Un autre regard sur l’information !

Quand Jésus se met à  « l’écart »

Nous sommes à  la pliure de l’à‰vangile. Jésus a proclamé, enseigné et guéri. Pierre a tout juste confessé sa foi en lui. Les disciples l’ont entendu annoncer l’inévitable passion : reste à  la vivre et l’épisode de la transfiguration est comme une pause sur ce chemin. Jésus prend avec lui les mêmes disciples qu’il emmènera au jardin à  Gethsémani (26, 30) et il est « métamorphosé » devant eux.

Même après la résurrection, il n’apparaîtra pas avec un tel éclat. Cette vision récapitule sans doute tout le passé du peuple avec les figures les plus marquantes du Premier Testament que sont Moïse et Elie mais aussi tout l’avenir ouvert par la victoire sur la mort. Mais pour l’instant Pierre et les fils de Zébédée ne sont pas capable de l’entendre. Il ne faut pas se tromper sur le sens de cette « vision » (v 9) terme qui n’apparaît qu’ici et qui s’apparente aux visions prophétiques notamment celles de Daniel. […]

Carnaval : l’humanité à  pas de géants

En France, pour les fêtes du carnaval, l’une des régions les plus riches en traditions populaires demeure les anciennes provinces des Flandres, du Hainaut et de l’Artois, qui comptent plus de cent trente Géants répartis en quatre vingt cités.

Les Géants représentent soit des héros historiques, soit des métiers locaux, soit des personnages qui disent la verve du cru. Dans ce pays que l’on veut plat, quand la ducasse ou la kermesse envahit la place du marché, quand la ville nouvelle se découvre une âme, quand le cortège des joyeux carnavaleux se cherchent une idole et quand la cité se donne un symbole unanime, apparaît le témoin essentiel : Le Géant. Dans le Nord – Pas de Calais il n’est pas de fêtes sans Géants. […]

Bon Carême !

Entre certains épiscopes et le président-chanoine de la République, il y a au moins une convergence évidente : le discours sur les racines chrétiennes de l’Europe ! Certes, nul ne saurait nier l’héritage transmis par les communautés chrétiennes, à  condition de ne pas oublier celui que nous devons aux Lumières ou à  Mai 68, et c’est là  tout le problème.

Les évêques les plus lucides voient bien comment le discours présidentiel ne fait que cacher un désir de récupération et savent bien que l’on ne peut revenir à  une époque de chrétienté et à  son pouvoir clérical. La laïcité y perd son âme, quant à  l’Eglise, si elle se laisse séduire, elle risque d’oublier son rôle critique vis-à -vis de toute autorité tentée par l’absolutisme. […]

Les chevaliers de Collomb : les influents traders du Vatican

Le Vatican possède des ressources importantes voire colossales fournies par la banque du Vatican, la désormais célèbre IOR (Institut des Å’uvres Religieuses) impliquée jadis dans le scandale de la « Banco Ambrosiano » et qui disposerait actuellement , selon des sources financières crédibles ,de plus de 5 milliards d’euros en compte (voir à  ce sujet notre enquête dans le prochain numéro 118 de la revue Golias à  paraitre courant février). Aussi, le Saint-Siège dispose d’autres revenus conséquents à  la faveur notamment d’un certain nombre de réseaux puissants au niveau politique et économique.

Les « Chevaliers de Collomb », méconnus au moins en Europe, ont versé à  Jean-Paul II , à  l’occasion du 25ème anniversaire de son pontificat en 2003, un chèque de 2,5 millions de dollars, fruit de la rentabilité d’un fond d’investissement américain de 20 millions de dollars dédié au pape polonais et qui porte le merveilleux nom de « Vicarius Christi Fund »(le Fonds du Vicaire du Christ). […]

Ile-de-France : les évêques s’acharnent contre le planning familial

Il y a quelques jours, les évêques d’àŽle-de-France dénonçaient une campagne d’information du planning familial sur l’avortement.

Ils ont envoyé au charbon cette fois Anne Lannegrace, responsable du département famille au sein du service pour les questions familiales et sociales de la Conférence des évêques de France, en vue de présenter sous une forme plus soft mais avec une même détermination sur le fond, la dénonciation des évêques. […]

L’Opus Dei n’est plus en odeur de sainteté

Le Pape Benoît XVI n’a jamais caché son intention de nettoyer les écuries d’Augias de l’Eglise. Y compris en opérant une purge assez radicale du côté des mouvements conservateurs et néoconservateurs eux-mêmes.

Une page se tourne : celle de Jean Paul II qui fermait les yeux lorsqu’il estimait que tel mouvement ou telle personne lui étaient utiles dans sa stratégie de reconquête et de nouvelle évangélisation. Le Pape a donc décider de mener une enquête sur le fonctionnement interne de l’Opus Dei, mais pour l’instant l˜information est confidentielle. Des critiques ont été portées contre l’Opus Dei : conduite presque sectaire, pressions psychologiques sur ses membres, attitudes autoritaires et méprisantes, un sens maladif de la culpabilité et du sacrifice incluant des pénitences corporelles disproportionnées et malsaines. On dit qu’il y a aussi des affaires de moeurs. Beaucoup de témoignages d’anciens membres de l’Opus sont accablants quant à  l’esprit de suspicion et de domination indue des conscience, et ne peuvent être écartés d’un revers de la main. Enfin, au plan finaancier, de nombreux membres laïcs de l’oeuvre pourraient se trouver impliqués dans des affaires particulièrement malodorante. […]

Société générale : une économie de casino

Le scandale de la Société Générale rendu public ces derniers jours doit être pris très au sérieux. Il pose un véritable problème de civilisation, bien au-delà  d’une des dernières marottes de notre président de la République. Car ce n’est pas tant les sommes en jeu, malgré leur importance que tout le problème sous-jacent révélé par cette crise.

