À quoi jouent les marchés financiers ? Après avoir poussé pendant des années la France à diminuer les impôts des plus riches, au risque de faire gonfler la dette ; ils la sanctionnent désormais parce que la dette a explosé, comme prévu.
L’appréciation de la dette de la France a été dégradée par deux agences de notation, en 2024, S&P Global Ratings en mai dernier et Moody’s en décembre. Cette dernière a abaissé d’un cran, à Aa3, la note qu’elle attribue à la capacité de la France de rembourser sa dette publique. La décision a été prise le jour même de la nomination du nouveau Premier ministre François Bayrou, comme pour le rappeler à l’ordre. La troisième agence, Fitch Ratings, s’était fendue d’un avertissement à l’automne sans abaisser sa note. Les décisions de ce trio d’entreprises privées sont suivies par les fonds spéculatifs du monde entier qui veulent savoir où placer leurs capitaux et quelles rémunérations exiger. Il y a encore 20 ans, la France était l’un des rares États à bénéficier de la note maximale AAA (prononcez « triple A »). Ce n’est plus qu’un lointain souvenir. Entre-temps, la dette publique a presque triplé, atteignant 3 300 milliards d’euros à la fin du troisième trimestre 2024, soit 113,7 % de la richesse produite par le pays dans l’année (PIB).
Dans les pages économiques des quotidiens, c’est l’alerte. « Dette : regain de tension sur les taux d’intérêt français », commence Le Monde (26.09.24). La dette de la France se négocie désormais plus cher que celle de la Grèce ou de l’Espagne, « avec le risque de réduire encore davantage les marges de manœuvre budgétaires ». Pour les obligations dont l’échéance de remboursement est à cinq ans, le taux d’intérêt versé par le Trésor français était, fin septembre, de 2,48 %, contre 2,40 % pour les mêmes instruments financiers mis sur le marché par Athènes. La hausse des taux réclamée par les firmes financières pour acheter de la dette française « fait suite aux tensions politiques et aux mauvaises nouvelles budgétaires », écrivaient les économistes de la banque britannique Barclays dans une note publiée fin septembre (Le Monde,26.09.24).
Cet article est réservé aux abonnés à Golias Hebdo. Déjà abonné ? Connectez-vous ci-dessous. Pas encore abonné ? Choisissez une formule. Vous pouvez également acheter ce numéro de Golias Hebdo
Golias Hebdo
Chaque semaine, un autre regard sur l’information.
Golias Magazine
Bimestriel. Un outil d’information indispensable pour une véritable résistance spirituelle.
Golias Magazine + Golias Hebdo
Tout Golias : nos publications à un tarif préférentiel.




