Un autre regard sur l’information !

Epiphanie : un autre chemin…

Année C. Dimanche de l’Épiphanie, Mt 2, 1-12 – Luc 2, 40-52

Si l’Épiphanie de Jésus, ou sa manifestation au milieu des siens, fait l’objet du midrash1 des Mages, j’ose vous proposer de commencer par l’Épiphanie de l’Homme de Nazareth dans le Temple de Jérusalem, objet d’un autre midrash dans l’Évangile dit de Luc2. Il n’a que l’apparence d’un récit d’enfance, vous allez voir…

Un portrait en 2 coups de pinceau

« 40. Et l’enfant grandit et devient déterminé, rempli de sagesse, et la générosité de Dieu est sur lui. »

L’enfant dont il s’agit, le païdion en grec, c’est le fils de la famille, l’enfant du groupe, celui qui va prendre en mains les rênes du clan. Mais de quelle famille s’agit-il lorsqu’on écrit ce midrash, autour de l’année 100, à Antioche et sous l’autorité d’Ignace, sinon de celle du judaïsme que l’on voudrait bouleverser avec la personne et l’enseignement de ce maître si particulier, Jésus de Nazareth !

En quelques mots, l’essentiel est dit. Jésus est déterminé ; terme précis qui évoque les choix qu’il a faits et qu’il va proposer à tous. Choix qui vont remettre en cause la caste sacerdotale du Temple et qui vont causer son élimination. Ce Jésus, il est rempli de sagesse, oui, mais aussi et surtout de la générosité3 de Dieu. Le don gratuit et total de la vie qu’il nous offre, sans aucune contrepartie, sans que nous ayons aucune dette (ou péché) envers lui. Ce don qui n’a rien à voir avec celui d’un despote et qu’il proposera dans la synagogue de Nazareth, au début de sa vie publique (Lc 4), à un auditoire qui n’en veut pas du tout. Ce don gratuit qui écarte toute idée de péché envers Dieu, comme de Contrat ou d’Alliance entre Dieu et les hommes. Générosité de Dieu qui rend vains et inutiles tout recours aux sacrifices, et donc aux sacrificateurs du Temple… Aïe !

Une sortie difficile

«41. Et, chaque année, ses parents continuent le voyage commencé vers Jérusalem, à la fête de la Pâque. 42. Et au moment où le voici à douze ans, comme ils sont montés selon la coutume de la fête. 43. et alors qu’ils ont mené à leur fin les jours, comme ils s’en retournent, Jésus, jeune serviteur, tient bon dans Jérusalem. Mais ses parents à lui, ils ne l’ont pas choisi, cela. »

Oui, Pâques, c’est la grande fête qui commémore la sortie de l’Égypte, image de la libération de la servitude. Le milieu du Nazaréen est composé de juifs pieux (Joseph signifiant « Celui qui continue… ») et célèbre scrupuleusement cette libération-là, vieille de nombreux siècles, pour, peut-être, ne pas avoir à vivre réellement une autre libération… Celle qui est proposée par ce Jésus qui est né au sein du judaïsme et qui est la libération du parasitisme du Temple et de la clique qui le dirige alors. Cela, ils ne l’ont pas choisi…

Le midrash nous indique que cela se passe lorsque Jésus parvient à 12 ans. Ce qui ne veut pas dire que l’on nous parle d’un enfant !  12 ans, c’est le temps où l’on se rebelle, où l’on se révolte. Comme dans la guerre des 4 rois contre les 5 (Gen 14,4) : « Douze ans ils servent Kedarlaomer, mais la treizième année, ils se révoltent. »4

Un milieu immergé dans la coutume, et en son sein, un individu qui voit les choses autrement que ceux qui vivent la coutume et qui ose le proposer au-dehors. Jésus est alors présenté autrement ; comme un jeune serviteur, Païs, celui qui est formé pour succéder à, pour prendre le relais… Étonnant, non ? Eh oui, ce jeune serviteur, il va tenir bon. Persévérer, rester ferme, nous dit le mot grec upomenô.

