Un autre regard sur l’information !

Victimes de prêtres abuseurs…
Quel avenir pour les Cellules d’accueil et d’écoute ?

Consciente désormais de la pente fortement descendante dans laquelle elle se trouve depuis la décennie 2000, la Conférence des évêques de France fait appel à des cabinets de conseil pour adapter son organisation à la perte de ses fidèles. Alors qu’au niveau mondial est préconisé un chemin synodal dont les maîtres mots sont l’accueil et l’écoute, la sortie du cléricalisme, le recours aux laïcs, la place des femmes… Un sujet concret mobilise la Conférence des évêques de France : le présent et le devenir des Cellules d’accueil et d’écoute créées dans chaque diocèse pour accueillir et écouter les victimes de prêtres abuseurs. Le sujet est symptomatique de la situation dramatique de l’Église de France, alors que s’impose l’exigence de rassembler à nouveau 20 millions d’euros pour indemniser les victimes (cf. Golias Hebdo n° 789).  Le rapport d’audit, confié au cabinet Eurogroup Consulting, publié le 1er décembre 20231, conduit à constater une histoire escamotée, à nous interroger sur le recours à des cabinets de conseil, à partager des constats très justes mais à regretter des préconisations surdimensionnées, et, au final, à nous demander s’il n’est pas trop tard dans une structure trop vieille.

 

Pour analyser le rapport sur les Cellules d’accueil et d’écoute mises en place en avril 2016 dans tous les diocèses de France, il nous faut partir des raisons qui ont conduit à leurs premiers pas. Deux moments forts sont mis en avant sur les sites diocésains, l’année 2000 et l’année 2016, mais sans révéler les événements qui les ont provoqués. En 2000, le procès intenté contre Pierre Pican, évêque de Bayeux-Lisieux, interpelle la responsabilité des évêques devant la justice civile ; l’année 2016 est marquée par l’audience médiatique inattendue de l’association « La Parole libérée ». Auparavant, des associations alertaient sur ces sujets le monde catholique, mais par l’association lyonnaise La Parole libérée les abus touchent des victimes catholiques  de la génération Jean-Paul II. On est dans le présent de familles et de victimes autour de la quarantaine. Un film rapporte ces crimes et le déni d’un prélat : « Dieu merci c’est prescrit. » Le coupable : un « prêtre » continuant à exercer sous la protection du cardinal Barbarin, archevêque de Lyon et, figure montante de l’Église de France. La condamnation de ce dernier par la Justice civile avant sa relaxe, oblige défensivement ses confrères évêques à sortir de la quiétude vaticane et d’une lecture passéiste de la loi de 1905.

L’histoire escamotée

Quinze ans (2000-2015) auront été nécessaires après l’affaire Pican, pour une timide mise en place de « Cellules d’accueil et d’écoute » comme couverture ( ?) des responsabilités épiscopales, et sept nouvelles années (2016-2023) pour leur généralisation à tous les diocèses ainsi que l’analyse du dispositif et de sa pérennité. Nos premiers reproches à l’Église de France, dans la promotion qu’elle fait aujourd’hui de ces cellules, sont la lenteur à mettre en place « l’accueil et l’écoute » des victimes du monde catholique. Une fois de plus, il aura fallu l’appui des médias civils, les pressions extérieures et la justice républicaine. Aucune reconnaissance cependant de l’Église catholique « société parfaite2» pour ce qu’elle doit à ces instances démocratiques.

 

Lorsqu’un nouveau rapport est établi, comme celui d’Eurogroup Consulting, il convient de se reporter aux éventuels rapports précédents… Dans le cas d’espèce, il est fait mention, par deux fois, du rapport de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise) ou rapport Sauvé du nom de son président. Page 25 le cabinet Eurogroup Consulting, mandaté par la Conférence des évêques de France, dont le rapport est publié le le 1er décembre 2023, constate : « Malgré un pic d’activité à l’issue de la publication du rapport de la Ciase, 65 % des cellules ont reçu en moyenne moins de dix nouvelles sollicitations par an depuis 2021, et 15 % n’en ont pas reçu depuis le début de l’année 2023, ce qui pose la question de la pérennité des cellules rencontrant un creux de sollicitations. » Constat objectivement juste, mais ce nouveau rapport, signé conjointement avec la Conférence des évêques de France, ne devient-il pas une façon de tourner la page du rapport Sauvé ? Dans celui-ci, la critique de l’accueil et de l’écoute des victimes était autrement plus concrète et percutante tant sur l’histoire rapportée que sur les réalités à prendre en compte. (voir paragraphe 1032 du rapport Sauvé).