Il appartiendra à  la justice, saisie de plusieurs plaintes dès maintenant, d’établir les responsabilités de chacun. En toute impartialité les magistrats devront s’attacher à  déterminer le degré de responsabilité du salarié qui a outrepassé, et de très loin, les limites qui lui étaient fixées et qui s’est ingénié à  dissimuler les traces de ses manouvres. Mais il leur appartiendra dans le même temps d’examiner avec la même rigueur tout le système de la chaîne de commandent, tout le système de gouvernance selon une expression à  la mode. Des défaillances seront à  coup sà»r relevées dans le dispositif de contrôle instauré tout aussi bien au bénéfice de la banque qu’à  ceux de ses salariés qu’elle expose à  des tentations démesurées. Si le jeune trader doit être sanctionné “ et il le sera à  coup sà»r “ il ne serait pas normal que ceux qui doivent gérer l’ensemble du dispositif et qui ont à  la fois les compétences “ du moins on l’espère “ et le pouvoir ne soient pas chargés de ce qui ressemble fort à  une forme de complicité¦ par négligence (pour autant que cette notion puisse trouver place dans notre droit pénal ou simplement civil). […]

La fête des fous ou le monde (chrétien) à  l’envers

Les études historiques sont fondamentales en théologie. Ainsi est-il important de se souvenir de la manière dont l’Eglise a christianisé les fêtes païennes telles celles du solstice d’hiver ou des saturnales, avant de les combattre¦ La fête des fous, ancêtre de notre carnaval, était sans doute trop dangereuse pour le pouvoir clérical. Mêlant dérision et inversion des rôles sociaux, n’avait-elle pourtant pas une saveur évangélique ? Allez, un peu d’histoire¦

« Après la chute de l’empire romain, la nouvelle religion mise peu à  peu en place n’effacera pas de sitôt les pratiques ancestrales acquises, au fil des siècles précédents, par le jeu des migrations culturelles. Et quinze siècles de solides assises n’auront pas suffi à  éteindre le carnaval qui, tel un phénix, renaît chaque année de ses cendres. Aussi, l’Eglise a-t-elle pris le parti, en bonne intelligence, d’adopter les coutumes des civilisations qui l’ont précédée, et de les adapter à  sa cause pour mieux chasser le mal en cet espace temporel qui suit Noà«l jusqu’au Carême. Saint Grégoire, tout circonspect et naïf à  la fois qu’il put être », n’affirmait-il pas qu’on « n’ôte point à  des esprits entêtés toutes leurs habitudes à  la fois ». C’était sans compter sur la ténacité d’un peuple convaincu de rites à  entretenir pour fertiliser une nature chaque année inquiétée par la déclinaison du soleil alliée aux intempéries hostiles. […]

Italie : une crise politique aussi orchestrée par l’Eglise

Disons-le tout net d’emblée : l’actuelle crise politique qui frappe l’Italie, avec l’échec du gouvernement de Romano Prodi, n’a certes pas pour cause première l’influence de la hiérarchie catholique mais la faible majorité, vulnérable dès l’origine, de la gauche au pouvoir jusqu’alors et le mode de scrutin à  la proportionnelle particulièrement éclaté. Pour autant, la guerre psychologique avec les chefs de l’épiscopat, le jeu subtil du Sénateur à  vie Giulio Andreotti, très proche du Vatican, le contexte dominé par l’intention de l’Eglise de restaurer une hégémonie culturelle et morale du catholicisme dans sa version la plus intransigeante, ont certainement précipité la chute du gouvernement Prodi.

Le 21 janvier dernier, le cardinal Angelo Bagnasco, actuel Président de la conférence épiscopale italienne, a fait référence à  l’oeuvre importante de son prédécesseur, le cardinal Camillo Ruini, lequel a multiplié au fil des jours les prises de positions interventionnistes, semblant vouloir dicter aux hommes politiques leurs choix à  prendre pour les questions essentielles. Ruini n’est plus à  la tête de l’épiscopat mais il demeure influent et très actif, en particulier en qualité de Vicaire de Rome, charge qu’il conservera jusqu’en juin prochain. De toute manière, Camillo Ruini ne quittera pas l’arène du combat puisqu’il présidera activement un comité chargé de la politique « culturelle » de l’Eglise italienne : entendez une culture opposée à  la modernité jugée dissolvante et à  l’évolution de la société dans un sens libertaire. […]

Apprendre le silence de Dieu

Comment comprendre aujourd’hui que Jésus ait pu être tenté par le diable ? Notons d’abord que la tentation ne vient pas de Dieu mais du « diviseur » (dia-bolos : 4, 1.5.8.11). A la fin du récit, Jésus l’interpelle par un autre nom : « arrière Satan » (4, 10). Or il utilisera la même expression en 16, 23 en s’adressant à  Pierre qu’il venait pourtant de déclarer « bienheureux » (16, 17).

Il semble donc bien que la tentation que subit Jésus de manière concentrée pendant quarante jours au désert, il l’ait vécu tout au long de sa vie. Pierre, quant à  lui, reprend la tentation permanente du peuple de Dieu, résumée par les quarante ans d’errance au désert : c’est le refus de laisser Dieu être Dieu, c’est le vieux rêve de toute-puissance qui consiste à  utiliser la divinité à  son service plutôt que d’écouter sa parole. On le voit, que ce soit le « diable », le peuple ou Pierre, ce n’est pas Dieu qui tente, c’est son peuple qui l’éprouve (4,7) ! Et Jésus va déjouer ce piège à  chaque étape de son ministère. […]

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