Ainsi, ce qui est dit de ses rapports avec sa famille concerne d’abord sa famille juive, le judaïsme dans lequel il est né, a été formé et nourri, et dont il va contester avec une grande fermeté et beaucoup de rigueur la manière dont il vit sa relation avec Dieu sous les fourches caudines des sacrificateurs. Et ce judaïsme-là, il va avoir du mal à l’entendre, ce prophète de Nazareth…

Un judaïsme qui est perdu face à quelqu’un de déterminé

«44. Mais ayant dans leurs croyances qu’il est dans la compagnie des voyageurs, ils avancent le chemin d’un jour et le cherchent parmi leurs parents et leurs connaissances. 45.Et ne le trouvant pas, ils retournent vers Jérusalem à sa recherche. »

« 46. Et voici qu’après trois jours ils le trouvent dans le sanctuaire, assis au milieu de ceux qui enseignent, les écoutant pour s’instruire et les consultant. 47. Et tous ceux qui l’entendent s’écartent de lui au sujet de sa connaissance particulière et de ses choix. »

Non ! On ne nous parle pas ici de la performance d’un petit Mozart (inconnu à l’époque, c’est vrai !). Mais d’un milieu juif classique, observant, qui n’imagine pas que l’un de ses propres enfants puisse sortir de leur environnement religieux, représenté ici par leurs connaissances. Il devrait être et rester, ad vitam aeternam, dans ce qui est (solidement) établi. Eh bien non ! Justement. Ce Jésus qu’ils vont retrouver 3 jours après, c’est-à-dire ressuscité, ou vivant en ses disciples, un ressuscité que l’on ne parviendra pas à éradiquer d’un judaïsme d’un type nouveau, il a bien été nourri de la Tora, mais il en a fait le choix d’une lecture ouverte, dégagée des milieux sacerdotaux et du contrat qui faisait vivre les élites de la misère d’un peuple pauvre.

Oui, ceux qui l’entendent, c’est-à-dire les responsables religieux de l’époque, s’écartent de lui à cause de sa manière de voir Dieu et des choix qu’il en déduit et qu’il va assumer jusqu’à sa fin tragique.

Rien à voir, vraiment, avec la prestation d’un petit prodige, dites…

Le refus, encore…

« 48. Et le voyant, ils sont frappés au point d’en tomber, et sa mère à lui lui dit : — Petit, qu’est-ce que tu es en train de créer pour nous, à ce point ? Garde dans ta pensée que ton père et moi, éprouvés par la douleur, cherchons à être en ta présence. » 

« 49. Et il dit pour eux : — C’est quoi ce que vous cherchez avec moi ? Vous ne gardez pas dans votre pensée que l’on a besoin que je sois aux choses de mon Père ? »

« 50. Mais eux, ils ne cherchent pas à prendre connaissance de la parole qu’il leur dit confusément. »

La famille est, dans le midrash, l’image du judaïsme dans lequel vit le maître de Nazareth. Elle ne le voit pas autrement que dans le prolongement de ce qu’il a reçu en son sein. L’expression “petit” qualifie aussi le petit de l’animal, le rejeton, celui qui ne peut que vivre avec ce qu’il a reçu au départ, et dit bien comment ce judaïsme-là voit la part d’originalité permise à tout jeune juif par sa communauté.

En effet, voir Dieu comme quelqu’un de GÉNÉREUX AVANT TOUT, peut tout chambouler, à commencer par le Temple et ses sacrifices d’expiation, la clique sacerdotale qu’il fait vivre de sa comptabilité du péché, etc.

Faire passer l’image d’un Dieu Père, avant tout, est quelque chose que l’on ne pardonnera pas au Galiléen. Et les auteurs du midrash traduisent ce refus de l’idée de Dieu proposée par Jésus, en montrant les siens refuser de l’entendre. Ne pas vouloir comprendre5, connaître Dieu autrement. Ainsi, l’enseignement du Nazaréen va concerner les gens extérieurs à la Palestine d’alors, en commençant par les juifs de la diaspora, puis fleurir parmi les hommes et les femmes de l’Empire.

 Mais cet autre chemin bien difficile à tracer dans un judaïsme enserré dans ses rites et dans sa manière de voir, nous pouvons aussi le retrouver dans un autre midrash, celui de la venue des Mages. Je vous propose d’en balayer les grands moments et de faire le parallèle avec le texte de Jésus dans le Temple que nous venons de voir.

