Un autre regard sur l’information !

Le nouveau Général des Jésuites ou l’honneur de l’Eglise !

Les jésuites n’ont finalement guère tardé à  élire un nouveau Pape noir, à  savoir leur nouveau Général, traduisant ainsi leur détermination à  se donner à  eux-mêmes leur guide et leur responsable, malgré une tentative de pression directe du Pape qui semblait vouloir ainsi indirectement s’inviter au Conclave.

C’est un intellectuel d’origine espagnole, le Père jésuite Adolfo Nicolà¡s, professeur de théologie à  l’université Sophia de Tokyo qui a été choisi, une université dont l’un des Jésuites les plus marquants des dernières décennies, candidat possible au poste de Général en 1983, Mgr Giuseppe Pittau, un sarde à  la fois dévoué à  Rome et ouvert au dialogue religieux, fut Recteur. Le Père Nicolà¡s était délégué pour l’Asie orientale et pour l’Océanie. Né à  Palencia en 1936, il est considéré comme ni trop jeune, ni trop vieux, frêle de corps mais en bonne santé et pourrait accompagner ainsi Benoît XVI, le Pape blanc, pour toute la durée de son Pontificat. Modérateur de la conférence des Jésuites d’Asie orientale et d’Océanie, le Père Nicolà¡s connaît très bien le Japon, désormais sa patrie d’adoption et de coeur.

Saint Claude : l’évêque n’aime pas la femme divorcée

Elle a eu tort de divorcer, cette salariée de l’évêché de Saint-Claude (39), qui depuis trois ans était responsable de la pastorale des jeunes. Elle avait également ouvert un site internet très apprécié : église dans le Jura … Elle a eu vraiment tort, car le quotidien Le Progrès pouvait ainsi titrer un article daté du 11 janvier 2008 : « Une employée de l’évêché non reconduite après son divorce ». Elle donnait pourtant entière satisfaction, cette « personne très compétente », comme en témoignent, dans le journal, des catholiques qui ont travaillé avec elle.

On aura remarqué qu’elle n’est pas licenciée. Simplement, son contrat n’a pas été renouvelé, reconduit qu’il était d’année en année. Bel exemple de la précarité chrétiennement institutionnalisée jusque dans les sphères les plus officielles de l’Eglise… La Poste a eu récemment des problèmes devant les Prud’hommes pour des contrats à  durée déterminée systématiques… Monseigneur Legrez, successeur du regretté Yves Patenôtre, ne fait guère mieux… Comme quoi, même les évêques les plus réactionnaires savent utiliser les avantages de « la modernité sociale »…

Le cardinal Barbarin : un coup de pied qui veut de l’or

C’est le cardinal Barbarin qui, selon un communiqué de l’évêché de Lyon, a donné le coup d’envoi du match de rugby opposant le
LOU (Lyon Olympique Universitaire) à  l’équipe de Blagnac le samedi 19 janvier 2008 au stade Vuillermet. On savait le cardinal coureur de fond. D’o๠lui vient donc ce goà»t jusque là  ignoré pour le rugby ? N’allez pas chercher plus loin. Il s’agit d’une opération à  but lucratif.

Le cardinal a été invité à  ce geste solennel par le Groupe SOGIMM en partenariat avec le LOU. Et le communiqué de l’évêché de Lyon précise bien le sens de cette participation. Nous la citons : « Par cette manifestation originale, ils (le Groupe SOGIMM et le LOU, ndlr) s’associent à  la campagne lancée par la fondation Fourvière pour mobiliser les fonds nécessaires à  la rénovation de la Basilique de Fourvière. En effet d’important travaux, d’un montant total de cinq millions d’euros, doivent y être entrepris¦ Qu’y a-t-il donc d’important dans tout cela qui mérite qu’on en fasse un billet ?

Encore un théologien (espagnol) sur la sellette !

En l’espace de trois mois, vingt mille exemplaires du livre « Jésus » du théologien Jose Antonio Pagola, vicaire épiscopal du diocèse de San Sebastian jusqu’en 2000, ont été vendus. Ce succès inquiète nos actuels inquisiteurs espagnols et romains.