 

Le Cabinet Eurogroup Consulting conseil ignore-t-il de façon délibérée le constat du rapport Ciase paragraphe 1032 ? Toujours est-il que, partant de 2012, il occulte les contextes que le rapport Sauvé situait : « En premier lieu, l’Église de France apparaît nettement en réaction face aux événements. C’est avant tout le retentissement d’affaires médiatiques qui semble l’obliger à prendre les mesures de rupture de 2000 et de 2016. Les procès Bissey/Pican et Preynat/Barbarin, en 1998-2001, puis en 2016-2021, apparaissent comme les déclencheurs des deux grandes mises en mouvement, mentionnées plus haut, de l’Église de France : la démarche de prise de conscience collective et de prévention, puis le renforcement des mesures en faveur des personnes victimes. Le retentissement médiatique de ces affaires a été souligné à plusieurs reprises lors des auditions conduites par la commission. […]. En 2016, c’est l’action des associations de victimes et leur visibilité dans les procès du père Preynat et du cardinal Barbarin qui conduisent à l’adoption d’un ensemble de mesures centré sur elles, puis à leur réception en 2018 à Lourdes. »3

François et le diaconat féminin

La religieuse espagnole Linda Pocher a participé aux récentes réunions du Conseil des cardinaux. « Il n’y a pas de réflexion sur l’ordination sacerdotale des femmes dans l’Église catholique », mais le pape « est très favorable au diaconat féminin », a-t-elle déclaré à l’agence hispanophone Europa Press, suite aux rencontres. Le pape essaye cependant encore, selon la religieuse, « de déterminer la façon de le mettre en pratique ». Elle estime que François est en train de changer la façon dont l’Église « pense et vit la différence entre le ministère ordonné et le sacerdoce baptismal, en étendant à tous les baptisés certains droits qui, jusqu’à récemment, appartenaient aux évêques, aux prêtres ou aux religieux ». Pour mémoire, le débat sur les femmes diacres s’est déclenché en 2016, lorsque le pape argentin a annoncé l’établissement d’une commission pour étudier le sujet. Suite à cela, deux commissions successives ont été créées, en 2016 et 2020, mais qui n’ont pas donné de résultats concluants. Golias

USA : l’énigme du vote catholique

Alors que la course à l’élection présidentielle américaine du 5 novembre 2024 est lancée par la traditionnelle succession des « caucus » et des primaires, la question du vote des 50 millions de catholiques outre-Atlantique se pose. Interrogé par le site suisse Cath.ch, le professeur émérite à l’Institute for Policy Research and Catholic Studies de l’Université catholique américaine, William D. Dinges, est formel : le vote catholique n’existe plus : « Oui, il y avait un bloc catholique auparavant, qui votait pour le Parti démocrate jusqu’à l’élection de JFK, environ. Désormais, c’est plutôt un swing vote, un vote considéré comme décisif pour le résultat d’une élection, parce qu’il est difficilement prévisible. »

 

Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Tout d’abord, la migration sociale : « La base catholique immigrante a quitté les centres-villes pour rejoindre les banlieues. Ils sont aussi devenus plus riches et ont commencé à se tourner vers les républicains », précise William D. Dinges. Mais le clivage principal qui a fissuré l’appui des catholiques au Parti démocrate est unanimement l’avortement. « Dans les années 70, les démocrates ont soutenu la décision Roe vs Wade, qui légalise l’avortement, et ils ont perdu bien des catholiques à ce moment-là. Depuis, les Républicains ont su saisir les divisions qui ont régné autour de cet enjeu », complète Steven P. Millies, théoricien politique et professeur de théologie publique à la Catholic Theological Union de Chicago.