Matthieu et son Midrash des Mages (Mt 2)

Des chercheurs qui se trompent

« 2 : 1 Or, après que Jésus est amené au jour à Bethléhem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici, des mages viennent, des levants, se joindre à Jérusalem, en disant : 2. Où est le roi des Juifs qui est mis au monde ? Car nous avons vu son étoile au levant, et nous nous avançons pour nous prosterner devant lui. »

Les chercheurs de Perse que l’on nommait les Mages, ceux qui sont du côté de l’orient, c’est-à-dire de la lumière, évoquent vraisemblablement les prêtres juifs qui sont venus de Babylone à partir de -537 pour rebâtir le judaïsme en Israël. Mais il y a de cela plus de 4 siècles à l’époque de Jésus, et le système s’est alourdi, perverti aussi.

Leur présence dans ce texte montre que les choses sont à reprendre pour que la lumière ne se perde pas dans les ruines d’un culte monopolisé par les 4 grandes familles de Jérusalem.

Ce qui est frappant, c’est que les Mages vont arriver… au mauvais endroit ! Si c’est bien à Jérusalem qu’Artaxerxés avait autorisé les prêtres d’Esdras à reconstruire un Temple6, Matthieu voudrait faire voir que ce n’est plus chez les grands de Jérusalem que l’avenir se prépare. S’il y a nouvelle refondation, elle doit être entièrement vue sur d’autres bases. Sur des bases qu’un prophète de Galilée a définies quelques années plus tôt, par exemple.

Une manière élégante et typiquement sémitique est de dire qu’ils viennent à Jérusalem alors que celui qu’ils cherchent est né dans la Maison du Pain, là où les hommes peuvent se partager sa présence chaque semaine. À Beth-Lehem en hébreu et en un mot !

Une arrivée qui bouleverse l’ordre établi

« 3. Et le roi Hérode, ayant entendu, en est troublé, et tout Jérusalem derrière lui ; 4 et faisant venir ensemble tous les chefs des prêtres et les scribes du peuple, il cherche à s’informer auprès d’eux où le Christ est amené au jour. »

« Et ils lui disent : À Bethléhem de Judée ; car il est ainsi écrit par le prophète : 6. (…) de toi va sortir un leader qui va paître mon peuple, l’Israël. »

Le trouble de Jérusalem et du pouvoir qu’évoque le midrash, n’est bien sûr pas contemporain d’Hérode le Grand (mort en -4), mais du développement de l’enseignement de Jésus avant sa mort (7 avril 30) comme après celle-ci, dans les assemblées délibératives (jusqu’en 90), ou encore au sein des Églises (après 90). C’est cet enseignement qui provoque les autorités de Jérusalem et fait qu’elles vont décider d’éradiquer les leaders du mouvement nazaréen jusqu’au début de la guerre avec Rome, vers 64-66.

Comme le midrash est écrit à l’époque de la rédaction des Évangiles, entre 95 et 115, il va également chercher à consolider l’assimilation de Jésus de Nazareth à un Christ (ou Messie) et à un Roi, issu de la lignée de David7. D’où la question d’Hérode aux scribes et aux prêtres sur la venue dudit Christ-Roi (celui qui paît un peuple).

Il n’en reste pas moins vrai que la proclamation par les Églises d’un Christ royal va, après 90, profondément remettre en cause les autorités juives dans leur prétention à représenter le judaïsme à l’exclusion de tout autre mouvement.

De quelle Étoile s’agit-il ?

