Un autre regard sur l’information !

Robert Davezies ou le passeur des deux rives

« Terre de Zabulon, terre de Nephtali, route de la mer, pays au delà  du Jourdain, Galilée des nations, le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière et ceux qui marchaient dans le sombre pays de la mort ont vu se lever pour eux la lumière » Matthieu 4, 15-16. C’est par ce texte de l’Evangile que Robert Davezies a voulu rejoindre la Lumière, le jour de son décès à  Paris, le 23 décembre 2007.

Prêtre, homme, il fut fidèle à  l’Evangile, et il n’est guère de livres qu’il ait écrit qui n’est pas illustré de textes de la Bible. Né à  Tarbes en 1923, il y entra au grand séminaire le 20 octobre 1945, o๠il restera six ans (moins deux trimestres passés au séminaire de la Mission de France à  Lisieux). Ordonné prêtre le 29 juin 1951 à  Lourdes, après avoir été vicaire à  Lannemezan, il fut détaché pour un temps à  la « Mission de France ». […]

Gérard Defois : l’originalité du christianisme dans la cité des hommes

Le baptême du Seigneur nous donne l’occasion de méditer sur la place du Chrétien dans la Société1. Le Père Defois (évêque de Lille), alors qu’il était encore Recteur de la Catho de Lyon, nous offre, sur ce point, quelques réflexions que pourraient méditer l’évêque de Rome tout comme le nouveau chanoine d’Honneur de sa cathédrale.

Ce texte se veut aussi un hommage critique à  l’évêque de Lille qui abandonnera sa charge fin janvier et dont le « testament » ne sera certes pas le nouvel orgue de sa cathédrale qui, s’il est certes « symbole d’harmonie » n’en demeure pas moins un gouffre financier de plus d’un millions cinq mille euro¦ Ce n’est sans doute pas là  le témoignage d’un Dieu qui prend le parti des faibles et des pauvres. Ses diocésains retiendront plutôt un grand évêque, proche des prêtres et des fidèles, un théologien conciliaire, même si certains l’ont trouvé un peu frileux les dernières années de son ministère. […]

L’Armada du Pape débarque en Russie

Pour s’opposer à  la modernité, les alliances les plus singulières sont bonnes à  saisir : l’ « Opus Dei » s’installe en Russie pour contribuer « à  faire des Orthodoxes toujours plus d’authentiques Orthodoxes ».
Et le patriarcat de Moscou de bénir une organisation méritante pour sa « fidélité aux valeurs chrétiennes ». Précisons que le nouveau siège de l’ «Oeuvre» a été inauguré le 26 juin dernier, fête de… Saint José Maria de Balaguer !

Un nouveau siège de l’OEuvre est dirigé par le vicaire de l’ « Opus Dei » à  Moscou, José Antonio Senovilla Garcia qui,lors de l’ouverture de cette nouvelle base opusdeiste,a déclaré que cette initiative n’a crée aucun problème avec les autorités de l’Eglise orthodoxe russe. Du reste, Senovilla a précisé que l’ « OEuvre » n’avait aucune ambition de prosélytisme, mais seulement le désir de contribuer à  aider les Orthodoxes à  être « de bons Orthodoxes, rencontrant Dieu dans la vie ordinaire ». […]

Effet boomerang

Peut-être ne l’aviez-vous pas lu jusqu’au bout dans la presse (belge) ce plaidoyer contre l’ordination d’hommes mariés.

Tant ils sont ressassés les arguments du magistère et semblent de plus en plus en décalage avec nos sensibilités Quoi que, faisait remarquer l’auteur : « quand se mélangent Dieu et le sexe, cela forme un sulfureux coktail ». C’était signé Eric De Beukelaar, porte parole des évêques belges francophones […]

Le parti clérical ou la maladie de l’Eglise

En guise d’éditorial cette semaine, je vous propose des extraits du magnifique discours prononcé1 à  l’Assemblée législative par Victor Hugo, le 15 janvier 1850. Il est d’une prophétique actualité et illustre à  merveille les propos tenus par Nicolas Sarkozy au Vatican sur la République et la religion.

