Un autre regard sur l’information !

Sarkozy envoie ses œvoeux à  Laguérie

Le président français Nicolas Sarkozy, nouveau marié et chanoine honoraire de la basilique St-Jean de Latran à  Rome, a fait parvenir un message à  quatre diacres catholiques traditionalistes (en vue du sacerdoce) qui y ont été ordonnés samedi 23 février. A la fin de la cérémonie d’ordination, le message a été lu par l’abbé Philippe Laguérie, supérieur de l’institut traditionaliste du Bon Pasteur. L’abbé précisa que le chef de l’à‰tat avait confié le soin à  son chef de cabinet (la désormais célèbre Emmanuelle Mignon) combien il avait été sensible à  la bonne nouvelle de ces ordinations.

L’institut du Bon Pasteur, dont le siège est à  Bordeaux, est une structure imaginée par le pape Benoît XVI en septembre 2006, sur le conseil du cardinal Dario Castrillon Hoyos, en vue à  court terme de donner une reconnaissance et un poids au petit groupe formé par l’abbé Philippe Laguérie, et à  long terme pour favoriser la réinsertion des sectateurs de l’archevêque intégriste Marcel Lefebvre. Avant de réintégrer l’Eglise catholique avec l’institut du Bon Pasteur, l’abbé Laguérie a été de 1984 à  1997 le « curé » autoproclamé de l’église Saint-Nicolas du Chardonnet à  Paris, occupée illégalement par les intégristes depuis 1977.

Il a également pris en son temps des positions politiques plus que controversées en faveur des régimes politiques fascistes d’Amérique latine. […]

Rétention de sà»reté : la justice à  l’épreuve

œIl ya des heures de la gloire pour la justice : la fin de la torture, du bagne, l’abolition de la peine de mort… Aujourd’hui, nous sommes dans une période sombre pour notre justice œ. (Robert Badinter)

En essayant de faire passer sa loi sur la «rétention de sà»reté », Nicolas Sarkozy s’est heurté à  notre Constitution qu’il voulait contourner. Même la Cour de Cassation ne peut rien pour lui. Quelles sont les raisons pour lesquelles le Président de République tente un tel bras de fer avec la justice

On peut faire crédit à  Nicolas Sarkozy de quelques connaissances même sommaires en matière juridique. N’a-t-il pas été avocat en même temps qu »il entrait en politique ? Certes, il était avocat d’affaires et à  ce titre il fréquentait sans doute moins assidà»ment les prétoires mais, quand même, il devrait lui rester quelques bribes de l’enseignement reçu en faculté de droit. Dans ces conditions il ne pouvait ignorer que le Conseil Constitutionnel ne pouvait que censurer directement ou indirectement « sa » loi sur la « rétention de sà»reté ». […]

Inde : les femmes et les chrétiens en grand danger

Ce pays immense, véritable continent, connaît un douloureux supplice, au moins sous deux aspects : les dizaines de millions de femmes disparues et les violences contre les chrétiens. Le dernier événement en date est une explosion meurtrière dans l’à‰tat d’Orissa. On ne compte plus les infanticides de petites filles, généralement grâce à  des herbes empoisonnées ou en les noyant, comme des chiots indésirables. Sur fond de persécutions des communautés chrétiennes qui luttent contre ce fléau.

Il faut savoir en effet que dans de nombreuses familles en Inde la naissance d’une petite fille est vue comme un malheur, en raison du poids financier considérable pour les plus pauvres, car cela implique lors du futur mariage le règlement d’une dette particulièrement lourde pour la dote. Par ailleurs, l’avortement sélectif des petites filles a considérablement augmenté avec la possibilité de connaître par avance le sexe de l’enfant à  naître. […]

Jésus face à  la mort de Lazare

Après l’eau vive offert à  la Samaritaine et l’illumination de l’aveugle-né, et juste avant de vivre la passion, l’Eglise nous propose de méditer sur le sens ultime de la vie baptismale : la résurrection. La mort est bien le dernier ennemi et Jésus, avant d’affronter la sienne, se mesure à  celle de son ami Lazare…

Le seul « miraculé » dont on connaisse le nom : « Dieu aide » ! Le trouble de Jésus n’évoque-t-il pas son désarroi face à  sa propre mort ? (Cf. Lc 22,44) Et le retour à  la vie du frère de Marthe et de Marie devient le signe de la victoire de Dieu. C’est ce que dit clairement Jésus : la mort de Lazare est « pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils soit glorifié » (v 4). Son départ différé de deux jours tout comme sa détermination (« allons », v 7, 15) dit bien sa confiance absolue en son Père (v 41-42) et le retour à  la vie de Lazare est le dernier signe (la premier étant celui de Cana) pour susciter la foi (v 15. 45). Pourtant, la résurrection est bien différente : Lazare sort encore lié dans ses bandelettes et son suaire contrairement au Christ, définitivement vainqueur (20, 6-7). […]

Congo : qui mettra la main sur le coltan, l’or gris de nos portables ?

Rarement évoqué et pourtant hautement stratégique, le coltan est essentiel aux nouvelles technologies. Avatar des rapports Nord-Sud, ce précieux minerai n’est pas étranger aux conflits qui ravagent l’Afrique en raison du pouvoir économique et politique qu’il confère à  ceux qui en détiennent le contrôle.