« 9. Et eux, entendant le roi, s’avancent, et voici que l’étoile qu’ils gardent à l’esprit au levant, les conduit en avant, de sorte que, s’étant avancée, elle se tient au-dessus du lieu où est le petit enfant. 10. Ayant vu l’étoile, ils se réjouissent d’une fort grande joie. »

L’étoile qui est évoquée n’a pas guidé les Mages vers Beth-Lehm, puisqu’ils se sont rendus à Jérusalem. Ils ne l’ont pas suivie depuis l’Orient ; ils la retrouvent à leur arrivée à la Maison du Pain, Beth-Lehem. Cette étoile n’est évidemment pas un astre, car, au-dessus de ladite maison, elle aurait carbonisé ses occupants ! Cette étoile est bien sûr l’Étoile du matin dont parle l’Apocalypse de Jean ; c’est elle qui réjouit les chercheurs de ce Dieu vu d’une manière totalement nouvelle, et non pas la vue de l’enfant et de ses parents. « Moi, Jésus, j’ai envoyé mon messager vous attester cela au sujet des Églises. Moi, je suis le rejeton et la race de David, l’Étoile resplendissante du matin. » (Ap 22,16)

Il ne s’agit donc pas de chercheurs étrangers qui tombent en pâmoison devant un nouveau-né, mais de la rencontre, par les gens extérieurs au judaïsme, de Jésus ressuscité (représenté par l’Étoile du matin, de la race royale de David8, c’est-à-dire réveillé ou relevé au sein des gens qu’il habite désormais par son enseignement et sa manière de vivre un judaïsme nouveau. Là encore, le midrash insiste sur la nature royale d’un personnage qui est le Messie des Esséniens, le Christ, Grand-Prêtre et Roi qui s’imposera dans les Églises de la fin des années 80 jusqu’à aujourd’hui…

Retour par un autre chemin…

« 11. Et s’avançant dans la maison, ils voient le petit enfant avec Marie sa mère ; et, étant tombés, ils se prosternent devant lui, et ayant ouvert les choses qu’ils gardent en réserve, lui apportent des dons, de l’or, et de l’encens, et de la myrrhe. 12. Et ayant reçu une réponse en songe, de ne pas retourner en arrière vers Hérode, ils se retirent dans leur contrée par un autre chemin. »

Comment dire d’une manière plus belle l’ouverture du christianisme nouveau à tous les hommes de tous les pays ? Ce christianisme qui est désormais construit sur l’assise, non plus de Jésus de Nazareth, sa vie et son enseignement, mais sur un Christ Royal qui va l’ouvrir au monde.

Les Mages se défont alors de leurs réserves ; elles sont désormais totalement inutiles, puisque le vrai Roi, ils l’ont trouvé en Christ. Puisque le vrai Dieu, ils l’ont également trouvé en Christ (on ne s’arrête plus quand on a commencé à revêtir Jésus de ces figures-là) et puisque la vraie Vie, celle qui sera, à tout jamais, préservée de la mort (comme on le faisait avec la myrrhe) est là, à portée de toutes et de tous.

Enfin, il me semble clair que le chemin que prennent les Mages pour rentrer chez eux, dans l’un des pays du monde d’alors, est un autre chemin, c’est-à-dire un chemin autre que celui sur lequel ils étaient partis, celui qui les avait conduits à Jérusalem. L’autre chemin, c’est l’image de l’aventure à tenter désormais dans un judaïsme nouveau, transfiguré ; le christianisme que construisent les derniers disciples de Jésus de Nazareth et les Maîtres esséniens qui pilotent désormais les Assemblées devenues les églises du Christ-Roi.

Ces deux textes de « Jésus au Temple à 12 ans » et de la « Venue des Mages »

Nous venons donc de voir que le premier de ces textes ne raconte pas les prodiges d’un enfant extraordinaire, mais le refus historique des sachants de la religion juive face aux choix arrêtés par Jésus de Nazareth pour renouveler le judaïsme de son temps. Pour en faire « un judaïsme lancé sur un autre chemin… »

Dans le second, le Midrash des Mages évoque la recherche de la Vie véritable par les peuples des Empires.

La lumière qu’ils escomptaient trouver dans le judaïsme va leur apparaître9 dans une forme nouvelle de celui-ci, le christianisme inspiré de Jésus de Nazareth, et profondément revisité par les Maîtres esséniens qui en ont repris les rênes pour l’ouvrir à la demande des peuples des empires de ce temps-là. Le succès que connaîtront les Églises à façonner une civilisation qui dure encore aujourd’hui peut être vu comme une confirmation du génie de leurs auteurs sacerdotaux.