 

Dans ce contexte, difficile de dire quel candidat parviendra à capter le vote des catholiques américains, mais il n’est pas dit que Donald Trump ait un effet repoussoir malgré les 91 chefs d’accusation qui le visent. Cela pourrait même renforcer un côté « martyr ». « Le catholicisme aux États-Unis est plus devenu une identité de marque qu’un respect de la parole du pape. Désormais, les électeurs sont plus nombreux à être à l’aise de dire que le pape a tort et que Trump a raison », analyse P. Millies. Une thèse qui s’appuie aussi sur des chiffres. D’après les données du Pew Research Center (Centre de recherche sociologique à but non lucratif basé à Washington D.C., les catholiques américains sont plus souvent en cohérence avec la ligne de leur parti que celle de l’Église. Par exemple, même si le pape a considéré l’extension du mur entre le Mexique et les États-Unis comme « non chrétienne », 81 % des catholiques républicains étaient en faveur de son agrandissement. L’analyse peut cependant être nuancée. Le Pew Research Center observe que les catholiques, comme d’autres groupes religieux, ne cherchent pas forcément un président qui partage leurs croyances, mais qui vit une vie morale et éthique (62 % estiment que c’est très important pour eux). Est-ce assez important pour influer sur le vote ? Difficile à dire. Alexandre Ballario

Monsieur Attal ou les limites
du paradoxe libéral

Comment porter remède à la crise persistante qui affecte le système de santé français ? M. Attal recherche de manière paradoxale des remèdes individuels à des dysfonctionnements collectifs. En libéral convaincu il est persuadé qu’il n’y a pas de société. Seuls, des individus incapables et inconséquents entravent l’avènement de l’harmonie spontanée du libre marché. La puissance publique n’interviendra que pour réprimer ces trouble-fêtes. Qu’il s’agisse de la « taxe lapin » pour la santé, de la suppression de l’Allocation spécifique de solidarité pour les chômeurs, ou du « devoir » de travailler, la politique qui aggrave les difficultés qu’elle prétend résoudre s’affirme. De surcroît, elle offre aux populistes de quoi nourrir leur propagande et leurs menées.

 

Bien des penseurs de la chose publique, depuis environ une cinquantaine d’année, dénoncent la crise de la démocratie génératrice, selon eux, d’individualisme croissant et d’irresponsabilité des citoyens. Marcel Gauchet, J.-P. Le Goff, Michel Onffray, A. Finkielkraut, notamment, sont des figures médiatiques de ce courant. Dans La Démocratie contre elle-même, M. Gauchet dénonce les méfaits d’une « anthropologie démocratique » qui fait des individus vides de droits et exemptés de tout devoir. L’air du temps est à la dénonciation de « l’égalitarisme » et du « droit-de-l’hommisme » qui rendent les démocraties « fantomatiques » et soumises aux idéologies délétère du féministe, des particularismes, du « woke ».

 

Ces penseurs sont assez avisés cependant pour ne pas remettre en cause le formalisme démocratique, mais le veulent sans effet sur la nature du pouvoir, les buts de ses actions et les moyens utilisés. L’exclusivité des décisions politiques est déléguée par le vote à des professionnels (l’« élite ») qui ont tous les pouvoirs sans limites. Le Parlement lui-même est considéré comme une instance qui n’a plus à délibérer, mais seulement à enregistrer les décisions de l’exécutif, prétendument au nom du peuple.  L’expression de l’opposition ou du mécontentement tend à devenir illégitime aux yeux de cette élite. C’est pourquoi, on voit que certaines manifestations (pourtant légales) tournent de plus en plus à l’émeute, sont de plus en plus criminalisées et que les recours juridiques  c’est une tendance qui s’affirme de façon inquiétante en France – sont dénoncés comme le « gouvernement des juges » qui s’oppose à la volonté populaire. Divers sondages1 rapportent que la défiance des citoyens à l’égard de la démocratie tend à s’accroître et qu’une proportion assez importante de la population inclinerait à se satisfaire d’un gouvernement autoritaire pour venir à bout des difficultés sociales.

 

Ces discours sont populaires, ils apportent une explication simple à des phénomènes préoccupants. Il n’y a pas de causes sociales aux difficultés collectives (école, santé, travail, autorité), seulement le cumul des incuries individuelles des « autres ». Qu’ils soient paresseux, pauvres, intempérants, étrangers. C’est le vieux credo thatchérien : « La société n’existe pas. »

Violences systémiques dans l’Eglise catholique – apprendre des victimes

Un anthropologue, une juriste et un théologien1, membres de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique, dans un ouvrage récemment paru , fondent leur approche sur la parole même des victimes, sans intermédiaires. Leur réflexion met en lumière les éléments constitutifs des violences sexuelles au sein de l’Eglise catholique pour penser une nouvelle politique criminelle restaurative qui place la victime au centre.  Elle met en lumière les éléments constitutifs des violences sexuelles dans l’Eglise catholique, et, au-delà, à d’autres institutions.