Il est en effet distribué dans les librairies les plus laïques et offrirait un aperçu réducteur de la vie et de la mission de Jésus de Nazareth. De fait, il est de lecture agréable et facile, beaucoup plus accrocheur que le « Jésus » de Joseph Ratzinger, qui a profondément déçu et parfois consterné tous les critiques quelque peu sérieux.
Pour Mgr Demetrio Fernandez, évêque de Tarazona, le livre de Pagola serait en fait très dangereux car il présenterait un Jésus qui n’est pas celui de la foi de l’à‰glise.

Stable, l’économie américaine ?

La crise dite « des subprimes » qui a éclaté en aoà»t 2007 aux Etats-Unis n’est pas surmontée, les répercussions internationales seront importantes et durables. L’éclatement de la bulle immobilière a secoué les marchés financiers à  l’échelle mondiale. On le voit actuellement en Europe. D’autant que la crise immobilière se conjugue à  une crise de la dette privée dans les pays les plus industrialisés. Manifestement, cette crise va durer plusieurs années. Le pire n’est peut-être pas encore arrivé.

En effet, depuis certains mois, la faiblesse de l’économie américaine est devenue plus évidente que jamais. Néanmoins, les grands journaux et responsables politiques répètent que les fondamentaux de cette économie seraient stables et sains (hormis le secteur immobilier à  cause du problème
« isolé » des prêts irresponsables appelés « subprime »). Rien à  craindre, ce serait toujours un modèle à  suivre. Mais qu’en est-il réellement ?

Oliver Carmine

Marie-Dominique Chenu : une théologie de l’incarnation d’une brà»lante actualité

« Je ne puis saisir que Dieu fait homme, Dieu incarné, et pas Dieu-Dieu » affirmait le dominicain Marie-Dominique Chenu interrogé, en 1975, par Jacques Duquesne. Le Père Chenu (1895-1990) n’a pas été seulement un des inspirateurs du principal texte conciliaire, «Gaudium et spes»; il est avant tout un théologien de l’incarnation dont l’oeuvre peut nous être utile encore aujourd’hui.

Entré chez les Dominicains à  l’âge de 18 ans, il est envoyé faire ses études à  l’Angelicum, à  l’heure de la crise moderniste et o๠sévit à  Rome une véritable
« terreur blanche ». Il y soutient sa thèse, en 1920, « De contemplatione », sous la direction du redoutable Père Garrigou-Lagrange, défenseur d’un thomisme monolithique, ignorant l’histoire et proche de l’Action française. Après sa thèse,
M. D. Chenu choisit, plutôt que de faire carrière à  Rome, de rentrer au Saulchoir, réfugié alors en Belgique, à  Kain. Il y devient professeur d’histoire, non des dogmes mais des doctrines. L’école du Saulchoir – dont il devient le régent des études en 1932 – applique la méthode historique à  la pensée de saint Thomas. Le P. Chenu devient un éminent médiéviste qui déclare ne plus pouvoir « lire St Thomas hors de son contexte ». Mais l’introduction de l’historicité dans la théologie aboutit
à  une première sanction romaine en 1942 : la mise à  l’Index de son petit livre, «Une école de théologie : le Saulchoir ?», avec exil. Une nouvelle sanction tombe en 1954 : M. D. Chenu n’avait-il pas soutenu activement les prêtres ouvriers ?

L’Ordre des dominicains œrecadre la nouvelle messe hollandaise

Dans un document « Eglise et ministères » d’une rare et belle audace,trois dominicains hollandais estimés et reconnus invoquent la pénurie de prêtres et jugent opportun de confier la possibilité de présider l’eucharisrie à  des fidèles baptisés non ordonnés. Nécessité faisant loi ! Au delà  du périmètre du ministère ordonné,les dominicains, aujourd’hui incriminés, ne faisaient d’ailleurs que donner écho à  des propositions de théologiens de la stature du (dominicain !) Edward Schillebeeckx ou de Herbert Haag, sans même parler des conclusions de l’historien reconnu, Cyrille Vogel. Golias a publié l’intégralité en francais de ce texte dans le dernier numéro de la revue sous le titre « La nouvelle messe des dominicains hollandais » (numéro 117, décembre 2007). L’impact de ce document sur les fidèles hollandais, mais aussi au delà , a été tel que le cardinal Simonis,
primat des Pays- Bas, archevêque d’Utrecht, a saisi la Congrégation pour la doctrine de la foi (l’ex saint
Office) ; laquelle a alors passé le relais à  l’Ordre des Frères Prêcheurs pour « recadrer » les fauteurs de trouble.