Quel est le point commun entre un airbag, un téléphone portable et une Playstation 2 ? Le coltan, un minerai composé de deux corps distincts, la colombite et la tantalite. Et c’est de cette dernière qu’on extrait le tantale. Gris argenté, excellent conducteur d’électricité, il est indispensable à  la technologie de pointe du fait de sa dureté et de sa haute résistance à  la chaleur. Il sert à  fabriquer des pièces d’avions, de fusées, des outils de précision, des armes dites intelligentes, des caméras-vidéo et autres puces pour ordinateurs. Naturellement, sa demande ne cesse de croître et son prix a augmenté de plus de 2000 % en cinquante ans […]

Le cardinal Vingt-Trois et le statut de l’embryon

Comme nous pouvions le prévoir (voir Golias hebdo n°15), l’arrêt récent de la Cour de cassation autorisant l’inscription, même partielle, d’un enfant à  naître de moins de 22 semaines (stade limite à  partir duquel l’embryon devient foetus) constitue une brèche dans laquelle les partisans d’un thèse de l’embryon comme être humain vivant dès la fécondation n’ont pas manqué de s’engouffrer. […]

ALFRED LOISY: l’actualité d’une condamnation

Alfred Loisy, prêtre catholique, fut persécuté et honni pour ce qu’il pensait et osait écrire sur l’Eglise et la foi chrétienne. Le 7 mars 1908, il fut même excommunié en raison de ses positions doctrinales jugées dissidentes. A l’occasion de la célébration du centième anniversaire de sa condamnation par le pape Pie X, Golias a décidé de rendre hommage à  ce savant distingué malheureusement oublié de nos mémoires. Nous célébrons aussi, à  travers la figure d’Alfred Loisy, les Loisy d’aujourd’hui.

C’était le 7 mars 1908. Un prêtre distingué et fort savant du nom d’Alfred Loisy (1857“1940) fut excommunié par le Pape Pie X en raison de ses positions doctrinales dissidentes. Ce champenois d’exception semble aujourd’hui bien oublié, tombé aux oubliettes de l’histoire.

Cet érudit précieux et consciencieux, exégète pointilleux et brillant, fut l’un des fondateurs de l’histoire moderne des religions et, comme Ernest Renan, trouva refuge au Collège de France. Aucune rue en France ne porte son nom. Il fut pourtant au coeur d’une grande tourmente intellectuelle au début du siècle bien connue sous le nom de « crise moderniste ». […]

Pour les Loisy d’aujourd’hui

Le risque de l’anachronisme doit nous inciter à  la plus grande prudence lorsque l’évocation d’un personnage de jadis s’accompagne de rapprochements suggérés avec le présent.

Pour autant, il y a bien des raisons de faire mémoire aujourd’hui de ce grand savant et de cet homme loyal et courageux que fut Alfred Loisy, prêtre excommunié et même déclaré « vitandus » (à  éviter!). La condamnation la plus anti-évangélique qui puisse être pour un homme fidèle à  sa conscience, à  une quête exigeante de la vérité.

Alfred Loisy fut persécuté et honni pour ce qu’il pensait et osait écrire. La liberté de penser et d’exprimer ce que l’on pense nous semble un bien trop précieux et trop souvent menacé pour ne pas constituer un enjeu premier. […]

Sectes : Emmanuelle Mignon lâche le morceau

Dans l’hebdomadaire VSD, Emmanuelle Mignon, directrice de Cabinet de Nicolas Sarkozy et auteur du discours du Président au Latran, vient de déclencher une belle polémique en prétendant, contre toute évidence, que les sectes n’étaient pas un problème en France !

Ces propos malheureux et scandaleux ont suscité à  juste titre un tollé et une levée de boucliers alors que depuis plusieurs mois, Golias s’inquiète des risques de banalisation et de légitimation des sectes (voir notamment notre éditorial de Golias hebdo n°15), à  commencer déjà  par une minimisation de leur caractère néfaste, par l’ébauche de démantèlement des moyens de prévention, par une mise en cause des avertissements lancés et répétés jugés hâtifs.Dans le Figaro du 21 février, Emmanuelle Mignon revient sur ses déclarations, tentant de les nuancer et de faire avaler la pilule, mais ce faisant, au contraire, elle confirme l’orientation de fond qui est la sienne et qui inspire dangereusement la politique « religieuse » de Nicolas Sarkozy.

Beaucoup trop de saints pour le Pape

Le Pape vient d’approuver un document dans lequel il est exigé davantage de rigueur dans les enquêtes précédant les béatifications. Joseph Ratzinger souhaite en effet qu’elles soient menées de façon très méticuleuse.

Il ne cache pas en privé sa relative perplexité face à  la politique en la matière de son prédécesseur, trop enclin à  béatifier un peu à  tour de bras, et en trop grand nombre. Alors qu’il était encore simple cardinal, l’actuel Souverain Pontife exprima la crainte que de telles béatifications et canonisations de masse ne finissent par les dévaluer et ne permettaient plus de laisser voir leur sens profond. A l’évidence, il entend imprimer sa marquer dans la « fabrique des Saints ». Par exemple, dans le futur, un évêque devra être prudent pour attester d’une véritable « fama sanctitatis » (renom de sainteté) qui est un élément important de la cause, en veillant à  sa vraie spontanéité.

Follow us on Social Media