Il n’en reste pas moins que les écrits qu’ils ont laissés demandent un travail considérable pour retrouver la personne et l’enseignement de l’homme de Nazareth, dégagés de la figure du Christ qui visait à répondre au besoin d’un sauveur que les foules attendaient alors. Peut-être ce travail est-il indispensable aujourd’hui pour refonder une autre manière de s’adresser aux foules, non plus celles des empires de l’Antiquité, mais les foules des femmes et des hommes de la civilisation actuelle. André Scheer, prospecteur laïc des textes de la Bible. André Scheer

1. Le Midrash hébreu est une histoire pour faire amener le lecteur à chercher le sens de l’écriture. Le Midrash est basé sur l’utilisation de textes anciens et connus de tous, sur lesquels il fonde une histoire imagée comprenant de nombreuses invraisemblances qui sont autant de prises pour ce lecteur en recherche.

    2.Loukas est un nom qui n’existe pas en grec ! Il sert à masquer l’identité du véritable auteur des parties les plus importantes de l’Évangile : Silas, qui a traduit les Archives du mouvement en grec classique et dont on savait bien l’incompatibilité avec les ajouts dans lesquels ces passages des Archives sont noyés.

    3.Générosité ou gratuité sont les mots qui traduisent le grec Charis – χαρις, ce qui est de nature à plaire, uniquement à plaire.

    4.On retrouvera ces 12 ans dans l’épisode de la femme dont le sang s’écoule sans cesse depuis 12 ans, suivi de celui de la jeune fille de 12 ans qui serait en train de mourir (Lc 8,43-55). À chaque fois, il s’agit de femmes qui ne supportent plus l’état dans lequel le peuple d’Israël se trouve et qui se rebellent contre l’autorité qui les asservit (celle du Temple ou celle du Père, bon juif). À suivre…

    5.Connaître, en grec gignôskô, c’est choisir entre les options possibles après mûr examen de chacune d’entre elles. Il s’agit donc de quelque chose de particulièrement réfléchi. D’où les expressions de Jésus disant qu’il a arrêté ses choix de manière ferme et définitive. Il ne s’agit en aucun cas d’une sensibilité religieuse particulière, mais d’un choix sur le fonds, les bases du judaïsme.

    6.Le temple était une petite partie d’un palais qui hébergeait le pouvoir politique et ses services. La reconstruction de ce palais (temple compris) a été refusée aux sacrificateurs juifs par les Darius et les Artaxerxès à maintes reprises. La seule construction d’un Temple, sans palais, va être accordée aux prêtres juifs autour de -400. C’est alors qu’Esdras va inventer une Alliance nouvelle, un contrat dirions-nous, entre le Dieu d’Israël qu’ils font passer pour un avatar d’Ahura-Mazada, le dieu des Perses, et le peuple d’Israël. Cette Alliance va assurer leur pouvoir sur les consciences de ce peuple en obligeant celui-ci à respecter une Loi de leur invention, la Loi de Moïse, pour le rachat de leurs infidélités collectives. La proclamation de cette Loi de Moïse va avoir lieu en -397 ou 398 devant un peuple qui n’en croit pas ses oreilles. Cet assujettissement des consciences aux sacrificateurs va toujours être en place au temps de Jésus. C’est l’acharnement de ce dernier à en montrer l’iniquité qui conduira à son élimination physique à la demande d’une partie du Sanhédrin dirigée par les grands-prêtres Hanne et Caïphe.

    7.Est-il utile de rappeler que Jésus n’a jamais supporté qu’on lui attribue un titre royal ou messianique, comme le précisent les Archives en Lc 9, 20-21, ou en Mc 8,29-30. Mathieu va tricher avec le contenu même de ces Archives en  faisant valider la proposition de Simon (Mt 16, 13-20), ce qui traduit la mainmise des Esséniens sur les Assemblées à l’époque où Matthieu est écrit, vraisemblablement après Marc et Luc.

    8.David qui n’a jamais été, au regard de l’histoire et non des légendes bibliques, qu’un chef d’une petite chefferie des environs de Jérusalem. Peut-être…, du moins a-t-il, lui, existé alors que la figure de Salomon est totalement inconnue de tout texte historique.

    9.À partir du début ou du milieu du IIe siècle.

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