Or, c’est le théologien et dominicain francais, de sensibilté plutôt ouverte,Hervé Legrand ,qui a été chargé de cette opération disciplinaire.

Résultat : un contre-rapport sévère et… ambigu ! On regrettera d’autant plus qu’Hervé Legrand prête sa plume à  une telle commande doctrinale que certains de ses écrits dans ce domaine – que nous publierons prochainement – contredisent magistralement la thèse de son présent rapport.

Cherchez l’erreur !

L’enseignement de Jésus contre la résignation

Il n’est pas anodin que Jésus inaugure son enseignement (Cf. 4, 23) par ce mot : « bienheureux » ! Constat autant qu’appel, car ce bonheur est paradoxal puisqu’il concerne le Royaume des Cieux que Jésus proclame, assorti d’un impératif de changement de mentalité.(4, 17).

Ce thème du Royaume fait d’ailleurs inclusion pour les huit premières béatitudes qu’il faut donc lire comme la déclinaison d’une même réalité et surtout pas comme un constat de résignation : le présent indique que ce n’est pas demain, dans un autre monde, que les pauvres ou les persécutés trouveront le bonheur (5, 3.10). C’est aujourd’hui, qu’en ressemblant au Christ, ils entrent dans son Royaume. Car ces béatitudes sont d’abord le portrait de Jésus. C’est tout son ministère
qu’il résume au début de son premier « sermon », lui qui vient
« accomplir » la promesse de Dieu. Tel Moïse sur « la » montagne, il annonce la Nouvelle Alliance.

Enfin, une bonne nouvelle

Au plan de la géopolitique ecclésiale, l’ élection et la personnalité du nouveau Général des Jésuites revêt une importance évidemment toute particulière : elle signifie que les jésuites entendent garder leur liberté, sans pour autant adopter une attitude totalement négative envers Rome, dans un schéma dialectique « progressiste – conservateur ». Ils ont choisi un homme à  la fois fidèle et libre.

Jusqu’au dernier jour, le Pape et sa Curie ont essayé de faire pression.

Le cardinal Camillo Ruini est allé jusqu’à  dire que l’obéissance au Pape incluait la soumission à  l’entourage du Pape !

Fils de St Ignace de Loyola, les Jésuites sont demeurés fidèles à  l’inspiration la plus profonde de leur ordre en refusant d’entrer dans des manoeuvres toutes ecclésiastiques et en laissant se dégager une candidature irréductible aux calculs idéologiques.

En misant sur l’audace apostolique et l’ouverture aux hommes, aux cultures et aux autres religions. Il faut savoir que le Pape lui-même avait adressé à  l’ancien Général, le Père Kolvenbach, démissionnaire, une lettre (le 10 janvier) dans laquelle il le sommait en quelque sorte d’éviter que cette 35ème Congrégation ne favorise une quelconque dissidence doctrinale ou disciplinaire, y compris dans le choix de son successeur.

Le Pape privé d’université : les dessous de l’affaire

Le Pape Benoît XVI a finalement renoncer à  se rendre à  l’université romaine de la Sapienza., o๠il devait, invité par le Recteur Renato Guarini, prononcer un discours, sur la peine de mort. L’université de la Sapienza est la plus université laïque d’Italie, même si elle fut jadis d’à‰glise – comme la Sorbonne de Robert de Sorbon – instituée en 1303 par le Pape Boniface VIII.

Depuis plusieurs, la polémique n’avait cessé de grandir. La visite du Pape avait été programmée une première fois en novembre mais un groupe d’une soixantaine d’enseignants, très mobilisés, menés par le physicien Marcello Cini, 84 ans, emerito (en retraite), spécialiste reconnu des particules élémentaires, s’y était opposé en refusant l’intervention de Benoît XVI « ennemi de la science et du progrès », accusé d’avoir tenu des propos obscurantistes justifiant, dans la ligne de Mgr Walter Brandmà¼ller, historien influent au Vatican, les ennuis faits à  Galilée. […]

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