«Ah ! je ne vous confonds pas, vous, parti clérical, avec l’à‰glise, pas plus que je ne confonds le gui avec le chêne. Vous êtes les parasites de l’à‰glise, vous êtes la maladie de l’à‰glise. Vous êtes, non les croyants, mais les sectaires d’une religion que vous ne comprenez pas. Vous êtes les metteurs en scène de la sainteté. Ne mêlez pas l’à‰glise à  vos affaires, à  vos combinaisons, à  vos stratégies, à  vos doctrines, à  vos ambitions. Ne l’appelez pas votre mère pour en faire votre servante. Ne la tourmentez pas sous le prétexte de lui apprendre la politique. Surtout, ne l’identifiez pas avec vous. Voyez comme elle dépérit depuis qu’elle vous a ! Vous vous faites si peu aimer que vous finirez par la faire haïr ! En vérité, je vous le dis, elle se passera fort bien de vous. Laissez-la en repos. Quand vous n’y serez plus, on y reviendra». […]

« Economie et Humanisme» ferme ses portes

Plus de cinquante ans après, le projet d’origine d' »Economie et Humanisme », à  savoir promouvoir une économie au service de l’homme, ne pourra plus être défendu par cette association lyonnaise forte de 200 membres et de 7 salariés.

En effet,cette véritable « institution » du catholicisme social a été placée, le 13 novembre 2007, en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Lyon. […]

L’Observatoire International des Prisons privé de subventions par Matignon

Les services du Premier ministre viennent de refuser à  l’Observatoire International des prisons (OIP), l’attribution d’une subvention de 10.000 euros, pauvre reste après une amputation de 30.000 euros en 2003 par le gouvernement Raffarin.

Et comme une vilenie ne vient jamais seule, la mission interministérielle à  la lutte contre les drogues et la toxicomanie, qui dépend également de Matignon, vient aussi de sucrer à  l’OIP une subvention annuelle de 40.000 euros tout comme elle a coupé les vivres à  Act Up et à  d’autres associations engagées.

Paul Beauchamp : «Nous ne savons pas comment les mondes non occidentaux racontent la Bible

La narration de la venue des Mages est traditionnellement l’occasion de rappeler l’universalité du message évangélique¦ Encore faut-il qu’universalité ne rime pas avec uniformité et que chaque culture puisse faire émerger une nouvelle harmonique du récit du Verbe incarné¦ C’est ce que nous rappelle le jésuite et exégète Paul Beauchamp (1924-2001).

« En fait, si la tradition chrétienne enseigne qu’il y a dans chaque culture une praeparatio evangelica, c’est à  partir de l’expérience primordiale qu’elle a faite de l’Ancien Testament comme praeperation evangelica. Cette expérience s’est faite dans la chair de l’Eglise, dans sa première génération de Juifs qui l’étaient par naissance ou par conversion au judaïsme. […] »

Un chemin qui change les plans

Quelle sobriété pour décrire la naissance de Jésus ! Matthieu note juste la mention de la ville de Bethléem, confirmant ainsi que Joseph a bien obéi à  l’ange en prenant chez lui Marie et l’enfant pour faire de ce dernier un descendant du roi David.

La date n’est pas d’une grande précision. On sait seulement que c’est au temps du roi Hérode, craint pour sa barbarie. La suite le confirmera. En contraste, l’évangéliste prend le temps de relater le « trouble » du roi qui réunit les chefs des prêtres et tous les scribes d’Israà«l à  Jérusalem, elle aussi inquiète.

William, le Québécois et Nathalie, la Normande

Résumé des épisodes précédents

William a été victime d’obscénités commises par le Père Dylan qui assurait le catéchisme. Pour épargner l’Eglise, sa mère l’incite à  ne rien révéler jusqu’à  sa communion solennelle. Le grand-père de William, qui jusqu’alors avait refusé de le connaître parce qu’il était né de père inconnu, assiste à  la cérémonie. Apprenant par la presse le scandale des prêtres pédophiles, il conseille à  sa fille de porter plainte contre le Père Dylan. Pour faire diversion, tous les soirs, il raconte à  William comment il a participé au débarquement en juin 44 et lui promet de l’emmener un jour en Normandie. Il mourra avant de réaliser sa promesse.
Douze ans ont passé. William a reçu de l’Eglise une indemnité qui lui permet de s’embarquer pour la France, en souvenir de son grand-père.

Après avoir atterri à  Roissy, William rejoint Orly pour y prendre un avion qui dessert Carpiquet, aéroport régional à  l’ouest de Caen, à  moins de vingt kilomètres de Juno Beach, la plage o๠les Canadiens ont débarqué.
Suivant les conseils d’une hôtesse rencontrée au Mémorial de Caen, William se rend à  Courseulles-sur-Mer oà¹, depuis 2003, un centre d’accueil offre aux visiteurs la possibilité de connaître la contribution du Canada à  la Seconde Guerre mondiale. On y découvre ainsi que la 3e division d’infanterie et la 2e brigade blindée canadiennes ont pris d’assaut le secteur baptisé du nom de code ˜Juno’, comprenant Courseulles-sur-Mer, Bernières-sur-Mer et Saint-Aubin-sur-Mer, au prix, hélas, de la mort de plusieurs milliers de soldats inhumés principalement dans deux cimetières, l’un à  Bény-sur-Mer, au sud de Courseulles, l’autre à  Bretteville-sur-Laize, entre Caen et Falaise.