 

Le point de départ de l’ouvrage Violences systémiques dans l’Eglise catholique : apprendre des victimes est le rapport de la Ciase et la démonstration qu’il apporte du caractère massif des violences sexuelles commises au sein de l’Église. L’essai est destiné à un large public et veut aider à la prise de conscience du désastre que représente pour les victimes d’abord, et pour l’Église catholique romaine ensuite, le caractère systémique des violences sexuelles. Cet essai se veut également un prolongement du rapport de la Ciase en ce qu’il s’intéresse à sa réception dans et par l’Église catholique en France et la société, en prenant en compte ce que la parole des victimes comme savoirs d’expérience provoque sur la gouvernance et la doctrine d’une institution.  

La parole des victimes : une expertise sur l’Eglise

Le chapitre premier revient sur la fabrique de la Ciase puis reconstitue, à partir des paroles des victimes qui se sont confiées à la Ciase, la réalité du phénomène des violences sexuelles sur mineurs et personnes vulnérables dans l’Église catholique en France des années 1950 à aujourd’hui, et montre ce qui, pour la Ciase, en fait une « violence systémique ». Pour cela, les auteurs restent au plus près des paroles de victimes et, en restituant le travail de terrain et d’analyse mené par les membres de la Ciase, ils font émerger un autre regard sur l’Église. En effet, les victimes ne se contentent pas de relater des faits, elles apportent aussi une expertise sur l’Église, sa gouvernance, sa doctrine et son rapport à la société, plus de cent ans après la loi de 1905 sur la séparation des églises et de l’État. On y découvre tout à la fois la « banalité du mal » et son caractère systémique, rendu possible par un détournement voire, comme le démontrent les auteurs, un véritable dévoiement de l’autorité et du sacré induisant le déni conforté par le silence des familles. On saisit alors pourquoi si peu de victimes ont porté plainte, les chiffres de la criminalité ne représentant que la partie émergée de l’iceberg.

 

On comprend pourquoi il y eut finalement si peu de répression, tant du côté de l’Église que de la justice étatique. Si ces analyses ont pu être produites, comme le montrera enfin cette première partie, c’est qu’un des aspects majeurs du rapport de la Ciase est d’avoir placé au cœur de la démarche la parole des victimes. C’est tout l’apport de l’anthropologie que d’avoir permis un travail de collecte de témoignages, leur analyse et la co-construction des recommandations avec les victimes. Cette méthode a marqué les esprits. En les écoutant pour apprendre d’elles eten mettant en valeur leur expertise sur les violences qui les ont frappées ainsi que sur le système qui a permis ces violences, la Ciase a ouvert une voie nouvelle dans la compréhension et le traitement des traumatismes institutionnels.  

L’IA est dans le cloud pas dans le cosmos

« Rien dans la vie n’est à craindre, tout doit être compris. C’est maintenant le moment de comprendre davantage, afin de craindre moins », disait Marie Curie. Car c’est bien de cela dont il s’agit quand on parle d’intelligence artificielle : une crainte, une intranquillité qui est apparue avec la possibilité d’accéder simplement depuis son propre ordinateur portable à des IA conversationnelles, comme ChatGPT, qui nous donnent l’impression qu’elles répondent rationnellement et de manière documentée à nos questions.

 

Ce qui ne nous laisse pas tranquille en définitive, c’est que nous ne savons pas si les différentes formes d’intelligence artificielle sont ou non susceptibles d’une puissance qui dépasserait la nôtre. En 1919 Sigmund Freud publiait un essai intitulé Das Unheimlich. En allemand le « Heim », c’est la demeure, le « chez soi », le mot a donné le « Heimat », la patrie, le pays natal, la maison d’enfance. Heimlich veut dire se sentir bien en sa demeure. Notre langue, à partir de laquelle nous pensons, est cette demeure, la demeure de l’être disait le philosophe Heidegger. Le préfixe privatif accolé au mot Heimlich signifie alors ce sentiment étrange et inquiétant, cette intranquillité de ne plus se sentir chez soi et qui crée le malaise. C’est ce qui nous arrive avec l’irruption dans notre quotidien de ChatGPT et sa capacité à produire des textes en réponse à n’importe quelle requête. Ainsi, voir une machine étrange s’introduire comme un cambrioleur dans notre langue, pour s’adresser à nous, inquiète. Une sorte de Unheimlich s’empare de nous.

