Les productions de légumes ont considérablement augmenté depuis la crise de 1994, et arrivent à  1,4 millions de tonnes par an, pour atteindre la norme nutritionnelle (conseillée par la FAO) de 300 g par jour et par personne de légumes frais. Les cultures urbaines produisent maintenant de 80 à  100 % des légumes consommés dans les agglomérations cubaines, mais seulement 50 % de ceux consommés à  La Havane, le complément étant assuré par des coopératives de la province de la Havane. […]

La derniere extrémite de Dieudonné

La presse vient d’en donner l’information, alors qu’à  Bordeaux même l’évènement était passé presque inaperçu. Pourtant, le baptême d’une des filles de l’humoriste Dieudonné avait pour le moins de quoi attirer l’attention. En effet, l’enfant avait un parrain pour le moins médiatique en la personne du leader du Front National, Jean-Marie Le Pen lui-même.

Le lieu n’était pas davantage anodin. L’église Saint Eloi qui accueille la paroisse personnelle traditionaliste de l’abbé Philippe Laguérie et de l’Institut du Bon Pasteur. Philippe Laguérie est l’ancien curé « sauvage » de Saint Nicolas du Chardonnet à  Paris et il n’a jamais fait mystère de ses sympathies envers l’extrême droite.

Avouons-le, cet évènement a de quoi surprendre. Non pas tant finalement pour le rapprochement entre Le Pen et Dieudonné qui ne fait que confirmer ce que nous savons déjà  depuis de nombreux mois. Plutôt en raison de ce ralliement à  la religion catholique, qui plus est dans sa version la plus dure. Dans un passé qui n’est pas si récent que cela, Dieudonné s’en prenait au contraire violemment à  l’à‰glise et même à  Dieu, se proclamant athée virulent, en des termes qui pouvaient résonner comme blasphématoires aux oreilles de ses nouveaux amis d’aujourd’hui. Ainsi, le même Dieudonné s’était vu accusé en justice il y a quelques années par une association de tendance intégriste, l’AGRIF, pour des propos racistes et haineux contre les blancs et contre les catholiques.

Chantre un peu excessif et ne faisant pas dans la dentelle, Dieudonné fustigeait à  l’époque « une minorité catholique (¦) pour qui l’homme noir n’a pas la même valeur que l’homme blanc œ, le voici désormais dans le proche entourage de Jean-Marie Le Pen, qui savoure ce retournement. […]

La Grande Muette sort de sa réserve

Les relations ente le chef de l’à‰tat français et l’armée ne sont pas franchement au beau fixe. De petite phrase malheureuse à  crise d’autorité, il y a de la méfiance dans l’air et comme un couac dans la traditionnelle réserve de la Grande Muette. Une âme de corsaire se dissimulerait-elle sous le treillis ?

On se souvient du défilé du 14 juillet 2008. Le président français juché sur un véhicule militaire à  ciel ouvert qui descend les Champs-à‰lysées. Silence glacial de la foule parisienne, quelques huées et mêmes des sifflets dans quelques endroits. Les jeunes officiers de l’à‰cole militaire interarmes ont salué comme il se doit la tribune présidentielle o๠se trouvait Bachar El-Assad. Leur parrain de promotion : le lieutenant Dejean de la Bâtie, tué à  Beyrouth dans l’immeuble du Drakkar en 1983 avec 57 de ses camarades. Attentat imputé aux services syriens.

Après la fusillade à  balles réelles du 29 juin qui avait fait de nombreux blessés à  Carcassonne, Nicolas Sarkozy déclarait à  propos des militaires : œVous êtes des amateurs, pas des professionnels. Ce qui, naturellement, avait jeté un froid, et entraîné la démission de Bruno Cuche, chef d’état-major de l’armée de terre, unanimement apprécié par ses pairs. Lorsque, en février 2008, deux policiers ivres avait sorti leur arme dans un restaurant de Franconville (Val-d’Oise), blessant grièvement un Pakistanais resté tétraplégique, le même Nicolas Sarkozy n’avait pas lancé sa diatribe. Sans doute parce que les premiers sont à  mettre au pas et les seconds parce qu’ils servent sa politique intérieure. […]

Le Chemin à  la conquête des diocèses de France

Le chemin néo-catéchuménal vient de voir ses statuts enfin reconnus par le Vatican, même si c’est avec des modifications et des amendements qui ne lui donnent pas entièrement satisfaction, notamment au sujet de la pratique liturgique.

En France, il y a un séminaire du chemin dans le diocèse de Strasbourg depuis que Mgr Charles Amarin Brand, alors archevêque, avait accueilli le mouvement en 1991, au grand déplaisir du clergé local. En près de vingt ans, nous apprend Jean-Paul Blatz, responsable local du mouvement contestataire Jonas, plus de soixante séminaristes d’un peu partout dans le monde ont vécu et étudié à  Strasbourg dans ce cadre. De plus, en juin 2007, un premier prêtre d’origine portugaise formé dans ce séminaire a été ordonné au titre du diocèse de Strasbourg; deux séminaristes actuels, un espagnol et un polonais sont également prévus pour rejoindre le clergé de ce diocèse. […]

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