Après avoir franchi l’entrée monumentale du premier cimetière, William s’immobilise un instant, pris de vertige à  la vue des innombrables stèles blanches alignées au cordeau, plantées dans seize parcelles carrées régulièrement espacées à  la manière d’une formation militaire et portant chacune, sous une feuille d’érable sculptée, le nom d’un soldat tombé dès le 6 juin 1944. Détail frappant, la plupart des patronymes sont d’origine française : Bertin, Boucher, Martin, Richard, Vincent ¦
A ce moment précis, William regrette amèrement la brutale disparition de son grand-père. S’il l’avait accompagné, il lui aurait dit le nom des compagnons qui ont été fauchés à  côté de lui avant même d’atteindre la plage et tous deux auraient tenté d’en repérer la tombe.

Que faire sinon honorer la mémoire de tous ses compatriotes en fermant les yeux devant la Pierre du souvenir puis devant la Croix du Sacrifice.
Soudain, son recueillement est troublé par la présence à  ses côtés d’une jeune fille venue déposer une gerbe de fleurs au pied du monument.
Après avoir fait le signe de croix, elle se tourne machinalement vers William, immédiatement fasciné par son visage serein frangé d’anglaises d’un blond cendré, qu’illumine un regard bleu-vert. Elle s’éloigne ¦ Elle va disparaître ¦Sans se demander s’il a tort ou raison, il la rejoint, la prie de l’excuser, lui demande pour quel soldat elle est venue prier :
C’est une longue histoire ¦. Son grand-père paternel, le 6 juin, lors du débarquement, a été porté disparu ¦ On n’a jamais retrouvé son corps¦ Peut-être est-ce lui, l’unique soldat français à  être inhumé dans le cimetière de Bény à  moins qu’il ne soit dans celui de Cintheaux o๠repose un soldat français au milieu de près de 3000 soldats canadiens.
« Mais o๠se trouve Cintheaux ?
– Entre Caen et Falaise, à  côté de Bretteville-sur-Laize.
– Mais vous, pourquoi êtes-vous ici ? »
Et William de raconter le passé de son grand-père qui, avant de mourir, désirait lui faire découvrir Juno.
– Cela vous ferait-il plaisir que je vous conduise à  Cintheaux ? C’est à  une
quarantaine de kilomètres d’ici ?
– Vous ne pourriez pas me faire plus plaisir ! »
Durant le trajet, William ne cesse d’admirer furtivement le visage de sa conductrice à 
qui finalement il ose demander son prénom.
« Nathalie ¦ et vous ?
– William ¦ »
Par discrétion ou par timidité, les deux jeunes gens, durant les premiers kilomètres, n’échangent d’abord que des banalités relatives aux conditions météorologiques, puis des commentaires sur la campagne normande faite d’un assemblage de parcelles, minuscules comparées à  celles des environs de Joliette. Soudain, Nathalie propose à  son passager, qui en est ravi, de faire un crochet par Bayeux, la première ville à  l’intérieur des terres à  avoir été libérée, intéressante surtout par la broderie de la Reine Mathilde, improprement nommée tapisserie et qui raconte la conquête de l’Angleterre par les Normands. William ne se lasse pas, au passage, d’admirer les deux flèches et la tour centrale de la cathédrale gothique à  côté de laquelle font piètre figure les églises modernes en béton armé, si répandues outre-Atlantique.
Avant de quitter la ville, Nathalie, à  la manière d’une guide touristique, emprunte les rues commerçantes dont certaines, étroites et sinueuses, provoquent l’ahurissement de son passager habitué depuis son enfance au quadrillage de rues rectilignes.
La visite terminée, William, curieux de connaître la profession de Nathalie, amorce le sujet en lui parlant de la sienne.
« Et bien moi, enchaîne son interlocutrice, je termine mes études pour devenir psychologue scolaire ou conseillère d’éducation. Je veux aider les enfants et les adolescents en difficulté pour de multiples et diverses raisons ¦
– Quelle coïncidence ! J’en ai fait partie ¦
– Ah bon ! Apparemment, vous vous en êtes bien sorti
– Apparemment, oui, mais je souffre toujours d’être officiellement né d’un père
inconnu.
– Pardonnez-moi de vous interrompre, dit-elle avec un imperceptible tremblement
dans la voix, nous arrivons au cimetière.
A suivre ¦

Follow us on Social Media