Entrée par effraction dans nos pensées

ChatGPT ne résume pas toutes les technologies qu’englobe l’énoncé « Intelligence artificielle ». Il appartient à la famille des « Large language models » (LLM), et l’IA n’a pas attendu sa forme conversationnelle pour exister. L’ordinateur Deep Blue avait battu aux échecs Kasparov dès 1997. Depuis près dix ans les correcteurs automatiques d’orthographe sur nos téléphones portables nous empoisonnent la vie, comme les GPS nous la facilitent. Il existe une immense littérature sur les avancées technologiques possibles, les avantages et les risques que nous fait courir l’IA.  L’IA a à voir avec le langage qui nous permet d’exprimer nos pensées où elle est entrée par effraction et nous perturbe. Par le langage sur lequel elle semble avoir mis la main l’IA pourrait-elle penser ?

 

En conclusion du livre qui fit sa notoriété grand public, Le phénomène humain, Pierre Teilhard de Chardin écrivait : « Je serai compris quand j’aurai été dépassé. » Le cœur scientifique de sa pensée réside dans l’observation du phénomène de complexification croissante de la chimie organique depuis que notre planète a émergé du chaos initial. Une fois la stabilisation des éléments chimiques achevée dans le monde minéral, le développement continu de longues chaînes carbonées dans les fonds argileux des océans, fit émerger des enroulement protéiques hélicoïdaux qui, sous l’effet de la lumière du soleil, donnèrent peu à peu naissance à des structures capables d’autonomie, protégées dans la structure feuilletée de l’argile, par rapport à leur milieu aqueux : la vie était née et se propagea sur la Terre comme « une pulsation solitaire ». D’autres théories chimio-organiques expliquent l’origine de la vie. A partir des premières cellules émergèrent les bactéries, les protozoaires qui se développèrent et donnèrent naissance aux règnes végétal et animal. Récemment à l’échelle du temps, dans ce monde du vivant en involution/évolution permanente « l’homme est entré sans bruit » chez les grands singes dans la famille des hominidés.

Aller vers autre chose

Année B. 2ème Dimanche du Carême, Mc 9, 2-10

Curieux midrash que cet Évangile de la Transfiguration ! Met-il en scène un fakir réputé, capable de discuter avec des personnages morts entre 8 et 12siècles avant lui, ou veut-il nous emmener ailleurs ? Regardons en détail, avec des yeux neufs, la transcription littérale du texte grec du Codex de Bèze… (1)

Quand on a tout tenté…

2 Et six jours après, Jésus prend auprès de lui Pierre, Jacques et Jean, et il les amène au point d’où ils sont partis, seuls hors de tout public, sur une montagne élevée. Et alors, il a pris une forme devant eux. 3 Ses vêtements sont devenus resplendissants, plus blancs que neige, comme personne ne peut blanchir sur terre.”

 

En hébreu, 6 est une totalité, un ensemble complet (2). Quand on veut signifier qu’il faut passer à autre chose, alors on parle de ce qui concerne la suite, après les 6 premiers jours, ou mois, ou… Cette précision nous indique donc que Jésus (le Jésus ressuscité des années 30-90) veut lancer quelque chose de totalement nouveau avec les disciples. Les sortir d’une situation dans laquelle ils restent coincés.

 

Mais de quelle époque nous parle donc Marc ? Pierre, Jacques et Jean sont les figures dirigeantes des premières Assemblées Délibératives (30-85), puis celles des colonnes de l’Église, ses sous-bassements au moment où elle se construit, après 90 et l’exclusion des disciples du judaïsme orthodoxe. Morts depuis longtemps quand il écrit, ces trois personnages sont invités dans le midrash pour faire passer aux disciples contemporains de Marc, un message que nous allons chercher à comprendre.

CAF : un algorithme douteux

Une trentaine d’associations actrices de la solidarité et du travail social, de défense des droits sociaux, de promotion des libertés fondamentales et des droits humains dans l’environnement numérique, ont adressé, le 6 février 2024, une lettre ouverte au Premier ministre Gabriel Attal afin de l’interpeller sur les conséquences pour les allocataires les plus fragiles de certaines pratiques mises en place dans le réseau des CAF. Les organisations dénoncent « la mise en place par le réseau des CAF d’un algorithme de ciblage et de profilage d’allocataires qui sont considérés comme à risque et susceptibles d’être davantage contrôlés ». Plus globalement, elles pointent plusieurs autres dysfonctionnements dont des indus exempts de toute motivation et des suspensions automatiques de droits sans respect des procédures contradictoires. Le consortium associatif réclame « un large débat public d’une part sur l’usage des algorithmes publics et leurs conséquences dans la vie réelle, d’autre part sur des changements d’orientation majeurs dans l’action des CAF ». Seront-elles entendues ? Le doute est permis. Golias

Autour du procès Becciu : Libero Milone : déni de justice au Vatican ?

Quand le pape François s’est attaqué au problème des finances du Vatican, il a fait un choix : il a nommé au Secrétariat à l’Économie, qu’il créait, le cardinal Pell qui voulait mettre en œuvre une organisation inspirée des usages anglo-saxons : centralisée, contrôlant l’ensemble des opérations financières. On peut le comprendre comme une réaction salutaire au grand désordre qui régnait, avec, en particulier, l’IOR, la banque du Vatican (qui avait servi à blanchir l’argent de la drogue) et la Secrétairerie d’Etat dont les énormes moyens financiers étaient engagés de manière discrétionnaire, comprenons sans contrôle.

 

Le cardinal Pell(1) s’est attaché les services d’un professionnel de haut niveau, Libero Milone, qui avait fait carrière au sein du cabinet Deloitte, d’envergure mondiale dans le domaine de l’audit et du conseil, en matière de finances. Il a été membre de la direction centrale de ce groupe et a dirigé la branche italienne. Plutôt une bonne référence. Le cardinal Pell avait fait savoir que Milone ne serait responsable que devant le pape, et qu’il avait toute latitude pour auditer les finances et la gestion de tous les dicastères : « une autorité et une indépendance totales »(2) . Le dispositif est en place, Milone va se mettre au travail, le travail qu’en haut lieu on lui a demandé. Mais peut-être ne savait-il pas qu’au Vatican, il y a ce qu’on dit et proclame, et ce qui se fait. Quand il a voulu regarder ce qui se passait à la Secrétairerie d’Etat, il s’est heurté de front à une résistance, qui a conduit à l’affreux « procès Becciu » dont les conséquences sont encore imprévisibles.(3)

 

Des preuves accablantes : ordinateurs espionnés et piratés

 

Il n’aura pas fallu plus de trois mois pour que Libero Milone, nommé par le pape lui-même le 5 juin 2015, soupçonne que les ordinateurs de son bureau avaient été espionnés et piratés. Il fait appel à une société extérieure pour le vérifier. Ce sera le prétexte de l’accusation qui sera portée contre lui. En juin 2017, il fait l’objet d’une descente de police : son bureau est perquisitionné. Comprenons bien : la police du Vatican perquisitionne le bureau d’une haute personnalité, une pièce essentielle du dispositif financier de l’institution, un homme nommé par le pape et se rapportant  en principe – qu’à lui. Le lendemain, nous sommes le 18 juin, Libero Milone est arrêté et interrogé par la police pendant douze heures. Il reçoit un ordre de démissionner, justifié, lui dit-on, par une enquête longue de sept mois.

Marie-Dominique Philippe : l’Institut Docteur Angélique persiste et signe

Le lundi 26 juin 2023, dans le cadre de sa commission interdisciplinaire, la communauté religieuse des Frères de Saint-Jean rendait son rapport sur les agressions sexuelles qui auraient fait au moins 167 victimes en son sein. Plus de 800 pages dédiées aux origines et analyses du mal. Des abus dénoncés à maintes reprises durant des décennies par les enquêtes de Golias, notamment le cas du fondateur le père Marie-Dominique Philippe, mort en odeur de sainteté en 2006, alors qu’il avait développé des pratiques toxiques visant à légitimer des abus sous couvert de la Foi. L’homme étant lui-même protégé par Jean-Paul II.


Selon des informations recueillies par Golias, certains tentent toujours de réhabiliter la figure de Marie-Dominique Philippe. Des fidèles ont reçu un mail mystérieux signé de l’Institut Docteur Angélique, dont l’objet est de « Réunir tous les écrits et audios du Père Marie-Dominique Philippe ». Cette lettre circulaire écrit au sujet de ce triste personnage : « Une majorité silencieuse de ceux qui ont connu ce prêtre savent que nous vivons actuellement sur Internet une campagne de dénigrement de sa vie et de sa pensée tout à fait folle. » La lettre appelle les destinataires à récupérer « ses écrits et ses cours en audio ». Pour un musée de l’horreur ?

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